I. DES COULEURS O'ALOÈS
L'Alafta est un sut' épaissi qui arrive en maaees plus ou moin» considérables de Boiubaj, du la Barbade, do la Jamaïque, du cap de Bonnelispéraocc, elc. Il eal relire par etpression on p^ir décoction des leuilles cluirnuca de plusieurs plan les, nommées Alurs, de la famille des Aapbodélécs, nolammenldes Aloesotxotrinaifig. 1232), A.npkiitit, A, elongata, A, vultjaris, elc.
Ce suc a l'aspecl d'une résine ; il est en morceaux d'un brun foncé avec rellel verdAIre. Iranslucide dans lee lames minces; sa poudre est d'un jaune plus ou moins franc; sa saveur est IrëS'amËre, son odeur forle el aromuliqtie. 11 esl imparfaitement toluble dans l'cuu froide, entièrement dans l'eau bouillante, dans l'akuol, l'étiier, leshuilËB.
C'ompoBltl0B. — Outre de l'albumine, quelques seU de potasse et de chaux, des Iruces d'acide gallique, el du suc pur que Robiquel Hls a nommé aloiiine, il s'y trouve un principe cristallin jaunfllre, fort peu soluble, que les alcalis dissolvent aiEêmeiil avec une couleur oran- ^lu^ ],„JcSiria.
gée foncée; ce principe a élé nommé par UM. Smith et SIenhouse, qui l'ont isolé, aloine; il est représenté par la formule CH-'O».
iftcldea roloraBS* d^rlréa de ■'•loès. — Lorsqu on traite l'aloi^s par l'acide azotique bouilliint, on obtient, sui^a^t le degré de i^unceu- Iratioa de cet acide el la durée du contact. dilTérenls acides nilrës dont les plus importants sont ceux qu'on a nommés aiuiifi^ueel ehryxiimtniqoK. Il se produit en m^me lemps des quanlilés variables d'acides picrique et oxalique.
L'iKide aloftiyue ou polyehromalique, qui se forme en premier lieu cl auquel on attribue la formule C'*I1'[A);G*)*C',H0, constitue une poudre jaune orangé, cristalline, d'une saveur amëre, peu aolubîe dans l'eau froide, aisément «oluble dans l'akaol. Il se dissout dans la potasse et bi soudo avec une couleur rouge, cl forme avec l'ammouiaque une combinaison violette.
L'avilie chryiammique, qui a pour formule C"H*(AzO')'U',IIO, peut élre considéré comme un dérivé par oxydation du précédent. C'est M. ï^rhunck qui l'a découvert.
Ou le prépare eu cbuulTaul au bain-iaaric S kilogr. d'acide, d
Cn.li
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lequd ou & mis t kilogr. d'aloës en gros murccaux. I^uand l'cITervcicence b'ësI calméo, oa ajuutu encore t kilogr. d'ucidc ut on chaulTe derechef, aussi louglcmps que le développement de gaz continue. I.a liqueur est vers(:c alon, en petit lllet, dans une grande maue d'eau froide qu'on agile rorlemcnl. Iroaiédiatemcnt l'acide chrysBinmiquG se sépare en flocons. On le tava par dëcttniatiun, Jusqu'à ce que l'eau commence à se teindre en ros£ ; puis on Jette l'acide sur un filire, on la lave â l'eau distillëe, jusqu'il ce qu'elle se teigne en beau pourpre; oa le fait ensuite séctier. On en obtient de 40 à 50 grammes. .
Il est sous forme de petites égailles d'un beau jaune doré. Quoiqu'à 1 peu près insoluble dans l'eau, il la colore cependant en pourpre magmflque,ce qui indiqueasïexcomtiicn sa force tinctoriale est immense. 11 est facilement soluLle dans l'alcool el l'élltcr. Il faii explosion quand on le chauffe.
