‹ Lecons de chimie élémentaire (volume 3)Chapitre 103 sur 114 · II. DES CDULB1.'RS D'aNILINB · texte numérisé non relu

II. DES CDULB1.'RS D'aNILINB

Ces couleurs sont aujourd'hui très- nombreuses, mais beaucoup d'entre elles n'ont qu'un intért^t purement scienlil]que.Je vais vous parler Ans principales.

{. Violet d'aulllne «■ IndlalBC. — Celte magnifique couleur violette, qui esl la première eu date parmi les intéressants dérivés de l'autlioc, el qui iipparul dans le commerce à la fin de IS37, grSce à l'Anglais W.Pcrkin, fui acceptée avec empressement parles Icinturicn et les imprimeurs, donna lieu nécessairement à la Tabrication en grand de l'aniline, et reçut de la part des dilTérenls producteurs les noms arbitraires de : pourpre d'aniline ou purpurine, anilciiie, harmaline, vio- IbK, potirpre foncé, roséitic, rosolane, phénaméine, lyraline, mauviiiie, wdisine, violet de Perkin, etc.

Ces noms indiquent autant de nuances diverses de In couleur Tondamenlale, ducs aux modes de préparation suivis plutôt qu'à des dilTé» renccs réelles dans la constitution de la matière colorante.

l^^p«r>llon. — Quoi qu'il ea Boif, c'eel eii soutnelianl l'anilino ' conunerciale (loujoun mélangée de [ohiidine},en présence de l't'au, k , l'action des agens oxydante ibidiromalede polusse, chlorure de chaux, chlore diseoiis, acide i-hloreu\, chlorale de [lOlaBBC, peroxyde de maoganëse ou de plomb avec acide Bulfurique, permanganate de polasse, bichlorure de cuivre, prussiare rouge de potas^, etc., qu'on lui donna

Voici la procédé de fabricalioti de PerltiQ, breveté en )8a7 ■On Tait dissoadre à froid dans l'eau lOC parties de sultale d'aniline; on y ajou te 33 parties de bichroniale de potasse, et on laisse en conlacL pendant dix A douze heures. 11 te fait peu à peu un dépOt noir consistant en itidisinc cl en une matière brune résineuse. On le lave el on le dessèche A 100° lonle traite alors par delà benzine ou de l'huile di bouille qui dissout la malii>re résineuse, sans toucher ù la matière colorante violette. On purifie celle-ci en la dissolvant dans l'espril de boit ou l'alcool; on filtre el on évapore la solution i sîccité dans une cornue chsulTée an bain-maric. Le résidu est le vi<ilil d'aniline ou l'ûi-

.MM. Franc etTabourin,dt' Lyon, ont proposé, pour plus d'économie, de laver convenablement le dëpOt noir t l'eau Froide, puis de l'épuiser par l'eau bouillante qui ne dissout que l'indisine. On précipite ensuite celte matière des solutions violettes lillrées par un alcali. Le précipité ' est alors recueilli, lava à l'eau froide, et livré lel quel au commerce, à l'état de pSIe épaisse.

100 kil. d'aniline fournissent de 7S à 90 kil. de celle pâte, contenant do 91 ù 92 p. 100 d'eau.

En I8<i0, M.M. Date et Caro se sont fait breveter pour un.procédé, qui B été généralement substitué au précédent parce qu'il donne un produit d'une grande pureté.

On mélange un équivalent d'un sel nenlre d'aniline lourde (riche en toluidine), sulfate,azotole, chlorhydrate ou acétate, avec G équivalents de bichlorure de cuivre (<J. On fait dissoudre dans la quantité d'eau nëce^suire (30 litres par kil. d'aniline employée), et on porte la masse ii l'ébuUition jusqu'à ce qu'il se produise un pntcipité noir ou presque noir. L'opération est lerminâe après trois quarts d'heure environ. Le précipité, qui renferme l'indisinc, est recueilli sur des filtres, puis lavé avec une solution étendue do soude ou de carbonate de soude aussi longtemps que les eanvUe lavage renferment des chlorures.

