DU VINAIGRE ORDINAIRE. $S
Unninée en quelques heurM. Ls liquida icidifié t'idjula du tonnetu, par la Mbinet r, dans un récipient no bois plicé ku-dwMus.
Ce procédé est, toiu le comprenet, Hessteun, Wen supérieur, antii lu rapport de ta rapidité et du peu d'emplacement qu'il néccnile, è
FSg. ID8I. — Fibciulion du iluidrc p>r le procMt allduad.
celui que l'op suit à Orléans. Il cal adopté dans not départements du Nord el dans les environs de Paris, nnlamuicnt à lloiilrouge, dans la grande usine de MM, Agucllant- Talion, Il ne peul s'appliquer ni au vin, ni à la bière en nature, et il ne donne que des produits de qualité inférieurs. Le prix des vinaigres do vin est, en elTel, environ deux fois plus élevé que celui des Viuaigrcs d'alcool, dénomination par laquelle on désigne dans le commerce les vinaigres Tabriqués par le procédé allemand.
Théorl* de l'ae^UHektlon. — Les difTérents modes de fabriquer le vinaigre, les observations Journalières des vinaigriers; la théorie chimique, tout démontre que l'acide acétique eil le résultat d'une modidcatioD qu'éprouve l'alcool contenu dans les liqueurs vineuses. Dans le vinaigre produit, on retrouve, en effet, tous les prinripcs de la liqueur qui l'a rourni, moins l'alcool, qui a presque enliërcment disparu, el l'on sait, d'ailleurs, que la qualité du vinaigre dépend de la quantité du principe spiritueux des liquides qu'on acidifie, puisque les vins plats, par exemple, ne donnent que de mauvais vinaigres, Iniidls que les vins généreux en roumisacnf d'excellenlii. l'cnduni celle ronversion remarquable, il ne se dégage ni acide carbiiniquc, ni aucun autre produit.
Mais comment Talcool se transforme-t-il en acide acétique ?
Toutes les fois que, par un moyen quelconque, on porte sur les éléments de l'alcool une sufGsante quantité d'oxygène, on le convertit complètement en acide acétique. Ainsi, si, comme l'a vu Sérullas, on met l'alcool pur en contact avec quelques gouttes d'acides chloriquc^ bromique ou iodique, ce liquide est subitement changé en acide acétique très-fort, et il se dégage du chlore, du brome ou de l'iode. Si, d'un autre côté, ainsi que l'ont fait connaître John Davy et Uœbcrciner, on imprègne d'alcool pur du noir de platine, c'est-à-dire du platine trcs-divisé et spongieux, en peu d'instants, au contact de l'air, le noir devient incandescent, en donnant naissance à de l'acide acétique, sans production d'acide carbonique.
L'équation suivante représente cette réaction fort simple :
Alcool. Acide acétique.
En Allemagne, où Talcool commun est à bas prix, on a monté des fabriques de vinaigre sur cette dernière réaction curieuse. Voici, en peu de mots, comment on agissait :
On mettait sous une large cloche plusieurs soucoupes en terre cuite ou en bois, rangées sur des tablettes superposées à une distance de quelques centimètres. On suspendait ensuite au-dessus de chaque soucoupe, préalablement i-cmplic d'csprit-de-vin, une certaine quantité de noir de plntine humecté. On avait soin de placer ce simple appareil dans un endroit éclairé, maintenu à une température de -|- 20 à 30% et on favorisait l'évaporation de l'alcool en suspendant sous la cloche plusieurs feuilles de papier buvard, de maitière que leurs bords inférieurs plongeassent dans le liquide.
Quelques minutes après, on voyait se produire un phénomène des plus intéressants. L'action mutuelle du noir et do l'alcool se manifestait par une augmentation de température et donnait lieu à la formation de vapeurs acides, qui venaient se condenser sur les parois de la cloche d'où elles tombaient en ruisselant vers le fond. Cette réaction remarquable continuait jusqu'à ce que tout l'oxygène do l'air renfermé sous la cloche fût absorbé. Pour que l'opération ne s'arrêtât pas, il suffisait de renouveler l'air, ce qui était l'affaire d'un instant.
