‹ Leçons de chimie biologique, normale et pathologiqueChapitre 442 sur 467 · CORPS DES SÉRIES URIQUE ET XANTHIQUE · texte numérisé non relu

CORPS DES SÉRIES URIQUE ET XANTHIQUE

Corps uriques. — On ne sait pas exactement comment et où se forme l'acide urique. Provient-il, ainsi qu'on l'a cru longtemps, d'une oxydation directe des albuminoïdes? Ou bien, ceux-ci donnent-ils d'abord par dédoublements successifs du glycocolle, de l'urée ou de l'ammoniaque, de l'acide carbonique et des acides gras, corps qui s'uniraient ensuite sous l'influence de ferments, ou de cellules spéciales, pour refaire de l'acide urique comme dans la synthèse d'Horbaczewski :

C^AzO* + 3CH*Àz*0 = aH»0 + SAzH^ + ÙWAzW ?

Glycocolle. Urce. Acide urique.

L'acide urique se produit-il, comme le pense Latham, par la rencontre de deux molécules d'urée qui s'uniraient d'abord au glycocolle en perdant 2AzH3 pour donner la substance hypothétique

co C AzIJ3

^ Azll CO ( Azll - CH* - C0°-H

qui, par déshydratation interne, produirait une sorte d'hydantoïne

co ' AzH - CO C*HsAz80 ou ™)AzH I

CO ; AzH - CH2

laquelle à travers les reins se transformerait en urate d'ammoniaque,

en s'unissant à l'urée cl perdant de l'eau :

C*fl«Az»0» + COAzMI* 11*0 + G»H»(AzH*)Àz*0» ?

Ce sont là des hypothèses. Toujours est-il que chez les oiseaux, les carbonates, formiates et acétates d'ammoniaque, ainsi que l'urée ingérés, augmentent la sécrétion d'acide urique (Schrœder; Meyer; Jaffé) el que chez ces mêmes animaux, l'ingestion de la leucine, du glycocolle, de l'asparagine, etc., substances qui se changent en urée chez les mammifères, accroissent chez eux la sécrétion de l'acide urique, ce qui donne le plus de vraisemblanée à la seconde hypothèse.

Il nous paraît que l'acide in ique dérive de la rencontre, dans l'économie, d'un groupement ou squelette à trois atonies de carbone, tel que serait (OH)Cb-CO-CH ou (OII)CO-C(OH)-CO provenant de la combustion incomplète de la glycérine, de la glycose, ou de l'acide lactique, groupement qui viendrait s'unir à deux molécules d'urée. L'équation suivante, où nous avons représenté entourée d'un pointillé l'eau qui se forme par la réaction mutuelle des corps en présence, fera comprendre notre pensée :

. AzlIi H OHj-C = 0

/ + Ô-f0l""llfl^ /AzIl-CO

CO » , \ / i

\ C + CO = CO G-AzH\

\ , ii , / \ m . CO + 311*0.

x AzH ; II 0 H. j ITAz x x AzII - C - AzM /

Urée. Dérivé en C3. Urée. Acide urique.

Les expériences de Minkowski que nous allons rapporter et les synthèses de Horhaczewski semblent donner raison à notre hypothèse.

Garod avait pensé que l'acide urique se forme dans les reins. Les recherches de Zalesky, de V. Schrôder et de Minkowski ont prouvé qu'il n'en était pas ainsi, tout au moins pour la totalité de l'acide urique produit par l'organisme : Zalesky extirpe les reins chez le serpent . V. Schrôder les enlève chez l'oiseau, et l'un et l'autre constatent une accumulation d'acide urique dans le sang et dans les tissus.

II semblerait plutôt que le foie est le lieu de formation de cet acide. V. Schrôder a montré que du sang qu'on fait passer à travers le foie encore vivant qu'on vient d'enlever à un animal se charge d'acide urique. Minkowski est parvenu à enlever "le foie à des oies qui sont restées vivantes 10 à 20 heures encore après l'opération. Leur sécrétion urinaire ne contenait plus que 2 à 3 pour 100 d'acide urique alors qu'avant l'ablation de l'organe il y en avait 50 à 60 pour 100. Par contre l'ammoniaque augmentait dans l'excrétion rénale : son tant pour cent passait de 9 à 18, proportion normale avant l'opération, à 50 ou 60 pour 100.

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