‹ Lecons de chimie élémentaire (volume 2)Chapitre 37 sur 42 · I: et de L · texte numérisé non relu

I: et de L

il,-»

.'st-à-dire de

t'ii ht'elolilri' de cliaux épure par le système méthodique le gaz pro- (.'iiaiil di' Ui dislillultoii de ni hectolitres de houille, soU i,400£i 1,:K>0 ]iii''ln'scul>i's de fiuz. Ile si\ heures en sk heures, on la renouvelle dans uni' di's quatre cuisses alternativement.

Ce mode d'épuration réussît bien, mois son emploi devient fort dispendieux, moins â cause du prix de la chaux, qu'en raison de la maind'œuvre qui en résulte.

Au lieu des grands épuraleurs carrés employés dan* les usines tn^simporlantes, on préfère souvent les épurateurg ronds, dans lesquels le

d« la Ccmpagnle In Kon

gaz se purille beaucoup mieux, afin d'éviter, dans les petites usines 0(1 l'on n'emploie pas d'extractmrs, l'augmentation de pression due à la résistance qu'offrent les couches de chaux à la descente du gaz. Plusieurs constructeurs, font monter le tuyau de sortie du gaz jusqu'à la partie supérieure deTépurateur, Dans la figure 27(i, en coupe et en plan, ce tuyau est en dehors et contenu dans la gorge hydraulique, de sorte qu'il ne gène en rien les diverses opérations du changement de la chaux. Cette disposition est employée dans toiltes les usines de la Compagnie la Normandie; le service s'y fait avec lapins grande facilité, et le gaz n'éprouve pas la moindre contre-pression.

428 QUINZIÈME LEÇOX.

M. Mallet^ ancien professeur de chimie à Saint-Quenlin, a infrodoit, en 1841, une amélioration Irès-importanie dans réparation da gaz. Son premier procédé consistait à foire barboter le gaz sortant da eondemoff dans trois caisses, placées les unes à la suite des autres, contenant des dissolutions métiilliques de peu de râleur, telles que sulfate de fer, chlorure de manganèse, qui dépouillent complètement le gaz de l'hydrogène sulfuré, de l'acide carbonique et de l'ammoniaque, qui eûteat toujours en certaine quantité dans le gaz épuré par la chaux.

Depuis longtemps, tout en conserrant le même p^cipe, l'emploi des sel» métalliques, M. Mallet a renoncé à s'en servir en dissolution dam Teau, et il opère par la voie sèche. 11 fait filtrer le gaz à travers de k sciurc! de bois blanc mélangée de chlorure de manganèse et de chlorure de calcium, ou bien de sulfate de fer en pondre, le tout légèrement humecté. De temps en temps, on change les couches d'époratiriri, et les résidus sont lessivés pour en extraire les s€ls anmioniaeaux qu'ils contiennent, ce qui couvre non-seulement les hws d'achat du sel métallique, mais donne un gain net.

Le système d'épuration de M. Mallet est en application depuis longtemps dans plusieurs usines à gaz (Saint-Quentin, Douai, Roubah, Tourcoing, lirug<*«, Courtrai, Bruxelles, Gratz, etc.)* l>e gaz qu'il fourqit peut pénétrer dans tous les ateliers de fabrication, m<?medans ceux où l'on a le plus h craindre les-cffets du gaz mal épuré.

Je dois dire que, dès 1835, Houzeau-Muiron, de Reims, s'est servi du sulfate de fi!r, obtenu par le lavage des lignites pyriteux, pour épurrîr le gaz-li^^ht, et qu'en 1841, M. Pcnot, de Mulhouse, a essayé avec mr({'Vi\'omiAoï du sulfate de plomb des indlenneurs pour le même lihloi ; mai» ite gel métallique, résidu presque sans valeur, est trop peu ûhondant.

M. de ( !av;ji!lofi a plus récemment montré que .les plâtras de démolition r<'îïlui(H t'îi poudre grenue et enlrennélés d'un dixième de coke iw'tiu \it'U\f'.ni aliHorbcr toute l'ammoniaque du gaz; à la suite d'an i\^\iutiit('nr i'Unrii/i de ce mélange, on place un second dépurateur à la rli/iij\ pour imUi\t'T l'hydrogène sulfuré.

lifilln, M. Ijiînrnin;r, chimiste anglais, a fait adopter en Angleterre el (\iim phj^ir!ur« UfcifM-H de France un procédé Irès-rationnel depuratiou, (\nH'M îauiU' huv un en«rîfnble curieux de réactions chimiques. Le gai arriva d'abord dan» un premier dépurateur contenant de la sciure de lioiî^ ifnpr<'-gnr-ï; d'uniî mhii'um concentrée de chlorure de calcium. Là. I aliandonn^; loul )*on carbonate d'ammoniaque, par suite d»^ la double déroiîipohilion rpji h'^-IIV^clue entre h;s deux sels, d'où résultent du carbonat<'d(î (hîjux t-i du chlorhydrate d'ammoniaque, ainsi qu'on le voit par r<'rjualion hui vante :

Ci a-f- Azll\ HO, CO = CaO, COi + AzII», IICl.

