DE L HYDROGÈNE CARBONÉ
Salses on Toleans d'air. — On a donné depuis longtemps les noms de saUeSy de volcans d'air, de volcans vaseux ou de boue, à des mares formées par de l'eau salée, reposant sur une couche argileuse plus ou moins imprégnée de matières bitumineuses, d'où il se dégage accidentellement du gaz hydrogène carboné. Ce gaz occasionne des éruptions d'autant plus fortes, qu'il a éprouvé plus de difBculté à %e faire jour à travers la vase, qui est toujours visqueuse et assez tenace. Il est mélangé d'air et d'acide carbonique, aussi ne peut-il s'enflammer comme dans le cas précédent.
Les salses sont assez répandues, il y en a de considérables en Italie, dans le Modénais, le Parmesan ; en Sicile, notamment à Xirbi, Girgenti, Terrapilata, où ces émanations portent le nom de macalijiba ; en .Crimée, en Perse, dans l'Indoustan, à Java, etc.
C3rlsoa on fen brlson. — Le gaz qui remplit les galeries des mines de houille est encore de l'hydrogène carboné, presque toujours môle à un peu d'azote et d'acide carbonique ; aussi ne s'enflamme-t-il pas avec la niôme facilité que celui des sources ou terrains inflammables. Ce gaz, connu des mineurs sous les noms de grisouy feu terrou ou brisou, sort de la houille avec un léger bruissement, et quelquefois en telle abondance, qu'on peut le recueillir à l'aide de. tuyaux et le faire contribuer à l'éclairage des mines, pendant plusieurs années consécutives. C'est principalement des fentes, ou de ce que les mineurs appel* lent des soufflures ou cellules, qu'il s'échappe, surtout dans les houilles très-bitumineuses, grasses et friables. L'expérience a démontré que ce sont précisément celles qui donnent ensuite le moins de gaz à la distillation (1).
par des gaz obtenus au moyen de procédés artificiels ; mais les Chinois s'en sont tenus là, et l'industrie récente de l'éclairage par le gaz, telle qu'elle est pratiquée en Europe, leur est tout à fait inconnue.
On a longtemps compté au nombre des sept met'veilles du Dauphiné la source appelée vulgairement Fontaine ardente, qui coule à 12 kilomètres sud de Grenoble, auprès du village dfe Saint-Barthélômy. Le phénomène qui l'a rendue célèbre consistait dans des flammes et de la fumée qui s'échappaient des eaux et qui quelquefois s'élevaient très-haut. Doubdan qui, en 1651^ à son départ pour Jérusalem, visita cette source, assure y avoir vu la flamme sortir de /e>rc, plus de trots pieds de haut, comme d'un fagot en feu. Aujourd'hui cette source a beaucoup perdu de son merveilleux ; ce n'est plus elle qui excite la curiosité, mais le champ qui l'avoisine et d'où s'échappent encore, de temps en tenips^ des lueurs bleuâtres. En creusant le sol à peu de profondeur, on donne issue à un gaz inflammable à l'aide duquel on peut allumer des matières légères, telles que papier, copeaux, chènevottes, etc.
En 1867, une source ardente a été découverte dans une vaste plaine située sur la rive gauche de l'Aude, près de Salles (arrondissement de Narbonne). C'est en creusant un puit artésien jusqu'à 70 mètres de profondeur qu'on a vu jaillir «me source d'eau purgative accompagnée d'un dégagement d'hydrogène carboné, bi*ûlant avec une flamme rougeâtre et fuligineuse, mais sans aucune odeur de bitume ou d'hydrogène sulfuré.
(Ij Une expérience faite par M. de Marsilly, ingénieur des raines, prouve que
Souvent le gi*isou devient visible cl forme des espèces de bulles enveloppées de légères pellicules, que les mineurs comparent à des toiles d'araignées. Ils ont soin de les écraser entre leurs mains avant qu'elles ne parviennent sur les lumières où elles s'enflammeraient. Loi*sque le gaz s'accumule dans une galerie où Fair est stagnant, de manière à former i/7 ou l*/8 de la masse, la présence d'une chandelle ou d'une lampe allumée lui fait prendre feu et détermine ces terribles explosions, qui sont si fréquentes dans les houillères d'Angleterre, de Belgique et tie France. Je vous indiquerai bientôt comment on peut éviter les dangers qui sont la suite inévitable de ces explosions (1).
Ctas des marais. — Le gaz hydrogène carboné se rencontre encore dans la vase des marais. Volta, Priestley, Cruikshank ont reconnu qu'il se dégage, pendant les temps chauds, de toutes les eaux stagnantes au fond desquelles se trouvent des matières organiques en décomposition; il sort également du sein des matières terreuses que le dessèchement des marais laisse à nu pendant l'été. En remuant la vase d'une mare avec un bftton, et en posant dessus un flacon renversé et plein d'eau, dans le goulot duquel on a placé un large entonnoir, comme on le voit dans la figure 260, on peut en recueillir une très-grande quantité en quelques instants.
C'est là ce qu'on appelle le gaz des marais. Mais ce gaz n'est pas pur; il renferme toujours U à i5 p. 100 d'un mélange d'azote, d'acide car-
1« Ki'Isou 08t bien dû, comme on le pensait jusqu'alors, au dégagement spontiim^ do riiydrogèno carboné renfermé dans la houille. En pulvérisant rapide- HHMJt do jçros niorcoQux de houille extraits de la fosse depuis quelques jours seuhMiKMit, et on mettant la poussière sous une cloche renversée au-dessus du vase (|ul lu conticMit, on trouve, après vingt-quatro licures, que la cloche est remplie d(t i^ai inflammable.
Ca di^gaK<Mnont spontané d'hydrogène carboné explique les explosions qui ont été phiHi(MirH fois signalées dans la soute des navires à vapeur où l'on avait eu l'imprudiMico do descendre avec une lampe. Une conséquence pratique de ce fuit «!Ht (\iui l'on doit éviter de charger dans un navire à vapeur, et, en général, dans un endroit fermé, des charbons récemment extraits des mines h grisou, ou (ju'il convient de prendre des précautions pour ne point avoir d'explosion.
Le navire anglais ie général Siade, de Guernesey, entré au port de Fécanip le 35 août l8C/i, a été en mer le théâtre d'un accident qui a eu des suites assez graves pour une partie de son équipage. Les hommes étaient réunis dans la cabine, les uns debout près de la table, les autres assis, lorsque, l'un des marins «'étant mis h frotter une allumette contre le plafond en planches de la cabiiKS une explosion do gaz, provenant du charbon de terre accumulé dans la cuisine s'(Misuivit, brûlant grièvement les bras et les mains des hommes qui se tcMiaient dc^bout.
