‹ Lecons de chimie élémentaire (volume 3)Chapitre 26 sur 114 · NOMS PLANTES PAYS · texte numérisé non relu

NOMS PLANTES PAYS

vulgaires ou commerciaux. qui leâ fournissent. d'origine et de culture.

Lin commun Linum usitatissimum. Partout.

Chanvre (Cannabis sativa. Idem.

Coton DifTérents gossypium. Indes, Chine, Arabie,

Kgypto, les Amériques.

Phormium ou lin de la

Nouvelle-Zélande Phormium tenax. Nouvelle-Zélande.

I Bananier à cordes (Musa Iles Philippines, Ccylan,

textilis). Indes orientales.

Bananier alimentaire (M. Océanie, Âméricpte méri*

paradisiaca;. dionale.

Jute, chanvre du Bengale

ou do Calcutta Corètc h capsules Xor- Bengale, Ceylan, Cliino.

chorus capsularis).

Paftt ou sunchëe-paât,

mauve des Juifs Corète comestible (C. oli- Indes orientales.

lorius).

Tsing-mâ Corète textile (C. textilis}. Chine.

Pita, chanvre blanc ou de

t*î*»ti Agave amcricana. Amérique méridionalo,

Pîassaba cubon^>is. Mexique, Cuba.

NOMS PLANTBS PAYS

▼ulgaires ou commerciaux. qui les fournissent. d'origine et de culture.

Jeneqtien Agave? Yucatan.

Fil d'aloès — fœtida. Amérique méridionale.

Pitte ou fil de faux alcès. Furcroya gigaiitea. Afrique, Amérique méri-

China - grass et grass- \ dionale.

clotb, en Angleterre.. J

Ortie de Chine, en France ( Urtica ou boehmcria ni- Chine, Indes. Pa-nia, tchou-ma, loo, en l vca et hcterophylla.

Chine ^ •

Rheea, dans l'Assam.. . /

Caloee, ramieh ou ramié. Urtica ou boehmerla uti- Toutes les lies malaises.

lis.

Ortie dioîque Urtica dioîca. Ancienne Egypte, Kamtchatka.

Ortie à papier — japonica. Japon .

Toung-tsao Aralia papy ri fera. Cliine, Japon, Corée.

Ma ou chanvre de Chine. Sida tiliœfolia. Chine.

Palmier h chanvre Cryptomcria japonica . Japon, Chine, Indes orien-

Gomouti, éjou, laine ou taies.

baleine végétale Arcnga saccliarifera. Archipel indien, Chine.

Piaçaba Leopoldinia piaçaba. Venezuela^ Para.

Piaçaba, piassava ou pi-

kaba Attalea fu ni fera. Babia.

Piaçaba Mauritia carara. Brésil.

Tecam Bactris setosa. Idem.

Coir, khair, bastain Cocos nucifcra. Iles du grand océan Pacifique.

Corojo — . urispa. Antilles.

Lifa, boufre de dattier.. Phœnix dactylifera. Asie, Afrique.

Crin végétal d'Afrique . . Chamscrops humilis. Algérie , midi de l'Europe.

Baquoi odorant, vacoua. . Pandanus odoratissimus Indes.

— utilis — volubilis.

Crin vi^gétal Caryota mitis et C. urens. Idem.

Barbe espagnole ou ca-

ragate Tillandsia usneoides. Idem.

Pinà ou pigna Bromelia ananas et B. ka- Iles Philippines.

ratas.

Balete Ficus indica. Idem.

Cabo negro Coriata onusta . Idem .

Gogo Mimosa scandens. Idem .

Nito Ugena semi-hastata. Idem.

Bari Corypha umbraculifera. Idem .

Bambou Arundo bambos. Toute l'Asie centrale.

Diss des Arabes — festucoides. Sahara de l'Algérie.

Halfa ou alfa des Arabes. Diverses espèces de Stipa. Espagne, Grèce, nord de

l'Afrique, Alf^érie.

Mocou-mocou Caladium, espèce d'ftrum. Indes.

Chanvre indien Apocynum cannabinum. Amérique méridionale.

Herbe à ouate Asclepias syriaca. Afrique, Europe.

Yucca Yucca gloriosa, aloefo- Amérique, Asie, Afrique.

lia, etc.

Suun ou chanvre de Suun Crotolaria juncca. Présidence de Madras.

Guama Lonchocarpus sericeus. Antilles.

DU LIN. 71

ROMS PLAXTES PATS

▼ulgaires o« eoBMcreiaia. qai les Cooroissent. d'origine et de cnlture.