Le résidu esl alors épuisé par l'eau bouillante Jusqu'à ce qu'il oa cède plus rien à ce dissolvant. La matière colorante est précipiléâ de* solutions colorées par le sel marin, la soude ou le cnrbonule de soude. On mire de nouveau, el, quand la matière est bien égoullée, onlulivrA au commerce & l'état de pAlo.

iniimé l'iii' un niélauge en pro|iortions équiva^

DES COOLECnS D ARILINB.

Comme le dciDier résidu, inMluble dans Veau, rcnrormo <^nc-ora àe la mnliére coloranle, on «trait cette dcmîôre en traitnnt la manc ÎQuluble par l'alcool faible, dans uii appareil de déplarpjsmt.

Propriété. — L'inâisinc.àl'ëlat do pAlc.osI brunâtre ; dessi^chte, elle a des redels mordorés. En la dbsolvant dans l'acldo acétique coacentré, on l'obtient radloment en petits cristaux d'un Tort d'or métallique comme les Ëlylres de la cantharide.

Elle colore l'eau bouillante on violet intcnso quoiqu'uUi! J loit pou soluble. Ses meilleurs disiolranta sont : l'alcooli l'acide nc6tiqu«, la glycérine, l'esprit de bois, l'acétone, l'aniline, l'acide tarlriqne. Elle est presque insoluble dans la benzine, les bulles légères do houille, lu BuKure de carbone, l'éllier.

Elle vire au bleu par les addes ehtorliïdriquc et sulfuriquo eoncon- (rës, puis au vert par un grand e\ci:s de ct>u\-<.'i; l'addilioti d'eni) ra> mène la teinte au bleu, puis au violet primirif.

Elle est prëcipilée de ses solutions aquEiuses par les alcali». Elle nn forme pas de liiques avec les oxydes mf^tallîques.

Sa solution alcoolique récemment décolorée par l'eau do clilorft est ramenée an violet par l'addc tulTureux ou les sullllcs alualins.

EIIk est réduite par l'acide sulfureux en présf'uco du «inc, ou par l'étuin en présence de l'acide chlurli;drlque, et ne ravlcnl pins qu'au violet ronge parl'addiliou du chlore nu des autres agonln oxydanli.

D'aprOs MM. Perso?., de Lujnes et Salvélal, elle se rCduit lians les mPmes circonstances que l'indigo ; comme lui, l'IIo se décolore et enlrp en dissolution, quand on la met en contact avec du lu pulaite ol un agent réducteur (proloxyde d'élain,3uiruro d'orsenic, glucoiie,elc.]. l'ar l'action de l'air ou des corps oxydants, elle reprend sa couleur viàlello primitive. Ce seniil un vérllablo indjgo violet.

Par ces motifs, le nom A'indinine donné à cette matière colorantepar MM. Franc cl Tabourin, c»I plus hcurcusemenl choisi que tuii» ceux qu'on a proposés pour la distinguer.

CbaufTée pendant un certain temps A SOO", elle subit une légOm al- Ii^ration et se transforme en une nouvelle matière colorante d'un bleu tn^s-foocé, à peine soluble. Si l'on élève davantage lu Icmpéraluru, elle se décompose, en donnant de l'unilino cl une substance dont la composition n'a pas encore été déterminée.

C'vnpoalUo». — Le violet d'anîlîne pur, c'esl-A-dlre précipita dn sa dissolution par les alcalis caustiques, est, comme l'a démontré M.Perkin, une véritable base à laquelle il n donné le noiuAemmtvHnÊ, el dont il fixe ainsi la constitution chimique : C"li"Ax'.

Cette base neulratise très-bien les acides en donnant nuiitani;u A dn sols cris lai lis a blés verts poi réflcxioti et prétentant l'éclat mélalljquu. Ils sont, en général, peu solubles dans l'eau froide, qu'ils ctilorenl im violet intense; ils sont plus solubles dans l'ccu boutiUnia, t'iloMl

éplacer l'ammoniaque de ses

olel d'aniline obtenu parle n pûtc du commerce préparé e plus ou moins pure.

lesprit de bois, l'acëlone, l'aniline et les acides n la plupart eoni ln>a-liygromiStiiques.

Lu mauvëine est assez puissante pour d combinaisons.

