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ORIGINE DE L'ÉNERGIE; LOIS DE SES TRANSFORMATIONS CHEZ L'ANIMAL

L'analogie des phénomènes communs à tous les êtres vivants nous a fait découvrir chez eux deux facteurs essentiels à la vie : Vêlai d'organisation transmis à la matière par les générateurs qui ont procréé chaque organisme ; Yétat de fonctionnement de cet organisme dont l'énergie, primitivement fournie par le milieu extérieur, varie incessamment de formes suivant la nature chimique et l'organisation de la substance qui fonctionne.

Nous avons vu que l'organisation existe dans la partie la plus petite de tout protoplasma, et qu'elle dérive du mode d'agrégation des principes constitutifs, comme le fonctionnement dérive des fonctions spécifiques des molécules chimiques intégrantes. Les propriétés de ces protoplasmas résultent, en effet, en dernier ressort, des propriétés de ces molécules constitutives qui conservent dans la cellule vivante leurs aptitudes physico-chimiques et y fonctionnent d'après les lois ordinaires de la nature morte. Mais l'ordre suivant lequel se succède et s'exerce la mise enjeu de ces propriétés et affinités naturelles est réglé, dans le protoplasma de la cellule, par son organisation et par les mouvements ou changements auxquels préside le noyau. De là le fonctionnement vital, c est-à-dire 1 ordre dans la succession des phénomènes et l'activité ordonnée de la cellule ou du tissu.

La vie des organes qui président a une fonction générale telle que la digestion, la circulation, etc., est plus compliquée. Chacun des tissus qui les composent concourt, avec toutes ses aptitudes spécifiques, au fonctionnement de ces organes. Mais ici, un régulateur extérieur à l'instrument direct de la fonction préside à la succession des actes et à la proportion dans lesquelles chaque tissu concourt au fonctionnement

PRINCIPES RELATIFS AUX. TRANSFORMATIONS DE L'ÉNERGIE. 781 tout entier. Ce régulateur est le système nerveux : il distribue à sa guise le sang et l'oxygène, l'excitation bu l'arrêt des actions chimiques!, le relâchement ou la contraction; il mesure aux tissus leurs matériau* nutritifs, fait circuler les excréta, etc., suivant le plan du système ordonnateur. C'est à ce système nerveux qu'est conférée la réglementation de chaque fonction aussi bien que leur commune association et dépendance: c'est à lui qu'est du le phénomène si frappant de la vie générale; c'est en- lui que réside le problème de la vie individuelle, c'est-à-dire de l'harmonie du fonctionnement de chaque partie dans l'ensemble, harmonie qui a pour effet, la conservation et l'existence, même de l'être personnel. La cellule nerveuse est à l'ensemble de l'individu ce qu'est le noyau à la cellule tout entière; l'organisation du tissu nerveux est la cause directrice de la vie générale, comme celle du noyau de la cellule est la raison de son fonctionnement particulier.

C'est dans celte organisation du tissu nerveux, certainement transmis pat la matière de la génération, que réside la cause, le mystère de l'organisation générale, de la vie individuelle.

Qu'il s'agisse de la vie d'ensemble, de la vie de la cellule isolée,, du fonctionnement du protoplasma ou des phénomènes résultant de la constitution de ses molécules intégrantes, la vie consiste donc en une série ordonnée de transformations de l'énergie chimique, physique ou mécanique. La plante ou l'animal ne créent ni ne détruisent aucune partie de cette énergie, mais chacun de leurs organismes la transforme et la dirige dans un ordre déterminé par cet organisme et qui est la raison d'être de sa conservation. Le milieu extérieur fournit cette énergie tout entière à l'être vivant, soit sous forme actuelle de mouvement, de chaleur, d'électricité, etc., soit sous forme latente, potentielle, chimique, telle qu'elle existe dans les aliments et dans l'oxygène libre.

Quels que soient l'ordre et les états successifs sous lesquels se manifeste cette énergie, ses transformations obéissent à deux conditions absolues : 1° La quantité d'énergie totale demeure invariable ; 2° Les transformations qu'elle subit restent soumises aux conditions et aux lois ordinaires de l'équivalence des forces matérielles.

Ainsi, 1 gramme d'albumine, lorsqu'il s'oxyde dans l'un de nos tissus absorbera, comme dans nos vases inertes, 1,7 d'oxygène pour former lgr,65 d'acide carbonique, 0,411 d'eau, et 0,39 d'urée, ou son équivalent en sels ammoniacaux. Il dégagera toujours, quelle que soit la cellule où se passe cette combustion, quel que soit le mécanisme qui lui donne lieu et les réactions intermédiaires, 4 Calories, 857, c'est-àdire la quantité de chaleur que produirait cette même quantité d'albumine par sa combustion vive et totale dans le calorimètre, diminuée de la quantité de chaleur qui répondrait à la combustion de 0gr,39 d'urée.

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