PMNCIPUS RELATIFS AUX TRANSFORMATIONS DE L'ÉNERGIE
formée'. Si, au cours de cette transformation, il n'y a pas eu seulement chaleur produite, niais aussi travail effectué, l'énergie ainsi rendue actuelle pourra permettre à ranimai de développer, comme dans nos machines ordinaires, aillant de fois 426 kilogrammètres qu'il y a de calories disparues sur les 4ral,8r)7 qui répondent à la transformation de 1 gramme d'albumine en eau, acide carbonique et urée.
A cet égard, M. Herthelot, dans son Essai de mécanique (T. I, p. 91), donne le théorème fondamental suivant relatif à la production et aux transformations de l'énergie calorifique chez les êtres animés : « La chaleur développée dans un être vivant pendant une période quelconque de son existence accomplie sans le secours d'aucune énergie étrangère à ses aliments, est égale à la chaleur produite par les métamorphoses chimiques des principes immédiats de ses tissus et de ses aliments diminuée de la chaleur absorbée par les travaux extérieurs effectués par l'être vivant. » Et il ajoute pour bien éclairer toute sa pensée :
« lien résulte que Y entretien de la vie ne consomme aucune énergie qui lui soit propre... La nature des transformations intermédiaires ne joue aucun rôle dans le calcul de V énergie nécessaire à son entretien, pourvu que les états initial et final de l'être vivant et des matières qu'il assimile soient exactement connus ».
Ce théorème fondamental doit être généralisé de la façon suivante :
L'ensemble des énergies dépensées en un temps donné par une plante ou un animal pour son fonctionnement intérieur en dehors de tout apport d'énergie étrangère équivaut, suivant les lois ordinaires de l'équivalence des forces, h la chaleur qui serait versée au calorimètre, parla somme des transformations chimiques subies dans ce même temps par les principes immédiats des tissus et aliments de cet être, diminuée de l'équivalent calorique des travaux extérieurs effectués au cours de cette période. Dans la dépense d'énergie on doit comprendre la production de chaleur sensible qui maintient plus ou moins constante la température de l'être vivant, mais qui ne saurait être considérée comme réversible en travail (voir p. 292), ni autrement utilisable pour son fonctionnement (').
Si l'on convient d'exprimer en chaleur, suivant les lois de l'équivalence des forces matérielles, toute production d'énergie sensible due au fonctionnement de l'animal, on pourra pratiquement calculer cette énergie, actuelle ou disponible, d'après le théorème suivant dù à M. Bertelot (loc. cit. p. 92) :
« La chaleur développée par un être vivant, qui n'effectue aucun travail extérieur pendant une période donnée de son existence accomplie sans
(*j La chaleur produite par les animaux a tous les caractères d'une excrétion, d'une dépense, ainsi que nous l'avons démontré pour les muscles en particulier où elle n'est plus transformable en tension élastique, mouvement, ou travail.
PRINCIPES RELATIFS AUX TRANSFORMATIONS DE L'ÉNERGIE. 783 le secours d'aucune énergie étrangère à celle de ses aliments, est égale à la différence entre la chaleur de formation (depuis les éléments) des principes immédiats de ses aliments et de ses tissus réunis, au début de La période envisagée, et les chaleurs de formation des principes immédiats de ses tissus et de ses excrétions à la fin de la même période. »
Comme l'a fait observer d'une façon précise et définitive le même savant, la chaleur animale (ou l'énergie correspondante disponible) ne saurait être attribuée aux seules combustions intraorganiques, ainsi qu'on l'a pensé longtemps à la suite de la grande découverte de Lavoisier sur l'origine principale de la chaleur animale. Les hydratations, déshydratations, dédoublements, fermentations, changements isoinériqucs, absorbent ou dégagent de la chaleur (ou de l'énergie), et le théorème précédent permet de la mesurer exactement si l'on connaît l'état initial et l'état final de l'animal, ainsi que les quantités de chaleur fournies par la combustion totale des principes immédiats qui composent les deux s\stèmes avant et après que ces transformations ont eu lieu. * On doit se rappeler à ce sujet le principe général suivant :
La chaleur de formation d'un corps égale la chaleur de combustion totale des éléments de ce corps s ils étaient brûlés séparément, diminuée delà chaleur de combustion de ce corps au calorimètre.
Cette égalité permettra toujours d'appliquer le théorème ci-dessus puisqu'on connaît la chaleur de combustion de chaque élément simple et que la chaleur de combustion de la plupart des principes immédiats de nos tissus a été aussi mesurée, comme nous allons le voir.
Le théorème suivant, dont nous sommes encore redevables à M. Berthelot, vise l'état d'équilibre de santé où l'animal, restant constant de poids et de nature, ne se modifie pas :
« La chaleur développée par un être vivant qui ne reçoit, le concours d'aucune énergie étrangère à celle de ses aliments, et n'effectue aucun travail extérieur pendant la durée d'une période à la fin de laquelle l'être se retrouve identique à ce qu'il était au commencement, est égale à la différence entre les chaleurs de formation de ses aliments (l'oxygène et l'eau étant compris sous cette dénomination) et celle de ses excrétions (eau et acide carbonique compris) . »
Si l'animal a produit du travail extérieur au cours de cette période, la quantité de chaleur apparue sera diminuée proportionnellement à l'équivalent du travail accompli (1 Cal. disparue pour 426 Kgr. produits).
Les deux théorèmes suivants, relatifs aux oxydations, ont en chimie pure, comme en chimie biologique, d'incessantes applications :
(a) — « L'oxydation totale d'un principe immédiat au moyen de l'oxygène libre, c'est-à-dire sa transformation intégrale en eau et acide carbonique, dégage une quantité de chaleur égale à la différence entre la