IV. De la Houille
On applique le nom de houille, dérivé du mot saxon huila, à une substance charbonneuse qu'on trouve en masses assez considérables dans le sein de la len^e, et qui est formée essentiellement de carbone et de bitume, associés à une proportion variable de matières terreuses.
C'est lé combustible le plus abondant et, sans conlredily le plus précieux, puisqu'il permet à l'homme d'économiser les bois qui croissent à la surface du sol, et de suppléer k la lenteur de leur accroissement. C'est la base de toutes les industries qui ont besoin de production de chaleur ; c'est une source intaiissable de richesse et de puissance pour les peuples qui possèdent de^ mines de cette substance, qu on appelle souvent charbon de terres charbon defderrey charbon minéral, charbon fossile.
Un des hommes les plus spirituels de nos temps modernes, Jobard, ancien directeur du musée industriel de Bruxelles, a dit quelque pari, avec raison : « La houille, c'est la force, et l'empire du monde ^appartient encore à la force plus qu'au droit. »
n y a longteinps que le peuple anglais a appelé ses mines de houille les Indes noires {Black Indies), pour monli*er qu'il met sur le môme rang cette partie de ses richesses minérales si importantes et la possession ,de cet empire asiatique qu'il s'est vu récemment obligé en quelque sorte de reconquérir.
Pouvant remplacer le bois dans presque tous les usages, la houiUe a sur lui le grand avantage de donner, à poids égal, une chaleur bien plus forte : aussi lui est-elle préférée dans une foule de circonstances. Nonseulement elle joue un gi*and rôle comme matière calorifique, mais elle n'est pas moins précieuse comme agent de réduction des minerais métalliques; c'est elle, en effet, qui permet d'obtenir à si bon marché la fonte et le fer, dont on foi*me la presque totalité des ustensiles des fabriques. C'est encore avec elle qu'on obtient le gaz, dont la brillante clarté a opéré une révolution si complète dans l'art de l'éclairage.
Hiitorique. — L'emploi du charbon de terre pour la combustion et pour les travaux métallurgiques, remonte h une assez haute antiquité, puisque Théophraste, l'un des plus grands naturalistes de l'antiquité (1), nous apprend que de son temps les fondeurs et les forgerons de la Grèce faisaient une grande consommation des charbons fossiles qui venaient de la Ligurie et de l'Elide, et qu'ils nommaient lithantrax ou charbon de pierre. On reporte généralement à l'époque de l'occupation romaine les anciens travaux que l'exploitation actuelle rencontre si sou-vent dans le bassin de la Loire, et suivant Wallis, auteur d'une histoii*e du >orthumberland, les mines de houille du nord de TAngleterre furent exploitées par les Romains, alors qu'ils étaient en possession de cette île.
Dans nos temps modernes, les traditions placent les premières mines de charbon exploitées dans le pays qui fut industriel avant tous les autres, dans les Flandres. M. de Villenfague s'autorise des chartes de l'abbaye du Val-Saint-Lam-
(l) Théophraste, dont le véritable nom était Tyrtame, naquit à Érèsos, dans l'Ile de Lesbos, en l'an 37! avant J.-C. Il était fils d'un foulonnier. Élève et successeur d'Aristote, il ne fut pas moins universel que son maître, et écrivit 2'2" ouvrages sur presque toutes les parties des sciences exactes et spéculatives. C'est à ses travaux qu'il faut rapporter la véritable origine de la science des végétaux. Son Histoire des plantes est le premier livre de botanique connu ; il y énumère environ 500 plantes. Dans son Traité >sur les pierres^ il a donné de précieux renseignements sur l'industrie minéralogique de son temps.
bert pour placer en 1049 environ les plus anciennes tentatives d'extraction dans le pays de Liège, faites par un forgeron du village de Plénevaux, qu'on dési'gne encore dans cette région houillère sous les noms du Prud'homtfie houilleux^ du Vieillard charbonnier (l). Dès la fin du xu* siècle, nombre de mines des environs de Liège étaient en pleine exploitation, et celle-ci était déjà si active en 1350 que les ouvriers charbonniers composaient la majeure partie de l'armée liégeoise. Ce fut dans les xv* et xvi* siècles que les mines du pays de Mons furent cuver* tes et donnèrent lieu à. un commerce notable.
A Saint-Etienne, l'on possède des documents inédits qui établissent que la houille y était employée dès le xiii* siècle; mais, pendant longtemps, l'extraction fut faite d'une manière irrégulière et pour les seuls besoins de la population ; le défaut de voies de communication ne permettait pas d'exporter ce précieux combustible. D'sprès un acte publié en 1851 dans la Description des mines de Brassac (Puy-de-Dôme), et relatant ime enquête faite sur les lieux les 29 et 30 janvier 1489, il est certain que les. bouches charbonnières de La Roche-Brézens étaient connues dans le pays de temps immémorial.
