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DE LAIR CONFINÉ

Dans tous ces cas, la proportion de l'acide carbonique est bien supérieure à celle qui existe dans l'air libre, et cette circonstance suffît, à elle seule , pour expliquer les malaises que l'on éprouve dans les endroits où l'air ne se renouvelle pas.

Les recherches d'Orfila, de Lassaigne et de M. Félix Leblanc ont encore mis hors de doute que l'air le plus vicié , c'est-à-dire qui contient le plus d'acide carbonique, ne réside pas dans les régions inférieures , comme on pourrait le supposer en raison de la plus grande densité de ce gaz , mais qu'il se répand , dans une atmosphère confinée , d'une manière à peu près égale dans les couches supérieures et inférieures, ou même qu'il présente un léger excès dans les parties les plus élevées cie l'enceinte close.

Une autre cause d'insalubrité, dont l'analyse ne tient pas compte , Ci' est l'abondance des miasmes dans l'air non renouvelé; elle se trahit par une odeur repoussante. Péclet et M. Dumas on t. constaté que l'air expulsé par des cheminées d'appel , destinées à opérer la ventilation des salles d'assemblées nombreuses, des ateliers de travail dans les ftibriques, des salles d'hôpitaux, des dortoirs de lycées et de casernes , exhale souvent une odeur tellement infecte , qu'on ne saurait la sup- I>ortep impunément, même pendant un temps assez court. Des expéx*icnces de M. Gavarret démontrent que ces principes inconnus joucu n rôle tout à fait spécial et très-important dans la viciation de l'air onfiné. Il a vu périr des animaux dans une atmosphère non renouelée, mais à laquelle on restituait l'oxygène à mesure qu'il disparaisait, en même temps que l'on absorbait l'acide carbonique à mesure cju'il se formait , preuve évidente de l'influence singulièrement active cîes causes de viciation indépendantes de la désoxygénation de l'air.

Voici un exemple terrible des effets de l'air vicié par la respiration ^'un grand nombre d'individus dans un appartement insuffisant. De "1.46 prisonniers enfermés dans une chambre de 7 mètres carrés de surlace et dans laquelle l'air n'était renouvelé que par deux petites fcxiê très donnant dans une galerie, 123 expirèrent en moins de. huit lieures, au milieu des plus affeux tourments , par suite de l'action délétère de l'acide carbonique et des miasmes (I).

11 est très-facile de constater, par le procédé de Moscati , la présence de ces miasmes dans les endroits publics , où la respiration est gênée , «t où souvent des accidents plus ou moins graves ont lieu. Le liquide qu'on recueille dans ce cas étant renfermé dans une fiole {pg» 50) et exposée une température de -\- 25 degrés, éprouve promptement une fermentation putride qui lui fait exhaler une odeur infecte.

Dans les appartements fermés où brûlent des substances combustibles, soit celFes qui servent à l'éclairage , soit celles qui servent à

(1) Extrait de l'histoire des guerres des Anglais dans rjndoustan (D' Peicy, ^dictionnaire des sciences médicn/es)»

réchauffement, la quantité d'oxygène diminue lapidement encore,

tandis que celle de l'acide carbonique augmente, souvent dans une proportion assez grande pour déterminer des maux de tôte, un malaise général, et enfin tous les phénomènes'de l'asphyxie, lorsque ce dernier gaz s'élève à environ 3 p. 1 00 du volume total de l'air.

Dans les endroits fermés où sont accumulées des matières organiques en putréfaction, l'air subit également des changements profonds dans sa constitution intime. On y reconnaît moins d'oxygène, plus d'acide carbonique, des sels ammoniacaux et souvent un gaz très-délétère que vous connaîtrez plus tard sous le nom d'hydrogène sulfUré, Voici, par exemple, la composition

de l'air puisé dans les égouts et les fosses d'aisances :

Fig, 50. — Liquide chauffé dans une fiole.

Air puisé dans des égouts Air asphyxiant puisé dam de Paris. des fosses d'aisances.

Oxygèno

Azote

Acide carbonique.

Hydrogène sulfuré

No i.

No î.

No i.

Noî.

Il n'est doue pas étonnant que les ouvriers égouttiers et les vidangeurs, qui séjournent pendant plus ou moins de temps dans des atmosphères aussi viciées, soient si fréquemment asphyxiés !

Dans les mines, où le renouvellement do l'air s'opère fort mal , celui-ci est toujours ti*ès-impur. Voici quelques analyses d'air puisé par M. Moyle dans des mines de Cornouailles, en Angleterre :

... ,. , . ... , Mine d'étaiu

Mme d elaïu. Mm.» de cuivre. . ,

et de cuivre.

Oxygî'no 17.282 1G,7(ÎI 17,010

Azote 8>,6;>0 8Î.14G 82,895

Acide carbonique 0,082 0,090 0,095

Hydrogène sulfuiv .... 0,080 une forte trace. »

Acide sulfureux une forte trace » »

Ces analyses prouvent l'état intpur do l'atmosphère qu'un mineur

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