I. D« Diamant
Propriétés caraetériatl^aM. — Le diamant est un corps vitreux, transparent, sans odeur ni saveur, le plus ordinairement incolore, mais présentant quelquefois des teintes jaunes, bleues, vertes, brunes ou roses, plus ou moins belles. Taillé et môme brat, il possède un éclat très-vif, se rapprochant, sous certains aspects, de celui des métani, et ayant également quelque chose de gras ou d'onctueux. Cet édil est caractéristique ; aussi les minéralogistes allemands l'ont-ila désigné MHis le nom d'éclat adamantin, La réfraction qu'il fait éprouver à la lumièfe qui le traverse est très-forte, et même plus prononcée que dans tncon autre corps transparent.
C'est à ces deux propriétés optiques qu'il doit le rang qu'il occupe, au-dessus de toutes les pierres précieuses, dans l'estime des dames et des lapidaires. Ces propriétés sont singulièrement rehaussées par la taille qu'on lui fait subir, et par le nombre de facettes polies dont a l'environne.
Son caractère le plus saillant consiste dans sa dureté, qui est tell qu'il raye tous les corps sans être rayé par aucun. 11 résiste à la lim^^ et ne peut être usé que par sa propre poussière. Il sert, en raison (S^ ^ cette grande dureté, à former des pivots pour les pièces délicates d'b(^>*. logerie, à polir les pierres fines et à couper le verre. Les vitriers fan/ usage, pour cet objet, du diamant cristallisé à arêtes curvilignes eu courbes, qu'ils appellent diamant de nature. Au bout d'un petit manclie de bois, on monte, avec de l'étain, un diamant brut, de manière qu'i/ présente en avant une des arêtes courbes qui lui sont naturelles ;ie manche a une face parallèle à cette arête, et, en conduisant cette face le long d'une règle, l'arête glisse parallèlement sur le verre et le coupe.
C'est moins à cause de sa dureté que de sa forme que le diamant est si utile dans ce cas. En effet, les diamants taillés ou à arêtes trop vives ne font que rayer le verre sans le couper, tandis que toutes les sabstances susceptibles de rayer ce dernier corps acquièrent la propriété de le fendre, lorsqu'elles sont taillées de manière à présenter des foces bombées et des arêtes curvilignes. 11 parait qu'au moyen de celte forme, l'angle entre dans le trait produit pai* le frottement, et sépare les parties l'une de l'autre absolument de la môme manière que \( ferait un coin.
La densité du diamant est bien supérieure à celle de l'eau, pv qu'elle est de 3,52 à 3,55, d'après Brisson.
État i#a(nrel. — On ne rencontre les diamants que dans trois j tics du monde fort éloignées l'une de l'autre, le Brésil, les Indes or taies et la Sibérie ; mais les terrains qui les renfei-ment offrent analogie très-remarquable. Ce sont des terrains de transport ou d
ble» dans lesquels il v a, avec les diamants, des pierres précieuse»,
des pailleltes d'or et du plaline.
Les diamsnis sont fort souvent enveloppé» d'une croûte terreuse plus ou moins adhérente, qui empêche de les reconnaître avant qu'ils oienl été lavés. Ils sont ou en cristaux réguliers qm ont la forme de l'oc-
*ïff. 108 Forme» erlilallinei du diaminl.
taèdre Ifig. 208, A), du cube (B), du dodécaèdre rhomboïdal (C), ou en cristaux à faces curvilignes (D), ou en grains irrégulièrement arrondis.
Les mines de l'Inde sont connues depuis un temps fort reculé, mais elles n'ont été exploitées régulièrement que depuis trois siècles environ. C'est dans le Dekhan, particulièrement dans la contrée de Raolkunda, à cinq joumêes de Golconde, puis au Bengale, et dans les Iles de Bornéo, de Sumatra, de CélËbes, qu'on trouve des terrains diamantifères. — Les raines de Golconde sont très-célèbres ; elles occupaient déjà, en I.62S, trente mille ouvriers; elles ont été longtemps en possession d'approvisionner de diamants le marché du monde entier. — Les mines de Bornéo ont un produit annuel de 2 000 carats environ; elles sont peu ou mal exploitées.
