‹ Lecons de chimie élémentaire (volume 2)Chapitre 12 sur 42 · ACIDE SlLFl'RI^E ORDINAIKE OU HCUX DE VmUOL · texte numérisé non relu

ACIDE SlLFl'RI^E ORDINAIKE OU HCUX DE VmUOL

Il se présente sous la forme d'un liquide incolore, inodore, d'une consistance o!éagineuse. Sa saveur est des plus acides; aussi est-ce un. caustique violent qui brûle et ronge tous les tissus en les colorant eau iMttr« A de très-petites doses, il détenooine asseï proo^itement la morfcdes animaux, qui succombent en proie aux douleurs les plus aiguës (1) — -

Une goutte suffit pour rougir une grande quantité de teinture des tournesol.

(t ■ Ott ne $jù( iKis trop p.urviuoi on conserr^ ee nomi ^mride «i^lrô, puisqcm^ Iturtoul «Ml W fiibnque |Mur de» procéda frmiKaîs.

Cî' Dtfttt» k:» eiupocMKmem^nt» psir ratifie solfurique, qui sont trè»-€oaunu vss> |Nftr«ù kxs> ouvriers il &tt( tout de soice idmifùstrar aux ■abdes une grande ^oauiùiê dVau> ou du taiu de Hiuile d^olives^ de Tean de savonne! aiieiix eaeor^ vW ta itta$ttê«ie cau^ù^ue détaxée daou» Teati o« dams IktiOe, aia dTéiendre c%, de iiettirati34»r IV^tde» ea m^oie wmpi» qa oa pntvvqiK des voaùsmMiits poaw e» v^fi^r W nî;ieL

un soufRE. ila

CoMpoailloN. — Dan» son pluâ grand élal de conceniralioti, il mar^

que 66 degrés à l'aréomÈIre de Baume, ce qui correspond à une den-

silé de 1,84 à la température de -f- iS degrés. Dans cet étal, il relient toujours de l'eau en combinaison ; sur ICO

parties en poids, il est formé de ;

Acide sulfurique sec on onliydrc Eau de combinaison

C'est donc un composé à proportions constantes d'eau et d'acide sec, qu'on nomme en chimie acide sulfurique hydraté ou monohydraté. Ce composé est très-slable, puisqu'il bout à + 325* et distille sans éprouver aucune alléralion. Ce n'est qu'à une température rouge qu'il esl décomposé et Iransformé en :

a volumes de gaz acide aulfui«ux ;

1 TOlumo d'oiyiiène ;

2 volumes de vapeur d'eau.

Exposé à un Troid de — 34 degrés, il cristallise en pdsmes réguliers iaixpans. Mais lorsqu'il marque 62 degrés à l'aréomètre, et alors il renferme 29 p. tOO d'eau, il se congèle i -|- 4 degrés et laisse déposer de beaux cristaux volumineux et transparenis.

Sou emploi eomma kk*"*" d«ailee«Uoa. — Je vous ai déjfi dit plusieurs fois que l'acide sulfurique a une tr^s-gi-ande aRlnité pour l'eau, et que c'est pour telle raison qu'on en imbibe les fragments de pierre ponce à travers lesquels on fait passer les gaz que l'on veut dessécher complètement. On ae sert pour cela de tubes en U pareils à t:elui de la figure lOit.

C'est également avec lui que les chimistes enlèvent et déterminent la quantité d'eau d'interposition contenue dans les corps solides. Dans ce cas, on met dans une capsule d {/ig. HO) un poids déterminé delà

SEPTlfcMK LEÇON.

<ub»lauco ù dCHéulier, on la poie lur un triangle de verre e ^n'on place sur un vase c aux troU quarts rempli d'acide lulfurique. Le loul eït mil aur uae large plaque a de verre dépoli, et recouvert d'une grande tlodie b dont Ict bords, usés à l'émeri et enduits de suif, l'appliquent oxactcmcnt eur la plaque.

L'air do la clocho étant privé incessamment par l'acide des vapeurs

aiucuset qu'émet la substance, la dessiccation de celle-ci s'elTectue

assez proniptcmenl ; on veconnatl qu'elle esl complùlo, lorsque te poids

de la substance ne change plus.

L'opération cet encore plus rapide, lorsqu'on place la subslancc

dans le vide de la machine

pneumatique en présence de

l'acide sulfurique [fig. iH).

Placé dans une atm(uph(^rc saturéed'liumiditë,celacideabsorbe j usqu'à quinze fois son propre poids d'eau, si l'on a soin de mdlersouvenl les diverses couches du liquide el de prolonger sufflsammeDt l' expérience. Conséqueumeni, pour le conserver dans son élat de concentra lion, il Tant le renfermer dans des vase» bouchés à l'émeri. Celli; précaution esl encore indispensable pour éviler qu'il ne se colore; car il devient bienldl bran sa contacl de l'air. CeL effet dépend de ce que les poos — Fii^it^ organiques, qui (lottrnl mus cesse dans l'almosphére, tomben*, dans roi «oido et sont promp/omeni décomposées el charbonnée^ par lui.

La cause do i-ollo di'slruction dépend de la grande afBnîté de l'a.— cide pour l'enn. Il détomiîne la réunion, sous forme d'eau, de rh;drt>— gi^no Ot ilt> l'itxvp^no do ces substances, el donne nùssance i un iciAcs tri>s-riclu> en oarlione, fortement i»loré, Yatûk uhmiqut, qui reste en *u*p<>mtiin dans to liquide et le colore, ainsi que je l'ai découvert. Les auteurs ont donc tort de dire que c'est le carbone des matières org^aniquot qui e*t mis A nu. Si l'on p1on$:e quelques fragments de pallie nu des allnmotles dans l'acido concentré, le phénomène de colonlîoii a lieu wir-lo-cbamp.