(I) Lorscpi'on chaufl'o les houilles des mines à grisou entre 50 et 300", elles laissent dégag(;r du gaz hydrogène carboné de 1 à 2 litres par kilogr. de houille, vX iU\ plus 10 h 15 gr. d'un produit liquide ayant l'odeur de la benzine. Les houilles provenant de mines où il n'y a pas de grisou ne dégagent, dans les mêmes circonstances, que de l'azote et de l'acide carbonique.
Voilà donc un moyen pratique et simple pour le mineur de reconnaître à priori si la veine de la houille dans laquelle il pénètre pour la première fois est susceptible de dégager du grisou, ce fléau des exploitations houillères.
DE DROGËNE C RDONÉ 407
IwDÎque, d'acide rhjdnqu par d g n On e punS n absorbani Tes de gaz des myadu d utind potasse,
et l'oxygène à 1 d d ptaosph q n p nd nt
<3uclque3 heures m p épar az
PriparatlcK q d d rs mp n con sait
aucun moyen d'à gaz P C ^ 'i bti d -
composant les matiëres organiques par le feu, ou 1 eau par le charbon incandescent, est toujours mélangé d'hydrogène libre et d'oxyde de cartwne, après la puriBcation du produit. Mais, en ISiO, Persoz p^re
nous a appns qu e iflQ. 261) un mélaii,
I calcinant au rouge dans une cornue de verre e à'acitate de potasse et de potasse caustique, on
obtient du gaz hydrogène carboné très-pur, L'octVie acétique du sel est alors transfornlé^ en acide carbonique que la potasse retient, et en hydrogène carboné qui se dégage.
Il est utile d!ajouter au mélange précédent une certaine quantité de chaux vive en poudre pour empêcher la potasse de couler et par suite d'attaquer le verre. M. Dumas a conseillé avec raison d'employer 1 partie à* acétate de sotide cristallisé, i partie de potasse caustique et i partie i/2 de chaux vive.
De l'hydrof^ène blearbpné.
L'hydr(^ène bicarboné, qui, comme le précédent, est toujours gazeux, est un produit de l'art. Il se forme dans une foule de circonstances : dans la distillation des matières grasses, huileuses et bitumineuses, et, en général, dans la décomposition, par la chaleur, de la plupart des substances organiques.
Sa découverte a été postérieure à celle de l'hydrogène carboné ; elle ne date que de i796. On la doit à plusieurs chimistes hollandais qui travaillaient en société.
Caraetères distlnctlfs. — Ce gaz est invisible comme l'air, insipide, mais doué d'une odeur empyreumatique. 11 n'a aucune action sur le tournesol. Sa densité est de 0,97. Le décimètre cube pèse 1«',254.
Faraday l'a liquétié en i845, par une pression de quelques atmosphères; il l'a obtenu sous la forme d'un beau liquide incolore, clair, transparent, mais il n'a pu le solidifier. Ce liquide dissout admirablement les résines, les huiles, les corps bitumineux.
Comme l'hydrogène carboné, il est impropre à la respiration et à la combustion, mais comme lui aussi il est inflammable par les corps en ignition ; il brûle avec une flamme blanche, très-éclat an te, qui dépose une poussière noirâtre sur les parois de la cloche qui le renferme. Vous savez que, mêlé à l'oxygène, il détone à une température rouge ; la détonation est si forte, que les vases dans lesquels elle se produit se brisent le plus souvent. On évite cet accident en employant beaucoup plus d'oxygène qu'il n'en faut pour convertir le gaz en eau et en acide carbonique, c'est-à-dire 5 volumes au lieu de 3.
L'hydrogène bicarboné est un des gaz les plus combustibles. Une chaleur rouge le décompose en charbon qui se dépose et en hydrogène carboné, ou même en hydrogène.
Le chlore réagit sur lui d'une manière bien remarquable. .
Qu'on mêle 2 volumes de chlore et \ volume d'hydrogène bicarboné, et qu'on expose ce mélange aux rayons solaires ou à l'action d'une bougie allumée, il détone subitement en produisant du gaz chlorhydrique et un dépôt de charbon. Si, dans un semblable mélange, on introduit une feuille d'or battu. enroulée autour d'un fil de cuivi'e,.il n'y a
DE l'hydrogène BICAHBONÉ.
pas d'exploùon, maîa on loil d'épais nuages de charboa s'amassar aalour de la feuille d'or, qui est'en faible IgoitioD, tandis qu'il se produit du gaz chlorhydrique.
Si le mélange des deux gaz est fait i volumes égaux, et si on l'abandonne dans l'obscurité ou si on l'expose seulement & la lumière diffuse, les corps se combinent intégralement et produisent un liquide d'apparence huUeuse, incolore, d'une odeur agréable d'éther et d'une saveur sucrée. C'est un chlorure d'hydrogène bicarboTié contenant 7t,3 du premier et 28,7 du second. On l'appelle habituellement dans les laboratoii'es huik ou liqueur des Hollandais. Ce liquide, qui bout à -f- Sa" et est très-inflammable, possËde la curieuse propriété de produire l'ivresse, puis l'insensibilité chez ceux qui le respirent en certaine quantité.
C'est à cause de la production de ce composé huileux quelescliimisles hollandais ont donné à l'hydrogène bicarboné qu'ils ont découvert le nom de gia oléflant, dont on se sert fréquemment.
D'après Théodore de Saussure, 100 mesures d'eau à-]- 18° dissolvent l3 mesures 1/2 de ce gaz. Il se dissout assez facilement dans l'acide sulfurique à Bâ", ce qui permet de le distinguer et de le séparer de l'hydrogène carboné. lin autre caractère distinclif, c'est que l'alcool en iibsorbe trois fois son volume, que l'étber et l'esseoce de térébenthine l'absorbent aussi, et qu'il en est de mf me de la solution d^frotocblorure de cuivre ammoniacal.
