OXYDE DE CARBONE
de carbone en acide carbonique. Or, celui ci Élant formé de 1 volume d'oxygène et i volume de carbone supposé en vapeur, il en résulte que l'oxyde de carbone renferme moitié moins d'oxygène que l'acide carbonique, et qu'il doit être représenté dans sa composition par 1 volume de carbone en vapeur,et f/2 volume d'oxygène, condensés en un seul volume.
En poids, voici les différences entre les deux gaz :
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Si l'on fait passer à travers une masse de charbons rouges nn courant d'acide carbonique, produit dans un flacon mis en commnnication avec le tube de porcelaine de l'appareil suivant {fig. 256), l'acide gazeux, en cédant la moitié de son oxygène au charbon incandescent, passe à
rilicm de l'asld* Mrboniqoe ptr le durbon.
i'ëtat d'oxyde de carbone en même temps que le charbon qui s'oxyde, en sorte que le gaz qu'on recueille dans les cloches pleines d'eau est à la fois le produit d'une désoxïgénati9n et d'une oxydation ; son volume est exactement le double de celui de l'acide carbonique employé, t
C'est un phénomène de ce genre qui a lieu dans tous les fourneaux à courant d'aîr forcé, et, en général, dans tous les appareils où une quantité d'aîr limitée se trouve en contact pendant un certain temps avec iin excès de charbon porté à la température rouge. Près de l'ouveHure dii foyer, où l'air afflue, c'est de l'acide carbonique qui se forme; mais dans les parties centrales et supérieures, les gaz se trouvant dépouillés d'oxygène, la combustion ne peut plus s'effectuer qu'aux
dépens de l'acide carbonique fortenaent chauffé; alors celui-ci se convertit en oxyde de carbone, en produisant un abaissement considércble de température, puisqu'il double de volume.
C'est donc toujours dans les parties basses des fourneaux remplis de charbon, près des grille^ que traverse l'air, que la température est le plus élevée.
Un gramme d'oxyde de carbone dégage, en brûlant, 2402,7 unités de chaleur. C'est donc un agent calorifique puissant. MM. Siemens ont construit des appareils In'ïs-ingénieux dans lesquels ce gaz est utilisé comtne combustible avec beaucoup de régularité et d'économie!
Histoviqve. — Le gaz oxyde de carbone a été découvert par I^assonne et par Priestley, vers la fin du siècle dernier, mais ce n'est qu'en i802 que sa véritable nature et sa composition ont été bien reconnues par un autre chimiste anglais, Cruikshank, de Woolwich, et presque en même temps, en France, par Clément et Désormes.
Sa présence dans l'air est toujours accidentelle et le résultat des phénomènes d'oxydation du carbone ou de réduction de l'acide carbonique. En i86i, M. Boussingault a reconnu que ce n'est pas seulement de l'oxygène qu'émettent les parties vertes des plantes sous l'influence de la lumière solaire, car ce gaz est constamment accompagné d'une petite quantité d'oxyde de carbone; mais ce dernier, si délétère, ne peut pas heureusement rester longtemps dans l'atmosphère, puisqu'il est converti par l'oxygène en acide carbonique sur le passage des courants électriques qui sillonnent l'air en tous sens.
Différences de eombnsitblllté des charbons. — L'état physique du carbone influe beaucoup sur sa combustibilité. Klle est d'autant plus grande que ce corps a une densité plus faible et une texture moins serrée. C'est ce que vous alleî? reconnaître en comparant les deux colonnes du tableau suivant :
Ordre de combustibilité. Ordre de densité.
Braise de boulanger. Diamant.
Charbon de bois compacte. Plombagine.
Houille. Anthracite.
Coke. • Coke.
Anthracite. Houille.
Plombagine. Charbon de bois compacte.
Diamant. Braise de boulanger.
Voilà donc pourquoi les charbons des substances organiques brûlent plus facilement que les combustibles minéraux, et pourquoi, parmi les premiers, on trouve encore tant de différences dans la facilité avec laquelle s'opère leur combustion. C'est ainsi que les charbons qui proviennent de bois légers, et qui sont tn^'s-légcrs cux-mcmes, sont beaucoup plus combustibles que ceux qui sont fournis par des bois denses
pnoPniÉTÉS CHIMIQUES DU CARBONE.
it compacles. I,es charbons de saule, de peuplier, de charme, de chène- (Oltes, BOfil bien plus faciles à brûler que ceux de cbflne, d'orme, de auis, d'acajou, etc. ; le bois morl et à mtitié pourri donne un charbon roux aussi inflammable que l'amadou. Toiit le monde cotinatt la prodigieuse combustibilité du charbon de vieux linge, employé en place d'amadou dans beaucoup de pays. Toutes choses égales d'ailleurs, le charbon qui a été le moins chaufTé est le plus combustible, et plus ii esl dense cl serré dans sa texture, plus il dégage de chaleur.