Le Biilfule demaoveine conslitue le v:

pi-ocMé de Pcrkin, tandis que le violet e par tes autres procèdes est de la mauvéir

i.'acëlale de mauvëÎDc, quicrislaHIsc plus facilement que tous les aulroe, étant chaufTé arec de l'aniline en eiLcès, donne, d'après MM. Ch. Girard et de Laire, une matière colorante bleue très-stable, tandis qu'avoe l'aldéhyde il produit à froid une malière colorante grise, ainsi que MM. Depuuilly frères, Laurent et Caatheluz l'ont constaté en I80G.

liingcB. — L'indisînc donne sur soie et laine des pourpres, des violela eldeslilae d'unmagniHquo éclat, susceptibles d'une grande variété de nuances, qui résistent assez énergiquemenl à la lumière, mais qui néanmoins ne peuvent être considérés comme des couleurs de grand teint. S'ils sont insensibles à l'aclion des alcalis caustiques â froid. Us !Onl virés au bleu par les acides minéraux et complètement décolorés par unesolulion d'acide suUureux aidée d'une lame de zinc.

LcFoisonnemcnl de cette substance est très-grand, puisqu'un gramme peut servir il teindre 6 mètres carrés d'étoffe.

Pour teindre la soie, onéteud la solution alcoolique avec 8 fois son volume d'eau cbaude légèrement acidulée d'acide larlrique. Celle

solution est versée dans le bain de teinture, qui eonsislc tout simplementen eau Iroide très-légèrement acidulée. On y pasae la soie, n'ayant rL'çu aucun mordani, jusqu'à ce qu'elle présente la nuance désirée.

|l) Le» t'diantillons de maiiÈres colunriim artificielles ont été Msiiits pw MM. Ilalot Gt Berriiytir, leinluriers A PuK^aai. fjous aoinmes lieureux dQ le»' rsmarcier ds leur bîeDveUUnt concoun dans cette alrcoiistuic«.

V Ui

Oes COCLECftS OAinUKE.

ni rcB^K ta teinte an pea pins bleoitre. on 4*>*>'' àAm le bùn dn cumin d'indigo, ou on leinl piéalablemeDl U »>i« en Uen de Prane.

En ■janluit de l'scide «ulfnriiiue au bain de teinture, le nolel ptrad une leinle grialtre qoi, par l'angaMOlatioo de la profMirtîon d'acide, peut même ctra coamlie es une uiaoa frit-pcrie d'une grande beaatt. Les leinlnrien en Mie, de Ljod, ool a»a la^eraeal nlilisé celte propriété.

La leiatore de la laine t'ofèn ^nénlenMot à nne leapérataie de M k 60*. et le bain connte uDïquaDail ea oM vlalwa aqneaM éiendae de U malière cslonnle. On étîle Irts-NigneuMneal l'inlernatioa des arides.

Poor l'iiapnSNon ntr nâe on laine, on dbtoal k liolei en pAle dans eniin» 3 ha son poids d'acide acétiqoe 1 8* Baamé et l'on épaïasil CMnenahleroenl U outear aiec la gomme. Api^ t'ùnpiesyoti, ta Imus M)tit iraporiséi, pois laies.

La teinture far rolan présente pins de ditScnltés, parce qtie cette ' fibte le\tîle n'a aanine annîté pour le vialet d'aniline. Ponr fiier celte coDleor,il bal d'abord charger le tissu de monianti ethniques, albumine, gluten, cadëîne, ou de tannin, tanlOt pur, d'autres fois associé arec des ax^des mélalliqnes, comme par exemple ceux d'aluminium. de plomb, d'antimoine ou d'élaio. La présence de l'acide sulfurique a égalem^at pour effet de faioriser la llvatioD de l'indisioe snr le colon. HH. Franc et Tabourin emploient de prélércnce lo biphc^phale de chaux. Le coton préparéarec d«f huiler, comme pour le rouge d'Andrinople, pri^nd des nuances plus solides ei plus belles qne par tout autre mofen.

Les mordants animalisés ou â base de tannin, mbI Imprimés sur calicot, puis laporisés de manière i les lixer, et enfin leinls dans une solution acidulée d'indisioe. t^uelquefoi! aussi une solution acétique et légèrement alcoolique de cette couleur est épaissie A l'«1bumïne, imprimée et raporisée ; l'albamioe, ea se coagulant, U fixe complAlemenlsur le tissu.

rie-puis la (lécouTerte des autres vin(«ls dont ]e tous parlerai bi^nlOI, lladisine a beaucoup p«rdu de son importance ; il o ; s plus gut^re que les imprimeurs sur c»lon qui en fassent emploi.

