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S 0 IX AN TE -CINQUIÈME LEÇON

ORIGINE ET TRANSFORMATIONS DES DIVERS PRINCIPES IMMÉDIATS. SUBSTANCES PLASTIQUES ET MATIÈRES CALORIGÈNES.

Nous allons essayer maintenant de suivre chez l'animal les transformations des principes immédiats, et d'établir pour chacune des classes de ces principes leur origine et leurs dépendances réciproques.

Faisant ici abstraction des matières minérales, nous classerons les produits cellulaires animaux ou végétaux en : 1° substances plastiques essentielles, aptes à fournir à la cellule ses matériaux de construction, ses agents spécifiques; ce sont les substances protéiques auxquelles il convient de joindre les sels minéraux plastiques (phosphates de potasse, de chaux, de magnésie, etc.) ; 2° substances de calorification ou de réserve, parmi lesquelles les plus importantes sont les hydrates de carbone ou corps analogues, et les matières grasses; 3° produits d'excrétion qui résultent des dédoublements, oxydations, etc., des principes précédents et qui sont destinés à être éliminés, soit directement, soit après avoir subi des modifications dont l'économie tirera peu de profits.

Nous étudierons successivement ces trois groupes de substances.

SUBSTANCES PROTÉIQUES

Les animaux empruntent les substances protéiques dont ils ont besoin à leurs aliments : les herbivores directement au monde végétal, les carnivores indirectement.

On a vu p. 35 comment la plante réalise dans les cellules chlorophylliennes de la feuille la synthèse des matières albuminoïdes.

L'économie animale ne produit pas ces corps ; elle les assimile seulement, comme nous avons dit, mais non sans leur avoir fait subir au préalable, grâce à la digestion, une suite de dédoublements et de simplifications qui paraissent avoir pour but de séparer et mettre à la disposition de chaque cellule les divers membres de la molécule albuminoïde primitive, disjoints, mais prêts à se rassembler dans un ordre nouveau ou avec des modifications et additions diverses en passant ainsi indirectement d'une cellule à une autre cellule spécifique. Les produits de dédoublement des corps protéiques peuvent aussi se souder à des groupes spéciaux pour constituer de nouveaux corps très complexes (protagon, hémoglobines, nucléoalbumines, protéides, etc.), aptes à donner des albuminoïdes en se dédoublant à leur tour. II peut en dériver enfin des substances qui restent encore protéiques, mais qui sont moins plastiques et

A. Gautier. — Chimie biologique. 48

|)lus oxygénées que les albuminoïdes fondamentaux proprement <lils; telles sont hi chondrine, l'élastine, la conjonctine, etc. Peut-être celle transformation résulte-t-elle du remplacement d'une partie de la molécule protéique primitive par des radicaux plus pauvres en hydrogène, aromatiques, minéraux, etc.

II est très probable que sous l'effet de certains ferments, de quelques poisons, des venins, des toxines et antitoxines, certaines albumines peuvent subir des changements moléculaires qui expliquent les désordres qui, dans les cas pathologiques les plus divers, peuvent se produire dans les organismes vivants, ou réciproquement les résistances de ces organismes à l'intoxication. Jl est établi, en effet, que certains ferments sont certainement aptes à modifier les albuminoïdes, témoin la pepsine et la trypsine, ou bien ce ferment extrait par Danhardt de la glande mammaire qui changerait l'albumine en caséine; on sait aussi que bientôt après la piqûre des serpents venimeux, certaines matières colorantes que les plasmas ou les noyaux cellulaires fixent avidement pendant la vie normale, ne peuvent plus être désormais absorbées par eux. Dans tous les cas, nous considérons comme dénuée de toute preuve la théorie de Lœw, qui veut que durant la vie les substances protéiques aient une autre constitution qu'après la mort, Y albumine vivante contenant des groupements aldéhydiques amidés AzIP - Cil - C - COU et V albumine

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