Mûrier à papier oa papy rier BroossonetU papj-rifera. Iles de la mer da Sud,

Chine, Japon.

Mûrier blanc Morus alba. Europe.

Mauve en arbre Lavatera arborea. Afrique, Asie, Europe.

Idem Hibiscus clipeatus. Saiitt-Domingue.

Idem — mutabilià. Cayeuoe.

Idem, majaqua , umbaree, chanvre de Bombay 11 ibiscus tiliaceus et H. Indes, Antilles.

cannabinus.

Mauve textile Abutilon indicum. Indes, Italie, midi de

l'Europe .

Alcée à feuilles de chanvre Althsa cannabina. Afrique, Europe.

Ricin ou palma-christi.. Riciiius communis. A<ie, Afrique, lies du

t:ap-Vert, Antilles.

Sparte ou esparta Lygœum spartum. Espagne, Grèce, nord do

l'Afrique, Algt-rie.

Tilleul, licca Tilia europa^a. Europe, Russie, Bulgarie.

Ko, lo-mà Dolicliuà bulbosus. Chine.

Arbre à pain Artocarpus incisa. Fernando-Poo (golfe de

GuiiiLM»}.

Bombardeira » Santiago, une des lies du

Cap-Vert.

If Sansuvicra angolensis. Angola et liengucla.

Ibondeiro Adansoniu diuitata. Idem.

Boari ou chanvre d'Afrique » Moziimbi'iuo.

Genêt d'Espagne Spartium junccuni. Asie, uiidi do l'Europe,

Cévennt"*.

Fragon ou houx épineux. Ruscus aculeatns. Gartope ;Sind siipéricur).

Houblon Humulus Inpulus. Europ'. BcLiiiuo.

Jonc d'Esteral Vaiiété dujnncns olTn>us. Espagne.

Typha Typliu ang'i>tifoiia Idem.

Adelfa Daphne laureola. Idem .

Paille de riz Oriza sativa. Duché de Modéne.

Laine des bois Feuilles des pins mari- Allemagne.

lime et sylvestre.

Zostère Zostera oceanica. Europe.

Les tissus végétaux communs, pour ainsi dire, à tous les peuples, sont surtout ceux de lin, de chanvre et de coton. Je ne vous parlerai en particulier que de ceux-là.

Du liln.

Le lin (fig. 1089) est une plante annuelle de 65 centimètres à i miHre d'élévation, originaire du grand plateau de la haute Asie, et naturalisée en Europe. C'est elle qui a fourni les premiers vêtements à

l'bomme (1); mais, malgré l'antiquité àc sa culture, c'est la malicre lexlile dont t'exploiialion indusli'iclle a été le plus longtemps à progresser. Il a fallu le concours de deu\ hommes de génie : Napoléon I"

pour provoquer sa tilalure mécanique; Philippe dellirard, pour la réaliser.

Les contrées où la culture de celle petite plante a pris, de nos jours, 1c plus d'extension sont : l'Italie, l'Irlande, les bords de la Baltique, la Itussie, la Silésie, la Sane, In Westphalie, la Hollande, la Belgique.

En France, c'est surtout dans nos départemenU du Nord et do l'Ouest, notamment en Flandre et en Normandie, que sa culture est le plus

(Il Martianus dit que les Egyptiens ont éié les premiers b semer Is lin, et qu'his leur en fit connaître l'u&age ; ce qui indique bien que ta culture de cette l^ltnte remontait, chez eux, aux temps les plus anciens. Il estceruin que du temps de Moïse la lin était l'objet de cultures considérables en Ëgj'pte. D'après Gibbon, les Egjptiens étaient renommés par leurs manufactures de toiles et l'eiportation du lin, du temps des empereurs romains. Ce qui prouve encore incontestablement que le lin était commun en Egypte, c'est la prodigalité arei^ laquelle on en a enveloppé les momies, même des derniers rangs du peuple. Car il est bien reconnu anjourd'hui, grftce aux observations microscopiques de Thompson, Ure, Baines, Dutrochet, etc., que les bandelettes des momies sont formées, dans leur chaîne et dans leur trame, de lin, et non pas de coton, comme oji Tarait admis sur l'autorité de nouella, do Larclier, de forster, de

DU LIN

développée ; elle se montre autsi dans le Maine, en Anjou, en Bretagne, dans le haut Languedoc et en Gascogne.