Avec une caisse (^fig, 1083) de 703 htres de capacité et 200 à 210 gram. de noir de platine, on pouvait acétifier 1 kilog. d'alcool.
Mais cette curieuse méthode de produire l'acide acétique n'a pu devenir industrielle à cause de son faible rendement, une partie de l'alcool se trouvant changé en aldéhyde (C*HW) et en acétal (C"H»W), en même temps que la ventilation faisait perdre une quantité notable d'acide acétique.
La formation d'aldéhyde accompagne toujours l'oxydation lente de l'alcool, surtout lorsqu'il y a insufûsance d'air ou d'oxygène ; ce fait se vérifie fréquemment dans les vinaigreries d'Orléans, et il est certafn qu'il y a toujours dans les vinaigres un peu d'aldéhyde.
De tout ce qui préccdCi on peut conclure que l'acétification n'est en
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réalité qu'une simple oxyd&lion de l'alcool. Dans lei procédé* suivis à OHëanset en Allemagne, il Taut, pour quenelle oxydation se manireale, l'intervention de matières organiques azotées et phosphatées, et da
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tir. ioii.
plus, comme l'a constaté M. l'asieur, la pi-ésencc d'un champignon microscopique en pleine végétalioti.
Ce champignon, nommé Uycoderme duvinaigre [mycoderma aceti), d'un millième de millimclre de di&mMrc(^g. 1084], constitue cotte pellicule mince qu'on voit se former dans les tonneaux des vinaigriers ou sur les copeaux de hQtre dans le procédé allemand, et qu'on désigne vulgairement sons le nom de Fleur dit vinaigre.
Comme toutes les plantes, il a besoin, pour vivre et se développer, du conlact de l'nir et de la présence dans le milieu où il apparaît de ma- ^-.y. loVi. - ch.»i.ignoD di. rieur du ,in,ig,«. ticres aïolées albuminoïdcs et
de phosphates. Son développement est indispensable ù l'acéliftcalion, cardés qu'on le submerge cl qu'on le prive ainsi du conlact de l'air, il meurt et l'oxydation de l'alcool s'arrête. C'est que c'est lui qui prend l'oxygène de l'air pour le fixer sur l'alcool et le changer en acide acétique, absolument comme le bioxydc d'azote, dans les chambres de plomb, sert a transporter l'oxjgcne de l'air sur l'acide sulfureux pour le convertir en acide sulfnrique.
3» Procédé de J/. Pasteur. — L'élude de cette propriété des mycodermes, notamment de la fleur du vin et de la fleur du vinaigrej qui se montrent au microscope sous la Corme de longs chapelets d'articles, a conduit M. Pasteur à un procédé nouveau de fabrication des vinaigres, qui est trois à quatre fois plus rapide que le procédé d'Orléans et par conséquent plus productif et plus économique. Ce procédé est applicable à tous les liquides alcooliques; le voici en quelques mots.
Les meilleurs vases à employer sont des caves en bois, rondes ou carrées, peu profondes, analogues à celles qui servent dans les brasseries à refroidir la bière, et munies de couvercles. Aux extrémités se trouvent des ouvertures de 'petites dimensions pour le mouvement de l'air. On introduit dans chacune de ces cuves do Teau ordinaire contenant 2 p. 100 de son volume d'alcool et 1 p. 100 d'acide acétique provenant d'une opération précédente, et, en outre, quelques dix millièmes de phosphates d'ammoniaque, de potasse et de magnésie. On sème à la surface de ce liquide de la /leur de vinaigre au moyen d'une baguette de verre trempée dans une cuve en fonction et où le mycoderme est en pleine végétation. La petite plante se multiplie et recouvre bientôt la surface du liquide sans qu'il y ait la moindre place vide. En môme temps, l'alcool s'acétifie. Dès que l'opération est bien en train, que la moitié, par exemple, de la quantité totale d'alcool employée à l'origine, est transformée en acide acétique, on ajoute chaque jour de l'alcool par petites portions, ou du vin, ou de la bière alcoolisée, à l'aide de tubes de gutta-percha, fixés sur le fond de la cuve et percés latéralement de petits trous, qui évitent de soulever les planches du couvercle, ou de déranger le voile de mycoderme de la surface.
