MÉCANISMES GÉNÉRAUX
de dissolution pourraienl porter les molécules de ces substances si elles ne se dissolvaient pas, nous mirons des nombres qui nous permettront de juger de l'importance de ce phénomène ('). Si nous divisons la chaleuri latente de dissolution rapportée à l'unité de poids de chaque substance par sa chaleur spécifique nous aurons lu températures laquelle la subi stance s'élèverait si on lui appliquait directement la quantité de clialeuij disparue du fait île la dilution. Voici ce calcul :
,. , Température
Poids ,. . iVm,l,!v dï . Chaleur ;' l;"l,J""^ 1;l
. (.alonrs absorber* 111 chaleur disparu*
moléculaire par k dissolution spécifique
do la substance 'lu poids ,|(. |a \-., substance
en grammes. , m°Léc^?ire suh-tance si eUe
de la snbslancc. S^SWH». resta|, ^j.^
Chlorure de potassium, KG1. . 74,6 — 4,2 0,173 3ao'
— de sodium, NaCl . . . 58,5 — 1,1 0,314 88 A/.olate do potasse, KAzO3 . . . 101,1 — 8,3 0,239 3Gr
— do sodium, NaAzO3. . . 85, o — 4,9 <»,u5(5 219 Phosphate de soude, P04NaaII,i2Hi0. 358, o — 312,9 o'4o8 140 Bicarbonate de soude, CO'NalI. 84,0 — 4,3 o,i85(?) 3o3 env. Sulfate de chaux, S04Ca. . . . i54,o — 0,6 0,273 i3
Mannite, G°II140° 182,0 — 4,6 o,324 44
Glucose, C°1I120U 180,0 — 2,25 » 21 env.
Ce calcul indique 1° que l'eau agit très diversement sur chaque substance pour les charger, par dilution, d'énergie latente; 2° que (même exception faite des cas de production d'hydrates définis ou d'actions chimiques décomposantes) les sels dissous ne sont pas seulement fondus, mais que les calories absorbées par simple dissolution sont généralement supérieures à la chaleur latente de fusion; 3° (juc la quantité de chaleur ainsi disparue augmente, jusqu'à une certaine limite, avec le degré de dilution. Cette chaleur devenue latente, ce potentiel ainsi emmagasiné, tend donc à dédoubler la molécule en produisant des agrégations, des dérivés, des hydratés plus aptes aux. combinaisuns nouvelles que n'étail la molécule première. Elle tend par exemple à dissocier les sels en acides et bases libres comme le ferait une chaleur intense. Cette conclusion esl confirmée par l'observation des dédoublements nombreux que les sels éprouvent au sein de l'eau. On sait que beaucoup de chlorures se dissocient ainsi en oxychlorurcs et acide chlorhydiïque ; que les sulfates et nitrates de mercure, de zinc, de bismuth, se décomposent en sels basiques et sels acides; que le borate d'argent se dédouble en acide et en base sous l'effet de la dilution aidée de la chaleur la plus modérée, etc. (s). M. Foussercau a directement démontré que les chlorures de fer. d'aluminium, de magnésium, et autres sels, sont dissociés lentement au sein de leurs solutions, et même que ce phénomène met quelquefois des
(') Rertlielot, Essai de mécanique chimique, I. I, p. 482. (*) Compt. rend. Acad., Cil 1 , 24'J.