I.<t iiU'A [tsir/r.it rjhhuite dau» un second dépurateur qui reufermc uunic-

lange de peroxyde de fer hydraté et de chaux éteinte, divisé par de la sciure de bois. Ces matières retiennent l'hydrogène sulfuré à l'état de sulfure de fer, par suite de la réaction suivante :

Fe»0», HO + 3 HS = 4 HO + Fe« S» ;

c'est-à-dîpe qu'il se produit de l'eau et un sulfure de fer correspondant au sesquioxyde détruit.

De rouge qu'était le mélange avant le contact du gaz impur, il devient noir par suite de la sulfuratîon du métal.

Lorsque l'action de ce mélange est épuisée, on le retire du dépuraleur, et on l'étalé sur le sol dans un endroit où l'air circule facilement ; de temps en temps on le remue à la pelle pour changer les surfaces. Le sesquisulfure de fer, en absorbant l'oxygène de l'air, reproduit du peroxyde de fer et du soufre :

Fe»S»+3 0 = Fe«08 + 3 S ;

au^si, au bout de quelques heures, la matière noire a repris sa couleur rouge primitive. Le peu de sulfate de fer qui se forme, dans cette circonstance, est décomposé par la chaux et donne aussi de l'oxyde de fer qui passe rapidement à l'état de sesquioxyde.

Vous voyesT que le mélange, après cette oxydation, se retrouve dans les conditions primitives, puisque l'oxyde de fer a été régénéré et qu'il peut servir de nouveau à une nouvelle absorption d'hydrogène sulfuré^ . D'après la théorie, il ne faut pas pli^s de 7 kil. 240 d'oxyde de fpr pour enlever tout l'hydrogène sulfuré produit par une tonne de houille, mais pratiquement il en faut quatre fois autant. L'oxyde de fer peut servir plusieurs fois de suite, jusqu'à ce que la quantité de soufre qu'il renferme devienne assez considérable pour envelopper ses particules, pendant la revivification, et empocher leur action ultérieure sur le gaz impur ; il faut alors renouveler l'oxyde.

Voici comment on prépare et on emploie l'oxyde de fer à l'usine à gaz de Liverpool, d'après MM. King et Thompson ;

On broie dans un i;Doulin du sulfate de fer additionné d'eau pour en faire une sorte de pâte. On y ajoute de la chaux éteinte dans là proportion d'une partie pour deux de couperose, avec de l'eau en quantité suffisante pour former une masse consistante et pâteuse. On découpe avec une bêche cette pâte en morceaux, qui se réduisent en poudre par la dessiccation, et on obtient ainsi un mélange de sulfate de chaux et de sesquioxyde de fer hydraté. On tamise celte poudre avant de la mettre dans le dépurateur.

Lorsque la matière a été régénérée 28 fois, elle contient alors 40 â 45 pour iOO de soufre; elle ne peut plus servir à la purification; son volume s'est accru de moitié. On cuit cette matière dans un four, et

on recueille le soufre qui passe à la distillation. Au sortir du four, la matière se refroidit à l'air; puis on la mouille avec de Teau et on la place dans les dépurateurs pour commencer une nouvelle série d'opérations.

Lorsque Toxyde de fer a été cuit dans le four, il devient anhydre d'une manière permanente, de sorte qu'au bout de peu de temps, on n'emploie plus que de l'oxyde de fer anhydre, à l'exception des petites quantités d'oxyde neuf, qu'on ajoute de temps en temps pour remplacer celui qui se perd.

On travaille par le système Lamming avec une pression plus faible que dans le système méthodique d'épuration à la chaux. Mais il est bon de savoir que l'hydrogène sulfuré seul est enlevé et que le gaz carbonique reste dans le gaz, inconvénient assez grand, quand le gaz provient de houilles pauvres, parce que, dans ce cas, le pouvoir éclairant .est considérablement diminué. Mais rien n'est plus simple que d'y remédier, presque sans dépense. 11 suffit, en effet, de placer à la suite des cuves à oxyde de fer, une caisse avec une ou deux claies garnies de chaux éteinte qui fixe l'acide carbonique. Lorsque cette chaux est saturée d'acide carbonique, on lui rend sa causticité par la calcination.

