‹ Leçons de chimie biologique, normale et pathologiqueChapitre 77 sur 467 · GÉLATINE · texte numérisé non relu

GÉLATINE

permet à la gélatine de se dissoudre môme dans l'alcool étendu et froid. Une solution de gélatine concentrée que l'on fait longtemps bouillir perd la propriété de gélatiniser et se transforme peu à peu (instantanément à 140°) en une substance douée de propriétés très adhésives; c'est la colle forte. D'après Dastre, les chlorures et iodures alcalins de 1 à 10 pour 100 produisent la même transformation.

I os solutions de gélatine dans l'eau pure ou a peine alcalisée ont un pouvoir rotatoire [«]„ = — 130 à 25°, et [a]„ = -123° a 40°. Ce pouvoir s'abaisse h — 112° en présence des alcalis ou des acides faibles.

La o-élatine se dissout dans les acides acéticpic ou sulfurique. La solution aqueuse ou glycériniquc de gélatine ne se trouble par aucun acide, si ce n'est par le tanin qui donne un composé imputrescible.

La chaux et le phosphate de chaux se dissolvent mieux dans les solutions de gélatine que dans l'eau pure en formant de vraies combinaisons.

Le réactif de Millon la précipite mais la colore à peine à l'ébullition. Le sulfate de cuivre, l'alun, le ferrocyanure de potassium acétique, les acétates de plomb, etc., ne précipitent pas ses solutions. Elles sont précipitées par le sous-acétate de plomb ammoniacal, le chlorure mercurique, le chlorure de platine, les acides phosphotungstique et phosphomolybdique acidifiés par les acides minéraux, l'iodomercurate de potassium, l'iodure de potassium ioduré, l'acide picrique, en un mot par les réactifs principaux des alcaloïdes. Tous ces précipités sont solubles dans un excès de gélatine. Additionnées de sulfate de cuivre, puis de potasse, les solutions de gélatine donnent un liquide bleu violet, qui ne précipite pas le phosphate de soude et qui, par une ébullition prolongée, passe au rouge clair sans donner de précipité d'oxydule. Ces mêmes solutions précipitent par saturation au moyen des sels neutres de magnésium ou d'ammonium mêmes quand elles sont un peu altérées par la chaleur et qu'elles ne gélatinisent plus (O. Nasse). Ce sont là des caractères qui les différencient des peptones, dont elles se rapprochent singulièrement par la plupart de leurs autres propriétés.

Le suc gastrique peptonise la gélatine qui peut concourir à la nutrition ainsi que je m'en suis assure. Sa digestion en présence du suc gastrique dédoublerait la gélatine en deux sortes de peptones : la semiùlutine précipitable par l'alcool à 80° centésimaux et par le chlorure le platine, et V hémicolline non précipitable (Hofmeister).

Le hichromate de potasse donne avec la gélatine, en Yoxydant à la lumière, une combinaison insoluble. Cette observation a été appliquée à la photographie et à l'héliogravure.

Les solutions de gélatine ou de colle forte ne dialysent pas sensiblement à travers le papier parchemin.

110 SUBSTANCES PROTÉIQUES.

. So"mise à l'hydratation en présence de l'eau et de la baryte, la gélatine fournil les produits ordinaires des albuminoïdea : du pyrrol, dé I homopyrrol, CffAz (sans hases pyridiques ni tyrosine); 20 à 25 pour 100 do glycocolle; de l'alanine, de l'acide amidobutyrique el près d] 25 pour loi) de leucéines en CIP-'AzO» (n = 4-5 et 6), enfin des acides glutamique et aspartique (Schutzenberger).

Sous l'influence des ferments putrides du pancréas, après une digestion de 24 heures à 40 degrés, il se fait des peptones, des arides acj tique, butyrique, valérique et carbonique, de la leucine 1 1 ,5 pour 100), accompagnée de beaucoup de glycocolle, de l'ammoniaque, de la triméthylamine, pas d'indol, ni de tyrosine mais une hase C9HuAz que Nencki suppose être l'isophényléthylamine u-W-VM : ^

Des produitsdela putréfaction de la gélatine en présence des bactéries, Briegcr a retiré une grande proportion de neuridine G5HuAz!.