Pr4vMi«tl*B. — Les chimistes se le procurent aisément, eu feisant bouillir, dans une cornue eu verre munie d'un tube propre à recueilhr les gaz (/!g. ses), un mélange, fuit à l'avance, de \ partie d'esprit-de-
Fig. ISÎ. — Prépsnlloii
\in rectifié et de 3 parties 1/2 d'acide sulfurique concentré. Il se dégage, dés que le liquide bout, beaucoup d'hydrogène bicarboné, qu'on reçoit dans des éprouvettes pleines d'eau. Peu à peu le liquide se fonce en couleur, devient tout à fait noir et -épais ; on cesse alors l'opération. ., Rien de plus simple, Messieurs, que de concevoir la production du gaz dans celle réaction chimique. L'espril-de-vin n'est autre chose
qu'un composé, & parties égales, d'eau et d'hydrogènft bicaibooé. I. 'acide suirurique, ayast une grande affinité pour l'eau, s'empare de cfrtle de l'eaprit-de-vin, des les premières atleiutea de ta chaleur, el met, par conséquent, l'hydrogËne Incarboné en liberté. Toutefois, comme, vers la fin de l'opération, une réaction plu» compliquée s'établit entre l'acide et le gai qui sort de son sein, l'hydrogène biearboné se trouve mélangé d'autres gaz. On le purifie aisément en lui faisant traverser successivement, avant qu'il arrive dans la cloche où on le recueille {fig. 203), de l'eau de potasse, de l'csprît-de-viu, et de
l'eau, qui lui enlèvent tous les corps étrangers qui altéraient sa pureté.
Vumgtt.—Cbtmirmg* tM gwe.— L'hydrogène bicarboué pur n'a reçu aucunoapplication,maig,telqu'onrobticntparladislillaliondelaliouillc,
tlrcEid d'assez grands services. Ainsi, on l'utilise au grilkigeoti flambagedcs lissue de coton, comme je vousie dirai plus tard. Green, chimiste anglais, l'a substitué le pri'uiior il l'hydrogène pour Faire partir les ballons. Dans lcslaboraloiresdechimie,on3'eiisertpourcbauirerlesapparoils en place des lampes à esprit-de-vin si coûteuses, et depuis une vingtaine d'annM ce mode de chauiTage a été appliqué ù un grand nombre d'usages domestiques : ft la cuisson des aliments, à la lorréruclion du café, au cliaulTage di's fers A repasser et ;\ souder, à des pofiles, cheminées l'I autres caIorifi''res, Dans les ateliers où l'on a besoin, comme dans nos liibiiraloires, de dévelop|)t'r rnpidemi'iil et de supprimer ii loloiilé dfs
quantités de chaleur très- variables, il est évident que ce nouvel agent calorifique remplace avec avantage tous les autres combustibles.
Pour le chaulTage domestique, les appareils sont fort simples ; ce sont généralement des serpentins en fer percés de petits trous qui donnent issue au gaz et qui forment autant de petits becs allumés. — Ainsi, dans les poêles dits de Berliriy si communs' maintenant dans les gares de chemins de fer, le foyer est représenté par un faisceau de petites flam-» mes, dont la chaleur se répand ensuite dans des circuits ménagés pour l'échauffement de Tair^ à la manière des calorifères d'appartement.
Dans les cheminées à gaz, qui, comme les précédents, ont le grand avantage de ne produire ni fumée ni poussière, de pouvoir s'allumer et s'éteindre instantanément, des cylindres de fonte criblés d'une infinité de petits trous et placés les uns sur les autres, simulent dès bûches de bois en combustion dont ils ont la forme, l'aspect et la couleur.
Dans les fourneaux de cuisine, qui consistent en une sorte de caisse quadrangulaire, sur laquelle sont pratiquées diverses cavités circulaires garnies de lames métalliques persillées de trous livrant passage au gaz, on trouve depuis le four à cuire la pâtisserie, le foyer pour le pot-au-feu, la coquille à rôtir, jusqu'aux réchauds pour les ragoûts, les grillades et le flambage des volailles. Les viandes sont très-promptement rôties à la flamme du gaz ; elles ne contractent aucune odeur étrangère.
Dajis les laboratoires, pour remplacer la lampe à esprit-de- vin, on fait usage d'un tube vertical en cuivre, vissé sur un pied lourd portant une tubulure latérale à laquelle s'adapte un tube dô caoutchouc qui amène le gaz (fig. 264). Un robinet placé sur la tubulure permet de régler le
Fig, Î64; — > Tube à gaz.
Fig. 265. — Bec ou brûleur de Bunsen.
courant; le gaz s'échappe par une rangée de trous percés tout autour d'une virole qui ferme le haut du tube, en sorte que, quand on pré-
QUrNZfÈME LEÇON.
sente une allumetle enflammée devant ces trous, il en résulte une couronne de jeta lumineux, au-dessus desqueb on place le vase qu'il s'agit d'éctiauffer.
Pour obtenir des températures plus élevées, on se sert d'un tube vertical ouvert à sa partie supérieure [/ig, 365), cl portant k sa partie iuférieurc un peu au-dessus delà tubulure de petits trous a donnant accfi à l'air. Dans son mouvement ascensionnel, le gas détermine une aspiration en a, se mêle inlimemenl à l'air dans le haut du tube, de sorte qu'il s'échappe de ce dernier un mélange détonant, qui brûle avec une flamme bleue peu lumineuse, mais très-chaude, et ne déposant pas de noir de fumée. '
Cette sorte de brûleur est désigné sous le nom de son inventeur; c'ett le bec ou le brûleur de Bunsen, des laboratoires.
Si l'on veut répartir la chaleur sur une plus grande surface, on pose sur l'extrémité du bec un petit ajutage conoîde r, qui présente, outre son orifice terminal, quatre ouvertures latérales; il en résulte une flamme multiple. — Lorsqu'on veut n'avoir qu'une. chaleur modérée, on pose un manchon recouvert d'une toile métallique {fig, 266) sur l'écran circulaire 6 adapté & mi-hauteur du brûlcuri;
En réunissant plusieurs brûleurs les uns à côté des autres sur un
tuyau circulaire horizonlalTAB.qui amène le gaî (As .îtOJief plaçant cet ensemble au ccnlre d'un manchon en tôle, ouvert à sa base et fermé à sa partie supérieure par une toile métallique, on réalise une température très-élevéo qui pt-rmot de chaulTer les bains-marie et les bains de sable,
Uans la lampe de Normaiidy ifig. 268), qui fournit une température encore plus élevée, pour les cakinations, le manchon A est Terme à sa purtie supérieure par une toile métallique et par un couvercle ajanl la forme d'un cône aplati et percé au ce u Ire. Le tube T, qui amène l'air d'une souftlerie, traverse la toile métallique' et vient s'ouvrir au niveau de l'ouverture du couvercle, où il se termine en bec de chalumeiiu. Un voit en R le tubi- à gaz qui se termine comme le lubi' à air. l'ar la
CHAUFFAGE AU GAZ. 41j
manœuvre du robiuet, dont les deujc tubes sont pouvus, on peut, nonseulement faire aniver les deux fluides dans des proportions o
Fiç, US.— lampe à pi de Kormuidj pour Ut eileiiMlioii
bles pour obtenir la chaleur manimum, mais encore, en ne les ouvrant que peu à peu, modérer la flamme de manière à chaulTer graduellement el avec autant de ménagement qu'on le désire.