S. BoB(« 4*«Mllla« •■ facbalne. — C'est Vergoin qui, comme Je l'ai déjà dit, a su le premier industrialiser la production de celle belle matière colorante, découTerte el parfaiiemeal décrite par M. Hotmann. 11 céda son procédé à Ull. Renard frères cl franc de Lfon, qui le firent breieter en France, le !i arril 1^5*' ; ce sont eus qui donnèrent au oouieau nuge le nom de fmhitne pour rappeler la limititude deu couleur avec celle de la fleur du fuchsia.

tielte matière, quia onenombreusesynonTmie: rowy* de tyoN, roMfr

mlilimc, rubis impérial, ataléine, anilfine rouge, roiëine, fitcksiamine, rrislallinéine, érythTùbmtint, nbme, rubianile, hariMiline. rouge salfurinOi rouge de Magenta, rosaniline, chijraline, elc, prend naïasance «iiiï l'iti* . DuCDCe d'une Foulo d'egenlBcbimiquet Irès-dilTérenli : biulilortira da curbone, liqueur des Hollandais, chlorures raélalliquea anhydree, n/otales de mercure, acide aïoliqiie, acide an limon iqiie, acide bmônique,elc.,réagiB!iontsur l'aniline à une lempéralure en quelque sorte dclenninée pac le poini d'ébultilion du mélange.

Pr^parktioD. — I.G procéda qui eal génËcalemenl suivi aujourd'hui pour produire le rouge d'aniline, k i'evclusion de lous les autres, parcs qu'il a élë reconnu le plus avanlageux tani sous le rapport de l'éco* nomie que souB celui de la purelé de la matii^re colorante, est celui quia^lé breveté presque simultnnément, en lS60,par MM.ModIocke et Nicholson en Angleterre, et en France par MM. Ch. Girard cl de Laire. J Il cousisie, ainsi que les chioiislGS Trançais l'ont indiqué dans leur J . brevet (les patentes des chimistes anglais ne donnent aucun rcngcigoo- I meDt9urleurranniÛred'opérer),àchauirer un mélange de lOp.d'ani- ] Une et de 13p. d'acide arsôniqueseca nne température comprise entre 160 et 300°.

Dans la fabrique de MM. Ch. Girard et do Laire, voici l'un des priv ctàés que l'on suit, comme offrant le moins d'inconvénients pour In ouvriers et la plus grande économie sur ta main-d'œuvre (H lo combustible.

Dana une grande cornue ou cliaudjére en fonte d'une capacité da 1 mètres cubes et demi, munie d'un dûme que traverse un agilaleue mécanique, un gros tube descend parallèlement à l'axe de celui-ci Ju^ qu'au fond de l'appareil et pcrmel d'y amener la vapeur. Sur l'un dos côtés du dûme se trouvent un Irou d'homme, une soupape et un robinet qui fait communiquer l'appareil avec un réservoir d'eau chaude; sur l'autre, un col de cygue conduit dans un grand serpentin, qui la condense, l'aniline qui se volatilise dans le cours de la réaction. Enflo, A lu partie inférieure de la chaudière sont établis deut trous de coulëo servaut h t'exiractian du produit brut obtenu.

On introduit successivemiinl dans cet appareil 800 kîlogr. d'aniline commerciali! et 1 370 kilogr. d'une solution contenant 72 pour iOOd'acida arsëiiique anhydre. Ces proportions correspondent sensiblement & 9 molécules duniline, I mol. d'acide arséniquc et i> mol. d'eau. On cbautl'e progressivement et on monte il une température qui ne doit pas dépasser 100 à 200°. On maintient l'agitateur en mouvement pendant toute la durée de l'opéralian qui est de huitâ dix heures. Les quantités d'eau et d'aniline qui distillent servent de conlrOle et indiquent lu marche de l'opération; lorsque XôO litres de liquide ont distilléi un relire le feu, on fuit arriver la vapeur au sein de la masse pouv entraîner les dernières portions d'aniline libre, et quand cellercf

DES COULEUIIS D ANIUMi,

a ces9ë de distiller, od introduit peu à peu ûe l'eau bouillaule afin d'hydrater la maliôre. l.orsqne L-elle-ci cbI bien bomogÊne dam toute sa masse et encore fluide, on ouvre les trous de coulée pour Ib faire passer dans des cuves de dissolution pourvues d'agitateurs mécaniques.