C'est sous Henri III, en 1272, que les mines de Newcastle commencèrent à être exploitées d'une maniée régulière. On a un acte (boldon-book) de 1183 dans lequel sont mentionnés, pour des redevances en charbon de terre, des forgerons tenanciers de Warmouth et de Seggenfield. Dès 1306, Edouard IV défendait l'usage de la houille dans la ville de Londres, sous le prétexte des inconvénients de la fumée, mais bien plutôt .dans le but de favoriser, à la demande du Parler ment, l'exploitation des forêts dont la capitale de l'Angleterre était alors entourée.
Les Annales des mines de 1842 citent un acte relatif aux mines de Newcastle, qui prouve qu'en 1315, « un vaisseau appartenant à un bourgeois de PontOise, près Paris, apportait à Newcastle du blé et revenait en France avec une cargair son de charbon ». Il résulte donc de ce document que le système d'échange du blé de France contre le charbon d'Angleterre, qiii a pris de nos jours un si grand développement, existait déjà, au moins en germe, dès le règne de Louis le Butin . — C'était sans doute aussi du charbon venu d'Angleterre que les bourgeois de Rouen brûlaient en 1482, sous le règne de Louis XI, lorsque les chanoines de la cathédrale présentèrent une requête au procureur de la ville « au sujet de certains marchands qui brûlaient du charbon de terre au préjudice des maisons de l'église. » Il existe une délibération de la Faculté de médecine de Paris, du
(1) Voici l'origine miraculeuse que les chroniques et les traditions attribuent à cet événement si important :
« Un jour qu'un pauvre maréchal ferrant, nommé Hullos, était à l'œuvre dans sa forge, passa un vieillard vénérable par sa barbe blanche et par ses cheveux blancs, portant un vêtement blanc. L'étranger, après avoir dit le bonjour au maréchal, lui souhaite' beaucoup d'ouvrage et particulièrement un gain considérable. — Oh ! bon vieillard, quel gain voulez-vous que je fasse, puisque mon métier peut à peine me procurer du pain ? Est-ce que la plus grande partie de mon bénéfice n'est pas absorbée par l'achat du charbon, du cockis? — Mon ami, dit l'inconnu, il y a un moyen de rendre votre état plus lucratif. Allez près de la montagne des Moines. Là, vous trouverez, à la surface du sol, des veines de terre précieuse très-noire. Prenez-en des fragments et employez-les comme du charbon ; ils chaufl'eront parfaitement le fer. . « L'inconnu avait à peine achevé ces mots qu'il avait disparu.
i( Le maréchal courut à l'endroit ipdiqué et en rapporta ladite terre noire ; l'essai qu'il en fit vérifia l'assertion du vieillard en tout point. Aussitôt Hullos, transporté de joie, révéla à ses voisins la précieuse découverte qu'il venait de faire, et le bruit courut que c'était un ange probablement qui lui avait inspiré de brûler de cette terre noire.... » (Henaux, Recherches historiques sur l'exploptation de la houille dans Iç pays de Liégè.)
15 juillet 15?0, à la requête du parlement et du prétôt de la Tille, sur les dangers ou inconvénients de Tusage, dans l'intérieur de la capitale, du cbarbon de terre importé d'Angleterre. Vous voyez que les médecins de Paris, pas plus que les bons chanoines de Rouen, n'avaient pas encore prévu l'avenir de ce combustible, devenu si utile à la prospérité commerciale des deux villes.
Des documents administratifs des xvi* et xvn* siècles établissent qu'à Condé, qu'à Lille, il se faisait un commerce actif de charbon de terre provenant des Flandres, et que celles-ci avaient aussi leur débouché principal à Paris. En 1692, la vente du charbon flamand était assez importante sur les ports de Saint-Paul et de l'Ecole, à Paris, pour qu'un édit fût rendu à ce sujet; il imposait les houilles indigènes à 6 sols le baril, et les houilles étrangères à 3'> sols. Toutefois, ce commerce n'était guère fait qu'au profit des classes pauvres.
C'est seulement à la fin du siècle dernier que s'est opérée la révolution industrielle qui devait donner la vie à nos houillères. L'application de la Tapeur comme force motrice a été le précurseur de ce développement parallèle de nos mines et de notre industrie. Une fois le moteur trouvé, il lui fallait un aliment; c'est alors que la houiUe est devenue, pour ainsi dire, le pam de findutirie^ D'an autre côté, l'extraction du fer qui prit, à partir de «1815, de si vastes proportions aux environs de Liège et de Charleroi, ainsi que dans le bassin de la Loire, accrut encore l'activité des charbonnages, et, vingt ans après, l'établissement des chemins de fer donna une impulsion nouvelle et non moins considérable aux travaux souterrains de tous les bassins houiUers.