L'ammoniaque le dissoul en ec colorant en pourpre funcé, el laisse di'poser de petites aiguilles d'un vert foncé, qui sont du chrysammate d'ammoniaque.
L'acide sulfurique concentré el chaud 1c décompose avec dégagement considCruble de giii cl production d'un corps violet, que l'ai moniaque dËdouble eu une subslance bleue insoluble et imûftulraf miiticre bleue soluble.
i-'est bien certainement, il'aprùs M. Sacc, la matière colorftulfi Ia |1 plus riche que possî^de nctuelleinent la teinture. I.cs nuances qui un j dérivent son! remarquables par leur grande vivacité.
AppllcBtIoma da l'aluèa à la (eln tare. — C'est M . Ilouliu qui, OU i IS40, a songé le premier ù utiliser pour la teinture la grande puis- J sance colorante de l'alors. Eldniond flubiquel en 1847, MM. SacG ot Schiumberger en iftlii, M. Lindncr en 183â, ont repris ces essais. M. Sacc surtout a montra que ce suc, en colorant Irés-bien la soie, la laine et le colon, donne, suivant les préparations qu'on lui fuit subir, une foule de nuances dilférenles, tuiles que rose, hortensia, raisin de l^rinlhe, violet, gris, puce, marron, cannelle, bois, olive, myrte, urunge, jaune, etc.
C'est surtout l'acide ehrysammiquc qui peut prendre rong paimi lei I matières colorantes usuelles.
Eu imprimant de l'eau gommée, dans laquelle on a fait dissoudra I 2 grammes de cel acide par litre, on obtient des teintes roses sur coloa j et laine, maiaplushelles encore sur soie, qui résistent Irés-biet lavage, et dont la nuance ne chauge pas avec les mord an Is d'étain. SI j l'on expose ces tissus i l'action de la vapeur d'eau, il y a chaugement i complet, et, ou lieu d'avoir du rose, on a du violet sur les trois espèces ] de tissu ; mais alors c'est lu laine qui prend la teinte la plus nourriA I et la plus riche.
Si, au lieu d'imprimer l'acido chrjsammique, on opère par leiulure i
DliS COULEURS D ANILINE.
et que l'on immerge les lifsus dons uuc très-Taiblc dissolution aqueuse de ce! acide, en chauiTunl jusqu'à t'ébuUition, on (rouve que ts soie se leinl en raisin de Corinthe, la laine en marron trÈs-foncé, el qoe le colon ne se colore pas.
Si le coton esl mordancÉ en Ter et en nlumine, comme pour la (einlure en garance, on s'operçoil que l'alumine se teinl en riolet et qu'aucune portion du colorant ne se porte sur le Ter. C'est assurément un des Tails les plus curieux de la leiulure.
Les clirysammalcs d'ummoniaquo cl de soude donnent arec le CODcoiir^ des sels mi5lallïques réducicura des nuances grises, et, avec les sels non réducteurs, une grande variété de couleurs triis-différontet dea premières.
M. Lindner a reconnu que l'ucide chrysammiqne, qui donne sur laine les couleurs les plus solides, a cet autre avantage de Sxer certaines couleurs qui ne sont pas boa teint. Si, par exemple, on ajoute il S kil. d'orseillc S50 gram. d'acide chrfsammique prëalublement dissous dans une lessive de soude caustique, ou ublieut une couleur d'orscille insensible aux elTcts de l'air ei de la lumière.
11 est très-présomnbleque le produit qu'on trouve dons le commerce sous le nom d'orseiUe lirjuide {liquid ankilt el qui sert à teindre bon leint, n'est qu'une solution de l'acide en question dans un extrait d'orscille.
Comme l'alofs esl ï trës-bon marché, les dérivés impurs de cette substance sont d'un usage économique -, ils sont surtout trt^ s- précieux par le nombre et la variété des couleurs qu'ils pcrmellenl d'obtenir d'une manière aussi simple que rapide.