‹ Lecons de chimie élémentaire (volume 3)Chapitre 23 sur 114 · DE LESPRIT DE BOIS · texte numérisé non relu

DE LESPRIT DE BOIS

ristiqae, soluble dans Teau, brûlant avec une flamme éclairante et fuligineuse.

Ce gaz, qui est représenté par C^II*, a reçu de M. Berthelot, qui en a fait une étude suivie, le nom à' Acétylène,

Cesl la vapeur d'éther qui le fournit en plus grande quantité ; mais on peut dire qu'il prend naissance toutes les fois qu'un composé organique est enflammé au contact de l'air et brûle avec production de noir de fumée. C'est ce qui arrive avec tous les gaz et vapeurs hydrocarbonés, avec la benzine, l'acétone, l'essence de térébenthine, le pétrole, l'acide stéarique, Ihuile végétale, la naphtaline, etc.

Pour reconnaître sa production dans tous ces cas, on tire parti de la propriété qu'il possède de se combiner avec le protochlorure de cuivre ammoniacal pour former un composé rouge et détonant, Vacétylnre de cuivre = C*Cu'H-f- Cu'O. Si donc, dans une éprouvette où l'on a versé à l'avance une dissolution de protochlorure de cuivre ammoniacal, qu'on étale sur toute la surface interne du vase en le voulant entre les doigts, l'on fait brûler du gaz hydrogène bicarboné, ou de l'éther, ou un liquide organique inflammable quelconque, on voit se produire immédiatement un précipité rouge de sang, caractéristique de l'acétylure de cuivre.

Si l'on fait passer un courant de gaz de l'éclairage dans le réactif précédent, le même phénomène apparaît, ce qui prouve que ce gaz contient de l'acétylène. La proportion n'est pas très-grande ; néanmoins on doit lui rapporter, d'après M. Berthelot, une partie du pouvoir éclairant et de l'odeur de ce gaz de la houille. Un 200° de milligramme d'acétylène dans un gaz quelconque est reconnu par ce moyen (I).

Le même chimiste est parvenu à opérer la synthèse de cet hydrocarbure en combinant directement le carbone avec l'hydrogène, ce qui n'avait point été fait jusqu'alors. Pour cela, il fait circuler ce dernier gaz dans un vase contenant deux cônes de charbon bien pur entre lesquels éclate l'arc voltaïque. Avec40 à 50 éléments de Bunsen, on obtient environ 10 centim. x;ubes d'acétylène par minute.

IJsAlpes de Pesprlt de bols. — D'après ses propriétés, l'esprit de bois peut remplacer l'alcool de vin dans la plupart de ses emplois industriels, et, comme il est plus volatil que lui, son emploi dans la fabrication des vernis est tout à fait convenable. On en consomme

(1) La présence de Tacétylène dans le gaz de l'éclairage, et la propriété que possède l'acétylure de cuivre de détoner par le choc ou une température de 9S à 12U% permettent de se rendre compte des explosions qui ont lieu parfois, lorsqu'on nettoie des tubes do cuivre qui ont servi à la conduite du gaz de la . houille. 11 est évident qu'il s'était formé dans ces tubes de l'acétylure de cuivre. Il est certain, d'après M. Crora, que ce composé se produit très- facilement lorsque l'acétylène contenant des traces d'ammoniaque est mis en contact avec de la tournure de cuivre.

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beaucoup pour cet te^ application. On le fait servir aussi, concurrem* ment avec des carbures d'hydrogène liquides et d'autres produits pyrogênés, à la purification des couleurs nouvelles d'aniline; on l'a employé également à Tobtention de quelques extraits particuliers de garance. Enfin, dans les laboratoires, on Tutilise pour l'analyse des substances végétales, et pour remplacer l'alcool de vin dans l'alimenta tion des petites lampes portatives.

Ciondron de bols.

Un troisième produit de la distillation du bois qui mérite de nous arrêter pendant quelques instants, c'est le goudron, mélange, comme je Tai déjà dit, d'un certain nombre de carbures d'hydrogène, d'huiles oxygénées, de résines pyrogénées, de plusieurs acides volatils et odorants, parmi lesquels prédomine de beaucoup l'acide acétique.

Il diffère notablement du goudron du commerce qu'on obtient par la combustion lente, dans des fours grossiers en terre, des pins épuisés de térébenthine, qu'on abat et qu'on fend en éclats. 11 en résulte un produit demi-liquide, d'un gris noirâtre, d'une odeur forte et désagréable, qui coule au bas du fourneau et de là dans des réservoirs extérieurs. Ce produit consiste en résine très-chargée d'huiles empyreumatiques, de charbon et d'acide pyroligneux.

Les goudrons de Suède, de Norwège, de Russie, d'Ecosse, du Canada et du nord de l'Union américaine, sont les plus estimés ; mais celui qu'on prépare dans les 1 mdes de Gascogne est tout aussi bon (1). La marine en fait une prodigieuse consommation pour préserver de l'action destructive de l'eau et rendre, autant que possible, imperméable la coque des navires, chaloupes, canots et autres embarcations, pour enduire les mûts, les voiles, les cordages et les diverses pièces les plus exposées à être mouillées. La médecine humaine, et plus encore la médecine vétérinaire, mettent souvent à profit la propriété antiseptique de ces goudrons résineux pour combattre les maladies de poitrine et celles de la peau.

Quant au goudron des fabriques d'acide pyroligneux, on en retire, par des distillations fractionnées, des huiles légères, des huiles lourdes, et de celles-ci, de la naphtaline, de la paraffine et de la créosote. Je vous ai parlé suffisamment des deux premières substances, à propos du goudron de houille ; il me reste à vous faire connaître la dernière.

Ovéeaote ou kréosote. — Découverte en 1830 par le baron de Rei-

(f) Le préjugé en Caveur des goudrons du Nord a déterminé les fabricants h emballer leurs produits dans des tonneaux ou gonnes semblables aux emballages du Nord, et de la même contenance ; par ce moyen, ces goudrons sont vendus comme s'ils venaient des régions septentrionales. Cette manière de faire perpétuera le préjugé sur la supériorité des goudrons du Nord.

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