DU SANTAL ROUGE
la richesse et l'éclat de sa nuance qui la rapprochent du carmin, ont engagé M. H. Dussance à s'en servir dans la peinture à l'huile qui ne possède qu'un assez petit nombre de couleurs tirées du règne organique. Ce qu'il appelle rouge indien n'est autre chose que la santaline pure, obtenue de la manière suivante :
On épuise le santal en poudre de toute sa matière colorante au moyen de l'alcool et dans cette solution on verse un léger excès d'hydrate de plomb en bouillie claire. La laque obtenue est lavée avec de Talcool, mise à sécher, puis dissoute dans l'acide acétique; on étend alors d'une grande quantité d'eau, ce qui détermine l'isolement de la matière colorante, tandis qu'il reste de l'acétate de plomb en solution. La santaline précipitée est lavée avec soin et mise à sécher à une douce température. Son prix ne s'élève guère qu'à 10 fr. le kilogr. ; il serait moindre en substituant à l'alcool les huiles légères de houille.
Tarlétéw de santal. — Les bois rouges suivants ne paraissent être que des santals rouges, et ils peuvent servir aux mômes usages que le précédent :
1 . Bois fie Caliatour ou de Coriatour, — Il vient des Indes orientales^ à nu, en bûches de2 à ;} mètres de longueur. — Dur, compacte, pesant et d'un grain assez fin ; rouge vif à l'intérieur, rouge noirâtre à l'extérieur ; il noircit facilement au dehors. Odeur assez marquée. — Il est supérieur au santal proprement dit, sous le rapport de la vivacité et de la couleur rouge de ses teintes.
2. Bois de Mmfaga^car. — Très volumineux, d'un rouge vineux, à texture fine, ressemblant beaucoup au CaHatour^ mais moins pesant et moins compacte. 11 est assez rare dans le commerce.
3. Un bois rouge qui a beaucoup d'analogie avec le santal est le Bnr-lVoorf, introduit en Europe par les Portugais, il y a quatre-vingt-huit à quatre-vingtdouze ans. Il est fourni par un grand et bel arbre de la colonie de Sierra- Leone, en Afrique, nommé Baphiaràtida par Afzeliiis.
Il est, dans le commerce, en poudre grossière, d'un rouge vif, semblable à celle du santal, sans odeur et sans saveur prononcées. Il ne colore presque pas la salive. 11 est à peine attaqué par l'eau, mais il colore presque immédiatement l'alcool en rouge vineux très-foncé, en lui cédant 23 p. KO de matière colorante; le santal n'en donne que I6*,75, d'après Pelletier. L'éther, le vinaigre, les liqueurs alcalines agissent sur lui comme sur le santal. Il en est de môme des différents réactifs sur la solution alcoolique.
On obtient avec ce bois, dans les teintureries anglaises, des nuances rouges et brunes d'une grande beauté. La couleur rouge est brillante, mais elle n'est pas aussi stable que celle de la garance ; elle devient brunâtre avec le savon. Quant aux couleurs brunes, elles sont parfaitement solides. Le rouge foncé qu'on voit habituellement sur les mouchoirs bandanas anglais est, la plupart du temp^, produit par la matière colorante du Bm-Wood rendue plus foncée par le sulfate de fer. En associant à ce bois du quercitron et d'autres substances tinctoriales, on produit une grande variété de nuances; mais, dans ce cas, on teint avec les deux matières colorantes l'ane après l'autre.
4. Le Cam-Wood, autre bois rouiEe qui arrive également de la côte d'Afrique, et qui possède toutes les ptopi '^'^''f, fournit des couleurs analogues ; mais il n'est pai ■wnia^iii > fttia et demie plus élevé et les nuances qail imN»*' ^e que ce n'est qu'une variété de aar>V
344 SOIXANTB-SlXlfiHE LEÇON.
A Elbenf, on emploie attuellement le ealiatour, le bar-tcood et le tant-woodf pour la teialure des laines, lorsqu'on veut avoir des nuances autres que celles qui sont propres au santal ordinaire.