En résumé, les procédés de MM. Mallet et Lamming peuvent être considérés comme les meilleurs, et leur réunion suffit pour exécuter une bonne épuration.

Quelque soit, au reste, le procédé d'épuration adopté, on constate la pureté du gaz en l'essayant avec un papier imprégné d'un sel de plomb qui reste incolore quand le gaz est pur, et qui noircit lorsqu'il contient do l'hydrogène sulfuré.

Extracteur. — Je dois vous dire, avant d'aller plus loin, que les cornues en terre, substituées aux cornues en fonte avec tant d'avantages, il y a une quarantaine d'années, par MM. Wilson et Devèze, outre qu'elles sont exposées à se fendre, ont le grave inconvénient, en raison de leur porosité , de ne pouvoir supporter, sans une perte notable de gaz, lîi pression de 15 à 18 centimètres qu'occasionnent l'immersion des tubes dans les condenseurs et épurateurs, les frottements, le poids du gazomètre, etc. Les expériences de M. Grafton ont prouvé que la principale cause de l'incrustation des cornues est la compression du gaz au moment de sa production. Le carbone qui se dépose, non-seulement obstrue les cornues et empoche l'action de la chaleur, mais ce dépôt se fait encore au préjudice de la qualité du gaz.

On a imaginé différentes machines pour aspirer le gaz des cornues, de manière à diminuer la pression, sans cependant qu'elle s'abaisse au-dessous de la pression atmosphérique. Methven , en Angleterre , Pauwels et Dubochet, en France, ont construit et fait adopter à peu près le mOme appareil, qu'on désigne sous le nom d'extracteur. Il con-

aiste en 3 clocheB ou aspirtUeurs de 2 mètres cubes, destinées. à aspirer et à refouler le gaz; il est placé entre le barillet et le jeu d'orgue.

Mais comme ce système occupe une graude place dans les ateliers

F^g tT' — Pompe roliliiehiuiitroDclion dcitracleur.

et nâcessite de plus uu régulateur, nombre d usines le remplacent par une pompe rotalive dans le genre de celle que reprësenle la figure 277.

CtaKomitFe. — Du dëpuratour chimique le gaz se rend, par le tuyau L'S, dans un yaate réservoir ou gaiomelre .G ()), qui est une grande cloche en 101e bitummée, plongée dans une cuve ou bassin rempli d eau Ce bassm est creusé dans le sol , en France, il est construit en maçonnene solide et revêtu d un enduit imperméable à l'eau ; en Angleterre cl en Belgique, il est Tormé de plaques de Tonte assemblées avec des boulons.

Quant à la cloche, tantôt elle est suspendue avec des contre-poids pour diminuer sa pression, tantôt eUe est libre et agit par son propre poids. Dons ce dernier cas, elle est dirigëe dans l'ascension et la descente par des tiges verticales ou guides, fixées à différents points de sa circonférence et contre lesquelles roulent des galets qui facilitent les mouvements.

Le diamètre et le nombre des gazomètres varient avec l'importance des usines et la place qu'ils peuvent occuper. Lorsque l'usine est située dans une ville où le terrain a beaucoup de valeur, on se sert de

(1) Le nom de gazomètre indiquerait, k proprement parler, un appareil mesureur du gaz, tandis que sa principale fonction est de le contenir au de l'emmagasiner. Aussi la dtjnominaton adoptée en Angleterre est-elle préférable, puisque le mot composé gas-holder signifie récipient ou réservoir du

gazomètres doubles rentrant Tun dans l'autre j et nomméâ à catise de cela gazomètres télescopiques.

A l'ongine de l'éclairage au gaz, on osait à peine donner aux gazomètres i5 mètres cubes de capacité; aujourd'hui on en construit en France de 15000"', en Angleterre de 30 à 70000"«. Il y en a un à Liverpool qui mesure jusqu'à 87500"' (1)1

A côté du tuyau de fonte S, qui s'élève au-dessus de l'eau dans l'intérieur des gazomètres, et qui amène le gaz des dépurateurs, s'en trouve un autre de m^me grandeur, destiné à le condiiire dans les tuyaux de distribution qui le transportent aux lietii^ de bbnsdihmation.