Caractères distiBetif*. — La houille est en fragments plus ou moins volumineux, sans forme déterminée, qui paraissent le plus souvent composés de feuillets superposés, ce qu'on désigne en disant qu'ils ont une texture schisteuse. Ces fragments sont, en général, d'un beau noir, presque toujours éclatant ; quelquefois leur surface est ornée des couleurs les plus vives el les plus variées. Ils sont fragiles et peu durs, mais jamais assez tendres pour se laisser rayer par l'ongle : leur poussière est noire ou d'un brun très-foncé.
La densité des houilles varie entre 1,16 et 1,60 ; les plus denses sont les plus riches en carbone. Il en résulte que le poids d'une mesure donnée de ce combustible n'est par toujours le m(^me. Les vides laissés pendant le mcsurage, qui s'élèvent souvent du tiers à la moitié de la capacité de la mesure, apportent encore des variations considérables dans ce poids.
On vend la houille à des mesures différentes, selon les usages, mais qui toutes se rapportent, en France, à l'hectolitre qui, mesuré comble, pèse environ 100 kilogr., ou à la voiSy qui se compose de 15 hectolitres mesurés ras, ou de 12 hectolitres mesurés comble. La houille en gros blocs se vend plus cher; on l'achète au poids et on la livre aux lOOO kilogr., ou au quintal métrique qui est de 100 kilogr.
L'hectolitre de houille mesuré ras, à la manière des marchands, a un poids très-différent, suivant les espèces de houille, puisqu'il peut varier de 70 à 90 kilogr. La grosseur des morceaux, la manière de mesurer, l'humidité plus ou moins grande de la houille influent aussi notablement sur ce poids.
A Rouen, on porte le poids de l'hectolitre ras de 74 à 84 kilogr. 1/2,
et la voie ou la voiture se compose de 7 hectolitres 4/2 mesurés avec un faible comble.
Il faut donc, lorsqu'on achète de la houille, s'entendre exactement avec le marchand sur le mode de mesurage, puisqu'il y a tant de différence dans le poids de Thectolitre, selon qu'on le mesure ras ou comble.
Une autre observation non moins utile et pour les vendeurs et pour les consommateurs, c'est que le bitume ou l'huile essentielle, qui fait une partie importante de la matière combustible de la houille, éprouve des déperditions notables dans les endroits aérés et exposés au soleil. L'humidité et la chaleur sont nuisibles à la houille, par le mouvement de fermentation qu'elles y déterminent, et d'où résultent encore réchauffement de la masse, la désagrégation des parties, la perte de l'huile bitumineuse. Il est donc fort important de mettre la houille dans des magasins clos, secs et frais, attention que ne prennent pas la plupart des personnes qui ont des amas de ce combustible.
La houille s'allume assez facilement; et brûle avec une flamme d'un blanc jaunâtre accompagnée d'une fumée noire, et en répandant une odeur bitumineuse particulière, qui a quelque chose de fade (i). La flamme dure plus ou moins longtemps, selon la nature de la houille ; et, quand elle a disparu, il reste un charbon incandescent ou coke qui continue à brûler, si la température du foyer est suffisamment élevée, et qui enfin se convertit en une cendre grisâtre mêlée de scories. On appelle mâchefer les scories vitreuses qui restent avec les cendres pour résidu de la combustion du coke ou du charbon de terre. C'est la présence du gypse (sulfate de chaux) et de la chaux dans les cendres de houille qui détermine leur scorification ou demi-vitrification dans les foyers où la combustion est active. Ces scories encombrent beaucoup les grilles, gênant singulièrement le travail et obligent le chauffeur à un nettoyage fréquent.
Biatufliiavel. — Les mines* de houille n'existent pas dans tous les terrains ; on n'en rencontre jamais dans les plus anciens ni dans les plus nouveaux ; elles se trouvent dans ceux que les naturalistes appellent terrains de sédimenty et principalement dans cette partie que la présence du charbon a fait nommer groupe carbonifère.
Aperça l^énéral lar la «traetare de la terre. — Avant d'aller plus loini il ne sera pas inutile de vous présenter un aperçu général de
(1) Beaucoup de personnes prétendent, mais à tort, que l'asphyxie ne peut être produite par les gaz qui se dégagent pendant la combustion de la houille. Cette opinion, qui a été combattue par les savants, Ta été malheureusement aussi par les faits. Ainsi, en 1836, deux personnes de Lyon ont été trouvées mortes, chacune dans sa chambre, après avoir succombé à une asphyxie déterminée par l'action des gaz dégagés du charbon de terre dont elles avaient fait usage pour se chauffer. Déjà un accident, causé par les gaz provenant de la combustion du €0^, vendu sous le nom de charbon épuré, était arrivé à notre connaissance.
la constitution de notre globe terrestre et de vous donner les définitions de ces expressions roc/ies, coiLches, terrains , dont je me suis déjà servi et qui reviennent à chaque instant dans l'étude des substances minérales naturelles. Cette partie de la science qui traite de la structure de la terre porte le nowigéognosie.