On a varié de mille manières les appareils de chaulTage à l'usage des chimistes, mais tous sont établis sur les mfimes principes : divis.ion du.gaz au travers d'orifices fins et nombreux avec mélange, en quan- (ilé facultative, de l'air nécessaire k une combustion complète du premier.
ChklMMiASM et Miotcar à gkx. — Le mélange des bjdrogènes carbonés avec l'air, et mieux avec l'oxygène, est fort souvent utilisé dans les laboratoires pour produire des etfets calorifiques bien supérieurs à ceux qu'on obtient par tout autre moyen. Je vous parlerai bientôt des appareils connus sous le nom de thalameaux à gai.
En enflammant le même mélange dans un espace limité, par l'intermédiaire de l'étincelle électrique, la chaleur développée instantanément détermine une dilatation énorme des produits de la combuslion, et engendre, par conséquent, une force élastique comparable à Celle de la vapeur d'eau dans les machines k feu. C'est sur ce principe que repose la machine ou le moteur à gaz que il, Lenoir a conçu dans le courant de 1860, el qui a reçu quelques utiles applications dans les petites industries, malgré la dépense assez forte qu'il entraîne (1).
414 QUlNZfÈMK LEÇON.
Le mélange destiné par lui à produire la force motrice se compose de 95 d'air et 5 de gae d'éclairage. La combustion s'effectue dans un cylindre horizontal pourvu d'un piston que Texpansion subite de l'air non décomposé et des nouveaux produits gazeux pousse en avant; une bielle à coulisse adaptée à ce piston fait tourner la manivelle d'un arbre moteur, et un volant circulaire accumule la force développée. Lorsque le piston est arrivé à l'extrémité de sa course, tous les gaz s'échappent au dehors du cylindre. Un nouveau mélange introduit dans celui-ci est enflammé, et comme l'étincelle électrique jaillit tantôt d'un côté du piston, tantôt de l'autre, vous comprenez qu'il en résulte un mouvement de va-et-vient qui imprime un mouvement continu à l'arbre moteur de la machine Lenoir.
Mais l'usage le plus important des deux gaz hydrogènes carbonés, c'est de fournir la lumière à plus bas prix que tous les autres combustibles. Étudions donc avec quelques détails Véclairage au gaz, l'une des plus belles applications de la chimie à l'économie domestique.
lÊclairag^e an Ctaz.
HUtoriaue. — L'art d'éclairer par le gaz a pris naissance en France. C'est Philippe Lebon, ingénieur des ponts et chaussées, né le 29 mai i7()7à Brachy, près de Joinville (Haute-Marne), qui, dès 1785 à 1780, conçut la première idée de faire servir à l'éclairage de nos maisons les gaz combustibles qui se produisent pendant la combustion du bois. En l'an Vil de la république, il annonça sa découverte à l'Institut, et eu l'an VIII, à la date du 6 vendémiaire (28 septembre 1799), il prit un brevet d'invention. Au mois de thermidor an IX (août 1801), il pu6lia un mémoire sous le titre suivant: Thermolampes ou poêles qui chauffent^ clair ent avec économie, et offrent, avec plusieurs produits précieux, une force motrice applicable à toute espèce de machines.
Dans ses premiers appareils, Lebon distillait du bois pour en recueillir les gaz, l'huile, le goudron, l'acide pyroligneux; mais son mémoire annonçait la possibilité de distiller toutes les substances grasses et la houille. 11 ne se borna pas à annoncer ces résultats; il les mit en pratique, car les appartements et le jardin de l'hôtel Seignelay, rue Saint- Dominique, à Paris, furent entièrement éclairés avec du gaz extrait de
dais Cliristiciii Huygcns essaya d'appliquer à cet usage les produits gazeux provenant de l'inflammation de la poudre h canon. Dix-huit ans plus tard, Jean do Hautefeuille, chapelain en l'église royale de Saint-Aignan d'Orléans, mit également à profit la môme force expansive pour élever une colonne d'eau renfermée dans un tuyau métallique. En 1791, John Barbe, et, dans les premières années de notre siècle, Philippe Lebon, approchèrent davantage de la solution du problème en substituant aux gaz de la poudre, l'un l'hydrogène, Tautre le gaz d'éclairage ; mais il était réservé à M» Lenoir do réaliser pratiquement cette heureuse conception»
la houille. On peut donc dire que cet ingénieur célèbre avait pressenti et indiqué toute l'étendue qu'on pouvait donner à cette nouvelle industrie.
Lebon fit un grand nombre d'expériences avec ses appareils, depuis i799 jusqu'à 1802. Pour pouvoir perfectionner son invention et tirer un parti avantageux des sous-produits, il sollicita l'adjudication d'une partie de la forêt de Rouvray près du Havre ; la concession lui fut accordée, le 1" vendémiaire an XH, à la condition d'éclairer le phare et de livrer à la Marine une certaine quantité de goudron. Mais le gaz qu'il obtenait, formé d'hydrogène carboné et d'oxyde de carbone, fort peu éclairants, n'étant point épuré, répandait une odeur très-désagréable. Les spectateurs et le public ne portèrent que peu d'intérêt à cette découverte qui devait par la suite recevoir d'aussi grands développements. Lebon fut forcé de renoncer à cette entreprise, et il alla établir à Versailles, près de Taqueduc de Marly, une fabrique d'acide pyroligneux. Les gaz produits servaient à chaulTer les vases, comme dans les fabriques actuelles.
A la mort de Lebon (I), que l'indifférence de ses concitoyens avait vivement affecté, et qui s'était complètement ruiné dans ses essais, personne ne continua ses intéressants travaux. Mais les Anglais surent habilement s'emparer de ses idées, qu'ils s'appliquèrent à mettre en pratiqué. Dès 1798, nous voyons l'ingénieur William Murdoch construisant à la fonderie de Soho, près de Birmingham, un appareil destiné à l'éclairage du bâtiment principal. La distillation de la houille s'exécutait dans un simple creuset en fonte placé dans un foyer et muni d'un tuyau de dégagement ; mais le gaz n'était soumis à aucune purification. On laissait refroidir le creuset pour en retirer le coke. Une fabrication aussi primitive ne pouvait se propager.