Ces derniers peuvent être en fonte, en grès, en tôle bittlminée, en plonab, en zinc. Bien qu'on ait beaucoup^ vante; bh France, dans ces dernières années les tuyaux en tôle, étamés h l'intérieur et recouverts extérieurement d'une forte coUche de goudron riiélé de sablé, ils ne valent pas les tubes en fonte. On tie se sert que de ceux-ci ëii Angleterre.

Entre les gazomètres et ces conduites, toutes les usines, ou du moins presque toutes, ont adopté un régulateur de pression qui permet de livrer toujours le gaz avec une pression régulière ou de faire varier cette pression suivant les exigences du service.

Ce régulateur {fig. 278) se compose d'une cloche équilibrée A, portant un cône renversé B qui règle l'oriflce d'écoulement D d'une manière parfaitement stable, le plus ou moins de plongement de la cloche, obtenu par des .poids mis en C, faisant varier la section et, par suite, l 'écoulement' du gaz dans les conduites de ville.

Rendement ilcs houilles en g^az. — Toutes les espèces de houille lie donnent pas la même quantité de gaz, ainsi que le démontre le tableau suivant :

(I) En 1812, les préjugés contre l'introduction du nouveau système d'éclairage étaient si forts à Londres, non-seulement dans le public, mais môme parmi les savants, qu'ils furent sur le point d'entraver complètement son succès. L'éclairage d'une ville au moyen du gaz paraissait un projet presque chimérique. Le célèbre chimiste sir H. Davy le regardait comme si ridicule, qu'il demanda si l'on avait l'intention de prendre la cathédrale de Saint-Paul pour gazomètre; à quoi l'ingénieur Clcgg répondit qu'il espérait voir le jour où des gazomètres ne seraient pas beaucoup plus petits. Il a vécu assez pour que son espérance fût presque réalisée.

Lorsque le mémo ingénieur eut établi l'éclairage au gaz dans un des magasins les plus considérables du Strand, une dame de liant rang fut si étonnée et si ravie de l'éclat d'une lampe fixée sur un comptoir, qu'elle pria de la lui laisser emporter dans sa voiture, offrant de payer n'importe quel prix une lumière si supérieure h tout ce (qu'elle avait vu. Ceci prouve à quel point la nature du gaz d'éclairage était peu connue à cette époque de 1812.

en litret pu- kil.

ede Saint-Érïanne 200 à 270

de GriseuU (Belgique) 300 i 110

duredeHons . . 300 à 360

de Fins et de Flénu 370

du [D^Uaur Fléau 330

ordiDsira anglaise 210

de Newcastle (le Gherrï-coal].... 308 & 3f! compacte an glsise (le Ctindel-coal). 320

pulMIOI.

SOàST 20 à 21 30k»

DsDB nofl usines lïançaises, on compte généralemenl sur un rendement mo^en de 2b mètres cubes de gaz, 4 à 4 kil. i/Z de goudron et «•"«.W de coke.

FIg. ÎIB.

Dans nos usines à gaz voisinca des ports de la Manche, on se sert des l»0uilles anglaises; dans le Centre et dons une partie du Midi, on emtkloie les houilles du bassin de la Loii-e; dans le Nord et à Paris, on Consomme les houilles belges et celles du bassin de Valenctcnnes; <3ans rii^l, ou utilise les houilles de la Prusse. En général, on préfôre Xes houilles demi-grosses aux houilles gr/ases, parce que celles^;! don-, rient trop de goudron et se distillent mal, et aux houitles maigres parco

43 i QUINZIÈME LEÇON.

que ces dernières fournissent peu de gaz et donnent un coke qui ne s'agglomère pas facilement.

On est loin d'obtenir dans les usines toute la quantité de gaz-light que la houille peut produire par un bon système de distiilatiou. Ainsi M. Blondeau de Carolles prétend qu'un kilogr. de houille peut donner naissance à 510 litres de gaz>light en petit, et en grand à 380 litres ; c'est, comme on voit, en prenant 250 litres pour moyenne de la production des fabriques, 130 litres de plus. La perte doit tenir aux imperfections du mode de chauffage. Dès 1727, Haies retirait de 158 grammes de charbon de Nc^vcastlc, 180 pouces cubes degaz^ c'està-dire 340 litres par kilogramme.