On continue ces additions jusqu'à ce que la cuve ait reçu asser d'alcool pour que le vinaigre marque le titre commercial désiré. On soutire alors ce dernier, et la cuve est remise de nouveau en travail. Une cuve do I mètre carré de surface renfermant 50 à 100 litres de liquide, fournit par jour l'équivalent de 5 à 6 litres do vinaigre. Les avantages de ce procédé sont d'autant plus sensibles qu'on opère clans des vases plus grands^ parce que la température y est plus basse. Un thermomètre donnant les dixièmes de degré, dont le réservoir plonge dans le liquide et dont la tis^o surt de la cuve par un trou pratiqué au couvercle, permet de suivre avec facilité la marche de l'opération.
Le procédé de M. Pasteur a l'avantage sur celui d'Orléans de ne pas exiger des ateliers aussi grands et de ue pas obliger à une fabrication continue d'un bout de l'année à l'autre, quel que soit le prix du vin ou de TalcooL En outre, il ne donne pas lieu à celte production considérable de ces petits infusoires qu'on appelle anguilles ou anguillules du vifiaigre, qui ralentissent, souvent môme arrêtent racétification et occasionnent ainsi les maladies qui apparaissent dans certains tonneaux des vinaigreries du Loiret.
Cmrmcières dUilncUfa des vlBal|rr««* — Le vinaigre de vin a une odeur agréable, une saveur acide et piquante. Quand il contient en dissolution des matières organiques étrangères, il éprouve une décomposition continuelle au contact de l'air; l'acide acétique disparaît peu à peu, et est remplacé par des matières d'apparence gélatineuse, sous forme de pellicules ou de crème floconneuse. Souvent il y naît
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ooe hifiiiité de ^ibrioc» oa d*'ZA-/«-'f^«tV« que l «xi peut apexvwcsir à Trcil nu ; on lemarqQe qa'ik polîulent d'autant plus que le ^inaijçre e»t plus faible; Us finisseDt par l'altérer complet eme a t. On peut en è\iter la fonnation, en reconvrant avec de la mrusseline les ouvertures qaî hissent aiTlTer l'air à la liqueur. De même, en portant le vinaigre à Fébullition, tous ces animilcules périssent: il faut ensuite filtrer le vinaigre.
Le vinaigre de vin contient les substances suivantes :
B<>aacoap d'eaa, Ln*? matière aïoiéo ft^rmento»cibît\ Cne quantité variable d'acide acétique. Do l'acide inalii)tu\
Très-pea d*aIcool, Du l>i tari rate de {H^!.:sst',
— d'éther acétique. Du tartrate do cltAu\,
— de sacre. Du sulfate de pota5^\ Un principe inac)ueux. Du s<'l marin.
— colorant.
Les vinaigres de cidre, do poiré, do siutc do lecu!o,d'oau-do-\io, de bière, en diiTèrent parce qu'ils no contiennent jamais do tariro. l.o Tinafgre fait avec le glucose et la lovi'^ro contient boaucoiip do siilialo de cbaux; celui de malt ou de biôro ronfirmo dos pliosphatos do chaux et de magnésie. Ce dernier est principaloniont employé, on Franco, dans la chapellerie et pour la fabrication du cirage.