CHON DROIH UCOÏDE. — ACIDE CHONDROÏ TIQUE

Chondromucoïde('). — On admettait autrefois que le cartilage; était essentiellement formé d'une substance fondamentale entourant les capsules cartilagineuses, la cartilagéine ou chondrogéne, qui par l'elnillition avec l'eau, se transformait en une substance soluble isomère, la chondrine, analogue à la gélatine. 11 résulte de travaux de Th. Morner(*) que la substance du cartilage est essentiellement formée de deux parties : l'une l'osséine, ou du moins une matière collagène très analogue^ à l'osséine de l'os, l'autre le chondromucoïde, substance protéiqué principale du cartilage. D'après Schmicdeberg (3) elle résulterait de l'union d'un acide sulfoconjugué, Yacide chondroïtique ou chondroïtine-sulfoné avec Tosséine précédente. Une partie de cet acide chondroïtique resté à l'état libre, ainsi qu'une substance kératinique qui résiste au traitement successif du cartilage par l'eau bouillante, par les acides et les alcalis, sont les deux autres substances constitutives, mais moins importantes, de ce tissu.

Le chondromucoïde en constitue la majeure partie. Pour le préparer on épuise par de l'eau distillée à 40° et durant plusieurs jours le cartilage (*) bien haché. La liqueur contient un mélange de chondromu-

(') La substance fondamentale du cartilage le chondromucoïde, est un véritable proteide analogue à la mucine, sc dédoublant par hydratation en gélatine et acide chondroïtique-sullone. 11 eut donc ele logique de l'étudier avec les aulrcs protéides, mais nous n'avons pas voulu ici séparer l étude de la matière fondamentale ,1k eaîlilage de celle de l'os.

[-) Th. MonNicn [Maltfs Jahresb., XVIII, 217)

(3) Ibid., XII, 533. '

(*) On recommande plus particulièrement le cartilage des cloisons nasales.

ACIDE CflOKDROÏTIQUË. 111

coïde et d'acide chondroïtique. Ce dernier rendant impossible la précipitation du chondromucoïde par les acides, on détruit l'acide chondroïtique en Taisant bouillir ces solutions avec de l'acide chlorhydrique à 2 pour 1000; le chondromucoïde se précipite alors.

On peut encore (et celte méthode est plus sûre) mettre les cartilages hyalins des fausses côtes ou de la cloison du nez bien divisés, à digérer linéiques semaines à 40° avec de l'acide chlorhydrique à 2 pour 1000. De la Platine et de l'acide chondroïtique se dissolvent. Le résidu lavé à l'eau est alors traité par une solution de potasse à 1/2 pour 1000. Elle dissout le chondromucoïde et laisse la substance kératinique.

Le chondromucoïde est une substance insoluble dans l'eau, soluble dans les alcalis très affaiblis (1/2 millième) et dans l'eau de chaux, précipitable de ces solutions par l'acide acétique. Sous l'influence des alcalis dilués ou des acides, surtout à chaud, le chondromucoïde est décomposé en alcali-albumines et acide chondroïtique. La même décomposition se produit dès le début dans la digestion pepsique du cartilage. Aussi Schmiedeberg admet-il que le chondromucoïde est une combinaison d'un collagène, d'une sorte d'osséine, avec l'acide chondroïtique.

Acide chondroïtique et ses dérivés. — Par digestion pepsique du cartilage on obtientau boutde 10a 20 heures une masse pâteuse formée d'une combinaison de peptogélatine et d'acide chondroïtine-sulfoné. Après lavage à l'eau, celte combinaison [peptochondrine) se dissout facilement dans l'acide chlorhydrique à 2 ou 3 pour 100. Cette solution filtrée, additionnée d'un peu d'alcool (1/4 de son volume), abandonne des flocons; en les séparant par le filtre et ajoutant un excès d'alcool à la liqueur, on précipite la peptochondrine. En la reprenant par la potasse étendue et précipitant par l'alcool on obtient le chondroïtine-sulfate de potassium.

Pour obtenir X acide chondroïtique on peut aussi traiter le cartilage haché par une lessive de soude a 5 pour 100 ; elle dissout l'acide chondroïtique libre, et décompose le chondromucoïde en alcali-gélatine, protéoses et acide chondroïtique. La première est éliminée par saturation exacte de la liqueur, les protéoses par un excès de tanin ; on filtre, on se débarrasse du tanin par de l'acétate de plomb, de l'excès de plomb parIPS; enfin on précipite l'acide chondroïtique par l'alcool.