On connotl, depuis longtemps, sous les noms de earfhame, de saframa», de lafran bAiard ou faux iaftait, de safroa d'Allemagne, de saflor, la fleur d'une espèce de chardon (/î;. 1168), que les botanistes appellent Carihamm ttnctorhit. Cette plante annuelle, haute de 60 centimètres à t mètre, est originaire de l'Inde ; elle est culti?ée dans le Levant, en ÉgTple, au Bengale, dans les Iles de l'archipel Indien, e.n Perte, en Chine, dans l'Amérique du Sud, au Mexique, en Russie (Astracan, Tauride et Caucase), en Hongrie près de Debreczin, en Thuiinge, dans l'AUemagae centrale, dans la Homagne, en Italie, en Espagne (Valence, Grenade, Andalousie), cniin dans le midi de la France, particulièrement aux environs de Ljon.
Sa tige droite, ferme, liste, blanchâtre, se divise vert ton sommet en plusieurs rameaux garnis de feuillet simples, entières, ovales, pointues, et bordûcs do quelques dents épineuses; chaque rameau porte une Oeur terminale assez grosse, composée d'un grand nombre de fleurons allongés et d'un beau
rouge de tarran, tortant de son calice globuleux {f/g. (IBS). Les flcuront, que l'an lait sécher seuls, sont Turméi d'un tube rouge divûé tupérieurement en Spartiei, et contenant lei organes sexuels ()!g. 1 170] ; ils ont une odeur atset forte, qui n'est pas désagréable, et une certaine
DU GARTHAMS. 245
fessemblance extérieure avec le saOran, ce qui eU cause qu'on les mêle quelquefois à ce dernier dans le commerce.
La récolte des fleurs a lieu à l'époque où elles commencent à s'épanouir, c'est-à-dire vers le milieu de juillet dans le Midi, et dans les premiers jours de septembre sous le climat de Paris. La cueillette s'en fait au milieu du jour, par un temps sûr, car les fleurs noircissent Ion* qu'on les recueille humides. Des femmes et des enfants, armés de cou** teaux à lame émoussée, parcourent le champ et arrachent les fleurons en les pressant entre le pouce et la lame du couteau ; ils les déposent à mesure dans un panier et les portent ensuite à la ferme où on les fait sécher à l'ombre, étendus sur des nattes ; on les réunit enfin dans des sacs que l'on conserve dans un endroit sec. Cette récolte dure environ deux mois.
En Egypte^ on arrose les plantes quelques jours avant la cueillette des fleurs, matin et soir, puis, après celte dernière opération, on comprime ces fleurs entre des pierres pour en faire sortir le suc, on les lave, on les exprime entre les mains, et on les fait sécher sur des nattes qu'on recouvre pendant le jour pour les garantir de l'action destructive du soleil.
Voici les espèces de safranum connues dans le commerce :
ITarlétéa ••mmerci»lca. — 1. Saflranum d'Espagne. — Très-htal et très-riche en couleur, large et bien nourri. Dans cette espèce, il y a souveot des fleurs noires.
Emballage, Balles de différentes formes et de difTéreiits poids.
'2, Safranum de tlnde. — Petites galettes aplaties, légères, faciles à déve* lopper, d'un rouge rosé à l'intérieur et moins vif au deliors. Il contient quelquefois du sable.
Emballage, Balles de 75 à 150 kilogrammes, dont Tenvoloppe extérieure en roseaux, dite gunny, recouvre quelquefois une tuile Ane.
3. Safranum d'Egypte, — Fleurs présentant des filets courts, déliés, firisés, d'un rouge prononcé et d'une odeur forte.
Emballage. Balles fortement serrées avec une corde d'écorce d'arbre, ou caffas du poids de 320 à 350 kilogr. avec un emballage intérieur en toile bleue, garantie par une cage do roseau, le tout entouré d'une grosse toile avec cordes.
4. Safrauum de Batavia. — Fleurs bien nourries, réduites en masses par leur pression dans les baUes; d'un rouge foncé, mais moins riches en parties colorantes que le safranum de l'Inde. — On en rencontre souvent de noir*
Emballage. En balles de différents poids.
Le safranum d'Egypte est le plus estimé; il contient deux fois plus de matière colorante rose que les autres ; celui du Caire est préférable à celui de la Haute-Egypte. Ces contrées en produisent annuellement de 15 à i 8000 quintaux.
Oa en a introduit la culture en Algérie. En 1852, la récolte était évaluée à 200 kil. de matière tinctoriale marchande, et à 700 kil. de graines dont on peut retirer de l'huile (1).