Les vinaigres d*alcool, ne possédant pas les principes volatils d'oilour agréable propres au vinaigre de vin, ne paraissent jamais sur nos tablon; on ne s'en sert que pour les usages industrii'ls.
Le vinaigre de vin du commerce n'oIVro pas Imijours le m«^mo degré d*acidité, c'est-à-dire la même proportion d'acide pur. Lo hou vinaigro d'Orléans marque 2<> X 3® au pèse-acide, lo \inaigro do cidro ;'", et lu vinaigre de bière 2^,'10, Mais il ne faut pas trop so lier au\ indicationii de l'aréomètre, attendu que les autres corps dissous dans le \iiiaigri) contribuent à faire varier sa densité, et que l'acide acétique no pèms pas beaucoup plus que l'eau. 11 est préférable d'estimer la boulé ou lu force d'un vinaigre par la quantité de carbouat<! alcalin qu'il oxIko pour sa saturation. Terme moyen, lOD parties de bon vinaigre d'Orléanii exigent, pour leur neutralisation, 8 gram. de craie, ou H,.'f7 de carbonate de potasse sec, ou 6,5!) de sd de soude ^^ec. Le vinaigre de cidre exige 3»',50, et le vinaigre de bière 2'"',.')0 de sel de houde.
Il est plus commode de faire l'essai au nioyr*n d'uiio lu|u<'iir ulculiin' ûtr^'i'. Celle (|u'ont proposée Réveil et Salleron, cl qui a M' (çi''in''rahMiifîrit a(lopi<''f p;ir le commerce et les octrois des grandes villes, se ronipov de 4.'i (/ram. di; lior»iii de soude pur et de 11 gram. de soude causiiqu" di^>ou^ duiin I litre d'cun dmtilli^e. Ces proportion» sont telles que iO**^ d«! cette H'im-ur urt'Ui/n'friffuf lu-utralisent exactement 4*« de la liqueur nknUnu'hinaf, tlf CiHij-Luiitn . On lui donne une teinte bleue par quelques (fouttes de touriii'sol
L'essai se fait au roojen d'un iubtt dij \i:rrf'. t^radué, ilit mi^.liitiètrr 'fnj. X^SA'^ qui porte à sa partie inférieure un premier trait marqué 0'', et «u-d<::%<ini) du-
SOIXÂNTIÈMB LEÇON.
l-li:
-Ij
quel est gravé le mot vinaigre. Au-dessus du 0» sont gravées 25 divisions ou
degrés qui représentent U richesse acide du vinaigre.
Pour évaluer celle-ci, on prend du vinaigre à essayer 4 centim.
cubes à l'aide d'une pipette jaugée {fig. 1086), et on les laisse couler dans Tacétimëtre, qu'ils occupent jusqu'au 0*. On verso par-dessus, par petites quantités k la fois, et en secouant l'instrument, de la liqueur acétimétrique, jusqu'à ce que le mélange prenne une teinte violacée uniforme, ce qui indique que la saturation est complète. On s'arrête alors, et on lit le chiffre correspondant à la division qui se trouve au niveau du liquide.
, Ce chiffre donne la quantité d'acide acétique pur, C*H*OS qu'il renferme, exprimée en centièmes de son volume ; 8 degrés, par exemple, signifient qu'un hectolitre de vinaigre essayé contient 8 litres d'acide acétique cristallisable pur ou monohydraté.
Fig, i085. — Acétiroëtre Fig. 1086. — Pipette de de Réveil et Salleron. 4 centim. cabes pour
l'essai du Tinaigre.
FaUiflcatloBS des ▼!nmlfrr««. — On coupe souvent le vinaigre avec de l'eau, et, pour dissimuler cette fraude, on ajoute au mélange des acides minéraux, notamment de Tacide sulfurique, ou bien on y fait macérer des substances acres, telles que semences de moutarde, poivre long, poivre de Guinée, écorce de garou, racine de pyrèthre, dont la saveur chaude et persistante donne au vinaigre une apparence de force. L'addition des acides minéraux et l'emploi des substances Acres peuvent déterminer dans Téconomie des désordres assez graves, des irritations de l'estomac ou des intestins, la chute de l'émail des dents, et, par suite, la carie de ces os, etc. Il est très-facile, heureusement, de reconnaître ces diverses falsifications.