Que l'acide chondroïtique ou chondroïlinc-sulfoné ait été obtenu par dédoublement du chondromucoïde du cartilage au moyen des alcalis à •) pour 100, par les acides affaiblis ou par le suc gastrique, ou bien qu'il provienne de la partie qui parait exister à l'état libre dans le lissn cartilagineux, il se dédouble partiellement à froid, complètement ;i chaud, en présence d'eau acidulée d'acide chlorhydrique à 4 ou

•112 . SUBSTANCES PROTÉIQUES.

5 pour 100, en acide sulfurique el en un dérivé azoté, la chondroïtine

Cl8H«AzS0" + IJ20 = S0*IJ2 + C*«H*'AzO"

Acide chondroïline-sulfoné, Chondrollinc.

Nous voyons apparaître ici, régulièrement dérivé d'une matière albuminoïde, cet acide sulfurique que nous retrouverons, dans l'économie, excrété tantôl à l'état de sulfates, tantôt conjugué aux phénols dans lea urines, tantôt sous forme de taurine dans la bile.

Quant à la chondroïtine, c'est un acide azoté gommeux, qui bouilli jusqu'à complète hydratation avec l'acide chlorhydrique étendu se transforme en une matière alcaloïdique, la chondrosine C'EPAzO"] réduisant le réactif cupropotassique. Elle se l'orme suivant l'équation :

C18Ha7Az014 + 3H20 = C12II22AzO" + 3C2H*02

Cliondroïtiue. Cliondrosiue. Acide acétique.

A son tour sous l'influence d'une hydratation encore plus avancée, que provoquent à chaud les alcalis étendus, la chondrosine se transj forme en acides divers parmi lesquels l'acide glycuronique Or,lllo07 (qui se rattache au glucose par remplacement de II2 par 0) et une basa nouvelle la glycosamine Cr'H"(AzIP)05 qui est un glycose amidé que les alcalis altèrent rapidement :

(MI^AzO11 + tla0 = Coil1007 + CH'sAzO»

Chondrosine. Acide glycuronique. Glycosamine.

11 existe dans la carapace des articulés une substance sur laquelle nous reviendrons, la chitine, qui se rapproche beaucoup de la chondrine par ses propriétés générales, et qui, lorsqu'on la fait bouillir avec de l'acide chlorhydrique assez concentré, se transforme en acide acétique et en cette même glycosamine C6H13Az05 ('). 11 parait donc y avoir une réelle analogie de constitution entre la substance fondamentale du cartilage et la chitine.

Cette transformation d'un albuminoïde naturel, le chondromucoïcle en acide sulfurique, chondrosine (corps alcaloïdique), acide glycuronique et glycosamine, ces derniers dérivant immédiatement du glycose, est l'un des exemples les plus typiques que l'on puisse citer des dédoublements successifs des albuminoïdes, par simple hydratation, en une série de produits de désassimilation des plus remarquables, tels qu'on les constate, sans pouvoir toujours suivre le mécanisme de leur genèse, dans l'économie végétale et animale.

(*) lu matière qui constitue la partie Fondamentale de la vésicule des échinocoques doil aussi en être rapprochée Elle est formée d'un principe très analogue à la chondrine, mais moins riche qu'elle en azote : on lui a donné le nom à' hyaline. Bouillie avec les acides, elle laisse la moitié de sou poids d'un sucre fcrmenlescible.

ÉLASTINE. 113

En chauffant le cartilage bien décalcifié aux acides, avec la baryte et l'eau à 180°. MM. Schutzenberger et Bourgeois l'ont dédoublé en acides amidés C"Il2"+lAz02, ne contenant pas de glycocolle, et en un mélange formé pour une forte proportion des leucéines OiFAzO2 et C3ll8Az02 el d'amides en C"lP""'xVzOl. L'ammoniaque et l'acide oxalique <]iii se; produisent en même temps sont accompagnés d'une quantité d'acide acétique triple de celle qu'on obtient avec la gélatine ; nouveau rapprochement avec la chitine, qui donne le même acide gras en s'hydratant.