M. Penot a montré, en 1841, l'avantage considérable qu'il y a à employer de la houille sèche dans la préparation du gaz. La houille contient, en générai, 10 pour 100 d'eau qui se décompose par la distillation en produisant de l'acide carbonique et de l'hydrogène ou de l'hydrogène carboné, aux dépens d'une partie du gaz d'éclairage proprement dit. Cet inconvénient ne se présente pas quand on sèche la houille préalablement. La quantité de gaz-lîght que produit la houille humide est à celle que produit la houille sèche dans le rapport de 160 à 240. M. Schwartz a constaté Inexactitude de cette proportion par des expériences exécutées sur une grande échelle à Mulhouse.

Des appareils de combaitloii on brûlênrs. ~- Lorque le gaz

est brûlé en plein air, dans des appa-

\\ ,- /' reils en plein vent, comme les lanternes

y ^-^ ^ — • / publiques, on se sert de becs à un seul

/ jet et à simple courant d'air, sans che-

/ minée, dont la flamme présente des

"^^ y formes variables a\ec celle de l'ocver-

ture d'émission.

Dans le bec dit en évenUnl ou en aik$ de chauve-souris {pij, 279), rexlrémilc du conduit est formée d'un petit tube épais, à bout sphéroïde, dans lequel est pratiquée, avec un trait de scie, une fente de 1/6 de millimètre de largeur.

Le gaz, sortant en lame mince à travers

Fig. 279. - Bec-éventail ou ^^11^ OUVCrlUrc, prodult UUC flamme

chauve-souris. à surfacc développée, qui imite à peu

pns la forme d'un éventail ou dune aile de chaiivo-sonris ; de l;i les noms donnés à co genre de becs.

Dans los apparlemcnis, les boutiques, on fait habituellement brûler le gaz dans des heescireulaires à jels multiples et à doublocouranid'air, dit Las (i'Avijaîul {/iij, 'IHO). L'o\lréniito du tube conducteur a se bifurque

cl amËne le gaz dans un double cylindre creux bb aboutissant à une petite couronne métallique ce, percée de Irons circulaires dont le dia- . mètre varie de 1/4 à 1/2 millimètre, et dont le nombre est de 8 à 25 ; c'est par ces trous que le gaz se divise, et sort d'une manière égale et régulière. L'air, destiné A le brûler, passe à la fois à l'extérieur et à l'intérieur de la couronne métallique, ce qui le met ainsi en contact par un très-grand nombre de points.

I.e gaz, en brûlant, forme autant de petits jcis distincts qu'il y a d'ouvertures. L'intervalle des trous de la couronne est assez rapproché pour que le gaz brûle sous forme de nappe cylindrique non interrompue.

Le gaz ordinaire exige, dans sa combustion complète, deux volumes d'oxygène pur pour se convertir en acide carbonique et en eau. L'air atmosphérique renrcrmant au moins 20 pour 100 d'oxygène, il s'ensuit que 1 mèlre cube

. . ,- ,. V a- ■ f^S- *S0. — Coupa TMli-

ae gaï exige 1 0 mètres cubes d air pour sa com- „[( j„ i^ d'Argeod. liustion. S'il en arrive moins sur la flamme, une partie du carbone, ne trouvant pas l'oxygène nécessaire à sa transformation en acide carbonique, se dépose sous forme de fumée

Si l'on élève trop haut la flamme d'un bec d'Argand, l'air qui entre par l'anneau intérieur perdant son oxygène avant d'arriver à la partie supérieure de la flamme, le gaz brûle incomplètement, et le carbone ee dépose en abondance.

Quand il arrive trop d'air, le pouvoir éclairant diminue, parce que le gaz se trouve mélangé à une grande quanlité d'azote, et que la température s'abaisse au-dessous de celle qui est nécessaire à la combustion.

Pour que le gaz brûle convenablement, il faut donc que la quantité d'air ne soit ni plus grande ni moindre que celle nécessaire pour la Formation de l'acide carbonique et de l'eau, el que la combustion des particules charbonneuses en suspension dans la flamme ne se fasse par d'une manière trop rapide.

Il n'est pas possible, on pratique, de régler l'arrivée de l'air avec cette précision, et l'on aime mieux diminuer l'intensité de la lumière en fournissant un léger excès d'air, que de produire de la fumée en n'en donnant pas assez, ce qui est un plus grave inconvénient.

Pour régulariser le mieux possible la combustion, el pour soustraire d'ailleurs la flamme à l'action des courants d'air, chaque bec porte une galerie sur laquelle on pose un cjlindre ou cheminée en verre do 6 centimètres environ de diamèlre sur 18 de hauteur [t^O- 281).