(J) Les graines de carthame sont un bon aliment pour les oiseaux , les pcrfS*
Le safranum doit être choisi d'une belle couleur de feu, exempt le plus possible de fleurs jaunes qui ne contiennent aucun principe colorant et qui diminuent la valeur de la marchandise. Lorsqu'il a une couleur terne, c'est un indice certain que la fleur a été mal desséchée et cueilhe trop tard, car elle perd de son éclat à mesure qu'elle se développe davantage. — Le safranum ne doit renfermer ni paille, ni fleurs noires, ni sable.
Composition. — Dans ces fleurs, il y a une matière colorante rouge de nature résineuse, que M. Chevreul a nommée carthamine, et Dœbereiner acide carthamique en raison de ses propriétés manifestement acides. M. Schlieper la représente par C**HW. Sa proportion varie de 0,003 à 0,006, d'après M. Salvétat.
La carthamine est associée à deux principes jaunes : Tun soluble dans l'eau, acide, très-abondant puisqu'il constitue souvent plus du quart de la masse totale des fleurs ; M. Schlieper le représente par QiefjioQio . l'autre insoluble dans l'eau froide, soluble dans les alcalis, et dont la proportion, 2 à (5 p. 100, paraît diminuer avec l'augmentation de la carthamine, si bien qu'il peut élre considéré comme l'état colorable de cette dernière.
Extractton de la carthamine. — Pour obtenir la carthamine^ on lave le safranum à Teau froide, en le foulant et le pressant au milieu de ce liquide, après l'avoir enfermé dans un sac de toile, jusqu'à ce qu'il ne colore plus l'eau, ce qui demande un temps fort considérable; on fait ensuite macérer la fleur, dépouillée de sa matière jaune, dans son poids d'eau aiguisée de 15 centièmes de carbonate de soude pendant une heure ou deux, et on plonge dans ce bain des échcvcaux de colon sur lesquels on précipite la malière colorante au moyen du jus de citron. On lave plusieurs fois le coton, pour enlever un peu de matière jaune qui restait dans le bain, puis on le fait tremper dans une eau alcaline, pour redissoudre la carthamine ainsi purifiée. En neutralisant la liqueur par le jus de citron, on isole la couleur qui se dépose en flocons légers.
Ces flocons, recueillis sur des filtres, puis lavés, forment une pâle qu'on livre au commerce en suspension dans une quantité convenable d'eau pour l'usage des teinturiers. On sèche aussi cette pâte sur des assiettes ou des plaques de porcelaine vernie ; on a alors des écailles minces, d'un rouge brun, avec un reflet vert-cantharide très-beau, qui donnent, par la pulvérisation, un rouge magnifique. Ces écailles, broyées à l'eau avec du talc en poudre impalpable, fournissent le
quets en sont surtout très-friands, d'où le nom de graines de perroquet qu'on leur a donné ; mais pour l'homme elles sont un purgatif énergique, et c'est à ce titre qu'elles figuraient autrefois dans les officines des pharoiiaciens : elles en ont aujourd'hui disparu.
DES LICHENS TINCTORIAUX. 247
rouge végétal^ qu'on dessèche sur de petits vases de porcelaine. C'est avec cette pftte rose que les dames communiquent à la peau l'apparence de la firatcheur.
Le safranum ne fournit que quelques millièmes de son poids de cartbamine, aussi cette couleur pure vaut-elle environ 3000 francs le kilogramme ; c'est à peu près le prix de l'or. Heureusement qu'il n'en faut qu'une très-petite proportion pour couvrir et teindre en beau rose une grande surface.
Utairct. — Malgré le peu de solidité de cette couleur, on s'en sert pour teindre la soie, le coton et le lin en ponceau, en nacarat, en cerise; en rose, en couleur de chair, nuances très-brillantes et fort recherchées. On a soin de bien dépouiller le safranum de sa couleur jaune, qui ternit les rouges et les roses. Pour leur communiquer plus de feu, on donne au tissu un pied léger de rocou, surtout pour les ponceaux. Quelquefois, par économie, pour les nuances fortes, on ajoute au bain à peu près l/îi d'orseille.
Dans le Midi, les cultivateurs pauvres emploient le safranum à la place du safran, pour colorer leurs mets.
lilchens tlnclorlaaz et Orseille.