La matiùre brute est alors Irailée par l'eau bouillante légi^remeol acidulée par l'acide chlothydrique (proportions : matière brute 300 Itllogr., eau 1500 litres, acide 3 Itilogr.), et réhullilion est entretenue BU moyen do barboteurs pendant quatre à cinq heures. Le liquide contiefil alors en dissolution tout le ronge d'aniline avec une grande quantité d'acides arsénieux et ai-sënique; on le Rltre à travers de grandes chausses en drap de laine dons de vastes réservoirs en talc. 1^, on ajoute, pour SOO kitogr. de uiali'^re brute, 'HO kilogr. de sel marin par petites quantités k la fois ; on en Tavorise la dissolution par un barbolage de vapeur. Le rouge d'aniline, étant Insoluble dans une solution saline iurfisnmmeni concentrée, se sépare et se rassemble ù la surface du liquide, dont on l'isole-par soutirage, une Tois que le tout est refroidi.

On enlève le sel marin et les sels aracnicaux dont le rouge est souilla pur de peliles quanlités d'eau bouillante, puis on dirige le liquide coloré dans des crislallisoirs en cuivre où, après plusieurs jours, on trouve une abondante crislallisnlion de l\ichsine {!).

l^) Dans CB praridé, U y > enm arseiiicnlas de diverse»

^liiit enfoui dans le sol et tes ( sins û»* ualiies au veraées dans àen puiia peritut

ont eu do tristi's cons^qu'-ncei i dei liommes ot aes Bnimiux ont ete eai|ioisonnés pir ces résidus dsiiK^reui, soit en FrancF, soit ti l'étranger.

Itusteun eljiinistes. entre auirea M. EtoUey de Zuricli, MM. L>-maire et Tibaurin, U. Sopp, de Lj-oa, MU. CIi. Girard «t de Laire, se sont occupés de e«(ie Bru<« question de salubrité piiblîqu» et ont trouvé les moyens de régéiiArer l'srseufc de manière à le faire servir de nouveau ti la prodacllon du rouge d'aniline. Le procédé do MM. Lemaire ot Tabourin, breveté en janvier ISM et explMté lUT Doe très.grands ériielle, résout cum pi élément le problème. Voici en peu de mots eu quoi il consisie :

EMns les eaux arsenicales qui renferment tout à la foi^ dos acides arsénique et arsénicux, ou verse un psrfts d'uni.' solution de pïoloehlorure de maneaiiÈne (résidu de la fabrication du clilore] pour rauiener la jilus grande partie du premier Il l'état d'acide arsénîsiiii, puis l'on ajoute une sufOsinte qaaniîié de lait de chaux qui pri^cipite ce dernier h l'état d'arsénile de ctiaux. Le dépAi une fois fait, le liquide surnageant, qui ne contient plus d'arsenic, peat être évacué sans inconvénient >ur la voie publique. On réunit le dépAt cakafro au résidu résineux arsenical dont il a été question plus bauC, on y mélange des poussiers de cliarbon, do la sciure de twis, des bois de teinture pulvérisés et éj)uisés, du gaudron, et on brQte le tout dans un four spécial h trnis voûtes superposées parcourues par un courant d'air très-actif. Les vapeurs arsenicalos, dirigées dans une série de cliambres de condensation, donnent ainsi de l'acldi^ araénleux trèsblanc qu'on traiisfarme ensuite en acide arsénique par l'aclioii oij-dnnto da l'acido smtiquB.

On voit que, de cette manière, «e trouve établie une routlon continue, dinx

pratiques vicieuses

De 10t> kilngr. d'aniline mise en réaction on relire 2^ à 30 bil de celle mnlitTc coloranle,

ProprUiéa. — La ruchsioe esl lanlôl sous la foraie de [lailleUes noa

crialaltinea, lanlOt en crislaux rhombiques IrèS'neU, souvent réunis en , ûtoiles, pourvus dsng lous les cas d'un verl éclalaul à reflets cuivrés; ,ces crislauit renfermeni 24 p. 100 d'eau.