Pendant ce temps, un Allemand, le conseiller aulîque J. A. Wingler de Znaym, plus connu sous le nom de Winsor, après avoir répété les procédés de Lebon dans plusieurs villes d'Allemagne, se rendit à Londres et s'associa bientôt aux essais de Murdoch pour tirer parti du gaz de la houille. 11 prit un brevet pour l'illumination des édifices, rues et places publiques, le 18 mai J804, c'est-à-dire quatre ans après celui que Lebon avait pris en France. Mincklers, professeur de Louvain, n'a pas plus de droits à cette découverte, bien qu'il ait publié en 1784, d'après M. Ch. Morren, des procédés pour extraire le gaz de la houille, car le
(1) Cette mort est arrivée dans des circonstances mystérieuses dont on n'a pas encore le premier mot. Le 2 décembre 1 804, Lebon assistait dans Téglise Notre- Dame de Paris au sacre de Tempereur Napoléon I*', et le soir même il était tué à coups de couteau dans les Champs-Elysées. Aiî milieu des préoccupations du moment, la cause de cet assassinat ne fut point recherchée, et, comme le dit M. L. Figuier, le nom de Lebon est allé grossir la liste de ces inventeurs malheureux qui n'ont trouvé auprès de leurs contemporains que l'indiflférence et l'oubli.
professeui belge n'avail l'inteDtioa de l'appliquer qu'à l'ascenNoii àa ballons et ooa à l'éclairage.
tl ne peut doDC y avoir le plus léger doute sur la priorité de l'in»ention ; elle appartient inconleslablement à la France. TiHitefois, il est Juste de reconnaître que les Anglais penvent. à bon droit, rev^idiquer l'honneur des nombreux perTectionnemenls et des procédés ingénieux qui ont fait de cet art une industrie importante, et qui onl servi à h propager rapidement dans toute la Grande-Bretagne, sur le continent, et Jusque dans le nouveau monde.
En 1803, plusieurs établissementsdc Birmingham, entre autres les aleliers de Wall et Boulton, ainsi que l'importante filatnre de lin de Philipps et Lée à Manchester, furent éclairés au gai, par les soins de Murdoch et Winsor. L'appareil se composait toujours d'un grand creuset ou plutôt d'une sorte de chaudière en fonte A (/(g. 269), placée au centre d'nn fourneau en brique B, mais un tube latéral U placé au bas de cette chaudière permettait de retirer la bouille épuisée par la ■distillation. De plus, d'après les conseils de l'ingénieur Samuel Oegg, le gai, an sortir du tuyau C, allnit barboter dans de l'eau de chaut pour Otre débarrassé de l'avide carbonique et de l'hydrogène sulfuré qui le souillaient. Celle eau de cbaox était placée dans un vase spécial que Clegg nomma d^purateur. Malgré ces précautions, la purification du gaz était fort imparfaite, aussi son odeur était fétide, il noircissait les pièces qu'il éclairait ; cela explique la froideur avec laquelle fut accueillie cette grande i-évolotion industrielle.
C'est seulement en 1810 que la premii're usine pour l'éclaii-age public fut établie h Londres. Depuis celle époque, le nombre des compagnies qui se sont formées dans la riraudo-nrclagnc pour exploiter cette nouvelle branche, est coosidéiable. l.a seiili' ville de Londres possÈde 18 usines il paz, qui appartiennent à onze compagnies, doni les fonds forment la somme lolalc de 70 millions de francs, et dont les bénéfices annuels s'cléient il la somme de lliSOOOO francs. Ces usines consomment par an 180000 tonnes de houille (I), el produisent plus de iiO millions de int^trcs cubes de gnz. IVndanI chiiciine des nuits
à Binnin^luiin, pAur I
Al La li>iiiie.iii uu la tonne de n.
Il nombre» ronds, 1000 kilogr.
les plus longues, l'éclairage de Londres en exige 246^600 mètres cubes. Le nombre tot£^l des employés des onze compagnies est de 14,000 environ.
Ce n*eû qu'en 1817 que ce mode d'éclairage fut introduit en France par Winsor, qui fit à ses frais un petit établissement pour l'illumination du passage des Panoramas, et constitua bientôt après une société au capital de 1 ,200,000 francs pour éclairer le palais du Luxembourg, le théâtre de l'Odéon et une partie du faubourg Saint-Germain. Peu à peu, malgré une foule de résistances routinières et intéressées, cette industrie nouvelle se développa, et aujourd'hui l'éclairage au gaz a presque partout détrôné l'ancien mode par l'huile.
Paris possède maintenant 7 grandes usines, à Passy, la Yillette, les Ternes, Vaugirard, Saîiit='Mandé, Itry et Belleville, servant à alimenter 75,900 abonnés et 35,600 becs d'éclairage public. La longueur delà canalisation est dç 1 ,500,000 mètres. Le gaz livré par anparl importante compagnie qui a le monopole d'éclairer la capitale est de 140,000,000 de mètres cubes, soit par jour près de 400,000. Les recettes sont, en moyenne, de 35,000,000. L'augmentation chaque année est de près de 8 millions de mètres cubes. Le traitement de tout le personnel, tant d'administration que du service de Téclaîràge et 4es usines,' est annuellement de 2,700,000 francs. Le charbon eilti*e dans les dépenses pour 11,200,000 francs. Le capital engagé dans cette vaste entreprise est de 119,253,000 francs, et les bénéfices sont^ en moyenne, de 21 millions, avec une augmentation annuelle constante.
Fabrication du Kaz. — Les matières premières employées à la production du gaz sont des substances de tiature grasse, résineuse ou bitumineuse, qui renferiaient une très-forte proportion d'hydrogène et de carbone, les deux éléments constitutifs des hydrogènes carbonés. Tes huiles de graines non épuisées, les grâissesi, la résine du pin, les huiles de poisson brutes; de poix ei de résiné, le goudron fiuide, la tourbe, la lie de vin, les débourrages de cas'des, la matière grasse extraite des eaux de savon des fabriques de drops, les huiles de schistes, etc., enfin et surtout la houille, servent ou ont servi en divers pays à celte extraction. Mais de toutes ces matières, c'est la houille qui, en définitive, est généralement adoptée, parce qu'elle fournit le gaz à meilleur marché, le coke, résidu de la fiibrication, suffisant à couvrir son prix d'achat.