Les mines du Brésil, découvertes au commencement du dix-septième siècle, sont situées principalement dans les provinces de Hinas-fîéraès et de Bahia;elles alimentent actuellement tout le coramerce des diamants, bien que ceux qu'elles livrent aient presque tous une légère teinte Jaunâtre, qui contraste avec le blanc parfait des diamants indiens, II en parvient en Europe de 25 à 30 000 karats bruis par an, c'est-à-dire de 5 à 6 kilogrammes, qui sont réduits par la taille à 8 ou 900 karats {160 ou 180 grammes). Cette faible quantité coite plus d'un milUon de francs de frais d'exploitation. On a découvert, en 183!), dans la Serra de Grammagoa, à 43 lieues portugaises de la ville de Tijaco bu Diamantina, des couches puissantes de grès dans lesquelles les diamants sont empâtés en grand nombre.
C'est en 1824 qu'on a découvert des diamants dans les sables aurifères des monts Ourals, en Sibérie. Il ne parait pas que ces gisements soient exploités comme mines productives. On en a trouvé aussi dans la Colombie aux mines d'Antiaquia, à Carihagène, en Californie, plus récemment encore à Conslantine [Algérie), et dans les environs du Cap;
3tô DOUZIÈME LEÇON.
BKtraeiion. -=- l/^xtraction dU diamant se fait d'une manière fort simple. Dans l'Inde, on lave le sable qi|i renferme cette âubstaûce précieuse^ pour entraîner la plus grande partie des matières terreuses. Le résidu est ensuite étendu sur une aire bien battue, où des hommes nus font la recherche des diamants en plein soleil, sous la surveillance d'inspecteurs.
Au Brésil, le lavage des terres s'opère sous des hangars^ sur un plan« cher incliné, partagé, dans sa longueur, en plusieurs compartiments ou cases, dans chacune desquelles est un nègre. Un courant d'eau. est amené vers la partie supérieure, où se trouve un tas de cascalho (nom qu'on donne à la terre), dont chaque laveur fait tomber successivement quelques parties pour les bien laver, et chercher ensuite, dans le gnh vier qui reste, les diamants qui peuvent s'y trouver. Des inspecteurs ^ont placés sur des sièges élevés au haut de l'atelier. Aussitôt qu'un nègre a trouvé un diamant, il en avertit en frappant des mains, et le remet à l'un des inspecteur, qui le pèse et Tenregislre. Le laveur qui trouve un diamant du poids de 17 karats 1/2 (3k%5 environ) est mis eq liberté avec solennité.
11 parait qu'aux Indes la recherche du diamant est à peu près libre^ et qu'il existe seulement un droit pour les chefs des contrées où elle lieu. Au Brésil, le gouvernement se Tétait réservée pendant longtemps ', aussi, la contrebande y était-elle considérable; aujourd'hui lé monc^^ pôle delà couronne est abandonné (1).
Taille du diamant. — Les anciens, ignorant l'art de tailler 1^ diamant, l'employaient à l'état brut. Les diamants pourvus de leur ]^olj naturel s'appellent diamants bruts ingénus; ceux qui offrent naturellement une figure pyramidale se nomment pointes naïves ; on les montait de manière à ce qu'ils présentassent cette pointe en avant : ils étaient fort recherchés dès l'époque biblique. Les Grecs et les Romains portaient aussi ces précieux cristaux venant de l'Inde (2). Les quatre dia^ mants qui enrichissent l'agrafe du manteau impérial de Charlemagne, conservé à Aix-la-Chapelle, sont des pointes naïves.