Sur les cinquante espèces de lia connues, il n'y en a qu'une seule que l'industrie exploite ; c'est le Un commun ou lin euliiu', dont on distingue deux variétés ;

'lus groisL'S, h ! est plus m..

I l'An)Du et tes

A. Le lîn /tliâer on lin chaud, a graine» plus aboiidan tiges peu élevée*, msis dont les Hlameiils sont gros et rut ti-)ue et peut être uméo avant l'iiiver; on la trouve aurti parties méridionales de U France ;

B. Le An a'ètè ou lin froid, adopté dans nos dépaneumnis du Nord, fournit <te la flJasso de meiUeure qualité et en plus «raiido tiuantitii. On en connaît deni sous-variétés, produites seulement par des inHuenccs lotalcs : le lin commun, dont la hauteur di'passe rarement "0 centimètres, et te lin île Rija, beau-

ir les tissus Hns cl "

coup plus élevé, dont la filasse ci

On appelle lin m doux celui quo l'on cul le récolle vers la fin de Juin, avant Is rornialiun des gi nlement, en France, on cliercbo k obtu gnine, et alors la plante n'est récoltée qu'un mois ou cinq seuiaines après le Kn en doux. La maturité se reconnaît k la teints jaune des tiges, k la chute des feuilles, ï l'entier développement des cspsulcsi les graines commenconi !i brunir. C'est le moment d'arracher. On l'enlËvc par poignées que l'on couche i terre comme le blé. On

mur la filasse ; on Mais lo plus gênéle la niasse et de la

relire

celles c

ïingt-q

■e heures après, tonne de petits paquets écartés du pied (fig. 10!») afin qu'ils se tiennent deboi se complète ainsi.

Lorsque le lin est assci

Dans les Gaules et dans la Germanie, la ciikom du lin a été répandue de fort bonne heure. Ces peuples, h l'imitation des Egyptiens et dos llélireui. se servaient de lin, non-seulement pour faire des voiles, mais encore des vËf^mcnts. Pline dit que les peuples d'au deil du Kliiu employaient les tissus do lin à vtiir leurs femmes, qui ne connaissaient pas de plus bel habillement. Dès la même époque, on fabriquait dans les pays des environs du PO, des étulfes de lin d'une grande finesse : ■ le fil. dit le nsliiralisle romain, en est aussi fin que celui d'une araignée. » Silius lialicus vanio la beauté dps tissus de lin de Sétabif, ville d'Espagne, qu'on croit être Xatiia, d^ns le l'oyaumc do Valence. Tarragonc, autre ville d'Espagne, était aussi renommée j>iiur la finesse de ses toile'> ; les vestales romaines portaient des tuniques du lin cartmui, cultivé et ti'availlé dans cette localité.

rangée debout en lignes droites, épaisses d'environ it centimètres ; avec le surplus 011 Tonna sur ces lignes une sorte do toit qui les met ï l'abri do la pluie ; le tout est assujetti par des liens. Ces lignes portent le nom à'ormfs on ourines. Qui'lqucs mois après la récoltfl, le lin est mis en gerbes du poids de 13 kil. 1/1, puis rentré en granges où on le bat pour en séparer les grsjnes. Celte opération ao pratique en frappant les tiges avec unci ptèco de bois ap- ■ pelée balle, ou en les peignant sur un banc armé de quelques dénia de fer

Lc9 liges du lin, Bëchëes â + lOO", conlicnnent 03 p. 100 de matière organique et K p. 100 de subslancea minénles. Celles-ci varient suivant les lorrains; elles consislont surloul en pelasse, soude, chau\ el acide pUospliorique. Les lins d'Irlande sont lri>s-riclies en silice ; ceux de Belgique et de Hollande n'en renfenneol presque pas.

Les fibres Icxiiles qui se trouvent bous l'écorce du lin sont agglutinées entre elles avec assez d'énergie pour qu'on ne puisse les isoler, tant que \cs substances qui les imprègnent et les soudent, pour ains dire, les unes aux autres, ne sont pas dëlniites. Ces substances, qui résistent A l'action de l'eau seule, sont, d'aprOs les recherches récentes de M. J, Kolb, d'Amiens, un mélange, en proportions variables, de pectose, d'une matière grasse blanche de consistance cireuse, d'une cs-t Bence odorante de couleur verdâtre (1), de sucre, de matières albuminoides ou azotées et de chlorophylle. C'est la peclose qui domine, et c'est elle principalement qui relie les fibres du lin; on l'a prise pendant longtemps pour delà gomme.

On désigne sous lé nom de rouissage l'opération au moyen de la-

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