Le plus simple de tous les procédés pour déceler la présence de l'acide sulfurique, consiste à verser dans le vinaigre suspect quelques gouttes d'une dissolution concentrée de chlorure de calcium, et à chauffer dans un tube d'essai {fig. 1087) jusqu'à l'ébullition: si le vinaigre est pur, il ne se produit aucun trouble, encore moins un précipité, après le refroidissement du liquide; dans le cas contraire, le trouble ou le précipité se forme môme avant son complet refroidissement. Ce procédé, indiqué par M. Bœttger, repose sur ce fait, que le chlorure de calcium n'a aucune action sur les sulfates contenus naturellement dans le vinaigre.
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Va autre genre d'épreuve, non moins simple, conseillé par Hun^p, conriale à chauffer, dans une pelile capsule de porcelaine, un peu du vinaigre suspect, aprùa 7 avoir ajouta quelques gouttes de sirop ou quelques grains de sucre blanc ; on é\ apore â une chaleur inférieure à celle où le sucre se caramélise. Si le produit de la dessiccalion est noir et charbonnê, on peut en inrérer que le Tinaigro renferme de l'acide sulfurique libre.
Si c'est l'acide aïotiqne que l'on veut y ^
chercher , on rem- ^^^=-^^^- ~^-- -- - -
place le sucre par des F-g. iost. - ruiw» d'«Hi.
rApurei de corne ou
de tajau de plume d'oie ; dans ce cas, ces matières prennent une couleur jaune prononcée, attendu que l'ai-'ide azoliquc développe toi^ours ce genre de coloration sur les tissus animaux.
Euflu, pour les substances ûcrcs, on sature le vinaigre par le sel de loude; le liquide no gfrd presque rien de sa saveur brûlank', lundis que le bon vinaigre, saturé par un alcali, ne garde plus qu'un k'ger goAt Mlin non caustique.
Vskicra. — Les principaux usages économiques du vinaigre vous sont bien connus. Messieurs. C'e^t l'assaisonnement le plus commun et le plus utile de nos aliments, qu'il rend plus tendres, plus Taciks ù digérer, dont il couvre la Tadeur et dont il rulèvc le goût. TanlOt on l'emploie seul, d'autres fois on le charge de principes aromatiques, en y faisant infuser des substances odorantes, comme des feuilles d'estragon, des Heurs de sureau, etc. Mais l'abus des aliments vinaigrés détermine toujours de graves accidents. Il c^t des personnes qui boivent du vinaigre dans l'intention de se foire maigrir, car depuis longtemps cet acide jouit de la réputation de faire cesser l'obésité; malheureusement, le remède esl pire que le mal : il occasionne des irritations trùs-iotenses de l'eitomac et des intestins; imtationd qui se terminent ftéqucmment par la mort.
Le vinaigre esl un agent précieux de conservation pour les substances végétales et animales. De tout temps on l'a regardé comme tris-propre à empCeber la contagion et à détruire les miasmes et les mauvaises odeurs répandus dans l'air. De lù, l'usage si fréquent de Jeter du vinaigre sur une pelle rouge, pour puriller l'air vicié ou corrompu des habitalions. lUais c'est gratuitement qu'on a accordé ces importantes propriétés au vinaigre. Il no fait que masquer tes odeurs
sans les détruire, aussi ces Pumigatious doivent-elles Otre remplacées par celles du chlore.
DES ORGANES EMPLOYÉS DANS L'INDUSTRIE (suite). .