ELASTIN E

L'élastine ou élasticine est la substance fondamentale des libres du lissu élastique : le ligament cervical des quadrupèdes, les ligaments jaunes intervertébraux, en sont principalement formés. Les fibres élastiques se rencontrent aussi dans le tissu conjonctif, le derme, les os, les aponévroses, etc. , associés à l'osséineet à la conjonctine. Elle abonde dans la tunique moyenne des artères. L'enveloppe des œufs de reptiles paraît aussi principalement formée d'élastine.

Pour la préparer, après avoir échaudé à l'eau bouillante et raclé le ligament cervical du veau, on le divise en fibres aussi fines que possible, on le fait digérer avec de l'alcool chaud, puis bouillir longtemps et successivement avec de l'eau, de la potasse à 1 pour 100 et de l'acide acétique à 10 pour 100; on laisse ensuite digérer a froid avec de l'acide chlorhydrique (1 partie pour 20 d'eau), on fait bouillir de nouveau avec de l'eau, on épuise à l'alcool à 95° centésimaux, enfin à l'éther. On obtient finalement une substance jaunâtre exempte de soufre, renfermant encore un peu de cendres (Horbaczeivski). Elle répond à la composition suivante :

Ligament cervical. Enveloppe ■ — - — -~- - des œufs de serpents.

Carbone 55,46 54,22 54,68

Hydrogène 7,4i 6,99 7, H

Azotc 16,19 i6,74 i6,37

Oxygène » » »

Miiller. Borbacxewski Hilger.

(Moyenne do <l analyses)

L'élastine est insoluble dans l'eau froide ou chaude, dans l'acide acétique, l'ammoniaque, la liqueur cuproammoniacalc. Longtemps chauffée avec de l'eau, elle donne solution brune que le tanin précipite. Elle se dissout, mais en se décomposant, dans les solutions d'alcalis au dixième, lentement à chaud, plus rapidement si les solutions sont concentrées, ainsi que dans les acides sulfurique et nitrique froids. L'élastine n'est pas sensiblement altérée par l'acide chlorhydrique de

A. Gautier. — Chimie biologique,

114 MATIÈRES PROTÉIQUES.

■1 ,fi à 40 pour 1 000; Elle est un peu digestible : sons l'action de la pepsine acidulée, elle se change en hémiélastirte el clastine-peplone [Horbuczewski). Ce sont là des espèces de pépt&hes ou protéoses (Chittend&n).

D'après Horbaczewski, l'élastine bouilliè avec l'acide ehlorhydrique un peu concentré cl le chloruré d'étam, se dissout complètement, sans donner d'acides gras, cl se transforme en glycoColle, butalanine, leucine (abondante), leucéines et trace de tyrosine; il ne se fait ni acide suifhydrique, ni acide glutamique que l'osséine et le cartilage produisenl dansées conditions. La putréfaction de l'élastine donne naissance aux acides butyrique et valérique, au glycocolle, à la leucine, niais pas à la tyrosine, au phénol ni à l'indol.

5= FAMILLE : MATIÈRES CORNÉES ou KÉRATINES

Les matières qui constituent cette famille sont d'apparences diverses, cornées, molles ou élastiques, mais insolubles dans l'eau qui les gonflé difficilement, même à 100°. La chaleur humide leur communique à toutes une certaine plasticité. Elles ne se dissolvent ni dans les acides étendus, ni dans les carbonates alcalins. Elles sont imputrescibles et indigcstibles.

La plupart des kératines humectées ou bouillies avec de l'eau perdent une partie de leur soufre à l'état d'hydrogène sulfuré (la matière des cheveux exceptée). Traitées par les alcalis assez concentrés, elles se dédoublent en alcalialbumines, hémialbumoses et peplones. Elles fournissent de la tyrosine par une hydratation plus avancée.

La kératine de l'épidémie, hconjoncline du tissu conjonctif, la séricine de la soie, la spongine et la concliioline des éponges cl des coquillages, etc., doivent être classées dans cette famille. Il faut y joindre la substance amyloïde, qui s'en rapproche beaucoup mais qui n'apparaît qu'anormalement dans nos tissus.

CONJONCT1NE

Le derme des mammifères, la membrane muqueuse ,1e l'intestin, I; peau des oiseaux et des reptiles, les aponévroses, etc. sont formés d un réseau de tissu conjonctif contenant une substance, analogue à I osseme. qui se dissout dans l'eau bouillante en donnant une véritable gélatine. Lorsqu'on a tout a fait épuisé ces divers produits par coctïon a l eau. il reste un résidu insoluble conservant l'apparence du tissu primitif, mais s'écrasanl cire les doigts. C'est la eonjonctine impure; elle est mélangée

KÉRATINES. 115

de quelques fibres élastiques, et de bulbes pilifères lorsqu'on est parti du derme qui sert généralement à la préparer.