Très-Bouveiiton surmonte cette cheminée d'une espèce de coupe mé-

Ullique renversée, nommée fumivore, qui a pour objet d'arrêter le

courant ascensionnel de vapeur d'eau el de charbon très-divisé qui

noircit les plafonds.

En i846, M. Maccaud a imaginé d'envelopper d'une gaze métallique tr^s-fine la partie infé* rieure des becs par laquelle (/fsf.282} arrive l'air nécessaire à la combustion, afin de remédier à l'instabilité de la flamme, et d'en augmenter l'éclat. Obligé de traverser les mailles de cette enveloppe qui s'est échauffée, l'air est ralenti dans son mouvement, acquiert une certaine température, et, par ces deux causes, il procure une flamme moins vacillante, une lumière plus belle, et permet.de surélever considérablement la hauteur de la flamme sans produire de fumée. Lors môme que l'air est violemment agité, les becs munis de l'enveloppe métallique ne cessent d'offrir une grande régularité de lumière, en sorte que l'éclairage fatigue moins la vue, et occasionne moins de ces productions accidentelles de fumée qui salissent les tentures des habitations, les décors, les peintures et dorures des salles de spectacle.

On remplace souvent la gaze métallique par une feuille de cuivre jaune, présentant des fentes longitudinales et parallèles dans tout son

pourtour. L'effet est le môme, avec cet avantage que la poussière s'y

accumule moins.

Fig. 281. — Bec a double courant avec fumivorc.

Fig. 282. — Becs Maccaud.

In des perfectionnements les plusimportantsapportésaux becs d'éclairuge, c'est la subs'i talion de la porcelaine au cuivre pour les confec-

tionncr. Cette matière, peu conductrice de la chaleur, plus dure, plus résistante au nettoyage, inaltérable par Fair et les impuretés du gaz, exige moins d'entretien et fournît une flamme plus régulière et plus belle, parce que la dimension des trous reste toujours la môme.

Des expériences nombreuses, faiteâ en grand en i 85t , par MM. Slawecki, Eugène Burel et moi, ont démontré que les becs les plus généralement adoptés par les compagnies d'éclairage, consomment par heure (avec une flamme de 8 centimètres de hauteur) :

Litres de gaz.

Le bec ordinaire h 20 trous et à diamètre intérieur de U mill 121/2

Le môme revêtu de-l'appareil Maccaud • 125

Le bec à blanc, à 12 trous et même diamètre 138,7

Le même revêtu do l'appareil Maccaud 138

Bec Maccaud à 23 trous et à diamètre intérieur de 11 mill 128,6

— à 16 trous et à diamètre intérieur de 1 3 mill 151

— à 16 trous et à diamètre intérieur de 15 mill 166,8

Les becs anglais les plus employés ont les consommations suivantes :

Bec ordinaire à 15 trous et à diamètre intérieur de 1 7 mill. ........ 140

Bec chauve-souris 1 40

Bec Manchester. » 150

Compteur. — i^our pouvoir mesurer facilement et exactement la quantité de gaz produite journellement dans une usine, ou celle qu'on livre à un établissement public ou particulier, ou celle enfin qu'un bec consomine dans un temps déterminé, on fait usage d'un instrument qui porte le nom de Compteur ^ dont l'invention appartient à Clegg et remonte à 1815.

Les figures 283-284 représentent un compteur d'abonné dans se^ divers détails.

Cet apppareil se compose d'une double caisse E et V à moitié remplie d'eau. La caisse V, tournant librement dans la première, est divisée ei| quatre cases en tôle galvanisée, de capacités égales et connin% servant à cuber le gaz consommé.

Le gaz arrive au compteur par le tuyau A, passe par la soupapp A. flotteur-régulateur B, et, par le tuyau C, se rend dans le tambour central dont il remplit, sous l'eau, une des chambres de jauge.

Celle-ci tourne alors, par suite de la pression et de la légèreté du gaz ; le liquide force ce dernier à sortir par la fente f ménagée sur le tambour à chaque chambre; de Vi, le gaz est mené aux becs par le tuyau de sortie M.

Pendant que la première chambre se vide, une deuxième se remplit et, l'action continuant, il en résulte un mouvement de rotation de l'axe I de la caisse contenant les chambres. Cet axe pénètre dans la caisse N, placée sur le devant du compteur; il porte un pignon qui engrène avec une roue 0 placée à l'extrémité d'un arbre vertical F,

QUINZIÈME LKÇOS.

lequel communique wn mouvement ù une série d'engrenages haliilement agencés.