Les excavations naturelles, les percements ou les sondages que rhomme a eu lldéa d'exécuter dans l'intérieur du sol, soit pour rechercher des eaux pures et abondantes, soit pour y, découvrir des mines de charbon de terre, de sel ou de ihétaux, si nécessaires à la satisfaction de ses besoins, lui ont bientôt appris que la masse solide du globe n^est pas homogène dans toute son épaisseur, c*est-àdire formée d'une seule sorte de matière minérale. L'aspect seul de la surface de la terre aurait même suffi pour lui démontrer ce fait, car l'individu lé moins intelligent n'a pas dû voir sans étonnement et sans intérêt ces natures si diverses de pierres ou de matières terreuses qui s'offrent, pour ainsi dire, à chaque pas. Là, c'est de la craie ou de la marne qui se montre à décourvert ; pius loin, ce sont des sables blancs, jaunes ou rouges ; ailleurs, ce sont des tourbes ou des substances ferrugineuses, ou des grès, ou des marbres, ou des ardoises, ou des. granités,
. Ces diverses masses minérales, qui foiment des couches plus ou moins épaisses, plus ou moins étendues, tantôt disposées en lits horizontaux, tantôt offrant une situation verticale ou plus ou moins inclinée, présentent presque toujours une très-grande régularité dans leur superposition. Les substances qui les composent ont été désignées sous le nom de roches.
Souvent une roche est formée par une seule espèce minérale, comme, par exemple, la craie, la houille, le sel commun. Plus souvent encore une roche se compose de l'agrégation de deux ou d'un plus grand nombre d'espèces minérales : tel est, par exemple, le granité, qui offre le mélange de trois minéraux différents, auxquels on a donné les noms de quartz, dB feldspath et de rra'cay que Pœil distingue facilement par suite des caractères bien tranchés et bien opposés qu'ils possèdent. Il y a donc des roches simples et des roches composées.
Ce sont ces masses de roches, ou ces couches, qui constituent ainsi, par leur superposition, toute l'écorce solide de la terre, jusque dans les profondeurs les plus grandes où l'on ait pu parvenir {fig. 21 U). Les unes paraissent avoir été formées par voie de cristallisation ; d'autres, par l'action des feux volcaniques, et le plus grand nombre présentent tous les caractères de dépôts opérés au sein des eaux. Les naturalistes ont réuni, sous le nom de terrains, les couches qui offrent le plus d'analogieâ entre elles, sous le rapport du mode de formation, de l'ancienneté, de la structure, et ils ont partagé l'écorce minérale en plusieurs parties distinctes -ou terrains.
On comprend, sous le nom de terrains cristallins, les couches qui ont été évidemment formées par voie de cristallisation, après avoir subi la fusion ignée, et qui ont habituellement une position verticale ou fortement inclinée à l'horizon, a, a, a. La plupart sont antérieures à l'apparition des êtres organisés à la surface du globe, car elles ne présentent aucun débris, aucun vestige de matières organiques dans leur intérieur. Les grafiites. avec toutes leurs modifications, les porphyres f les masses de cristal de roche ou de quartz, etc., qu'on remarque dans ces terrains, constituent les plus hautes montagnes terminées en pointes aiguës ou en crêtes dentelées (Alpes, Cordillères, etc.), et ils existent aussi aux plus grandes profondeurs que l'industrie humaine ait encore pu atteindre.
Remarquables par l'immense quantité de minéraux disséminés dans leur niasse, ces terrains le sont encore par les nombreux gîtes métallifères qu'ils renferment. Ces gîtes font la richesse de beaucoup de localités de l'ancien et du nouveau monde. - * > • ■
E siDiHENT lus conches noji cristallines qui pHrarsgent I sein dea eaui et qui sont remplies de ïestiges d'aiiimaui et isles appartiennent à des familles de poissons, tic plantes, il s'éloignent en général tie celles qui sont vivantes aujourn rapprochent de plus en plus, k mesure qu'on, s'élève dans la pains. Les terrains de sédiment, qui forment des couches horizonUles très- épaisses, très-éCondues, très-nombreuses 6, b, b, comprennent det
voir été formées ai 6 ïégélauï. Ces r e mollusques.
tispasillsn ceUlive Att lii
roches K/iisteutes ou disposées en feuillets plus du moins semblables k l'ardoise, des calcaires, des craies, des marnas,, des gi-is, des argiles de diverses couleurs, ainsi que des masses considérables de komtk, de plAtre, de lignltes. Les montagnes dues à ces couches sédimentaires sont ordinaii^ment arrondies, k pentes douces, ou bien sont terminées par des plateaux iivec des flancs taillés en gradins ou des escarpements formés d'assises borizonlales.
