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Oa peul,ù l'aide de ce tableau, déterminer la quantité réelle de gos
ammoniac contenue dans un poids ou dans un volume quelconque d'ammoniaque liquide, marquant un degré connu à Taréomètre :
Soient 50 litres d'ammoniaque liquide à 35°.
On multiplie le volume par la densité correspondant à 25o, c'est-àdire :
Ces 488',?7 multipliés par la proportion de gaz exprimée en millième donneront la quantité absolue en poids de ce gaz contenue dans la solution à 2Si° ; donc :
4o»',27 X 0,2537 = 11^,48 de gaz.
Préparation de l'ammoniaque llqalcle. — On prépare Tam^ moniaque liquide au moyen de Tappareil de Woulf; seulement, au Heu d'un matras ou d'une cornue en verre, on emploie une marmite en fonte qui permet d'agir Sur une plus forte quantité de sel ammoniac et de chaux.
On rattache à cette marmite, au moyen d'un gros tube courbe eu verre, un premier flacon vide qui sert à retenir les petits fragments de sel ammoniac que le courant de gaz entraine quelquefois. Un second, très-petit, sert au lavage du gaz, et il ne contient que très-peu d'eau. Deux autres reçoivent autant d'eau distillée qu'il y a de sel ammoniac dans la marmite; ils ne sont remplis qu'à moitié, parce que le volume du liquide augmente beaucoup par la dissolution du gaz, et on les refroidit pendant toute la durée de l'opération. Un cinquième flacon sert à rendre la pression plus forte, afin que le gaz se dissolve plus complètement dans l'eau des premiers yases.
On remplace avec économie, dans cette opéralion, le sel ammoniac par le sulfate de cette base qui coûte quatre fois moins.
L'ammoniaque liquide du commerce marque 22° à l'aréomètre, et à ce degré elle renferme sur 100 parties ou volume 20,26 de gaz, ou le cinquième de son poids d'alcali réel ; elle est donc loin d'être saturée. C'est elle surtout qu'on emploie dans les arts, la médecine et les laboratoires.
Action des acides «nr l'ammoniaque. — Le gaz ammoniac se combine avec tous les acidos dont il fait disparaître les caractères distinctifs. Avec les acides gazeux, il donne lieu à la production de vapeurs blanches très-épaisses, comme vous allez on être témoins, dès que j'aurai fait passer une certaine quantité de ce gaz dans ces cloches (/îgr. 194), qui contiennent de l'acide carbonique, de l'acide sulfhydrique et de l'acide chlorhydrique.
On peut plus facilement encore montrer la formation de ces vapeurs
DE l'ammoncaoue. 293
ducs â ce que lous les sets ammoniacaux KonI solides, en plaçant l'un ^
côté de l'autre deux verres à pied dont l'un laisse exhaler de l'ammoniaque, et l'autre de l'acide chlorhjdrique {jig. 195), Les deux gaz invisibles s'unissent dans l'air et Torment instanlanéœent au-dessus et
Fig. 195,
iniiqul
autour des verres un nuage épais qui se résout en une poussière blanche ; c'est du sel ammoniac.
On a mis à profit cette propriété, dansleslaboratoii'es, pour apprécier les plus faibles dégagements de ce gaz, pour lesquels l'odorat serait insuffisant. On approche de l'endroit où l'un présume qu'ils s'efiecluenl un tube imprégné d'acide clilorliydrique, qui produit aussitôt des vapeurs blanches plus ou muina lisibles. Ue même, on reconnaît les
294 ONZIÈME tKÇON.
fuites de gaz acides dans les appareils des fabriques au moyen d'un tube trempé dans l'animoniaque liquide.