La conjonctine est spéciale au tissu conjonctif où elle a été signalée.par Mûntz. C'est une matière insoluble dans l'eau cl qu'on ne peut transformer en gélatinenien chondrine dans la marmite de Papin. Elle peut être obtenue à l'état de pureté grâce à la propriété qu'elle possède de se dissoudre dans les solutions zinco- ou cupro-ammoniacalcs préparées en oxydant à l'air, en présence d'ammoniaque, les métaux correspondants ('). On traite donc par la liqueur cupro-ammoniacale le derme bouilli épuisé à l'eau et lavé, el Ton précipite ensuite la conjonctine par l'acide acétique. Les flocons qui se déposent retiennent un peu d'oxyde métallique 11 faut pour les purifier les redissoudre dans l'ammoniaque et les reprécipiter.

Cette substance répond à la composition: C = 54,5; H=6,K; Az = 14,4. Elle se rapproche du chondromucoïde (p. 110) par son fpourcent d'azote, de l'osséine par son pomment de carbone ; de la cellulose par quelques-unes de ses propriétés.

L'acide sulfuriquc transforme la conjonctine en glycocolle ; la potasse ne parait donner avec elle ni leucine, ni tyrosine.

KÉRATINE OU ÉPI DERMOSE; — NÉVROKÉRATINE

Kératine. — La kératine forme la masse principale des cellules ►superficielles de l'épidémie, des ongles, des sabots des solipèdes, des cernes de ruminants, des carapaces et écailles de reptiles, des cheveux et poils, des plumes d'oiseaux, de la laine, de fa membrane coquillière 4de l'œuf.

On la prépare, en général, avec la corne (2). On la râpe on on la btriture, puis on la fait successivement bouillir avec de l'eau contenant 110 pour 100 de carbonate de soude, avec de l'eau acidulée, de l'alcool eet de l'éther. On enlève ainsi une partie des corps minéraux, des "raisses et même du soufre. Toutefois il est difficile d'affirmer l'Homogénéité du résidu. 11 semble, du reste, d'après leur composition, qu'il faut distinguer entre les kératines d'origines diverses.

On peut aussi soumettre les matières kératiniques râpées à l'action du sue gastrique qui dissout tout, sauf les graisses, les kératines et les nucléines; en reprenant par la soude à 2 pour 100, pour enlever les nm léines, et lavant à l'éther pour séparer les graisses, la kératine reste comme résidu.

P) On verra que la séricinc de la soie estsoluble dans ces mêmes réactifs.

i- Les matières cornées telles que sabots de cheval, cornes de bœuf, écaille etc sont aptes après trempage à l'eau chaude, à s'aplatir et à se mouler lorsqu'on les comprime à enaud clans des presses spéciales. La matière prend ainsi une sorte de fluidité, elle est à demi

U6- MATIÈRES PROIÊIQUES.

Voici sa composition :

A.zole.

Soufre

Épidonne.

Corne

le la plante

de vache.

des pieds.

Membrane

coquijlioro Cheveux. OngUi de L'œuf.

Carbone . ... 5i,o 5i,<> 49,78 5o,o 5o,5

Hydrogène. . . 6,8 G, 8 6,64 6,7 «''-9

(Sc/ianrK) (Schlossberurr.) (Lindwall.) (Schrrcr.) (MûUer.)

er-

Ces analyses montrait : 1° que toutes les substances cornées, épid rnioues ou pileuses, sont loin d'avoir la même composition; 2° qu'elle! sont toutes très riches en azote; 3U que la quantité de soufre y esl particulièrement élevée, surtout dans la dôme et les cheveux. Les poil* roux en renferment jusqu'à 8,3 pour 100; èn revanche, la hune blanchj de mouton n'en contient que 0,87. L'incinération laisse 1 ,;> centième de cendres Formées de phosphates terreux et de sulfates, auxquels d fauî ajouter, pour les cheveux et les plumes, un peu de fer et de sil.ee.