Cette belle pierre n'eut véritablement toute sa valeur que lorsqu'on sut la tailler; ce n'est, en effet, que par le travail- de la taille qu'elle
(1) Les richesses du Brésil sont bien plutôt dans les produits végétaux de son sol que dans les métaux précieux et les gemmes. Alors que dans une période de plus de 80 ans, de 1740 à 1822, l'exploitation des mines de diamant n*a pas donné un total de plus dé 87 millions de francs, le chiffre de l'exportation du seul article café pour l'année 1859 s'est élevé à 140^955,600 francs I
(2) Ce n'était pas uniquement comme pierre fine, rivalisant avec les perles pour la parure, que le diamant était estimé chez les anciens; on l'avait doté dd pouvoir prodigieux de dissiper les terreurs paniques, les insomnies, les prestiges et les enchantements ; on lui attribuait aussi la qualité plus admirable d'entretenir la bonne harmonie dans les. ménages ; cette dernière vertu, je crois qu'il la possède encore quand le mari est assez riche pour acheter le bijou que sa femme ambitionne de porter I
aj[ïquiert au plus haut degré la puissance réfractive et la propriété de diviser à l'infini le faisceau lumineux à travers les facettes nombreuses qui la recouvrent, celles-ci faisant suivre à la lumière un plus grand nombre de routes.
Déjà, dès le milieu du quatorzième siècle, on commençait à porter des diamants grossièrement taillés, et, dans les premières années du quinzième siècle, il y avait à Paris un tailleur de diamants, nommé Hermann, qui se fit une grande célébrité dans son art.. L'histoire nous apprend qu'en 1403 le duc de Bourgogne, donnant dans le Louvre à dîner au roi et à sa cour, offrit à ses convives des présents où figuraient onze diamants valant 786 écus, et que le duc de Berry comptait au nombre de ses joyaux un diamant qu'on estima 5,000 écus en 1416. Ces prix élevés ne pouvaient s'appliquer à des diamants bruts ou polis naturellement. C'est seulement en 1746 qu'un jeune gentilhomme de Bruges, Louis de Berquem, inventa les procédés réguliers de la taille actuelle.
On débite les diamants, comme les pierres dures, *ivec un archet sur lequel est tendu un fil de métal continuellement en.duit de poudre de diamant oa égrisée. Celle-ci s'obtient en frottant pointe contre pointe deux de ces diamants bruts nommés diamants de nature , qui résistent à la taille; ils sont enchâssés dans des manches en bois; la poussière qui s'en détache tombe dans une petite boîte nommée Végrisoir; elle vaut 60,000 francs le kilogranmie ; elle vient d'Amsterdam, où, depuis longtemps, s'est concentrée l'industrie de la taille du diamant (1).
Quant à cette taille, on la pratique au moyen d'une plate-forme horizontale, en fer ni trop dur, ni trop doux {fig. 209), qu'on recouvre d'égriséc délayée dans de l'huile, et contre laquelle on appuie, pendant qu'elle tourne rapidement, le diamant qu'il s'agit de polir et de recouvrir de belles facettes. Lorsqu'une des faces est usée, on le change de position, et ainsi de suite.
Je dirai, à cette occasion, que c'est encore de la même manière, sur une meule de fer, de cuivre ou de plomb, recouverte d'égrisée, qu'on polit les rubis, les saphirs, les grenats, les agates.
Il n'y a aujourd'hui que deux sortes de taille : la taille en rose, qui ne s'emploie que pour les pièces de peu d'épaisseur ; et la taille en brillant, plus recherchée, que le cardinal Mazarin fit exécuter le premier sur
(1) Dans cette ville, sur une population juive de 28,000 âmes, 10,000 se livrent exclusivement à la taille du diamant et l'ont portée à un haut degré de perfection. Outre la Compagnie générale des diamantaires j qui a plusieurs machines à vapeur d'une force de 9i- chevaux, mettant en mouvement 438 meules et occupant 925 ouvriers, il y a plusieurs établissements particuliers d'une grande importance. Dans les uns et dans les autres, les meules sont mises à la disposition du public, moyennant un prix fixe, au jour et à l'heure. Jamais les diamants n'oçt été taillés aussi rapidement et avec moins de perte que maintenant.
doute diamants conservés parmi les pleneries de la couronne «oot le nom des Douie-MataTitts,
La taille en r"se (/îg. aiO) prfseiilc à son sommet une pyramide 1 riiccUci Iriangulaires, t!t une large base plate destinée à Ctre cachée daiis la monture qui n'est jamais à jour. Les roses sont ordinairement moulâcs sur une lame mélalliquc blanche et polie ; elles ont moim d'éulut que le brillant.