Feu lorralB. — Parmi les nombreuses réactions chimiques auxquelles on fait concourir l'ammoniaque dans les laboratoires, il en une que Nicklt's a signalée en 1860, et qui donne naissance à un liquide des plus inflammables, qu'il a nommé feu lorrain. Si Ton mêle du chlorure de soufre du commerce avec du sulfure de carbone tenant du phosphore en dissolution, il en résulle un liquide jaune, fumant à l'air, qui se conserve très-bien en vase clos; mais si l'on y laisse tomber quelques gouttes d'ammoniaque, immédiatement il se manifeste une vive déflagration accompagnée d'une flamme intense et volumineuse, et de vapeurs très-fortes au nombre desquelles figurent Tacide sulfureux, du chlorhydrate d'ammoniaque, çlu sulfure d'azote,du chlorure de soufre,efc.
Avec 2 ou 3 centimètres cubes de liquide, il se produit un jet de flamme de près de 1 mètre de haut. Pour ne pas être atteint par le liquide ou par la flamme, il faut verser l'ammoniaque à l'aide d'un long tube de verre, n'opérer que sur de très-petites quantités, et faire l'expérience en plein air, cause de la masse énorme de vapeurs formées.
Le feu fénian, dont je vous ai parlé à propos du phosphore, se produit en vertu de la grande inflammabilité de ce dernier, réduit à l'état de division extrême par le fait de l'évaporation du dissolvant, tandis que le feu lorrain s'allume instantanément dans la dissolution même, au moment précis où l'on ajoute l'ammoniaque qui sert, pour ainsi dire, d'amorce.
t]uB§ie», — Il est peu de corps qui rendent autant de services aux chimistes que l'ammoniaque. C'est un de leurs réactifs les plus utiles. Elle sert à dissoudre beaucoup de substances, à en précipiter une infinité d'autres et à les obtenir dans leur état de pureté.
On tire un parti très-avantageux du froid considérable, — 90®, produit par l'évaporation dans le vide du gaz ammoniac' liquéfié pour amener le gaz carbonique à l'état liquide sans recourir à aucune pression, et même pour l'amener à l'état solide en ne faisant intervenir qu'une pression de 2 à 3 atmosphères. Ce moyen indiqué en 1861 par MM. Loir et Drion n'offre aucun des dangers de l'appareil Tliilorier, et permet d'obtenir l'acide carbonique en gros ciistaux incolores, transparents comme la glace, et d'apparence cubique.
l/emploi de l'ammoniaque dans les arts n'est pas moins important. On en fait usage pour diss-oudre le carmin et donner plus de solubilité dans l'eau à certains principes colorants. Souvent aussi on l'utilise pour modifier la nuance de quelques couleurs ; telles, par exemple, que les cramoisis, les bleus de Prusse appliqués sur la soie. Le plus ordinairement, dans ce cas, on se sert des urines putréfiées qui sont très-riches en ammoniaque libre et carbonatée. C'est encore à cause de la présence de ces deux matières dans les urines pourries, qu'on emploie celles-ci pour laver les laines.
DE L ammoniaque;, 295
Les dégraisseurs consomment beaucoup d'ammoniaque plus ou moins étendue, ou de carbonate d'ammoniaque dissous dans l'eau, pour enlever les taches grasses déposées sur les vêtements, et rétablir la couleur des étoffes rongées par les acides.
Fabrication deti perles faufses. — Sous le règne de Louis XIV, en 1680, un faiseur de chapelets, nommé Jacquin, observa que lorsqu'on lave un petit poisson, V ablette (fig, 196), l'eau se charge de particules brillantes et argentées qui se détachent des écailles. Le sédiment de cette eau a le lustre des plus belles perles, ce qui lui donna l'idée de les imiter. Son procédé, pour lequel il obtint un privilège en 1686, est encore suivi de nos jours; on malaxe pendant longtemps et à plusieurs reprises dans un vase rempli d'eau claire les écailles du petit poisson et on en détache ainsi la matière pâteuse, nacrée, d'un blanc bleuâtre, qui se trouve à la base de ces écailles. On verse le tout sur un tamis de crin fort serré qui retient celles-ci et laisse passer la matière nacrée en suspension dans l'eau. Par le repos, cette matière se dépose, et il suffit de décanter Feau devenue ^. ^^g claire pour avoir le produit pur. C'est là ce qu'on ap- L'ablette, pelle l'essence de perles, l'essence d'Orient; on y ajoute une petite quantité d'ammoniaque afin de prévenir sa décomposition.
