DES DOIS DE BRÉSIL
Alun.... ■ Précipité rouge cramui^i.
Sels de plomb — rnu^e foncé.
Chlorare d'éuin - roMvif.
Bichlorure d'éuiit - jaune itoMufre.
Sek de fer - lirun violet.
Sels de Cditre ■ . . — roiige cramoisi, pusani au violet foiicf.
Sels de linc — brun.
CUloride de mercure - lirun.
AidUts de bUmutli — rotigc cramoisi.
GélMioe — rougo abondant.
La dëcoclioii des bois rougea esi appelée ilans les ateliers jtu de Brétil. L'expérience a démoiilié qu'elle produit de mûius bons effola ea leinlure loriqu'clte eut réceole que lorsqu'elle est vieille et qu'elle & subi un certain degré de fermenlation. (^nservéo, en eCTcl, dans une cave ou dans un lieu à Icmpérultirc modérée, ptndatit plusieurs mois, elle éprouve une nllératiou qui embellit sa couleur et la rend plus solide. Ueil probable que la fermentation la désojfgène en partie, et Tait déposer le tannin et les autres mall^ies Étrangères qui nuisent ii la vivacité et il la solidité des nuances.
Pour obtenir ce jus de Brésil, on Paît bouillir, pendant deux ou Irois heures, le bois réduit en t^peaux, et mieux en pcudre, dans dit-huit ou vingt fois son poids d'eau. On Tcrse celte première décoction dans une tonne. On remet de nouvelle eau sur le bois, et on la fait bouillir pendant deux lieuri» ; puis on mâle cette seconde décoction à la première. Il est préférable de faire ces décoctions au moven de la Tapeur; la couleur tst plus solide. On jette de temps en temps dans la tonne de nouveau bois moulu, de manière à maintenir toujours une légère fermenlation. — Il faut placer la tonne au jus dans un endroit qui ne soit pas exposé aux exliataisons ammoniacales et lulfureuses, parce qu'elles altèrent et finissent par détruire la couleur des bois rouges.
On améliore singulièrement la qualité des jus de Brésil, d'après Dingler, en y ajoutant, pendant qu'ils sont en ébullilion, une petite quantité de lait écrémé, dont la matière coséeuse, en se coagulant, entraîne la presque loialiié de la maiière fauve. Suivant LeucUs, la fermentation des poudres humides, pendant quatre ou cinq semaines, augmenle la quantité de leur matière colorante, principalement pour le nicaragua.
Comme avec te campécbe, on obtient d'excellents résullals en arrosant les copeaux arec de l'eau contenant 2 p. 100 de gélatine et les laissant en las pendant quelques jours.
Dans beaucoup d'établisBemenls, on a adopté les extraits liquides et solides, préparés en grand, pour monter les bains de teinture. Un kilogramme des extraits secs de bois de Uma et de Sainte-Maitlie, livrés par M. Varillat, remplace 12 kilogrammes de poudre ou de copeaux,
Uais ces extraits renfenueut souvent beaucoup de maliiïi'e résineuse
SOIXAKTE-SIXl£] qui donne de mauvais rë^ullala en iGinlurs; il Tuitl njouler dons la bnin de la gâlaliiie pour précipiter celle résine; on obtient aloi» dos couleurs iricomparablcmetil plus pures.
tliDge*. — Le bas pri\ dos bois de Brésil et la vivacilô des nuancet qu'ils fournissent les font employer pour teindre en rose, en rouge, en amurante, en cramoisi; pour rendre plus vifle rouge de la gai-nnce, et pour les couleurs d'application sur laine, soie el colon. Malheureusement toutes les nuances qu'ils fournissent sont peu solides. Oci les rend un peu plus stables au moyen du vaporiaage, ou en y associant de la galle, du eumac cl autres astringents. Les nuances foncées avec les scb de for sont moins all'érables que les mitre:
Pour les couleurs d'application, il faut employer les bois de Bréût uiissltût aprf^s leur préparation, aBn que l'o\ydation de la brâailino ait. lien, aillant quc possible, sur les liseus, pendnnt la dessiccation, C'eslrj If seul moyen d'avoir des nuances bien nourries et non grattées.