La taille en brillant {fig. 91l)présenle â sa partie supérieure une face assex large ou laUe, culourée de facéties I ri angulaires, qu'on nommB
JeatelUa, et de facette» en losange ; elle se termine inférieuremeni par une «orle de pyramide garnie aussi de facettes ou pavillons, destinées
Fig. lis. — Dlamaqi lailU cd roH.
i rëDécbir la lumière qui a traversé la pierre, et cette pyramide est tronquée par une autre petite table ou culasse. Les brillants sont montés à jour.
11 est des diamants qui résistent à la taille, surtout les noiis ; ce sont les diamants de nature. Ils sont vendu» -ans -vilrierfl ou servent à ft6fV«»H'^wtai I^fngiUté du diamant tient A ce que, quoique, trèsdur,- it est susceptible de dioage, c'est-à-dire de se diviser en Iraoches minces quand on agit dans le sens des lames naturelles de la pierre.
Ifrtx *m dlunaat. — En^ruison des difficultés de la taille, de la pezte qu'elle produit, et aussi des frais considérables qu'entraîne l'esploitation des mines, le prii des diamants est en général IrÈs-élevé, et il varie suivant la limpidité, la grosseur et l'espèce de taille qu'ils piéwntent. '
Lm di>pUQts bruts, qui sont colorés ou tachés, et qu'on réserve pour' faiie de ll^iiiWtf valant de 30 a 36 fr. le ftaraf. On désigne sons ce nomi dans le commerce de la joaillerie, l'unité de poids pour les diamants, les perles flues, les pierres précieuses et l'or (1). Le tarit correspond àaOS milligram. 1/2. 11 se divise en 1/2, l/^i V8, 1/16, 1/32, 1/64.
Les diamants qui sont susceptibles d'être taillés se vendent à raison
(1) Le mot fan^f vient du nom de U Tève d'une espËce d'eryl/irinadnfaysim StùngiUw, en Afrique, paya où se fait un grand commerce d'or. Cet arbre est i^pelé kuara,' mot qui signille soleil dans le paya, parce qu'il porte des fleurs et des fruits de couleur rouge de feu. Comme les semences sèches de cet arbre sont toujours à peu prËs également pesantes, les indigènes s'en sont servia, de temps immémorial, pour peser l'or. Ces fèves ont été ensuite transportées dans l'Inde, où on les ■ employéea, dans les premiers (emps, k peser les diamou. (BaucE.)
GisinM- — I^ SI
de iS fr. lo tarai (333 fi', le gramme), lorsqu'ils ne dépassent pas ce poids ; mais au-dessus, on les cslime par le carre de leur poids mulliplië par 48 : ainsi, le prix d'un diamant brut de S karats est égal f> 2 X 2 X 48 — 192 fr. — Quanl au diamant (aillé, son prix, bien plus élevé, varie siDguIiiïrement. Les diamants taillés en brillant valent beaucoup plus que ceux taillés en rose. Le karat de ceux-ci se paye depuis 60 ou aorr.jusqu'ik I2S fi. et au delà. Pour les brillants, les prix s'élèvent considérablement avecleur grosseur. Le kaiat coûta généralement de 2IK il 240 fr. ; mais il va quelquefois jusqu'à 288 fi-., lorsque le brillant est Iris-heao.