État Matarel. — On connaît, dans le commerce, sous le nom d'Orseille, une pâte molle, d'un rouge violet très-foncé, qui sert, depuis le quatorzième siècle (1)^ à la teinture des laines. Cette pâte est préparée avec différents lichens, petites plantes dures et coriaces, qui vivent sur les écorces des arbres, sur les feuilles, sur les pierres ou dans les terrains humides, et qui, dans les contrées boréales, constituent la seule végétation.
Les lichens tinctoriaux avec lesquels on fabrique Torseille se divisent en deux classes, qu'on désigne sous les noms d'orseilles de mer, û'orseilles d'hei'be ou des Iles et à'orseilles de terre,
Orsellles des Iles. — Dans la première classe se trouvent les lichens nommés Roccclla tmcioria et il. fuciformis. Ils croissent sur les rochers, au bord de la mer, principalement aux lies Canaries, au Gap- Vert, à Madère, dans l'archipel Grec, en Corse, en Sardaigne, à Madagascar, etc.
Voici les caractères distinctifs des espèces conmierciales d'orseille de cette catégorie.
(1) En 1300, un Florentin de race allemande, nommé Federigo, ayant, par hasard, découvert dans le Levant les propriétés tinctoriales des lichens qui fournissent l'orseille, en introduisit l'usage à Florence, et fit une si grande fortune, qu'il devint le chef d'une des premières familles, qui prenait le nom d'Oriceifanï, plus tard, Rucellani et Rucei/ai. Pendant plus d'un siècle, l'Italie li\Ta exclusivement l'orseille ; on recueillait les lichens sur les côtes des lies de la Méditerranée. Après 1402, époque de la découverte des lies Canaries, on en tira ^ ces lichens, et plcui tard aussi des lies du Cap- Vert.
Cette espèce, \\ plus belleetlameilleare de toutes
U7IJ- ^"^ est composée de tiges arrondies, grasses, pleines, bien nourrios et possédant une assez grande durelé, n'unies It leur rscine en plus ou moins grande qusntîté en forme de houppe. Celles de ces liges qui sont de couleur brune doivent êtro préférées; mais les blanclies qui réunissent les caractères cideasiis décrits, sont très-bonnes aussi. On ne doit rejeter que celles qui sont aplaties, foliacées, composées de deux épidermes appliqués in médiate ment l'un sur l'auu-e, et qui ne contiennent aucune substance inté.
Les petits points blancs qui se trouvent sur les tiges sont un indice de bonne qualité, et DU regarde comme la meilleure l'orseille qui en oITro en plus grande quantité. Elle est dite orseille perlée.
Cette espèce arrive en balles de différents
3* Oriatledu Cap-Vert. — Elle est composée de tiges rondes, bien nourries. an peu fermes et rnSmc dures, de la grosseur d'une épingle, de la longueur de 37 à 40 millimètres, et quelquefois de Bl i lOS millim., atlacliées It une mÈmo racine. Chacune de ces tiges est d'un câté d'une couleur plus ou moins fauve, de l'autre d'une couleur noirâtre, et offre 1. la cassure un intérieur tout & fait blanc. Les racines ont une teinte jaunïtre it l'intérieur.
Arrive en balles de 50. GO et plus ordinairement de 100 kilugr., marquées SI, 8N, SA, SV, suivant les Iles dans lesquelles le lichen a été récolté.
3" Orieifle de Madèi-e. — Ce lielien, assez semblable bu précédent, mais néanmoins inférieur en qualité, so compose de beaucoup de tiges maigres, plates et de couleur loutlk faitbianrhe.
Arrive en balles irrégulières, et quelquefois en petits tonneaux de GO Itilogr. environ .