Bn passant dans un bain de bicbromale de potasse les tissus teînti ou en imprimant par- dessus une solution fpaissïe dit môme sel, oaJ produit des nuances plus foncées, surtout après un pascnge en vapeurs
Pour la coloration des papiers de tenture, pour les peinli colle el mtlme l'i l'huile, on ruit usage de laques de Brf-sil, de Fernambouc, de Sainte-Marthe, qui sont connues dons le commerce sous les noms de lnques cramoisies, luqurs en bouks de Vrtitse, laques de Vienne, Ici'jues de Florvnce, tiouvelles Inqites, rouge de Berlùt, etc. Elles sont souvent fort dill'frenlBB les unes des autres pnr leurs nuances. On les prépare particuliërepienl A Paris, à Schweiururth, fi Casscl, h Vienne, en tlalie, ft Venise.
Le plus Iiabiluellemcnt, on les obtient en faisant absorber & plu* sieurs reprises dos décodions de bois rouges par un mélange de craift et d'amidon additionné d'alun. La- pjte colorée est alors mise £i égoutter, puis moulée en cubes ou en puius coniques, après y avoir ajouté un peu de colle d'amidon ou d'une ctissolalion de résine dans l'essence, pour en lier les parties,
La layui- en l/oula de Vmise, qui est une des plus belles, peut âlre préparée en pétrissant un mélange de gélatine et d'alumine en gelée (tans une forle décoction de bois de Brésil, qu'on renouvelle Jusqu'd ce que la nuance soit assez foncée: on en avive la couleur par l'alun: on lui donne un rellel violet uu moyen du savon; on la met eu boules de la grosseur d'un marron.
es
S>B<al ronge.
ÊtKt imlnrM. — Le Santal rmige est le tronc d'un tr^s bel arbre, la Pleroeai-pus lanlalinus, des Indes oriculales, de Ceyiau, de Golcoiidc, de Timor et de la cOto de Cvivmandel.
DU SÂNTÂL BOUGE. 241
Il vient en Europe en bûches ou en morceaux équarris de différenls poids, pesants, durs et très-secs, d'un brun noirâtre à l'extérieur et d'un rouge de sang à l'intérieur.
Sa texture est très-fibreuse et assez remarquable, car ses fibres sont disposées par couches dirigées alternativement en sens inverse ; de sorte que, lorsqu'on le fend dans le sens de son'diamètre, il se sépare en deux morceaux, qui sont comme engrenés l'un dans l'autre, et, lorsqu'on y passe le rabot, la surface est alternativement polie et déchirée. Les parties, polies offrent un grand nombre de pores allongés remplis d'une résine rouge.
C'est le plus vieux bois du tronc qui est bon pour la teinture. Le plus jeune contient peu de matière colorante ; l'intérieur en contient plus que l'extérieur.
Le santal rouge est un peu plus léger que l'eau. 11 est doué d'une odeur faible, mais agréable, analogue à celle de l'iris ou du bois de Campèche; il n'a pas de saveur proprement dite, mais il parfume légèrement la bouche. Il colore à peine l'eau bouillante, par la raison que sa matière tinctoriale, la Sanlaline, découverte en 1 81 4 par Pelletier, est de nature résineuse. Mais il colore en rouge plus ou moins violet l'alcool, l'éther, le vinaigre et les liqueurs alcalines.
CompoiItloD. — La santaîine serait représentée, d'après Pelletier, parC*«H"0», et d'après MM. Weyermann et Haefl'ely, par C"IPW.
En 1847 M. Bolley, en 1850 M. Meyer, en 1853 M. VVimmer, ont soumis le santal à de nouvelles recherches. Le premier affirme que la Sftntahne extraite d'un bois peu coloré renfermait 2 équivalents d'hydrogène de plus que la santallne retirée d'un bois ancien, fortement coloré en rouge. — Le second prétend avoir isolé de ce bois jusqu'à six matières distinctes : deux solubles dans l'alcool et quatre solubles dans l'eau. — Le troisième dit que la sanlaline est accompagnée d'une matière brune et amère, soluble dans l'eau bouillante, et d'une petite quantité d^une matière colorante résineuse et brune qu'il appelle santalidine, plus soluble que la santaîine dans tous les véhicules et qui paraît n'être que le résultat de l'oxydation à l'air humide de cette dernière.