Ces engrenage* font mouvoir les aiguilles de divers cadrans placéi en S, lesquels enregistrent cxacicmcnt les unités, dixaines, centaines de mètres cubes passés par le cumpleur et consommés par l'abonné.

On remplit d'eau le compteur par l'oriflce D femié par un bouchon à vis ; le bouchon G ouvert empi^ctie de trop remplir l'appareil.

Si le niveau d'eau venait à baisser par suite de l'évaporation, la soupape à flotteur B se fermerait, et l'instrument ne ronctionncrail plus, le gBE ne pouvant plas passer. — Le même résultat serait produit û l'eau était en trop grande quantilé, cor alors, le flotteur montant, la Eoupape B se ferme.

Le compteur doit fi Ire place hors des ailetntes da froid, car la congélation de l'eau arrêterait l'appareil.

Vous comprenCE que le consommateur a lout inléri-t à s'en servir, puisqu'il ne paye que ce qui est réellement consommé ; ri en est de même du fabricant de gaz qui n'a plus de surveillance à exercer clicï l'abonné, puisqu'il a la certilude que le gaz est toujours brûlé ' convenablement, l'abonnô Évitant, par économie, d'avoir des flammes tropbaules.

CarbnratloB du gai. — Ubs 1S33, Jobard de Ilru:te1lcs eut l'idée, pour accroître dans une forte proportion le pouvoir éclairant du gai cl pour tirtT parti, en mûmo temps, de la grande combusiibililé des liïdrocarbnrps liquides qu'on obtient par la distillation du goudron ou lies Bt'biati's bitumineux, de faire barboter le goz dans ces hydrocarbures inant qu'il n'arrive dans les becs.

lue etpi'nencc de laboratoire, bien simple à réaliser, montre qu'en

imm

KCLAÎRAGE AU GAZ.

effet le gaz hydrogène, si peu éclairant par Iiii-môme, donne une flamme éclatante, lorsqu'avant de le faire arriver dans l'air où on X'alluine, il a traversé une couche de benzine ou de tout autre carbure d'hydrogène liquide. Du flacon F (Jig. 285) qui contient les matières

Fig, 285. — Carburation du gaz hydrogène.

propres à produire de l'hydrogène, le gaz arrive au fond de l'éprouvettc È, qui renferme une certaine quantité d'hydrocarbure impur; il s'en sature et lorsqu'il brûle à l'extrémité du tube efïilé T, il émet une grande clarté.

Des expériences faites en grand, à Londres, ont démontré qu'un bec alimenté par le gaz d'éclairage qui a traversé un petit réservoir d'huile légère de goudron, ne consomme plus que 58 litres de gaz,- au lieu de i 23, pour fournir la même quantité de lumière, ce qui procure une économie de 25 francs par an.

Les tentatives faites en France par MM. Lacarrière, Ador et autres, dans la môme direction, ont fourni des résultats à peu près semblables, et cependantla carburation du gaz ne s'est pas généralisée.

Le succès n'a pas, non plus, couronné les tentatives faites successivcxnent par Jobard, Selligue, Gillard et d'autres pour remplacer le gaz de la houille par le gaz hydrogène impur provenant de la décomposition de l'eau par le charbon ou le fer, et carburé au moyen des huiles de houille ou de schistes. Les usines qui s'étaient montées à grands frais pour mettre en pratique ces conceptions, en apparonce très-rationnelles, n'ont pu continuer, à cause du prix de revient trop élevé du gaz produit dans ces conditions.

Il en sera peut-être encore de môme du procédé d'éclairage imaginé.

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plus récemment, par l'Américain Laslo Chandor. Son gaz éclairant n'est autre chose que de l'air chargé de vapeurs, d'hydrocarbures. Tout l'appareil se réduit à un vase contenant un mélange d'huile de houille et d'essence de térébenthine. Ce liquide est fortement agité par une roue k ailes courbes, tournant horizontalement dans l'intérieur du vase ; deux tuyaux aboutissent à ce vase, l'un pour l'arrivée de l'air atmosphérique que l'on y injecte au moyen d'une pompe, l'autre pour laisser sortir et conduire au bec cet air chargé des vapeurs des hydrocarbures.

Le gaz produitdans ces conditions contient 90 à 95 p. 0/0 d'air atmosphérique et 40 à 5 p. 0/0 d'hydrocarbures en vapeur. D'après l'inventeur, 40 litres de liquide peuvent rendre propres à un bel éclairage jusqu'à 250 mètres cubes d'air et suffire à l'alimentation de 25 becs ordinaires. Mais il y a à craindre que le pouvoir éclairant ne reste pas constant en raison de la condensation d'une partie des vapeurs d'hydrocarbures dans les conduites par suite des variations de la température.

