‹ Lecons de chimie élémentaire (volume 2)Chapitre 33 sur 42 · OXYDE DS CARBONE · texte numérisé non relu

OXYDE DS CARBONE

• parties du corps, et détermine une asphyxie complète, suivie assez promptement de la mort. Son action délétère est beaucoup plus prononcée que celle de l'acide carbonique; aussi, dans les cas d'asphyxie par les vapeurs de la braise {\) ou du charbon, est-ce principalement lui qui agit. En effet, l'acide carbonique ne rend l'air complètement irrespirable que lorsqu'il forme à peu près le tiers du mélange, tandis que l'air devenu mortel par les vapeurs de la braise n'en renferme pas au delà de 4à 5 p. 100.

Voici, par exemple, la composition de l'air d'une chambre où de la braise avait brûlé seulement pendant 35 minutes ; cet air asphyxiait les animaux. Je place en regard la composition d'un air rendu asphyxiant par l'introduction directe de l'acide carbonique :

Air asphyxiant Air asphyxiant

par les gaz da charbon. par l'acide carbonique.

Oxygène 19,19 16,00

Azote 75,62 53,60

Acide carbonique 4,61 30,40

Oxyde de carbone 0,5 i 0,00

Hydrogène carboné..... 0,04 ' 0,00

On voit bien, par là, que, dans le premier cas, ce ne sont pas les 4,6i d'acide carbonique qui rendaient l'air de la chambre irrespirable et toxique pour les animaux, mais bien l'oxyde de carbone qui s'y trouvait môle. C'est M. Félix Leblanc qui a mis en évidence, par des expériences variées, la véritable cause de l'asphyxie par les vapeurs du charbon brûlant dans un appartement fermé, et qui a constaté que \ à 2 centièmes d'oxyde de carbone dans l'air suffisent pour le rendre dangereux à respirer.

Il convient donc d'aérer les cuisines, les endroits où l'on allume du charbon oji de la braise, afin de ne point être incommodé. Vous comprendrez facilement. Messieurs, par tout ce qui précède, les dangers que courent tous ceux qui, dans l'intention de conserver une douce chaleur pendant la nuit dans leur chambre à coucher, ont l'imprudence de fermer le tuyau du poêle où le combustible n'est pas complètement consumé, ou qui font usage de ces mauvais calorifères dans lesquels il n'y

(1) La braise de boulanger n'est qu'un charbon éteint et en partie consumé.* On croit généralement que la braise enflammée n'offre pas le môme danger d'asphyxie que le charbon ordinaire ; c'est une erreur qu'il importe d'autant plus de dissiper que chaque année elle coûte la vie à plusieurs personnes. C'est encore une erreur de croire qu'en plaçant un morceau de fer sur le brasier ou en le couvrant de cendres, on empêche la braise de produire des vapeurs malfaisantes. Quelques personnes pensent que, pour éviter tout danger, jl suffit do quitter la chambre aussitôt que la braise est allumée, et de n'y renirer qu'après que celle-ci est éteinte ; c'est également une erreur.

OIJATOBZIÈMK LEÇON.

a uitcune Usue pour porter au dehors les produits de la combustion, t.ei fuuraeaux porlalirs, les chaufTerettes, lee braseros des Espagnols et dci Italiens ne sont pas moins dangereux, quand i! n'y a pas dans l'cndroil ofi il cont placés une sufllsante lentilation (!)■

N'oubliez jamais que 1 kilogr. de braise ou de charbon, en combustion libr<', peut rendre asphyxiant l'air d'une pièce Tennée de SS mMres cubes, et que, d'ailleurs, la braise est le combustible qui, suivant Kbelmen, donne lieu au di^gagemenl le plus abocidant d'oxyde de carbone.

(^e gaz prend subitement Teu dans l'air atmosphérique par l'approche d'un corps enflammé. Il brûle avec une belle flamme bleue, peu intense, et se transforme enlifrement, en absorbant autiinl d'oKygËne qu'il en contient déjH, en gaz acide carbonique; aussi, apr^s la combustion, le gaz qui reste dans la cloche rougit la teinture de tournesol, trouble el blanchit l'eau de chaux, ce qu'il ne faisait pas auparavant.

Cette conversion de l'oxyde de carbone en acide carboniquepeul être opérée d'une maaiËre plut prompte et avec des phénomène!

plus remarquables, en enflammanl un mélange du premier el degnz 0Kyg(^nc pur. Dans en cas, les deux gaz s'unissent avec ud grand dégugi'ment de chaleur et de lumtiTe et une détonation.

L'expérience ne doit jiître teiili* que sur de petites masses du mi- Inrige, dans un cudiomâtre fort épais {fi.j. 253), ou dans im flacon en cHstut h parais Irèt-

fyg. 1S5. — Oéloiu

li d'uxvgène pour changer 1 volume d'o»;ilï

résistantes.

Il ne fdut que l/'J volui

(1) II fuut Égalrinic'iii ^ïiii>p il'B[i)|jluyer Ins pMea dn foiiln, puisque lus ei|)ériftiie,;ïdeM>l. SaiiilP-GaÎPH DnviltG H 'l'roust, ilii géiii-ral Morin ont prouï* iiun l'air, au conlacl tlo la surbcii cilùriaur» ii<> cm pi>OteH purtée «u ruuge. i»* ctiirea d'une pruiturtimi d'uxyilc de csrliuiiu i|ui peut aliur de 7 i 18 dii-milliènii» de son Tuiuiiii>. Luiiwiuu la viniiilatioii PM incumpiile, cl c'est te cas général des pofties, ci;t iiiyde de cai'buno outre! peu il puu dans le sang, en diasn' roxyttèiie, ral<-iitit àim lors la rdncliun eliimiignii ilit ta re^piratlun, c'est-ï-din'

séjuuriimn il3,m Ir'n ii]j]Kirlr'riir.|itn oliaiilfi'-H pur n-i iiirli'i il'appaivils.

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