SoiiiiAiRB. — Suite de l'étude des produits de la distillation du bois. — Esprit de bois ou alcool méthylique, — Acétylène. — Goudron de bois. — Créosote,
— MATiknes textiles et filamenteuses. — Du Lin^ du Chanvre et du Coton, considérés comme bases des tissus. — Du rouissage du lin et du chanvre.
— Caractères physiques et composition des fibres textiles végétales. — Ducoton mercerisé.
Esprit de bols.
Parmi les nombreux produits de la distillation du bois, celui qui, aprt's l'acide pyroligneux, mérite le plus de fixer l'attention, c'est celui que Philips Taylor a découvert dès i812, et qui a été nommé successivement Éther pyroligneux, Esprit pyroxylique, Esprit ou Alcool de bois (I). Jusqu'en 1833, on s'était peu occupé de ce liquide remarquable, mais, à cette époque, MM. Dumas et Péligot ont entrepris des recherches très-étendues qui les ont conduits à l'envisager comme un véritable alcool, analogue à celui qu'on retire du vin.
11 existe en dissolution dans la partie aqueuse des produits de la distillation du bois, très-probablement en combinaison avec l'acide pyroligneux ; mais comme il n'y en a guère qu'un centième, il faut agir sur des masses de liquide quand on veut en obtenir une certaine quantité. L'extraction s'en fait dans presque toutes les fabriques d'acide pyroligneux au moyen de l'appareil suivant {fig. 1088).
L'acide brut est distillé dans une chaujliëre en tôle a chauffée par un serpentin de vapeur. Tous les produits volatils sont reçus, au moyen d'un tube terminé en pomme d'arrosoir 6, dans une seconde chaudière c, contenant des proportions convenables d'eau^ de chaux et de sulfate de soude ; un agitateur à palettes d fonctionne continuellement pour favoriser la réaction, lise formed'abord do l'acétate de chaux qui se transforme à mesure en acétate do soude et en sulfate de chaux; on a soin de maintenir le mélange dans une légère alcalinité. On soutire les liquides troubles et on en sépare l'acétate de soude comme dans le procédé habituel.
(1) Il est convenable de signaler ici que Boyie, dans le courant du dixseptième siècle, a reconnu la production du liquide particulier dont il s'agit pendant la distillation du bois ; il a su l'isoler de l'acide acétique et l'a nommé Esprit anonyme^ Esprit de bois inflammable ou Esprit adiaphorétique»
DE l'esprit de bois.
compotes Tolatilft non i€ides ne ftéjournt'nt pas dans la chaudière c qui
est maiotenne à nne température suffisamment élevée, et vont se rendre dans un serpentin qai en opère la condensation. En rectifiant sur de la chaux vive le liquide obtenu, on en extrait Visprit c/f 6owdu commerce, qui marque î'5«» à Talcoomèire de Gay-Lussac.
[>ans cet eut, il renferme encore des matières huileuses ou des carbure* d'hydrogène qui lui donnent U propriété de se colorer à l'air, celle de devenir
Fig. 1088. — Extraction de l'e»prit de buis.
laiteux par l'addition d'eau, et onfîn collo de former nn précipité noir dans l'azotate de protoxyde de mcrcuro. Pour l'avoir pur, on le chauffe au bainmarie avec le double de son poids do cliloruro d«> calcium fondu ot pulvi risé. Comme il forme avec ce chlorun* un conipoM' cri^^tallin n-rs-stablo îi 10", tous les corps étrangers disparaissant on luaintcnant 'iufliNnininï'nt la tcMiipératuie. En ajoutant alors de l'eau au résidu, l'j'sprit d»* bois s. mi s^paro, et par la distillation il vient se rendn» dau'» h's récipi'Mits. On i«î niciitie de nouvi;au au Ijain-inaric sur de la cluux vivi'.
M- Péligol a reconnu que lorsque, dans un raalras ou une cornue, on chauffe parties égales de potasse et de sciure de bois humectées d'une forte proportion d'eau, il se dégage de l'hydrogène, et il disfille, entre autres produits, une grande quantité d'esprit de bois.