L'eau bouillante, surtout acidifiée d'acide acétique, gonfle la keratini sans la dissoudre. Mais à 140-150°, elle la transforme lentemenl en ni liquide tenant en suspension une matière solide blanchâtre. La liqueuj filtrée ne gélatinise pas. L'acide acétique précipite celte solution el efl dégage de l'hydrogène sulfuré. Le ferrocyanure de potassium acétique y fait naître un précipité soluble dans un excès d acide.

Par une longue ébullition avec l'acide sulfurique étendu ou les alcalis, la kératine se transforme, entre autres produits, en leucme, lyrosme (4 pour 100) et acides gras accompagnés d'un peu d'acide aspartiquf La corne n'est que difficilement et très lentement attaquée par les solutions bouillantes de carbonates alcalins. Elle se dissout dans l acuti acétique cristallisable.

Névro-kératine. — Une substance très analogue à la kératine, très résistante aux réactifs, forme le cylindre-axe des nerfs et se rencontre aussi dans les parties grises du cerveau el dans la rétine La nevi ok, rj tine .este comme résidu du tissu nerveux épuise par tous les dissolvants, par les sucs digestifs, les acides et les alcalis a 2 pour 1000 ( ).

FIBROÏNE — SPONGINE

Fibroïne. - La fibroïne est la matière principale de la soie Elle ressemble beaucoup à la spongine des éponges et a la conjone.ine. Pour ,a préparer, on lai! digérer la soie grège durant vingt heures dans une

(i) Èwaict'et Kul.no, Jdhresb. d. Tierchem» t. Vit: p. 302.

FIBROÏNE; SPONGINE. 117

lessive de soude frcfide à 5 pour 100; on la lave ensuite à l'éau, puis on la met à tremper dans l'acide chlorliydrique au vingtième-; enfin après nouveau lavage, on épuise la soie à l'alcool et à l'éther. On la débarrasse ainsi d'albumine; do graisses, de résines et' de matières azotées diverses. 11 reste en fibroïne 50 pour 100 environ du poids primitif de la soie(').

C'est une substance formée de libres blanches d'apparence soyeuse, moins résistantes que la soie brute. Elle se boursoufle quand on la chauffe et brûle en. répandant l'odeur de corne brûlée.

La fibroïne est insoluble dans les dissolvants neutres, dans l'ammo niaque, les alcalis et l'acide acétique étendus. Mais elle se dissout oans les acides forts et les alcalis assez concentrés et s'en dépose sous l'orme d'un précipité paraissant en partie altéré.

Par une longue ébullition avec les acides moyennement étendus ou la han te, la fibroïne donne de la leucine, du glycocolle, de l'alanine, et T» pour 100 de tyrosine, sans acide aspartique, ni acide glutamique.

Elle se dissout dans les liqueurs cupro- et zinco-ammoniacales d'où la précipitent les acides faibles. Le chlorure de zinc basique dissout, même à froid, beaucoup de fibroïne. En étendant cette liqueur d'eau chlorhydrique, on peut la dialyser : il reste une sorte d'empois.

La fibroïne renferme : C = 48,8; 11=6.2; Az = 1 9,0; 0 = 26 pour 100. Elle ne contient pas de soufre et laisse à l'incinération i environ 0,3 pour 100 de cendres composées de phosphates, chlorures et sulfates terreux, avec un peu de fer et d'alumine p).

Spongine. — C'est la substance organique fondamentale des i éponges. On l'avait crue identique à la fibroïne ; mais Staedeler a montré (|u"en se dédoublant sous l'influence des acides, elle donne de la leucine i et du glycocolle, sans tyrosine. Elle en diffère aussi par son insolubilité i dans les liqueurs cupro-ammoniacales. Elle laisse, lorsqu'on l'incinère,

(') Lus fils d'araignée en sont principalement formés.

(2) Séricine. — Lorsqu'on traite la soie par l'eau à la marmite de Papin la séricine qui accompagne la fibroïne se dissout. La liqueur gélalinise à froid. On précipite la séricine par le • sous-acétate de plomb et l'on décompose le précipité par l'hydrogène sulfuré ; on ajoute alors mi peu d'alcool pour favoriser le dépôt de sulfure de plomb qui reste, on filtre et l'on précipite enfin la séricine par un excès d'alcool. Ainsi préparée, elle forme des flocons blancs, qui se dissolvent dans l'eau bouillante et gélalinisent par refroidissement. La solution de séricine est précipitée par le tanin, l'alcool, l'acétate basique de plomb, le nitrate mercureux, le chlore, la plupart des sels des métaux lourds, ainsi que par le sulfate d'alumine. Ces précipités se redissolvent dans un excès du réactif. La solution acétique de séricine donne par le cyanure jaune de potassium un précipité verdàtre.