Pour fabriquer les perles artifidelles, on insufQe dans des globules de verre creux une petite quantité d'essence dOrient, qui, en s'appliquant sur leurs parois, leur donne la propriété de réfléchir la lumière et de la décomposer à la manière des perles orientales ou naturelles ; on achève de remplir les globules avec de la cire ou avec une solution épaisse de colle de poisson. Ces opérations exigent beaucoup de soin et d'adresse. On obtient ainsi, par 'me bonne composition de verre et de matière, des perles artificielles si parfaites, qu'il est très-difficile et quelquefois impossible de les distinguer des perles véritables, auxquelles on les môle souvent dans les plus riches parures. Il faut environ 20,000 ablettes pour faire 500 grammes d'essence d'Onent.
C'est dans la Seine, aux Andelys, et à Lamare, dans le département del'fîure, qu'on pêche la plus grande partie des ablettes (1). Les perles de Pans sont aujourd'hui tellement estimées, elles imitent si bien le poids, la translucidité et même le perçage des perles véritables, que les fabriques de Rome et de Venise ont succombé devant cette concurrence, et que nos perles artificielles sont préférées en Russie, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, en Amérique et même aux Indes.
(I) D'après M. Becquerel, dans un petit ruisseau qui traverse Tétang de Lîhdre, situé près de la ville de Dieuze (Meurthe), on a pêché^ pendant uiie Campagne, la quantité énorme de 25,000 kil. d'ablettes, qui ont donné 600 kil. d'écaillés, représentant une valeur vénale de 15,000 fr. — Les frais de maind'œuvre pour l'écaillage se sont élevés à 3,mOO fr.
Eq 1847, celle industrie ooi^upait à Paris 237 ouvriei-s et pn^scnlaJt un chilTi'G d'alTaires s'élevant à 843,200 fraacs (I); elle a perdu depuis boaucoup de son importance.
C*rb««al« d'ammaiil»4He. — Le cai'bonalc d'ammoniaque, ou ^cali volatil concret, qui est Irès-volalil, est utilise pour rendre plus légère la pâte des pains de luvc (pains h enté, régence) .et de cei-laioes pâtisseries (biscuits, macarons, talmouecs, etc.). En Angleterre, les boiikngers an consomment beaucoup pour faire lever les farines avariées. On s'en sert encore pour donner du montant au tabac. Il a été démontré, en etTet, que le gaz ammoniac est le vétiicule d'une grand nombre d'ode ui-s ; c'est ce qui arrive particulièrement pour le musc, le tabac et une l'oul'i d'autres produits dont l'aromc est singulièrement reiiaussé par la présence de l'alcali lolatil.
On préparc le carbonate d'ammoniaque, dans les fabriques de produits cliimiques, au moyen d'un mélange à parties égales de craie et de sel ammoniac ou de sulfate d'ammoniaque, qu'on chauffe dans une marmite en fonte A {fi'j. 197), recouverte d'un cliapileau en plomb K,
qui s'adapte à un récipient cylindrique en plomb C, sur lequel tombe continuellement un filet d'eau froide d'un réservoir supérieur. C'est dans ce récipient que vient se condenser le carbonate d'ammoniaque
(1 1 Jsci|uiii a perfection né l'art d'imiter les perles, mais il n'a pas la gloire df l'invention. Tetzës nous apprend cju'on a su fuiro des perles ai'tificiclles avcr (l'aiîires petites perles n-duites en poudre, et Massarini dit quo de son temps un citoyen de Venise imitait les porlea Unes au moyen d'un émail tnuispai'ent auijuel il donnait lu foriiio nécessaire, et cju'il remplissait d'une matière colorsntï.
Home, cumme Ii Venise, c'est soulemeiu avi'c de la cire ou dp la colle de poisson <|u'on remplit l'intérieur des perles, selon le itejjré d'upacilé i>u de iraiispar^utu cju'oii veut leur donner.