Combnairon d* dianant et de la plonbafrlne. — Lorsqu'on veut bigler le diamant ou la pTombagine, dont lï grande densité empêche la combustion duns les circonstances ordinaires, on fait usage de l'appareil qui nous a déjà servi pour constater la nature des produits de la combustion du carbone; Je le reproduis ici (fig. Î57). Seulement on substitue l'oxygène i l'air dans l'une
des vessies, l'autre restant vide. Le diamant ou la plombagine est renfermé au milieu du tube, qu'on maintient au rauge pendant toute la duri^e de l'opération. On fait passer et repasser le gai à travers ce tube, en comprimant alternativement les deux vessies. Ce n'est qu'au bout d'un temps assez long que le diamant ou la plombagine disparaît en transformant l'oiygëne en acide carbonique sans changer son volume.
lAvoisier et sir H. Davy ont opéré la combustion du diamant en le plafant au centre d'une grande clocbe pleine d'oiygène, et en faisant tomber sur lui les rayons solaires accumulés au moyen d'une forte lentille. Le diamant brûle avec une lumière tranquille et d'un rouge si brillant, qu'elle est visible dans la plus grande clarté du soleil. La cbaleur développée est ai considérable, que dea ftls fins de platine se fondent, même lorsque le foyer de la lentille n'est plus dirigé sur le corps combustible.
Si le charbon ordinaire brùlc avec flamme, c'est uniquement parce qu'il renferme un peu d'hydrogine dans ses pores, car, lorsqu'il en est privé par une forte calcination, il ne produit que de la chaleur; il rougit comme le diamant, mais sans s'emhrasev.
■■altérabilité dn carbone dka* l'air, dam la t«rra «t loDa l'eaa. — Le carbone, à la tempëralure ordinaire, est inaltérable par l'air. Voilà pourquoi les encres et les peintures noires, dont la base est
le charbon, se conservent éternellemenl, comme l'attestent les manuscrits trouvés dans les ïomWes i*Herculanum. Les caractères sont parfaitement visibles, bien qu'ils aient près de vingt siècles d'existence ; ils ont été tracés avec une encre composée de noir de fumée délayé dans de l'eau gommée.
Le charbon est également inaltérable dans la terre humide, et c'est sur cette propriété que repose l'usage de charbonner la surface des pièces de bois, des pieux, des pilotis, qui doivent séjourner dans la terre ou dans l'eau. Les anciens connaissaient bien cette incorruptibilité du charbon ; nous avons beaucoup de preuves des avantages qu'ils savaient en tirer. Je n'en citerai que deux : En retirant, dans ces derniers temps, les pilotis de l'antique temple de Diane, à Éphèse, on a reconnu qu'ils avaient été carbonisés. Il y a soixante-dix-ans environ qu'on a trouvé une grande quantité de pieux de chône dans le lit de la Tamise, à l'endroit môme où Tacite rapporte que les Bretons enfoncèrent des pilotis pour arrêter le passage de César et de son armée. Ces pieux, très-fortement carbonisés, avaient tout à fait conservé leur forme et étaient très-durs.
Les vieux arbres attaqués de pourriture et sillonnés de crevasses peuvent être préservés de toute altération ultérieure, par la carl^onisation de l'intérieur de leur tronc à une profondeur de quelques millimètres (1).
Inflammation spontanée. — Le charbon ordinaire ne commence à brûler, généralement, qu'à la température de -f- 240°. Cependant, quand il est dans un grand état de division, et tel est celui qu'on prépare dans les poudreries par la trituration du charbon de bois de bourdaine, dans des tonnes, avec des gobilles de bronze, il est susceptible de s'enflammer spontanément au contact de l'air. Des inflammations spontanées de charbon ont eu lieu, en 1802, à la poudrerie d'Essonnes; en 1824, à celle du Bouchet; en 1825, à celle d'Ksquerdes; en 1828, à celle de Metz. Le colonel Aubert s'est livré à beaucoup de recherches pour découvrir les causes de ce singulier phénomène, qui peut avoir des conséquences si funestes. Il a constaté que cette propriété dépend de la faculté qu'a le charbon d'absorber et de condenser l'air atmosphérique dans ses pores.
(I) 11 résulte des nombreuses expériences de M. Hartig, maître particulier des eaux et forôts en Prusse, qu'en donnant plusieurs couches de goudron bouillant de pin ou de houille aux pieux charbonnés qu'on veut enterrer, on est bien plus assuré de les voir résister à la pourriture. Ce moyen économique, qui convient particulièrement pour les tuyaux de conduite en bois placés sous terre, pour les corps de pompe plongés dans les puits, pour les tuteurs, les échalas, les perches à houblon, les palissades, les clôtures, les barrières, et en général pour tous les bois exposés à la pourriture, commence à être employé chez nous. Il mérite toute confiance.