4* Orsrille de Sardnigne. — Ce liclien n'a pas plus de 13 milliraètres de liauteur; il n'a que des tiges maigres, plates et d'un blanc verdltre. li ne donne que fort peu de aiatièro colorante et n'arrive que très-rarement en France, en balles irrégulières.
i'Orteille de Madagascar. — C'est le RiKir/l/i fuciforniis qui vioiil sur las rochers et sur les arbres. Il est on touffes du dimensions très -variables, mais qui ne dépassent pas 7 centimëlres; elles sont comp:>sées de frondes membraneuses et lisses, coriaces, d'un gris cendré ou blaocliâtro uniforme sur les deux faces ; la base est tantôt en eipansians plus ou moins larges, avec des lobes palmés, découpés en lanières dichotomes ; tant6t les lanières partent de la base et se ramifient en divisions étroites! tous les rameaux se terminent en filaments déliés. La proportion des expansions foliacées est parfois «ssci forte ; sur les bords de leurs divisions, on remarque de petits disques ou acutelles qui sont considérés comme les organes reproducteurs, ainsi que des paquets farineux disséminés. Souvent des touffes sont encore atlacbées h des fragments de rameaux d'arbrisseaux ou d'écorce.
Arrive en balles de divers poids.
6* Orseille d'Angola (Guinée inférieure). — Cette espèce a du rapport avec la précédente, mais elle s'en distingue par ses dimensions plus petites; ses touffes ont généralement de Ak i centimètres. On y voit peu de lai'ges expansions cl divisions ; ses tanières sont vétrécies et linéaires, souvent comme Slanienteuses. .
DBS LICHENS TINCTOniADZ. 249
S« cooieur est d'un gri* leràtM, qualquefoU brunilra. ScmellM comme duu b précédente.
Vient prinelptlement pu- It Toi« de LUbenne, en btUe* irréguliËrai.
7* On reçoit qnelqutfal* de l'oreellle des cAtes de la mer du Sud {Pérou et Chili). Elle ett pretqne umbliblc t celle do HtdtgMcar.
t* Une nouvelle sspéce eU celle de Motambique (colanie portuguse d'Afrique).
Elle irrite à Hineille et au Harre. Lt marque comniertiile eat ^j^. La prix T*rie de 1 ft-. 10 h} tr. le kilogr., selon la qualité et l'abondance de la récolta.
9- On trouTB dans llnde une autre sorte d'orseille, communs à Pondicbéry, sur lei troncs de* mangolan. Onl'atcribue au RaeeeUa MontagtMt. BUeait pra». que aussi estimée qua celle des Canaries.
•rMllleada terre.— Les lichens de ladeuiîëmeclBise, ou ontàUtt de terre, appartiennent aux genres Voriolaria, Lecanora el Lkheii. Ils bodI bien dilTérents par leui-s formes des oneiUet de mer, et ils fournissent beaucoup moins do matière colorante. Ce sont des croates irrégulifres {.fig. 1173), à peine grosses comme des lentilles , blanches ou grises, adhérentes aux rochers.
On distingue dans le commerce les erpfcei suivantes :
l. Ontille dit Pyrénéei. — C'ait le >v- il!*- -Orw*!'» "l* "m-
Variolaria dealbata, qui as présente en
croûtes d'un blanc grisStre, épaisses quelquefois de 22 k ib dix -millimètres, attachées pour la plupart ï quelques débri* du roclier auquel elles adhéraient et chargées souvent de sable et de petites pierres.
On le récolte sur les roclies dénudées des Pyrénées, prés des monta^'es de la Catalogne, sur celles des Alpes, desCévennes. Il srrive en balles de 50 à 60kilog. I. Orttille d'Auvergne. — C'est le Variolaria orcina, qu'on récolte sur les Clieyres volcaniques de l'Auvergne qu'il lapiue de ses croQte* moins blanches et moins épaisses que celles du prét^dent, dont il diffère peu cependant par son produit en teinture. Suivsnt l'eût où on le recueille, on l'appelle dans le pays Veremie, Pvcelle, uPortlle mallrute. On l'expédie en balles de 100 kilog. environ .
3. OrfW/feifeSuMe. — C'est le /^canorn taHarea qui est en croûtes d'un gris noir k l'extérieur et presque entièrement noires en dedans, plus larges, mais ayant moins de corps et contenant moins de menus que les deux sortes précédentes. Il arrive en balles de 100 k IM kilogr.
4. Orttille de Norvège.— Z'W, le Uehen puilulattu, qui ressemble tout k liait k une trèe-petlta feuille morle^ retirée ou plolOt tmcornie, noire d'un cAté et d'un blanc grie de l'autre. Arrive en balles de 80 k 100 kilogr.