Elle esl peu soluble dans l'eau, qu'elle colore toulerois en un beau rouge légéremcnl violacé. Elle se dissout Irês-aisémenl, ou conlraire, avec la mt^me couleur, dans l'alcool, l'eapril de bois et l'acétone.

Elle se dissout également dans les alcalis caustiques et carbonates, mais en perdant sa couleur, sans pour cela qu'elle soit détruite, car elle reparaît par l'intervention des acides. , I^Uc ne vire point par les acides organiques, mais elle jaunit, sans s'altérer cependant, sous l'inQuence des acides minéraux énergiques non oxjdants. Si l'on salure l'exc-ès d'acide par un alcali, la liqueur reprend une belle couleur rouge.

La solution de fucbsinc est décolorée par l'atide sulfureux, mais ■etle reprend sa couleur par l'addition du ciilore. Ce dernier agent, ajouté en excfs, la délruil In^s-rapidcment.

La ruchsine se distingue netlemeni de l'indislne, parce qu'elle i dissout dans l'ammoniaque, dans l'acide sulfuriquc qu'elle colore e jaune, et parce qu'elle esl décolorée par l'acide sulfureux, tandis quA ] l'indisine est insoluble dans l'ammoniaque, colore en bleu l'acide eulfurique en s'j déposant et résiste à l'action de l'acide sulfureux.

Compasltlon. — Sous le roppotl de la composition, qu'est-ce que la fucbeine ou rouge d'aniline !

Pendant longtemps les analyses de ce corps ont donné des résultati < si discordants qu'on ne savait comment les interpréter. Aujourd'hui, grâce aux belles recher':hes de M. Hofmann, on sait que les rougei d'aniline des diverses provenances commerciales soni les sels d'un composé parlicalier.cxlrémement remarquable, qui joue le rûle d'une base parfaitement déûnic; celle base a reçu le nom de rosaniiine.

A l'étal anbydre, elle est représentée par C"'ll"Az' ;

Hydratée, telle qu'onroblieut isolée deBescomposéB,parC"H"Aï',?HO.

Cette base est assez puissante pour chasser l'ammoniaque de ses sels ■ ik la température de 100°.

Isolée récemment de ses combinaisons salines, elle est lout à railin- j colore, mais lorsqu'elle reste exposée au coutact de l'air, elle prend 1 rapidement une teinte rose, qui finalement devient d'un rouge foncé; A I

laquelle les mimes maléculen irsenksles servent cousu m ment taj. mi^taniar. 1 plioses de rsniliiie, sauf les perles iiiétiuliles dini toute grande rabricaiioii. . I MU. Ranilu ot Clôt, qui exploitent ce giroc^dé k Saïnl-Fons, prèi de Lyon, délit régénéré plus da ôUOOU kilogrammes d'icitla ara^nic|UB.

DES COULEURS DAJSILINLI.

CQ est di.' mi^nic quand od la Tond ; on ne remarque, loulerois, dans les deuK cas, aucun changement dons sa composition.

La Tosanîline est peu solublo dans l'eau et dans l'ammoniaque, plus soluble dans l'alcool avec une couleur rouge inlense ; ses vûrilalilcs dissnlranls sont resprll de l)ois, l'acf lonc, l'acide pliêniquc cl surtout l'aniline. Elle est insoluble dans l'clher, la beniine, le sulfure de carbone.

bile se dissout dans presque tous les ncidei minffrnux et organiques, en donnant naissance A des sels qui sont presque tous remarquables par leur beautâ el la Oicilitâ avec laquelle ils crislalljsenl. EUa peiil se combiner à I, 2, 3 équivalcnU d'acide el Former ainsi trois genres distincts de sels.

Les sels à 1 équivalent d'acide présentent, pour ta plupart, quand ils sont crislalliséa, à la lumitre rêlléihie l'éclat métallique vert doré des cantbarides, tandis qu'i la lumïtTC transmise ils sont rondes et deviennent opaques sous une certaine épaisseur. Les rouges d'aniline purs ont ces caractères.