On appelle tebrains d'alluvion ou dildviens et post-diluviens, les couches composées de débris des roches précédentes, qui ont été entraînés par les eaux, puis déposés à différents endroits; coucbes tout à fait analogues )i ces monceauii de sable» et de limon que les rivières accumulent^ leur embouchure et sur leurs bords c, c.Ces alluvions, constituées surtout par iesmbles et des cailloux reniés, ont couvert quelquefois dea contrées entières ; elles renferment fréquemment des débris de grands animaux, éléphants, rhinocéros, etc., qui semblent difféi-ar des espèces Bcluellement eiistantos, avec des coquilles d'eau douce, et parfois des débris d'animaux marina.
BnHu, oti désigne sous le nom de TEsaiiNS voLCANigrES ou rcNÉs, toutes les caucliea qui ont été ou qui sont formées par l'action du fou. Les unes ont éti produite» par des éruptions ignées antérieures à l'apparition de l'homme sur la, terre, ou k des époques dont on a perdu le souvenir, d. Ce sont les terrains vol-, caniquea éteints, les basaltes, les trachyles, qui se montrent en cènes et en co- Ibnnadea prismatiques, ou en montagne» terminée» par des ouvertures drculii'
VerraiN haalller ob grcape «BrlisBlfère. — Après ces [irolégomèncs géologiques, voyons ce qui concerne parliculiërement le femitm
houiller ou groupe carbonifère.
Ce groupe, placé à la parlie inrërieure des terrains de sëdîmeat, se compose de lits alternatifs de grés noirâtres plus ou moins fins (nommés pmmmites), de grès schisteux, de schistes argilo- bitumineux, d'argiles presque toujours Teuilletées, de houille, de minerai de fer et, dun quelque circonstances, de calcaire bleu. Le grès est de toutes ce« roches la plus abondante.
Les couches de houille sont indifféremment intercalées dans les assises de grès et ^'ai^ile schisteuse; dans le premier cas, elles sont presque toujours séparées du grès par des lits minces d'argile, qui en forment le toit et le mur.
Le plus ordiuairement, il f a plusieurs couches de houille tes unes au-dessus des autres; à Valenciennes, il y en a II, d&ns le basàn de Sainl-Ëlicnne, 13; à Aniche (Nord),24; enfinplus de 100 daDsle bassin de Mons.
L'épaisseur de ces couches varie considérablement depuis quelques .centimètres Jusqu'à 1 ou 2 mètres, quelquefois Jusqu'à fl ou 7 mètres, mais ces couches puissantes ne sont le plus souvent que des assemblages de couches minces, séparées par des lits à peine sensibles de matières élrangères toujours très-chargées de charbon. En tout cas, tes couches de houille sont rarement pleines dans toute leur étendue ; elles sont concaves dans le plus grand nombre de lieux, et forment ce que les mineurs nomment le bateau ou le cul-de-<:ltaudrm (fig, 220), c'est-à-dire
qu'a partir du point le plus bas elles se relèvent plus ou moins rapidement de tous cotés, sur les pentes des montagnes environnantes, dont elles suivent d'ailleurs toutes les sinuosités. Souvent aussi elle» sont repliées sur elles-mêmes, en foiTHanl un nombre plus ou moins considérable de zigzags plus ou moins ouverts, à branches plus ou
ince à plus de 1000 mëlres sous -dessous de soa fond d&ns celle
moioa longues, el qui se râpëlent de la mCme manière dan» toute l'étendue du dépOt, ainsi qu'on le voit par la figure 221
Les giies de houille se présenlent en général par zones qui s élendent souvent a de grande distances, el dans chacuoL desquelles il j a un nombr plus ou moins considérablf de petits bassins séparés ka uns des autres II } en a à toutes les hauteurs, on en cite ^ 4600 màfrei (Amén que méridionale) tandis que d autres se (roulent au ni veau des mers, comme en Flandre, ou m^me au-dessous, comme à White-Haven, en Angleterre, oïl l'exploitation s'ai la mer, et à plus de 100 mètres ai localité.
Ezplottattau d*a ibIbcb de honllle, — L'exploitation des diverses couches de houille varie selon leur épaisseur, leur direction ef le plus ou moins de solidité des bancs de roches qui leur servent de toit. On perce plusieurs puits verticaux qui viennent rencontrer la surface des mâmes couches en plusieurs points convenablement espacés; on réunit les puits par des gaJeriea plus ou moins horizontales, ouvertes souvent dans le combustible même; on a soin de commencer les travaux par les parties les plus basses, où l'on établît des appareils d'épuisement pour les eaux qui doivent s'écouler des parties supérieures.