DI»iiutntKe61èbrH. — La grosseur des diamants eslordinairenieiil peu considérable ; presque loujoura ils ne dépassent pas le poids de 1 karat. Ceux quipèsenldavantagesontrares, telssontceuxdeS k 6 karats, ceux de 12 k 20, etc. On n'en cotmait que quelques-uns qui dépassent 100 karats. Presque tous les gros diamants, nommés dûimaii/>p(iraR{)onj, ont été trouvés dans les mines de Tlnde. On cite, comme objets de curiosité, les diamants suivants :
1° Celui du Radjah de Hatlan, à nornéo;ilpâse 300 karats au moins, ou plus de C4 gramme^:.
2° Le Grand Moqot fjig. 312), trouvé dauala mine de Coloure près de
fiolcondo, vers I sr.O, qui pesait, dit-on, T93 karats avant d'âlro taiUé, et qui fui iiiduilà279 2/U;il est estimé àplusdetl millions.
3° VOilow (/tg. 213), qui est de la grosseur d'un peUt œuf de pigeon, formait Jadis un des yeux de la fameuse idole de Scheringan, dans le tCmplc de Brahma. Ce I\it un grenadier français, au batainon de Pondicliéiï, qui, aj-ant déserté et s'élanlmis au service du Malabar, trouva moyen d'nrraclicr cet œil précieux et de se sauver A Madras. 11 vendil ïon liiamanl SO.OOO fr. à un capitaine de vaisseau ; celui-ci la céda pimr 300,000 fr. à un juif, qui le donna pour une plus grosse wmmB
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â un marchand grec ; eiiRn, ce dernier le vendit, en 1771!, à l'impëra- Irice Catherine, de Russie, pour la gomme de 2,SOO,000 fr. compIanl,'et 100,000 fr, de pension viagère.
4° Le Grand-Duc de Toscane (fig. 214], qui passe pour avoir élé le premier diamanipoli, appartint h. CharlcE, duc de Boui^ogne, surnommé le Téméraire; il le perdit avec tous ses autres joyaux à la balnlle de
lorai, qae Tes Suisses gagnèrent sur lui. 11 orne aujourd'hui la coji- KHiné d'Autriche ; il est jaune .et d'une belle forme; il pèse 139 ka- (tb 1/2. Son prix esl évalué à 2,608,333 fr.
S",!^ Sxgent, trouvé dans la mine du Paslëal, à 32 kilomëlres de Gôlconde, fut acheté pendant la minorité de Louis XV, par le duc d'Or- ISaiia, régent, d'un Anglais nommé Pitt, qui l'avait rapporté do l'Inde, n fût payé 2,SOO,O0Ofr. Son poids, i l'état brut„él(ut de 4t0 karatsj^il exigea deux années de travail pour Être taillé, en brillant ; il est remarquâbleparsa parfaite limpidité; il pèse 136karats3/4 (/!$.2fo]. C'est le plui beau diamant de la couronne de France. Il a été porté, on 18iS, dans les inventaires pour 8 millions.
6* UÊtoiie du Sud, trouvée par une négresse, en juillet 18u3, dans la' mine de Bogagem, l'un des districts de la province de Minas-Géraès. C'est le plus gros diamant qui provienne du Brésil. Il pesait brut 254 karats 1/2, ou 5a",273.I^ taille, qui a duré trois mois, lui a fait perdre la moitié de son poids ; il pèse actuellement 124 karafs' 1/4 {fig. 246}. Il doit valoir au moins 7 millions; il appartient !k M, Halphen, joaillier de Paris.
7' Le Koh-i-Noùr (,t»ontagne de lumière), pris par les Iroupes anglaise? lors de l'occupation' de Lahore. Son poids était de 186 karats 1/16 avani la taillé; il pèse actuellement 82 karals 3/4 (/îg. 217). Il a été cédé a t* Cflmpagnie des Iodes pour 1 millions.'. , ...
On cite encore : le diamant du roi de Portugal, trouvé dans le» min» du Brésil, ayant la forme d'un octaèdre et pesant 95 karata; il n'a pu élé taillé :
Vlmpérttlrice Eugénie, pétant SI tarais; L'fitôifa Polairt, pesant 40 karats;
Enfin le Sancy, du poids de 33 karats seulement Oîfl. 218) (i).