Les sels à 3 équivalents d'acide possMent, au contraire, une lointo bruo jaunâtre, tant à l'état sec qu'en dissolution.

En résumé, d'après M. llolmann :

La Fuchsine préparée par le procédé de Vcrguin, c'est-A-dîre au moyen du bicblorure d'élain, consJsli- en majeure partie en chlorhydrate deroiamline ;

VAzaUine de Gerber-Keller, obtenue en taisant réagir sur t'anilïne A iOO' l'aKolate do bioxyde de mercure, est principalement de Voiolnte dr romiiHine ; il en est de même du Rouge de Lautb et Depouilly, provenant de l'aclion de l'acide azotique sur uu excès d'aniline & 180>;

La Roeêine de Nicholson est de VaectaU de rusartiline ;

Dans le produit brut résultant de la réaction de l'acide arsénique sur l'anilir.e suivant le procédé de M!U. Girard et de Loire, on trouve de Varséniaie de roianilinf, mais celui-ci, dans les opérations subséquentes de purification, esl convcrli en ehtorhi/drate tfo rosanilins.

UsBfea. — Les trois sels de rosaniline précédents sont employés presque exclusivement pour lu teinture de la soie et de la laine. Le mode d'application est extrêmement simple, puisqu'il n'est pas nécessaire de recourir à l'emploi des mordants. I.e bain de teinture se Tnil avec 5 gr. de maiiôre colorante par litre d'eau, sans addition d'aucun acide. Onymanccuvre la soie à Troid ; pour la laine, on cbauiTe le bain entre sO el GO". On obtient ainsi toutes les nuances du rouge le plus pur. t gram. de fucbsine peut teindre 3 métrés carrés de soie, el avec le résidu on peut encore lejndro 2 mMres l'n rose ; la mémo quantité suflll pour ^b'j gr. de luine.

L'énergie el la rapidité avec lesquelles les rouges d'nniline sont attirés et lixéi par les libres textiles animales sont les soûles diFDculléi

:i80 SOIXANTE-DIXIÈME LEÇON.

qu'on ronconlre dans leur emploi. En elTel, ces magnifiques couleuM , se précipilcnl et se flxcnl avec [ine (elle promplîludo qu'il devient cGSïaire de prendre des précaulions parliculit'res el d'opérer avec dei |

de rouge de fuclisine si

solutions faible,i, qu'on ne renforce que graduellemeni, pour empêcher des nuances inégales par suite de lu coloration plus inlense des por- . tions de lissu immcrgt^es en premier lieu dans le bain.

Le colon prÉEonle également des diDlcullês il i?(re IcinI, mais pac une l'atjion diamëlralemenl opposée; il ne posst^de, en elfel, aucune artinilë pour les sels de rosaniline, absolument comme pour le violet d'aniline. I) faut recourir, comme pour celui-ci, auM mordants animaux ou au lannin. On emploie de préférence ce dernier, surtout pour les arliclei ordinaires, le raordunçage au moyen de l'albumine, quoîquft donnant des résultais plus satisfaisants, étant plus dispendieux. C'ettfc ] M.Perkinqu'onesl redevable des premîc^resopplicslions du tannin pour ^ la fitalion des couleurs d'aniline sur colon.

Dans les impressions, on opéra exactement comme pour le TÎoIel d'indisine.

On trouve dans le commerce de Parts et de Lyon des liqueurs Unc^> , toriales toules préparées, qu'il suffll d'ojouler â de l'eau cbaude poop J avoir immédiatement des bains colorants pour violet ou louga d's-

Walbcureusement, les rouges el les roses d'aniline ne résistent pas ' trés-longlemps h l'insolation, û l'action des liqueurs acides el alcalines. (Juoi qu'il en soit, en raison de leur fraicliouF et de leur vivacité, ils ont détrôné les mêmes nuances au safranom, il la murevide, il la. ' pouqire fran(;aise, et ils rendent de grands services an»; fabricanls de ' Heurs arliflcielles pour la coloration des mousselines, jaconaa on ' lulles qui servant à imiter les pétales et les boulons de roses. I.a teinture des plumes, la coloration des liqueurs de table, des objets de confiserie, des vernis, des corps gras, des encres lypograpliique et lithographique, l'impression des papjen, la fubricaliou dus laques, ulc.(

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