DES MATIÈRES ORGANIQUES DE L AIR
dans Tair des contrées marécageuses. Elle se dépose en partie avec la rosée qui, dans les pays chauds et humides, se forme en abondance immédiatement après le coucher du soleil. Aussi l'idée de miasmes a-t-elle toujours été liée à celle de la formation de la rosée.
M. Boussingault s*est servi, pendant son séjour dans l'Amérique du Sud, d'un moyen très-simple et fort ingénieux pour reconnaître quand l'air renferme des matières organiques miasmatiques, même dans les plus faibles proportions. Il pose, après le coucher du soleil, un verre de montre sur une table placée dans l'endroit où il veut faire l'observation. Le verre, devenant très-froid par l'effet du rayonnement nocturne, se couvre d'une rosée abondante. Si l'on ajoute alors dans le"verre une goutte d'acide, sulfurique distillé, et si l'on évapore à sec à la chaleur d'une lampe à esprit-de-vin, on voit toujours une trace de matière oharbonneuse adhérente au verre dans lequel la rosée s'est déposée, lorsqu'il y a de la matière organique dans l'air. C'est une des propriétés essentielles de l'acide sulfurique de charbonner ou de colorer en noir tioutes les substances de nature végétale ou animale.
Cette matière organique existe, d'ailleurs, dans l'air à toutes les époques de l'année et dans tous les pays, car l'eau des pluies, recueillie avec soin, en présente constamment des traces, d'après les recherches de Vogel, de Brandes, de Zimmermann, de Liebig, etc., et on la retrouve jusque dans la neige et la grêle, ainsi que je m'en suis assuré en 1839.
Il ne faut pas croire cependant que les matières organiques, dont la présence est ainsi constatée dans l'air, aient toujours des propriétés délétères. L'enceinte des abattoirs, les voiries, les lieux où se font sentir les émanations des latrines, donneraient, sans doute, des traces très-marquées de ces matières organiques condensables avec la vapeur aqueuse atmosphérique; cependant les fièvres ne résultent pas de la respiration de leur air; les bouchers, les boueux, les vidangeurs, jouissent d'une santé remarquable. On a lieu de croire que les miasmes nuisibles sont, en général, des matières végétales complexes, organisées ou en cours de désorganisation ; les bords fiévreux des étangs sont couverts de débris de plantes aquatiques, et le nombre des animaux qui s'y trouvent môles est très-petit. Les terres neuves, soumises pour la première fois à la culture, contiennent une foule de débris végétaux conservés à l'abri du contact de l'air, qui entrent en décomposition dès qu'ils en ressentent l'influence, et ont des effets délétères bien connus des pionniers américains et des nouveaux colons. Il y a encore dans l'air libre des traces de quelques autres substances particulières. Mais ce n'est pas ici le moment de vous en parler. Je termine ce qui a rapport à l'air atmosphérique par quelques mots sur l'air confiné.
76 OlATRlfeME LEÇON.
VAîr cMiflBé
Je vous al appris, daiis la seconde leçon, que les rapports de 1 oxygi'ne et de l'azote dans Tair atmosphérique ne varient pas, d Câpres les nombreuses analyses faites par les chimistes modernes sur J'air pris dans toutes les stations et dans tous les pays.
€;•■••• de ¥iciati«B de l'»ir renferaié dasv ane eBcclatc. — Mais cette uniformité de composition n'existe que pour l'air libre, car lorsque l'air est renfermé dans un espace limité où se trouvent réunis soit des honmies ou des animaux , soit des corps organisés privés de vie, ou lorsqu'il sert à l'entretien de la combustion, les proportions de ses principes constituants ne sont plus les mômes; l'oxygène éprouve une diminution variable, et sa perte est compensée par de houveaux gaz, notamment par de l'acide carbonique et des miasmes putrides.
Ainfl, dans les lieux de réunion , les églises, les amphithéâtres , les spectacles , où le renouvellement de l'air ne s'opère pas ou ne s'effectue que très-imparfaitement , ce fluide ne tarde pas à devenir moins propre à la respiration. Cela tient tout à la fois à la présence d'une plus grande quantité d'acide carbonique , à l'existence d'émanations putrides dues à la transpiration cutanée et à la transpiration pulmojiaire, à la plus haute température de l'air, et à son état hygrométrique qui est tel qu'il ne peut plus retenir en suspension la vapeur aqueuse ; celle-ci se précipite alors à l'état liquide.
ABalysrs d'air coafiaé. — Vous allez voir par plusieurs analyses d'air recueilli dans des lieux de grande réunion , que la pureté de ce thiide est promptemenl altérée. J'emprunte ces renseignements à M. Télix l.eblunc. Je ne consignerai toutefois que les proportions de l'oxygène et de l'acide carbonique dans 1 ,000 parties d'air analysé :
Nunibre Oxygène Acide cai*boiiique
des individus, sur 1^000 d'air, sur t,000 d'air.
(«Iiambre à coucher bien ventilée, lo matin 2 229,4 0,40
Dortoir mansardit à l'hospice de la Salpêtrière :>:> 225,2 8,00
Préau de la salh' d'asile du 2™« arrondissement (Paris, 11(> 227,1 2,70
Salle d'écolo primaire à Paris, tout
éUnt clos 180 » 8,70
Amphith. de ohi - j avant la le^on.. 400? 224,3 6,50
mie (Sorbonno;». .' aprt»s la leçon.. 9(M» 219,0 10,30
(Ihamhre des dêputt's ^intérieur de la
cheminée d'appel) (UH) » 2,50
,. ,. , ,..v . ., (au parterre.... l,;kM *> 2,30
Salle de 1 Om»ra-t,o- ) . "^ .;.,,. ,
' / loges rintr. ltȔ>
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I^Vuri*» \niiihV à rÊci»le nùliuin»... :»7 j 2?9,2 2,?«
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