Les veines, couches ou massifs de houille sont entamés par des ouvrages en gradins, en échiquiers, par tailles ou chambres. Les ouvriers se servent de pics pour faire tomber le charbon en fragments plus ou moins gros. Des enfants, des femmes ou d'autres ouvriers transportent ces fragments dans des chariots jusqu'auprès des puits, par lesquels on les enlève dans des tonnes ou caisses au moyen de diverses machines, dont les plus simples sont des treuils à bras, et dont les plus puissantes, les plus ingénieuses et les plus économiques sont des machines à vapeur.
Le transport de la houille extraite des mines des environs de Newcastle, jusqu'au point de l'embarquement, s'exécute presque uniquement, tant k l'intérieur qu'à la surface, sur des chemins de fer dont le développement total est de 79 myriamètres (150 lieues de France).
PradacllsH aannelle «e 1* hoalllc. — Les pays les plus riches en mines de houille sont l'Angleterre, les États-Unis, la Prusse, la Belgique et la France. "Voici, d'après M. de Carnall, ingénieur au corps GiuAniiiN. — I. ti
royal des mines de Prusse, quelle était leur production relative, en 1857 :
Quintaux métriques.
Grande-Bretapne G75,000,(jro
États-Unis d'Amérique 150,000,000
Prusse 125,000,000
Belgique 88,000,000
France 75,000,000
L'Autriche, la Saxe, la Pologne, la Bavière, l'Espagne, le Portugal, la Sibérie, la Chine, le Japon, la Nouvelle-Hollande n'en fournissent ensemble que 137 millions. De sorte que la quantité totale du charbon extraite dans le monde entier s'élevait, en 1837, à 1250 millions de quintaux métriques représentant près d'un milliard de francs, chiffre ti'èssupérieur à celui de la valeur des métaux précieux.
11 est à noter que l'Italie, la Grèce, la Turquie d'Europe paraissent, jusqu'à présent, très-pauvres en gisements houillers, et que le Danemark, la Norwége, la Suède et la Russie d'Europe n'en possèdent pas»
La France contient 62 bassins houillers. Les deux seuls bassins de la Loire et du Nord forment plus de la moitié de la production totale annuelle. Voici comment, en 1857, se décomposait la production et l'importation delà houille :•
Production,
Bassin houiller de la Loire 21,000,000 quint, métriq.
— du Nord 19,000,000 —
— du Gard G,50G,359 —
— du Creuzot et des autres. 28,493^041 —
75,000,000 quint, métriq.
Importation,
De Belgique 30,217,500 quint, métriq.
Do Prusse 10,998,000 —
D'Angleterre 10,087,900 —
Do divers autres pays 52,700 —
51,950,700 quint, métriq.
La production indigène et Timportation étrangère
étant do...: 1:6,956,700 quint, métriq.
et l'exportation à l'étranger étant de 1,200,900 —
Il reste pour la consommation intérieure 125,765,800 quint, métriq.
Les charbons anglais produisant une flamme vive et volumineuse sont excellents pour les usines à chaudières. Les houilles belges sont, comme les anglaises, celles qui conviennent le mieux à toutes les industries qui ont besoin de grandes flammes, comme les teintureries, les indienneries, les blanchisseries, les fabriques de produits chimiques et de soude artificielle, les filatures menées par des machines à vapeur ù haute pression, les fonderies de cuivre, les raffhieries, etc.
Déiiomiaations eommerelales. — Dans le commerce des charbons, il y a en usage certaines dénominations dont il est bon de connaître la signification. Ainsi :
En Belgique, on appelle charbons durs les variétés compactes, trèspropres aux verreries, aux fonderies, aux hauts fourneaux à fer;
Flenu, les variétés grasses et demi-grasses, très-propres à toutes lés opérations dans lesquelles le chauffage des chaudières joue un rôle important, à l'extraction du gaz ;
Terroulé, les houilles très-chargées de terre de la superficie ;
Dans le Nord, un charbon est dit houille ou caillette, gros à la main, lorsque ses morceaux sont assez gros pour être pris et chargés à la main; c'est ce qu'on appelle le péra dans les houillères du Centre et du Midi ;
Gailleteux ou forge gailleleuse, quand ses morceaux, nàoins gros, tiennent plusieurs sur une pelle : c'est ce qu'on nomme chapelé dans le Midi;
GrclCy gretassou ou forge braisette, quand ses morceaux, plus petits, restent sur les cribles dont les barreaux sont écartés de 3 à 4 centimètres;
Menu ou fine forge, quand tous ses fragments passent à travers ces cribles ;
î.c tout-venant ou malbrou est un charbon dont on n'a extrait que les fragments à la main.