Prodacttop artlfleUlI* dndlaMa»!.— Depuis que l'idenlité de nature chimiqDC entre le diamant et le charbon noir a élé mise hors de doule, la possibilité detnniformer ce dernier en diamant a dt niStK dans l'esprit de bien des chimistes, et il al certain que beaucoup d'essais ont élâ entrepris dans le silence du laburaloire. Si Jusqu'ici tes tentatives ont élé in Cru cl ueuses, c'est pane Hç. jjs — u Suicy. ^u'on s'est obstiné à soumettre le charbonà de hautes températures, parsiiite de celteidJe que le diamant étant dur, compacte et difUcilemcnt comhustil)Ie,1s niture l'avait formé au moyen de températures et de pressions énatniK,
(1) L'tiUtoIre et les pérégrinations de celui-ci sont assez curieuses poorqM je vous les raconte. Il lirillit d'abord au casque de Charles le Téméraire ; perdot la bataille de Gransou, il Tut trouvé par un Suisse ec vendu 1 florin 1 m prttre ; celui-ci le revend 2 florins, mais alors on Iq perd de vue t en liBS os l« revoit aux mains d'Antoine, prieur de Cralo, qui le donna en gage 11 Hadif ^ Sancy, trésorier général de France, lequel flnit par l'acquérir pour la sonune de 10(>,000 livres tournois. Ce diamant reaU longtemps dans cette famille, k qui Henri III l'emprunta, aBa qu'il servit de gage sut Suisses, dont il voulait Isw UD corps. Hais le roi ne put profiter de ce service, car le domettique ctiir|é de lui porter le diamant, disparut, et un assez grand laps de temps s'éâtula btu> qu'on pût savoir ce qui lui était arrivé. Enfin on apprit qu'il avait été assassine par its» voleurs. Ce fidèle serviteur, se voyant sur la point de périr, avait snX
DU CAHOONE. 323
et qu'en employant le^ mômes moyens on arriverait à faire cristalliser le charbon par voie de fusion. Il est évident qu'on a fait fausse route.
Si la géologie ne fournit aucune indication sur le mode de formation du diamant, la chimie donne quelques lumières à cet égard. MM. Dumas et Stas, en opérant des combustions de diamant, à la fin de 1840, se sont aperçus que tous les diamants qu'ils ont brûlés ont laissé un. résidu, une cendre, qui consistait, tantôt en un réseau spongieux d'une teinte Jaune rougeâtre, tantôt en parcelles jaune-paille et cristallines, tantôt en fragments incolores et cristallins. Ces matières minérales appartiennent au cristal lui-môme; elles ont été emprisonnées entre ses propres lames au moment de sa formation. Le poids de ces matières varie de i/500À i/2000. Ce sont surtout les diamants de nature qui laissent quelques matières minérales appréciables.
n ressort de ces faits que la substance du diamant, c'est-à-dire le carbone, a été en dissolution, et que, cristallisant ensuite au'milieu d'un liquide chargé de matières étrangères, il en a retenu des traces au centre môme de ses cristaux. C'est donc en cherchant à isoler le carbone de ses combipaisons, assez lentement pour qu'il cristallise, qu'on aura plus de chances de créer du diamant de toutes pièces. Ce résultat sera tôt ou tard réalisé, et déjà Despretz (i), dans de remarquables expériences, a pu obtenir du diamant sous forme de poussière noire dans laquelle le microscope a permis d'apercevoir des octaèdres transparents.
Les joailliers et les dames seront les seuls à s'affliger de ce progrès scientifique, car il est évident que le diamant perdra une partie de sa valeur du moment qu'on pourra le fabriquer à volonté ; mais l'industrie générale y gagnera, puisqu'elle pourra enfin tirer pai*ti des admirables propriétés de dureté et d'inaltérabilité du diamant.