Gaz comprimé. — Les frais assez considérables qu'entraîne la distribution du gaz chez les consommateurs et l'incommodité pour ceuxci d'avoir des becs fixes, firent naître l'idée, il y a 35 à 40 ans, de réduire le gaz à on petit volume, afin d'en renfermer une suffisante quantité, pour l'éclairage durant une soirée, dans des réservoirs que l'on pût- facilement transporter et mettre en communication avec des becs de lampes ordinaires. On comprima donc à 30 ou 40 atmosphères, au moyen d'une pompe aspirante et foulante, du gaz de l'huile dans des récipients cylindriques en cuivre ou en tôle, à parois très-épaisses, ot munis d'un robinet servant à l'introduction du gaz et à sa sortie. Mais cet éclairage au gaz portatif fut bientôt abandonné parce qu'il n'olïrait aucun bénéfice aux vendeurs, et qu'il présentait une foule de dangers.

Depuis, Houzeau-Muiron, de Reims, imagina de transporter à domicile le gaz non comprimé dans des espèces d'outrés élastiques et imperméables, munies d'un robinet et d'un tuyau. Mais ce système, adopté d'abord dans plusieurs grandes villes, ne prit aucun développement, parce qu'il n'oflrait aucun avantage sous le rapport économique, et qu'il obligeait les consommateurs à avoir chez eux un gazomètre occupant une place considérable et dont la marche n'était pas facile à régler.

Depuis plusieurs années, une nouvelle compagnie s'est formée ù Paris pour reprendre ronlrcprise du gaz comprimé. Elle a réussi en employant un gaz doué d'un plus grand pouvoir éclairant que celui de la houille et ne soumettant ce gaz qu'ii une pression de iOà 4 2 atmosphèreo.

La substance substituée h la liouillo, dans ce cas, est un schiste bitumineux, très-abondant en Ecosse, uù il est connu sous le nom de

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hog-head. Ce n'est autre chose qu'une roche argileuse, à texture feuilletée, d'un noir ardoisé, d'aspect gras, qui s'allume et brûle avec une flamme fuligineuse, lorsqu'on l'approche d'un corps en ignition; elle renferme plus des trois quarts de son poids d'une matière bitumineuse qui en fait un combustible bien plus riche que les meilleures houilles grasses. On en extrait annuellement, en Ecosse, plus de 30 millions de kilogr., dont les deux (iers arrivent à Dieppe et à Rouen.

Le premier emploi du Bog-head en France a été de fournir, par la distillation, des hydrocarbures ou huiles minérales pour l'éclairage. Plus tard, les usines à gaz s'en sont emparé pour augmcRter leur production en hiver ou à l'époque des fêtes publiques et des illuminations générales, attendu qu'on en retire, en le chauffant brusquement au rouge clair dans des cornues surbaissées, en terre, divisées en deux compartiments par une cloison- verticale, un gaz facile à épurer, 'qui représente, pour une égale contenance du vase distillatoire et dans le mOme temps écoulé, douze fois plus de lumière que le gaz ordinaire de la houille ; en effet, la distillation du Bog-head est trois fois plus rapide, et, à volume égal, le gaz qu'on en obtient est quatre fois plus éclairant.

tOO kilogr, de Bog-head fournissent environ 33 mètres cubes de gaz et 18 à 20 kilogr. de goudron et d'huile. Mais l'argile charbonneuse qui reste dans les cornues est sans grande valeur ; elle peut seulement être employée dans la fabrication des briques réfractalres, ou utilisée comme source d'alumine. ,

Dans l'usine à gaz portatif comprimé, on reçoit le gaz épuré dans des gazomètres de petite dimension. C'est de là, qu'à l'aide de pompes foulantes, on le comprime dans des cylindres en tôle; qui servent à le transporter chez les consommateurs. Ce système qui supprime les frais énormes de la canalisation souterraine est surtout avantageux dans les petites villes ; il s'est propagé, sous la direction de MM. d'Hurecourt et Hugon; dans plusieurs villes de France et de l'étranger.

Walenr économique dn ^raz d'éclalraice. — De toutes les lumières essayées, c'est celle du gaz qui est la plus brillante et aussi la plus économique. Les expérience comparatives, faites il y a déjà longtemps par Péclet, ne laissent aucun doute à cet égard. En voici le résumé :

Tableau.

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