Les analyses de cet alcool pur et anhydre conduisent à la formule suivante : C*H*0*, qu'on a interprétée de deux manières différentes :
\^ MM. Dumas et Péligot ont envisagé l'esprit de bois comme l'hydrate d'un carbure d'hydrogène C'H*, qu'ils ont nommé M'thylène (1), de sorte que :
C*H*0» est devenu C*H« + iillO, iihydrate de méthylène,
2<^ M. Liebig a considéré l'esprit de bois comme l'hydrate d'un oxyde a\ant pour radical le composé CMP, qui a été nommé Mithyle, de sorte que :
C*I1*0« est devenu C*H« + 0 + HO, hydrate d'oxyde de méthyle ou
akool rnélhylique,
(i) Ce nom de Méthylhns vient aes aeux mots grecs, méthu^ vin ou liqmnir spiritueuse, et i2/è, bois, de sorte qu'il signifie vin ou liqueur spiritucusc du bois*
C'est cette dernière manière de voir qui a été généralement adoptée, depuis surtout que M. Kolbe est parvenu, en 1849, à isoler le methyle. Ce composé binaire qui fonctionne comme un véritable corps simple, comme Véthyle, Vamyle, etc., donnant naissance à des oxydes, chlorures, sels, etc., est sous la forme d'un gaz incolore, inodore, neutre, presque insoluble dans Teau, un peu plus lourd que l'air et brûlant au contact d'une bougie avec une flamme bleuâtre, peu éclatante.
Ceci entendu, voici les principaux caractères de l'esprit de bois pur, ou alcool méthylique.
C'est un liquide très-fluide, incolore, d'une odeur à la fois alcoolique et empyreumatique, d'une saveur piquante et comme poivrée. Il est plus léger que Teau (0,814 à 0^ d'après M. H. Kopp) et plus volatil que î'esprit-de-vin, puisqu'il bout à 4- eô'^jS. 11 prend feu à l'approche d'une bougie, et brûle avec une flamme d'un blanc bleuâtre plus pâle que celle de l'alcool vinique. Il se mille à l'eau, à l'alcool et à l'élher en toutes proportions. 11 dissout l'iode, le brome, la potasse, la soude, les résines, les essences et, en général, tous les corps que l'alcool de vin dissout lui-m(?me.
Les dissolutions de potasse et de soude caustiques dans l'esprit de bois se colorent en brun au contact de l'air, ce qui permet de reconnaître la présence de ce liquide dans l'alcool ordinaire, qui ne se colore pas immédiatement au contact de ces alcalis, si ce n'est au bout d'un temps fort long.
Toutes les actions oxydantes convertissent l'esprit de bois en eau et en acide formique. Lorsque, par exemple, on expose ses vapeurs à l'action de l'air, en présence du noir de platine, l'oxygène est absorbé et de l'acide formique se produit :
Alcool méthylique. Acide formique.
CMI^O* -i- 0* = CÏH05 4- 3H0
Les acides réagissent sur lui comme sur l'alcool de vin, c'est à-dire qu'ils en déterminent l'éthériOcation. Les composés produits correspondent aux éthers de l'alcool ; ainsi :
Lther méthvlique. Éther vinique.
cm^à c*H»o
L'élher méthylique, toutefois, a ceci de particulier qu'il est gazeux.
C'est encore comme l'alcool vinique que se comporte l'esprit de
bois en présence de l'hypochlorite de chaux ; il donne du chloroforme,
Acétylène. — Il a une autre propriété commune avec l'alcool et l'élher éthyliques, l'aldéhyde, le bicarbure d'hydrogène, c'est de fournir, quand on le fait passer dans un tube chauffé au rouge, un gaz particulier, permanent, incolore, doué d'une odeur désagréable et caracté-