■Vinsi étendu deau el ooloré, Tacide sulfurique esl ramené à son point pTÏmilif de <»neM(lration et décoloré, kmiqa'oa le chauffe daits un ^«M- ]n*qu'A m qn'i) n>mtBenc« à prodoin des «apous blancbes. LWu *1ran^i« ae >olalJtiM,«n mânM Kmps vi'il ac dégage des acidn

sulfureux et carbonique, qui proviennent de la désoxygénation partielle d'une portion de l'acide par le charbon de l'acide ulmique. Je vous ai montré, dans la dernière leçon, que de l'acide sulfurîque chauffé sur du charbon se trouve ramené par ce dernier à l'état d'acide sulfureux.

La, plupart des autres corps simples agissent de môme sur lui.

^^srodvctioift de elialew et de froid par I*aclde soif urliiiie. •—

ï-'acîde sulfurîque est miscible à l'eau en toutes proportions. Lorsqu'on

Bn verse peu à peu dans ce liquide, il coule à travers comme un sirop

et Sa.gne promptement la partie inférieure, en raison de sa plus grande

densité. Aussitôt qu'on agite pour mêler les deux couches superposées,

ïa combinaison s'opère instantanément avec un grand dégagement de

clialeur. Celui-ci est proportionnel à la quantité d'acide mise en con-

*act avec l'eau. Ainsi, parties égales des deux liquides produisent une

éléva.tion de température de + 95 degrés centigrades, tandis que

* Pa.rtie8 d'acide et i partie d'eau font monter le thermomètre jusqu'à

ï^ ^ 20 degrés, c'est-à-dire au delà du point d'ébuUition de l'eau.

^ous ne serez donc pas surpris d'apprendre, d'après cela, que La- ^2^^^^r et Laplace aient trouvé qu'en mêlant 734 grammes d'eau et ^'^ gammes d'acide sulfurîque concentré, il se produit assez de cha- *®^r pour fondre 1*^",529 de glace.

• I-a glace ou la neige mêlée à l'acide sulfurique, dans certaines pro- I^^ï^tions, se fond très-promptement, et produit tantôt beaucoup de daleur, tantôt beaucoup de froid. Une partie de glace ^vec quatre I^^ï^ties d'acide concentré donnent un liquide dont la température par- ^i^nt rapidement Jusqu'à -f- 100 degrés. Avec 4 parties de glace pour partie d'acide, on obtient, au contraire, un- abaissement ée- température de -- 20 degrés.

^^8 phénomènes, en apparence contradictoires, se comprennent ai-

^Ocient. Réfléchissez que l'acide, avec peu d'eau, forme une combînai-

V^*^ ^ui, comme toutes les combinaisons chimiques, est accompagnée d'un

éveloppement de chaleur, tandis que la glace a besoin, pour se liqué-

®^> d'absorber beaucoup de calorique et qu'elle en prend au coi*ps

^^'ec lequel elle est en contact. Dans lès cas dont je parle, c'est à

^^i de sulfurique qu'elle en enlève. Suivant les proportions respectives

^® l'acide et de la glace, l'un des deux effets indiqués doit donc l'em-

^^ï'ter sur l'autre; d'où il résulte tantôt de la chaleur, tantôt du froid.

A mesure que l'acide sulfurique s'affaiblit par son mélange avec

^au, sa densité 'diminue et s'approche de plus en plus de celle de ce

^^ï'nier liquide ; en môme temps son point d'ébuUition s'abaisse gra-

' ^^llement, sans toutefois descendre jusqu'à + 100 degrés.

tables tadlqaant la rlchense de I*aclde commercial. — Vau- ^^elin et d'Arcet ont publié des tables très-commodes pour les indus- ^-^Is, qui indiquent les quantités relatives d'cAU el d'acide contenues

GlRARDIN. — I. 12

dans l'acide du commerce, à divers degrés de l'aréomètre de Baume ou à diverses densités, à la température de 4- ^ 5^ degrés. Parkes et le docleur Ure en ont dressé de semblables. Mais en comparant toutes ces tables entre elles, on est frappé des divergences qu'elles présentent.

Ces divergences, peu importantes peut-ôtre, lorsqu'il ne s'agit que de la valeur vénale de l'acide sulfurique, ont le grave inconvénient, lorsqu'on doit déterminer la valeur des potasses, des soudes, des borax, de donner lieu à des résultats différents entre les plus habiles opérateurs qui obtiennent des titres tantôt supérieurs, tantôt inférieurs aux titres réels.

Bineau, de Lyon, voulant remédier à cet état de choses, a dressé luimôme, en 4848, un tableau représentant la valeur exacte des dilutions aqueuses de l'acide sulfurique monohydraté, c'est-à-dire à 66 degrés.

Il faut savoir, toutefois, que les bons acides du commerce contiennent ordinairement 5 p. 100 d'eau en excès.

Il est alors préférable, pour plus d'exactitude dans les essais commerciaux, de prendre cette composition pour point de départ, et de considérer l'acide commercial ordinaire comme renfermant les 95/iOO de son poids d'acide monohydraté.

Voici, en conséquence, les tables correspondantes des deux acides :

Page 1