CevtpMltlM ehlMl«Ne 4cs llehaBa MU «rMllIe. — L'élude chimique des lichens qui fournissent la paie tinctoriale dite orseille des teinturien, a élâ commencée en 18-29 par Robiquel (I) et continuée
a été l'un des meilleurs élèves de omme pharmacien militaire, iae
dans les années qui suivirent par MM. I)uma8,Kane, Schunck, Rochelder, Hesse, Stcnbouse, de Luynes, Btc. Des nombreuses recherches de ces chimistes, il est résulté une masse de faits intéressants au double point de vue de la théorie et de la pratique. Je vous indiquerai les principaux, mais surtout ceux qui permettent de comprendre la production d'une matière colorante dans des substances végétales qui n'en contiennent pas.
Il est certain que dans les dilTérents lichens qui constituent les orseilles de mer et de terre, il n'y a point de matière colorante toute formée. On y trouve trois ordres de substances :
1« Des substances insolubles, non susceptibles de se colorer, constituant la majeure partie de ces plantes, comprenant des parties herbacées, ligneuses ou terreuses, indécomposables par l'eau froide et chaude ;
2^ Des substances solubles, les unes salines, les autres organiques, et entre autres de l'oxalate de chaux, de la gomme^ de la résine, une matière grasse, une matière azotée. Ces diverses substances sont, comme les premières, non colorables ;
3® Enfln des acides incolores, insolubles dans l'eau froide, variables dans chaque espèce de lichens, tels que :
Acide érythrique dans les RocceUa tincloria et Mnntagnei,
, , ,,. ( dans une variété du R, tiuctovia venant de l'Ame-
— alphaorseUique....» ..j^uc du Sud.
— roccllique dans le R. fuciformis.
,. . 1 dans les lichens appartenant aux genres Lecanora
— lécanorique j ^^ y,,nolana.
— évernique . . dans VEvernia pvunastri.
— usnique dans différentes espèces tïUanea .
Ce sont ces acides qui constituent la partie utile des lichens dans la
premières campagnes d'Italie, il reprit ses travaux de laboratoire et pendant plusieurs années prépara les leçons de Vauquelin. Son premier travail scientifique date de 1805, et jusqu'à sa mort, arrivée en 18iO, il n'a cessé de faire des découvertes curieuses et utiles. Ses recherches ont porté principalement sur la composition du suc de l'asperge, de la racine de réglisse, des cantharides, sur la nature du kermès minéral, sur les matières colorantes de la garance, de Torseille, sur l'arôme, sur le bleu de Prusse, l'opium, les amandes amères, les eaux thermales de Néris, la constitution dos corps organiques, etc. Tous ces travaux offrent le cachet d'une habileté d'expérimentation peu commune, d'une hardiesse d'esprit et d*un rare talent d'observation associés à la fidélité la plus scrupuleuse. Appelé en 1812 à l'École de pharmacie pour y professer la chimie, pui^ la matière médicale, la faiblesse de sa santé ne lui permit pas de continuer longtemps renseignement public. 11 créa l'une des premières fabriques de produits chimiques à l'usage des pharmaciens et des laboratoires de chimie. Une pétition spontanén des élèves de l'École de pharmacie, adressée en 1830, au nouveau gouverncinent, obtint pour Robiciuet, oublié jusqu'alors, la croix de la Légion d'honneur. En )S33, il remplaça Chaptal à TAcadémie-des sciences, et il enrichit de nombreux et importants mémoires ou rapports le recueil de cette illustre compagnie.
DES LICHENS TINCTORIAUX, 251
fabrication de l'OFscille tinctoriale; ce sont eux, en cfTet, qui on s'nltêrant bous l'influence de la dialcur el dcE alcalis, se mcliimui'ptiOJenl rapidement en un principe sucré, cristallisa ble. volalil, non aïolë, nommé orrine par Robiquet; et c'eM ensuite ce principe qui, en prC-- Ecnce de l'air luimide et de l'ammoniaque, donne lieu a une su]ierl:e maliËre colorante violelle, désignée sous le nom d'onéhie.
Les rails suivants conlirment ces assertions.
Si l'on traite le Lecanora pmelUi par l'élher el qu'on abandonne la (olutioQ élbérée à elle-même, il s'en dépose ù l'élal crislallin une sub- Btance blanche qu'on purilie en la Taisant dissoudre et crlstallii^er dans l'alcool. Cette substance esl l'acide lècanoriijue, qui a pour foimulo C"H"Û",aHO.