Celle substance répond à la composition 0 = 44,3; 11 — 0,2; Az = 18,5; 0=51,2 que représente bien la formule C1Sillï3Azs08 [Cramer). 11 est permis de douter qu'elle soit de na- Inrc albuminoïde. Lorsqu'on fait bouillir la séricine avec les acides minéraux moyennement étendus, elle donne, indépendamment de la leucine et de la tyrosine, un acide amidé cristallisai.le répondant à la formule CU'AzO8 : c'est la séricdïne. Ce corps représente de l'acide chlorolactiquc 011*01 - CH (OH) - CO*II où le chlore aurait dé remplacé par l'amidogène, soil : Cil- • A/Il- • Cil (011 • C0*tl [Cramer. ./. fur praki. Chem., XOVI, 70).

118 MATIÈRES ['HOTKKjTKS.

beaucoup de silice mêlée d'iodures alcalins. Soumise à l'action du suc gastrique, elle forme des espèces de peptones, mais qui ne donnent j *:» s In réaction du hiuret.

Lu préparation de la spongine se fait comme celle de la fibrome] D'après Poselt, elle contient pour cent :

G = 48,70; H = 6,35; Az = 16,40.

Le traitement barytique, conformément à la méthode de P. Schutzenberger, a donné pour 100 de spongine. : azote ammoniacal 4,21 ; acide carbonique 3,90; acide oxalique 5,54; acide acétique 3,64; rendu fixe 96. L'analyse de ce résidu fixe montre qu'il est formé de leucine, de butalanine,deglycalânineCBHlîAzsO*, d'un acide hydroprotéiqueC9H,8AzI0j et. d'une trace de tyrosinc(').

SUBSTANCE AMYLOÏDE

Beaucoup de tissus, le l'oie, la rate, les reins, etc., peuvent subir une dégénérescence qui consiste dans le dépôt d'une substance blanchâtre à éclat cireux envahissant les cellules et formant par places des blocs irrégulièrement arrondis en couches concentriques rappelant les grains d'amidon. Lorsqu'on l'humecte d'eau iodée, surtout si l'on a préalablement touché les coupes avec un peu d'acide sull'urique moyennement concentré, elle se colore en brun ou en violet sale, quelquefois ei violet. Le violet d'aniline teint en rouge les blocs amyloïdes.

Pour l'obtenir à l'état de pureté, on prend le foie ou la rate ainsi dégénérés qu'on pulvérise et fait passer à travers un tamis; on lave la pulpe à l'eau froide et l'on chauffe avec de l'eau à 120° pour liquéfier et gélaj tiniser les substances collagènes. On filtre à chaud et l'on épuise le résidu par l'alcool à 40° centésimaux bouillant, qui enlève les graisses et la cholestérine. On met la matière résiduelle en suspension dans de l'eau acidulée à 2 millièmes et on la fait digérer avec de la pepsine. Enfin on lave le produit insoluble avec du carbonate sodique à 2 pour 100. La matière amyloïde reste mêlée d'un peu de tissu connectif.

Les acides étendus ne dissolvent pas la matière amyloïde; une longue ébullition à l'eau acidifiée ne donne pas avec elle de glycose, mais bien de la leucine et de la tyrosinc. L'acide chlorhydrique fort la dissout en la transformant en syntonine. Les alcalis et l'ammoniaque la dissolvent également en la décomposant. Elle a pour composition :

C = 53,0: H=7,0; Az = 15.0; S = l,3.

nombres qui coïncident bien avec ceux des matières albuminoïdes prôl

(') Zalncostas. Compl. Rend., CVII. 252,

PROTÉIDES. 11!)

prement dites, et qui l'éloignent dé la kératine. Toutefois, sa propriété d'être insoluble dans l'eau froide ou chaude, même eu présence des acides et des carbonates alcalins, aussi bien que son indigestibilité. doivent la l'aire rapprocher des matières kératiniques.

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