Voici comment on opère avec cette substance.
On l'introduit dans des cylindres A AA {fig. 270), dont la forme est un D renversé, comme l'indique la section faite suivant la ligne œx. Ces cylindres, qu'on appelle cornues tians les usines, étaient autrefois en fonte; aujourd'hui on les fait préférablement en argile réfractaire, parce qu'ils coûtent moins, durent davantage et se prOtent mieux au Gihardin. — I. 27
chauffage des foura par le goudron. On leur donne S^jSO à 2",60 de long sur O^jiB de large el 50", 3 à 0",40 de haut. A leur partie antérieure, Be trouve fixée, au moyen de boulons recourbés,' une armature en Ter B
qui porte le tuyau F. destiné à l'écoulement du gaz ; cette armatuie est Tennée par un obturateur eu fonte C C, maintenu dans une posiliou Sxe par une vis de pression D.
:s sont placées, en plus ou moins grand nombre, dans un
large fourneau en briques. La figure 271 représente un four à 5 cornues; c'est le plus employé en Frauce. La diarge de chaque cornue
dépasse rarement 100 kilogr. de houille concassée; elle n'en occupe que la moitié de la capacité, car elle double presque de volume par sa conversion en coke.
On chauffe le four avec précaution, soit avec du coke, soit avec du goudron, et on élève peu à peu la température au rouge-cerise vif (correspondant à 1000^), qu'on maintient pendant tout le temps que le four est en service. Pour un massif de 5 cornues pouvant distiller 2[,500 à 2,600 kilogr.de houille en 24 heures, on brûle de 12 à 1 4 hectolitres de coke, soit 30 à 35 p. iOO du coke obtenu.
Les produits de la décomposition de la houille sont nombreux. Ils se séparent naturellement en quatre parties bien distinctes: cohe^ eau ammoniacale, goudron, gaz,
\^ Le coke représente environ les 3/4 du poids de la houille distillée ; il est, d'ailleurs, en quantité d'autant plus grande que celle-ci est moins bitumineuse. On a rendu son extraction plus prompte et moins pénible en le faisant tomber directement, au sortir des cornues, dans un soussol largement ventilé, où l'on achève de l'éteindre par aspersion au moyen d'un tube flexible terminé par une pomme d'arrosoir. C'est là une amélioration heureuse dans l'intérêt de la santé des ouvriers.
2° Ueau ammoniacale contient l'alcali en combinaison avec les acides carbonique,sulfhydrique,cyanhydrique,sulfocyanique et chlorhydrique ; elle est colorée par des huiles empyreumatiques.
Il résulte de nombreuses expériences faites en Angleterre que la quantité d'ammoniaque, produite par la distillation d'une tonne de houille ordinaire de Newcastle, équivaut à environ 10 kil. 870 de sulfate d'ammoniaque ; mais cette quantité varie avec la température à laquelle s'effectue la distillation ; plus cette température est élevée, et plus l'ammoniaque tend à se convertir en cyanogène (azoture de carbone).
3^^ Le goudron, nommé fort improprement bitume, coaltar pai* les Anglais, est une matière fluide, noire, d'une odeur forte et désagréable. Sa composition est très-complexe, puisqu'on y trouve jusqu'à 19 carbures d'hydrogène neutres, solides et liquides (66nzme, nap/i^a /me, Tparana^hta- Une, toluène, cumène, etc.), désignés sous le nom commun d'huiles empyreumatiques, 10 matières azotées alcalines (alcaloïdes), trois acides distincts, notamment celui qui est bien connu sous le nom diacide phénique, des sels ammoniacaux, et des espèces de résines, diie^ pyrogènèes, encore mal connues.
4° Quant aux produits gazeux, c'est un mélange, en proportions très-
variables, des composés suivants :
Hydrogène bicarboné, Propyiène, I carbures d'hydrogène, isomères da
— carboné, Batjlène, I gazoléfiant,
— libre. Acétylène, isomère de l'hydrogène carbone. Oxyde de carbone. Vapeurs de sulfure de carbone.
Acide carbonique, — de benzine,
— ftulfbydrique, — de toluène.
Ammoniaque, — de cumène.
Le degré de température auquel la houille est soumise influe beaucoup sur la nature des produits.
Quand la température est trop basse ouqu'on l'élève trop lentement, on obtient beaucoup de goudron, d'eau ammoniacale et peu de gaz.
Quand elle est trop forte, on produit plus de gaz, mais alors il est plus léger et moins éclairant, parce qu'il a déposé une partie de son charbon en touchant les parois des cornues ; il renferme beaucoup d'hydrogène .protocarboné et môme de gaz hydrogène. Les huiles ellesmêmes se dédoublent en gaz léger et en naphtaline.
Ce dernier carbure d'hydrogène, qui a une grande tendance à cristalliser et qui occupe beaucoup de volume, se forme et se réunit quelquefois en si grande quantité dans les tuyaux de dégagement, qu'il inteirrompt le passage du gaz ; on dégorge facilement les tuyaux en y faisant passer un courant de vapeur d'eau; la naphtaline liquéfiée s'écoule par. le moyen de siphons disposés convenablement.
Toutes choses égales d'ailleurs, le gaz-light (I) est d'autant plus dense et plus lupQineux, qu'il est plus chargé de carbone. La pratique a appris que la température la plus convenable pour l'avoir dans cet état, est le rougc-cerise clair,
La nature et les proportions relatives des gaz varient aux différentes époques de la distillation. Dans la première demi-heure, ils sont peu éclairants, parce qu'ils ne consistent guère qu'en hydrogène carboné; c'est dans la seconde heure qu'ils possèdent le pouvoir éclairant le plus élevé, parce qu'alors ils sont très-riches en hydrogène bicarboné et en hydrocarbures volatils; mais comme à mesure que la distillation s'avance, l'oxyde de carbone et l'hydrogène libre prédominent de plus en plus, le pouvoir lumineux s'affaiblit tandis que le pouvoir calorifique augmente.
On reconnaît qu'une distillation a été bien conduite à ce que le coke est blanc et ne donne lieu X aucune émanation de gaz lors de l'ouverture des cornues. Quand, au contraire, il est brun et recouvert de petites flammes à sa surface, on peut Otre certain que la distillation a été incomplète.