Lorsqu'on le soumet i l'aclion de la chaleur el des acides ou des alcalis concenlrés, il se dédouble en acide carbonique el en orcine :
le Uc»
Oflinf
C"Hi>O",îH0 = iCO> + !(Ci>H'0»).
OrelMe«tOrc£l>e. — l.'Ora'w, qui cristallise en gros prismes incolores, renrermant deu\ équivatenis d'eau, est soluble dans l'eau et dani l'alcool, douée d'une saveur sucrée, légèrement nauséabonde, mais elle n'est pas fermentescible. Son caractère le plus remarquable est sa coloration en violet sous l'influence de l'ammoniaque, de /-t^, l-.ir.ld.rc,u. *
Qu'on mclle de celte sub- y^^ "^v
slance réduite en poudre line / V\
au Fond d'une capsule, qu'on place celle-ci au-defsus d*un verre à pied contenant de l'ammoniaque liquide, qu'on recouvre le tout d'une grande cloche de verre (/îg. 1173}, el qu'on laisse agir pendant 'Ik heures, l'orcine devient brune.
Si, alors, on la relire de dessous la cloche, et qu'on l'abandonne à l'air libre pour laisser yolaiiliser l'ammoniaque eicëdanle qu'elle avait absor- F,g. iiij. — Aciiaadei'immaniaiiu.! >uri.,r(:.iic. bée, elle donne avec l'eau une
solution d'un rouge foncé que quelques gouttes d'ammoniaque font virer en violet rougeâlre magniTique. KUe est alors convertie compU'tement en orcèine, qu'on peut isoler en neutralisant la liqueur piécë-
252 SOlXANTË-SIXIÈMË LEÇON
deate par l'acide acétique; elle se précipite ea une poudre légère d'un brun puce foncé.
Cette orcéine a pour formule G'^H^ÂzO*.
On explique sa formation par Téquation suivante :
0rciae« Orcéine.
C'*HH)* + 0« -H AzH» = 4H0 4- cÏmÎUzO^
D'où l'on voit queTorcine, en perdant un équivalent d'hydrogène et en fixant un équivalent d'azote avec 2 équivalents d'oxygène, se trouve métamorphosée en orcéine.
L'orcéine esta peine soluble dans. l'eau pure, mais elle se dissout facilement dans l'eau alcaline en lui donnant une couleur rouge violacée ou couleur pensée. Sa dissolution alcoolique est d'un beau rôuge écarlate.
Elle est décolorée par l'hydrogène sulfuré, mais sa couleur reparait dès qu'on sature le gaz par un alcali et qu'on laisse à l'air. En ceci, elle se conduit comme l'hématoxyUne, la brésiline, et le principe du tournesol, avec lequel elle paraît avoir une grande analogie.
Les autres acides incolores contenus dans les lichens des genres Rocce lia, Variolaria, Evemia, Usnea, etc., se comportent comme l'acide lécanorique.
Ces faits étaient importants à connaître pour bien comprendre les différents modes de fabrication de Vorseille tinctoriale du commerce. Je vais m'en occuper maintenant.
Préparation de l'oraelUe commerciale. — Cette fabrication s'effectue dans certaines grandes villes, comme Clermont-Ferrand, Rouen, Lyon, Lille, mais surtout Paris. Elle repose sur ce principe qu'il faut procréer V orcéine aux dépens des acides incolores qui se trouvent dans les lichens. Voici comment on s'y prend, depuis longues années, pour obtenir ce résultat :
On pétrit les lichens nettoyés et pulvérisés avec de l'urine pourrie et une petite quantité de soude, ou de chaux éteinte, et on les laisse fermenter au contact de l'air, en les remuant fréquemment et en y ajoutant de temps à autre des mômes ingrédients, parfois un peu d'alun et d'acide arsénieux pour retarder la fermentation ou plutôt l'action mutuelle de l'oxygène, de l'ammoniaque et des principes colorables des lichens. Peu à peu la pftte devient d'un rouge violet assez foncé. Ce n'est guère qu'après vingt-quatre à trente jours que cette pâte peut être mise en tonneau et livrée au commerce.
