‹ Leçons de chimie biologique, normale et pathologiqueChapitre 461 sur 467 · TRAVAIL PHYSIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

TRAVAIL PHYSIOLOGIQUE

même quantité de chaleur disponible, on voit donc que le travail dyna-

, ne lail disparaître une quantité très importante de La chaleur qui

serait produite au Repos grâce à la même consommation d'oxygène et d'aliments. Le rapport de l'oxygène consommé pour produire du travail à oelui qui l'est pour produire de la chaleur n'est pas le même que le rapport de l'énergie totale apparue sous l'orme de travail dynamique à |a chaleur totale ; mais Jlirn a fait remarquer que durant la période de travail la production des forces vives (chaleur et travail) venant à doubler, la quantité d'oxygène consommée est quadruplée, ainsi qu'on le voit d'après les nombres ci-dessus (').

Travail physiologique : sécrétions, excrétions, accroissement, travail cérébral. — La dépense de potentiel, dépense pour ainsi dire latente dont les tissus vivants sont le siège continu, celle qui est consommée par les glandes qui sécrètent, celle que dépense la cellule pour assimiler, organiser, grandir et se reproduire, aussi bien que le cerveau pour fonctionner, toute cette dépense a pour origine l'énergie emmagasinée dans les aliments ou les réserves, énergie qui de potentielle devient en partie cinétique et apparaît sous forme de phénomènes caloriques ou mécaniques.

La dépense correspondante à ces actes peut se calculer si l'on connaît l' état initial et Yétat final du système. La production d'une substance nouvelle en partant de composants donnes, ses dédoublements, ses isoméries dégagent ou absorbent de la chaleur, ainsi qu'on l'a vu plus haut, et diminuent ainsi, ou bien augmentent, l'énergie totale disponible.

On doit remarquer ici que dans un système fermé qui ne reçoit rien, qui ne fournit rien au dehors, et qui, après diverses transformations, revient cà son état initial, l'énergie reste constante quels que soient les phénomènes qui s'y passent et le cycle suivant lequel se sont succédé les phénomènes. De telle sorte qu'à chaque instant, et malgré les modifications passagères et les phénomènes intermédiaires, l'énergie doit, clans ces systèmes isolés, rester constante, si l'état final se trouvant identique à l'état initial, les pertes ont été exactement compensées par les gains.

Il s'ensuit que tous les actes directeurs, excitateurs, modérateurs, propres aux êtres vivants, et d'où résulte le renouvellement normal des tissus et la conservation de l'être, aussi bien que ceux d'impression, de sensation, de pensée, etc., actes d'où résulte le passage de l'être qui en est le siège par une série ordonnée d'états ou de formes transita On a du reste fait ici une hypothèse qui n'est pas tout à fait exacte, c'est que, durant le travail, l'oxygène est consommé proportionnellement aux aliments, et suivant la même loi que pendant le repos.

Au point de vue pratique du travail chez Ranima] de ferme, voir le mémoire de Sanson : la source du travail musculaire {Journ. de l'Anal, cl de la PhysioL, septembre-octobre 1<S8(); .

toires, laissant l'organisme matériel avant el après identique à luimême, ne correspondent à aucune dépense d'énergie. Què l'animal ait manifesté sa vie sous une forme ou sous une autre, qu'il ;iit ou non senti, pensé, voulu, s'il est revenu à son état initial, pour une même

consoi ation d'aliments el d'oxygène, il aura disposé de la même

quantité d'énergie, il aura rayonné le même nombre de Calories, ou produit dans le temps considéré le même travail mécanique. La pensée, la volitibn, la vie même, c'est-à-dire l'ordre el la succession des faits en vue de la conservation de relie, n'auronl pas fait disparaître proportionnellement la moindre parcelle de l'énergie.

La consommation d'une même quantité d'albumine, de graisse, de sucre, chez une hydre, un mollusque, un homme raisonnable, revenus chacun après fonctionnement à leur état initial, produira la même quantité de chaleur ou de travail équivalent, quelle que soit la nature de leur fonctionnement, que ces animaux pensent, sentent ou ne vivent que d'une vie végétative.

Ce principe fondamental de la dynamique rationnelle s'applique aussi bien aux actes mystérieux du travail cérébral ou de la mise en jeu de la volonté, qu'à la série des modifications de pure forme produits chez l'être vivant lors du fonctionnement des organes et des tissus. La pensée, la volition, et en général, tons les phénomènes,' qui après que le cycle a été parcouru et que l'organisme est revenu à son point de départ, ne laissent de réel que l'ordre de leur succession ou le souvenir de leur existence, n'ont aucun équivalent dynamique; c'est avec raison que Descartes les séparait des phénomènes de la mécanique mesurables par des masses et des vitesses. On pense métaphysiquement, dit-il, mais on vit et Von agit physiquement. Nous nous sommes déjà étendu, à plusieurs reprises, en particulier dans notre Ire Leçon, p. 2, sur la non-équivalence des phénomènes de pure forme avec ceux qui sont réductibles à des mesures de poids et à des transports de masse.

En somme, l'être animé ne consomme rien pour vivre, il rend intégralement, après avoir parcouru le cycle complet de son fonctionnement et être revenu à son état d'équilibre initial, la totalité de l'énergie dont il disposait, énergie proportionnelle à celle des aliments consommés. On en retrouve intégralement l'équivalent dans la chaleur rayonnée par l'animal, le travail dynamique qu'il a accompli et la structure des principes immédiats nouveaux qu'il a produits ou organisés durant ce même temps.- C'est ce que M. Berthelot a si bien résumé par ces mots : L'entretien de la vie ne consomme aucune énergie qui lui soit propre.

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