Dans le bassin de la Loire, les houilles sont partagées en trois catégories : houille pour Vépuration, houille pour la forge, houille pour le fourneau; celle-ci vient surtout des mines de Firmini.
DU CARBOiNE (suite).
Sommaire. ~ Suite de l'étude de la houille. — Ses variétés, sa composition chi-^ inique, ses principales mines, — Du Lignite et du Jayet. — .Des charbons ex traits des matières organiques. — Carbonisation et incinération, — Charbocr de bois. — Charbon moulé de Paris. — Noir de fumée. — Charbon animal ^ noir d*i voire. — Recettes pour le cirage. — Coke.
ClasKifieatlon des bonllles. — Les variétés de houille, qui so — très-nombreuses, ne se comportent pas tout à fait de la même mani^ pendant leur combustion. Les unes se ramollissent et s'arrondissent! leurs angles, ou bien se fondent complètement et se boursouflent al<^ beaucoup ; les autres ne se déforment pas, ou se fendillent, ou 8*6)^: t lient, mais sans éprouver de ramollissement.
Soumises à la distillation en vases clos, les unes donnent pour résidu un coke boursouflé, d'autres un coke fritte ou coagulé, d'autres ^nSn un coke pulvérulent.
En ayant égard à ces difîérences, on peut ranger toutes les houilies en six classes.
1 ^* CLASSE. Hoiulles grasses tendres maréchales. — Elles sont d'un beau noir et présentent un aspect gras caractéristique ; leur poussière est bnme. Elles sont très-légères et très-friables.
Elles brûlent avec une flamme courte, blanche et fuligineuse. Elles éprouvent au feu une espèce de fusion pâteuse et donnent un coke très-boursouflé, brillant, mais léger et peu avantageux pour les opérations métallurgiques. Elles rendent, en moyenne, 70 p. 100 de coke par la calcination en vases clos.
firûlées sur grille, elles produisent une chaleur extrême; toutefois, parleur fusion pâteuse, elles interceptent le courant d'air, brûlent les grilles et eiige"^ beaucoup de soins de la part du chauffeur.
Mais elles sont très-convenables pour les fours à réverbère et surtout pour le travail de la forge, parce qu'elles donnent une chaleur immédiate et forte, qui se conserve sous les espèces d'arches qu'elles produisent en se boursouflant, voûtes qui ne s'écroulent pas quand on retire le fer pour le forger et lorsqu'on le r^* met au feu.
'Tous les ouvriers qui travaillent le fer, les serruriers, les forgerons, les cloutiers, etc., préfèrent donc avec raison cette sorte de houille.
On en trouve le type à Saint-Étienne. La couche Saignât de Roche-la-MoHère. la 5* couche de la mine du Treuil, sont les houilles de forge les mieux caractérisées. Viennent ensuite les couches de Mons^ désignées, sous le nom def'^^*' forges, les houilles grasses maréchales à courte flamme du bassin de Valenciennes, puis les houilles de Nœux, d'Henin-Lietard et de Gayant dans le bassin du Pas-de-Calais.
2* CLASS". Houilles grasses dures à courte flamme, dites 9k\issï Houilieii à cojif' - Elles diffèrent des précédentes par mdins de friabilité et une moindre fusibi'
lité. Elles se ramollissent peu quand on les charge dans un foyer à grille en ignition ; elles donnent une flamme courte avec un grand brasier de coke incandescent.
Elles produisent par la calcinatîon en vases clos 75 p. 100 d'un coke dense^ fritte ou un peu boursouflé, le meilleur pour les hauts fourneaux.
Elles sont les plus estimées pour les opérations métallurgiques qui demandent un feu vif et soutenu. On ne les emploie dans les forges de maréchaux qu'à défaut des précédentes.
On range dans cette classe les houilles d'Alais, de Méons près Saiiit-Êtienne, de la Peronnière et de la Grand'-Croix près Rive-de-Gier, les charbon» durs de Mons, de Billy-Montigny^ de Hersin, de Lens dans le Pas-de-Calais.
3* CLASSE. Houilles demi-grasses, — Cette classe comprend une partie des houilles à coke dont le rendement dépasse rarement 60 p. 100.
Telles sont les houilles du Creuset, les bonnes houilles de Sarrebruck, les charbons durs, dits Raffauds à Saint-Étienne et à Rive-de-Gier, les houilles de Saint- Waast et d'Anzin dans le bassin de Valenciennes.
Les houilles employées pour la fabrication du coke à Blanzy, à Commentry, à Bezenet, se confondent à la fois avec cette variété et celle qui suit.
4* CLASSE. Houilles grasses à longue flamme , dites aussi Houilles à gaz. — Ces houilles, sont encore moins collantes que les précédentes ; les fragments s'agglutinent seulement.