Mais tous ces résultats auraient besoin d'être contrôlés et vérifiés par de nouvelles analyses. 11 est vraisemblable, néanmoins, que la santaîine et la santalidine ne sont réellement que des produits d'oxydation d'un principe colorable, puisque, d'après le rapport d'un médecin des Missions qui a vécu longtemps à la côte du Malabar, les jeunes rameaux du Pterocarpus santalinus, coupés à l'état vivant, n'offrent dans leur intérieur qu'une couleur jaune, et ne se colorent en rouge qu'après l'exposition de leurs sections vives au contact de l'air.
Caractère! distlnctlf*. — En raison de sa nature et des propriétés de sa matière colorante, le santal ne cède à l'eau que fort peu de prin-
GlRÀRDlN. — IV. 16
cipes; aussi ce liquide, même bouillant, ne prend il qu'une leinle do jaune brun. Il abandonne, au contraire, très- facilement sa couleur à l'alcool, à l'éther, à Tacide acétique et aux eaux alcalines. Celles-ci, caustiques ou carbonatées, se colorent promptement en rouge violet surtout à l'aide delà chaleur, mais elles ne tardent pas à devenir brunes à l'air.
Voici l'action des réactifs sur la teinture alcoolique de santal :
Eau distillée ajoutée en f'^*'^"^^® f^^^®°'^"^ ®"J^""« ^'^^^^ vif. Le précipité
grande quantité ""^^ redissous par les alcalis fixes, et la liqueur
j prend une couleur vineuse foncée.
^ljjQj.g • I Décoloration avec précipité jaune-brunâtre flocon-
î neux qui se rassemble très-vite à la surface.
Gélatine Précipité floconneux jaune d'ocre brunâtre.
Alcalis solubles Virent au cramoisi ou au violet très-foncé.
Eau (le chaux Précipité brun-roué^eàtrc abondant, trèsdivlsé.
Acide sulfuriaue ( 1 once la couleur en la tournant au rouge de co-
^ t chenille.
Acide sulfhydrique Agit comme l'eau.
Chlorure d'étain Précipité rouge de sang.
Bichlorure d'étain — rougc-brique.
Sels ferreux Coloration et précipité violet très-abondant.
-- cuivriaue's' I Coloration et précipité rouge brun intense .
,, . . j Troublent la liqueur par l'eau de leur dissolu -
i lion.
— de plomb Précipité gélatineux violet foncé.
Chloride de mercure — écarlate.
Azotate d'argent — rouge-brun.
Sulfate do zinc — floconneux rouge vif.
Kmétiquc — abondant, de couleur corise foncée.
Sels de bismuth Colorent en rouge cramoisi clair et éclatant.
Usaires* — Le santal est employé dans les Indes, mûlé avec i/10 de sapan, pour teindre la soie et le coton. Chez nous,oii en tire actuellement un excellent parti pour teindre les draps et le coton en rouge corsé ou en nuances dérivées, qu'on rend plus ou moins brunes par un passage en bichromate de potasse. On l'associe à la galle et au sumac pour faire des bruns ; à la galle, au bois jaune, à la garance pour les couleurs de bois, de savoyard, d'acajou. On l'emploie surtout pour économiser la garance et pour remonter les bleus de cuve. Malheureusement il donne beaucoup de roideur à la laine, et son rouge brunit à l'air. Ce n'est, au reste, que depuis qu'on est parvenu à donner à ce bois une division extr(}me, à l'obtenir en poudre ronde, qu'on a pu s'en servir économiquement en teinture. On en consomme, àElbeuf, plusieurs millions de kilogrammes, notamment pour avoir la belle nuance connue sous le nom de bleu de Nemours ou bleu national.
La résistance de la matière colorante du santal à l'action de l'air et de la lumière, à celle de l'hydrogène sulfuré et des vapeurs acides,