D'après Henry, de Manchester, voici comment se compose le gaz de bonne qualité des usines anglaises, avant l'épuration :
{\)GaZ'li(/ht voutdiro gaz-lumière ; c'est le nom adopté en Angleterre et en France pour lo fj:az piirilK' do l'érlairagc ; on l'appelle encore vulgairement gaz ligdrogène^ et tout simplement gaz.
Gaz oléfiant ou hydrogène bicarboné 8
Hydrogène carboné 72
Oxyde de carbone '.....; 13
Acide carbonique 4
Acide sulfhydrique . • , 3
Épuration «1 a g^az. — Parmi tous les produits de Ic^ distillation de la houille, il n'y a de vraiment utiles, comme substance éclairante, que les carbures d'hydrogène gazeux et liquides. Mais, tels qu'ils sortent des cornues, ils ne pourraient immédiatement servir à l'éclairage. Leur pouvoir éclairant serait trop faible, en raison des vapeurs et gaz étrangers dont ils sont mêlés. Ils ont, d'ailleurs, une odeur infecte, une action fâcheuse sur l'économie ; ils attaquent et noircissent rapidement les dorures et les peintures dont la cémse est la base; ils répandent beaucoup de fumée en brûlant, et ils font éprouver une altération sensible «LUX couleurs fraîches et délicates de nos tissus pendant leur combustion. Ces différents effets sont dus pHncipalement à l'ammoniaque, aux matières bitumineuses, au sulfure de carbone, mais surtout à l'acide sulfhydrique. Ce dernier s*y trotive toujours en proportions plus ou moins considérables, et d'autant plus fortes que la houille distillée renfermait plus de pyrites ou sulfure de fer; aussi a-t-on l'attention de brûler les houilles les moins sulfureuses.
* On est donc oblig:é de purifier ou d'épurer le gaz au sortir des cornues. Vépuraîion est une des opérations les plus importantes de la fabrication ; elle comprend deux phases : Vépuration physique et VépurattèlPètiOnique.
Je place d'abord sous vos yeux l'appareil des usines [fig. 27:^), afin que vous puissiez mieux comprendre la série des opérations que l'on fait *Bubîr au gaz.
A. Épuration physique. — Le gaz échappé des cornues CC par le long tuyau en fonte T, qui entré dans la tubulure antérieure de chacune d'elles, arrive, avéfc foutes ses impuretés, dans un premier vase en fonte ou en tôle, dit Barillet, B, rempli aux 2/3 d'eau.
Une gi'ande partie des vapeuit bitumineuses et de Tammoniaque se dépose dans ce condenseur dont l'idée première appartient à l'ingénieur Clegg (1810). Le gaz est tellement saturé de ces matières volatiles, au moment où il sort des cornues, que la légère diminution de température qu'il éprouve dans son passage à travers les tuyaux montants^ et le barillet, fait condenser beaucoup de goudron et d'eau ammoniacale.
Du barillet, le gaz passe dans un autre condenseur, dit jeu d'orgue, parce qu'il consiste en une série de tubes métalliques verticaux; offrant un grand" développement D. Ces'-fubes, placés sur une caisse à compartiments E, ont pour fonction essentielle, en divisant et refroidissant
JÉCLAIRAGE AU GAZ. 423
le gaz, der le dépouiller, par l'effet combiné du frottement et de l'abaissement de température, de l'eau, du goudron, des sels ammoniacaux qui ont échappé à l'action du barillet et qui sont au milieu du gaz à l'état globulaire. Ces produits condensés s'écoulent du jeu d'orgue à mesure, au moyen d'un tube H, placé à la partie la plus basse de ce condenseur, et qui va plonger dans une fosse Q destinée à les recevoir.
C'est un axiome chez les fabricants de gaz qu'une bonne condensation est une purification à moitié faite, La condensation peut cependant être poussée trop loin; car, lorsque le gaz de houille est exposé à une température inférieure à + 7<> centigr., il se condense beaucoup d'hydrocarbures dont dépend en grande partie le pouvoir éclairant, et la qualité du gaz se trouve amoindrie. Il est donc utile d'avoir le moyen de régler la condensation de manière que le gaz ne soit jamais refroidi au-dessous de 4- 7°.
Le gaz, en sortant du jeu d'orgue, n'est pas encore débarrassé des goudrons et sels ammoniacaux qui le souillent ; pour compléter et obtenir une bonne épuration physique, qui facilite l'épuration chimique, on fait passer le gaz, par le tuyau K, à travers une longue colonne à coke à double compartiment, dont les ouvertures supérieures 00 permettent le chargement et le déchargement. Le gaz, ainsi divisé,* abandonne les corps pyrogénés qu'il contient ; cette action est encore augmentée par l'écoulement d'un mince filet d'eau.
Dans le principe, cette colonne n'était destinée qu'à une action mécanique ; mais l'eau retient de l'ammoniaque^ et maintenant on remplace l'eau ordinaire par l'eau ammoniacale provenant de la distillation ; on augmente ainsi le degré de cette liqueur qui sert ensuite à la préparation des sels ammoniacaux. Cette eau opère donc un commencement d'épuration chimique, ainsi que l'indiquent les résultats suivants :
Ayant la Après
colonne à ooke. la colonne.
Ammoniaque dans chaque mètre cube de gaz. C«%9G 2»%01
Acide sulfhydrique — — 7 ,32 2 ,46
Acide carbonique — ~ 8"S71 6 litres.
Ainsi pour l'ammoniaque, comme pour l'hydrogène sulfuré, l'action de l'eau dans la colonne à coke est bien tranchée. L'effet n'est pas aussi prononcé pour l'acide carbonique; mais cela tient à ce que l'ammoniaque produit avec l'acide carbonique un bicarbonate que l'hydrogène sulfuré décompose pour former un sel plus soluble.
Quoi qu'il en soit, Fépurateur à coke est d'un effet fort avantageux, d'autant plus qu'il ne change pas le pouvoir éclairant du gaz. Mais la condition essentielle à remplir est d'effectuer le lavage avec le moins d'eau possible ; autrement le gaz abandonne ses hydrocarbures légers, et dès lors il y a perte de pouvoir éclairant.
Lorsque le coke de la colonne a fonctionné pendant un certain temps,
424 QUINZIÈME Ï.EÇON.
on le lave pour lui enlever les sels ammoniacaux dont il est saturé ; on le fait sécher et on Ven sert ensuite comme combustible.