Elles donnent un coke toujours un peu boursouflé, 60 p. 100 environ^ qui ne convient pas, en général, aux opérations métallurgiques.
Leur flamme est abondante, longue, très-vive, avec un médiocre brasier de coke en ignition.
Elles sont les meilleures pour les grilles. Sous ce rapport, les houilles de Mon s connues sous le nom de flenu, le charbon à gaz de Saint-Etienne, les houilles grasses à longue flamme de Denain, sont en première ligne. Viennent ensuite les houilles de Bruai, Maries et Bully dans le bassin du Pas-de-Calais.
Elles conviennent aussi très-bien pour le chauffage domestique, et ce sont celles que Ton préfère pour la fabrication du gaz d'éclairage ; on choisit, dans ce cas, celles qui contiennent le moins de pyrites. Le charbon des Littes, à Saint-Etienne^ est le type des charbons à gaz, qui prennent accidentellement la texture compacte, et constituent alors le candel-coal ou charbon-chandelle du Lancashire et d'Irlande.
Cette dernière sous-variété est très-combustible, quoique compacte, et elle brûle avec une longue flamme, blanche et brillante. Elle sert de préférence, en Angleterre, au chauffage des appartements. On la travaille au tour, et on en fait des vases, des encriers^ des tabatières et autres petits objets d'ornementé
5* CLASSE. Houilles sèches à longue flamme^ dites aussi Houilles maigres flambantes, — Elles ne se distinguent des précédentes qu'en ce qu'elles sont plus plateuses et d'un noir moins brillant.
Elles s'allument facilement, brûlent vivement, avec une flamme longue et claire, sans que les fragments se collent ou se déforment, et elles ne laissent qu'un coke léger et sans consistance, dont le rendement dépasse généralement 75 p. 100. Le menu ne peut être transformé en coke, et est d'un mauvais emploi dans les feux de maréchaux.
Les houilles sèches donnent à la distillation plus d'eau et moins d'huiles que les houilles grasses.
Ces sortes de houille conviennent essentiellement à tous les chauffages qui exigent une flamme longue sans une haute température, tels que chaudières à vapeur et appareils évaporatoires. Ce sont donc d'excellents charbons 'de grille ; ils passent assez rapidement, il est vrai, mais ils sont capables de donner des coups de feu énergiques.
Les houilles de Lucy, de Blanzy dans Saône-et-Loire, de Commentry, d'Épi«
nac, de Brassac, les charbons maigres du Centre, de Mons et de Gharleroi se rapportent à cette classe.
6* CLASSE. Houilles sèches sans flamme ou anthraçiteuses. — Elles sont d'un beau noir pur, même en poussière. Elles sont tantôt très-éclatantes, ^ntôt composées de veines altematlTement brillantes et ternes. Elles sont friables et tendres, et fournissent fort peu de gros.
Elles donnent un coke pulvérulent et plus de cendres- que les autres^ Elles brûlent difficilement et sont principalement employées pour la cuisson des briques et de la chaux, pour la dessiccation du malt dans les brasseries, et dans l'économie domestique.
Lorsqu'on veut employer ces houilles sur les grilles, il faut ne les introduire dans le foyer que lorsqu'il est déjà mis en grande activité, soit par des houilles aisément inflammables, soit par d'autres combustibles. Il est même de ces charbons à coke fritte ou pulvérulent qu'on ne peut employer qu'en les mêlant à des houilles grasses.
C'est le charbon maigre exploité dans le Nord à Fresnes , Vieux-Condé , Vicoigne, etc., ainsi qu'à l'Escarpelle et Courrières dans le Pas-de-Calais, à Charleroi et Namur. C'est la houille maigre du bassin de la Ruhr, où elle constitue également les couches inférieures du bassin. C'est encore la houille sèche de Noroy (Vosges), de Céral (Aveyron), d'Obernkirchen en Westphalie, des couches inférieures des bassins du pays de Galles et du Straffordshire, où on l'emploie directement à la fusion des minerais de fer.
Compiisliioii. — Les difTérences assez tranchées qu'on constate dans les caractères des houilles tiennent surtout à la diversité de leur composition, c'est-à-dire aux proportions relatives du carbone, des sels minéraux (cendres) et des matières volatiles {bitume) qu'elles contiennent. Plus elles sont riches en ces dernières substances, qui ne sont en réalité que des carbures d'hydrogène, plus elles sont ramollissables, collantes ou fusibles, plus leur coke est boursouflé ; mais leur pouvoir échauffant est d'autant plus élevé qu'elles renferment plus de charbon, ou mieux qu'elles fournissent moins de matières volatiles et de cendres.
En voici la preuve dans le tableau suivant, qui donne la composition et la valeur de quelques houilles de la Belgique et du Nord de la France :
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