Mais le cpke a Tinconvénient de s'empâter assez rapidement, de «e désagréger et d'obstruer le passage du gaz. On a reconnu qu'il est bien préférable de le remplacer par des cailloux, des débris de meulières, ou des poteries très-cuites. Lorsque la colonne est engorgée par la naphtaline, on y injecte un courant de vapeur, fournie par une petite chaudière locomobile. -r- La colonne ainsi montée n'a jamais besoin d'être vidée, tandis qu'avec le coke, il faut faire cette opération, sale et incommode, au moins une fois par an.
Beaucoup de compagnies, tout en reconnaissant l'efficacité des colonnes à coke, ont cherché à en faire disparaître les inconvénients. Povir cela, elles ont introduit dans ces colonnes une série de plateaux sur lesquels tombe constamment un filet d'eau, de sorte que le gaz est forcé de traverser ces nappes d'eau. Un des meilleurs Scrubbers construit dans ce sens est celui de la Société du gaz de Francfort-sur-Je-Mein, imaginé par le directeur, M. Schiele ; son seul désavantage, c'est de diminuer le pouvoir éclairant, si l'écoulement de l'eau n'est pas con- 'Venablement réglé.
MM. Alleau et Ducastel, gérants de la Compagnie la Normandie, ont imaginé un scrubber à cascades qui n'offre pas ce défaut. Indépendamment de la multiplicité des surfaces de contact où le gaz se lave et se dépouille de son ammoniaque, il y a un plateau formant cuvette que le gaz traverse en y déposant les hydrocarbures légers lorsqu'ils abondent à certains moments de la distillation, tandis qu'il s'en enrichit vers la fin, de sorte que le pouvoir éclairant du gaz est sensiblement régulier du commencement à la fin de l'opération. C'est là un très-grand avantage dans les petites usines, où la moyenne du gaz ne se fait pas d'elle-même.
Dans les grandes usines où il y a des cornues sans cesse en charge ou en délutage, le pouvoir éclairant du gaz obtenu est constant ; mais dans les usines où on ne délute que toutes les cinq heures, un appareil permettant d'avoir, malgré ces conditions défavorables, un pouvoir éclairant régulier, est très- avantageux. La figure 27 J représente en coupe cet appareil, qui est très-simple dans sa construction et n'a pa^ besoin de légende explicative.
£. Épuration chimique. — Après la triple épuration physique dont il vient d'être question, le gaz doit être débarrassé, autant que possible, des acides sulfhydrique et carbonique, de l'ammoniaque et du goudron qui s'y trouvent encore en proportions notables. Dans 1000 parties de gaz provenant de la houille conunune de NewcastlP, et sortant des condenseurs, il y a environ 1, 5 d'ammoniaque, 8 d'hydrogène sulfuré et 25 d'acide carbonique.
Clegg, je 1'^ déjà dit, a epaployé le premier la chaux, vers 1805,
comme agent cbimique de purification. Il t'en servit d'abord à l'élat de lait de chaux; mais, plus fard, il reconnut qu'il est plus aTanlageux d'en Taire usage sous Tonne de poudre lëgèrement humide. C'est ce qui a été adopté généralement.
Le gaz qui s'échappe de Ta colonne àcokepar le tuyau K' arrive donc dons ce qu'on appelle VÉpurateur ou le Dipuratear. C'est une ou deux caisses fermées H, en tôle ou en Tonte, dans lesquelles sont superposées des claies en osier garnies de foin ou de mousse saupoudré de chaux "éleînte, c'esl-à-dire en poudre fine et humide. On donne à la couche de chaux une épaisseur bien uniforme de 6 centimètres, sans quoi le gaz s'écoule plus rapidement dans les endroits moins épais, et lise forme de fausses voies par lesquellesil passe sans s'Épurer.
La substance alcaline, qui présente ainsi au gaz une immense surface, lui enlève en grande partie les deux gai acides dont on a tant d'intérêt à le dépouiller. Néanmoins l'épuration n'est jamais complète, bien qu'on emploie environ 1 hectolitre de chaux par 34S mètres cubes de gaz ; aussi le gaz a-t-îl toujours une odeur fétide, noîrcit'il le papier imprégné d'un sel de plomb, etne peuf-il être employé pajv tout, â cause du gaz arâde sulfureux qu'il produit en brûlant, acide qui, vous couleurs.
Depuis 1 840, on a amélioré le procédé d'épuration à la chaux en adoptant le système des é/iarateurs méthodiqms. Ceux-ci consisfenl en quatre caisses rectangulaires en fonte M, N, L, 0 tfig. 274), au milieu desquelles est placée une autre caisse cylindrique pour l'arrivée et la sortie du gaz.
Les caisses rectangulaires sont divisées en deux parties par une cloison en Tonte, et dans chaque partie il y a trois claies en fer ou en osier superposées, sur lesquelles an étale, avec ou sans foin, des couches de 5 à 6 centimètres de chaux éteinle, ainsi qu'on le voit dans la coupe ci-jointe {fig. 275).
A la caisse cylindrique X aboutissent huit tuyaux B, C, D, E, F, G, II,
!, ,attaque,et jipfi^e les
420 QCINZIÈME LEÇON.
J, deilinéi à la circulation du gu, et deoi uitres soat placés dani MIT) ccnirc A, K, senant, le premier à l'entrée, le second A la sortie du gai. La came est rermée par une cloche dirisée ea cinq comparlimeDls i^ompreiiant chacun deu<i turaui.
Fig. tT4. — Plan de lïpi
méthodique
l.ti nu arrivant par \o luyau A de la colonne il coke se rend dans le 'iiiiiimrlimuiil l' de la caisse 0, puis dans le compartiment s, d'où il passe iliins lu luyau H, puis dans 1o tuyau C, pour circuler dans la caisse N ; ii-i'i, (iri'nnut les ttijauv n et E, il arrive dans la caisse L, et ciiiilaut Uuiis lu luyau V, il débouche en K, tuyau de sortie.
Il n'y a jamais que trois caisses d'Épuration qui fonctionnent ea mûme temps, La quatrième, la caisse M, est isolée; on y renouvelle la chaux et on la met en état de remplacer celle des autres qui est chargée Icplus anciennement.
Alors, pour opérer la substitution do la caisse M à la caisse 0, par exemple, en soulève la cloche et ou lui fait décrire un quart de le passent plus en 0; ils vont de >' en la plus ancienne à la plus nouvelle
■vrrli'. IK: ci'lle nianit^ri- li>s gaj