Cette orseille en pdle^ ainsi préparée, a une consistance solide, une couleur rouge violette très-foncée, une odeur forte et désagréable. Elle offre à la vue beaucoup de débris presque entiers de la plante, et elle est parsemée d'un grand nombre de points blancs qui paraissent être
DES UGHENS TINCTORIAUX 253
un sel ammoniacal. Lorsqu'elle se dessèche dans les tonneaux, elle se présente en masses terreuses d'un violet foncé, qui tombent facilement en poudre; en perdant son ammoniaque^ la matière prend une odeur de violette. On évite cette dessiccation, chez le négociant, en Timprégnant fréquemment d'urine fraîche.
L'orseille récente est inférieure à celle d'un an, mais la troisième année elle commence à se détériorer.
D'après ce qui précède, cette orseille en pftte est un mélange asies compliqué. On y ti'ouve, en effet :
La mttière colomnte violette ou Varcéinf,
Une espèce de savon formé par l'ammoniaque et les matières . grasses
des lichens, Les débris de ces végétaux, Du sulfate et du carbonate de chaux.
De l'alumine libre, De l'acide arsénieux,
Tous les sels solubles et insolubles de l'urine, De la terre et autres matières étrangères, Enfin, plus ou moins d'ammoniaque libre.
D'après Robert Kane, il y aurait dans cette pftte au moins trois principes colorants rouges en combinaison avec l'ammoniaque, à savoir :
Vorcéine C»*HUzO«
VazO'érythnne C«H»»AzO«»
Vacide érythroléiqu^.. . . Cs«II"0» ,
Quoi qu'il en soit, voici le» principales propriétés de l'orecille en pâte.
lîlle cède très-facilement sa couleur à l'eau, à l'alcool, et plus complètement à l'ammoniaque. L'infusion d'orseille a une couleur violette qui tire sur le cramoisi; cette couleur disparaît au bout de quelques jours dans des vases clos, mais elle revient au contact de l'air. La teinture alcoolique est d'un rouge violet qui se conserve même dans le vide.
Voici l'action de quelques réactifs sur la solution aqueuse d'orseîlle :
Acides Lui donnent une couleur rouge. .
Alcalis La rendent un peu plus violette.
. < Précipité d'un brun rouge ; la liqueur surnageante
^^ ' f a une couleur Jaunâtre.
/ Précipité rougeàtre qui se dépose lentement ;
Sel d'étain | la liqueur surnageante garde une faible couleur
( rouge.
Acide sulfliydrique Décoloration qui cesse par l'ébullition.
Orseille éparée. — Presque partout l'ancien procédé de fermentation avec les urines pourries et la chaux esl abandonné. On emploie
uniquement de l'ammoniaque faible pour développer la couleur violette dans les lichens. Le produit obtenu de cette manière est beaucoup moins impur; on le connaît sous les noms d'orseille épurée^ d'orseille violette, ->
Le cudbear des Anglais^ le persio des Allemands sont des urseilles épurées qu'on livre à l'état de poudre sèche ; mais il parait, d'après ce qu'en a dit Hcrmsteadt, que ce qu'on vend en Allemagne, sous le dernier nom, n'est le plus souvent que du bois de Brésil moulu et imprégné d'urine pourrie.
Extrait d*ortellle. — Veitrait d'orseille, qu'on appelle aussi carmin d'orseilley extrait d'orseille trésconcenlré, est le résultat de l'évaporation des eaux qui ont servi à épuiser l'orseille en pâte de tousses principes solubles. C'est un produit d'une qualité bien inférieure, puisqu'il a fallu recourir à une chaleur longtemps prolongée pour concentrer eu sirop ou en pâte des masses de liquide.
Depuis 1848, grâce aux belles recherches de M. Stenhouse, on a singulièrement perfectionné la fabrication de l'orseille en enlevant mécaniquement aux lichens les difTérents principes colorables qu'ils renferment, et en ne faisant servir que ceux-ci à la production de la couleur violette, ainsi que le chimiste anglais l'a conseillé. Partant de cette observation que les acides colorables ne sont point contenus dans la partie ligneuse des lichens, mais se trouvent à l'état d'une fécule blanche extérieure, faiblement adhérente, on en effectue la séparation par des moyens mécaniques ou chimiques.
Orselllc pure ou unlTerselle. — 1° Procédé Frezon. — Le procédé qui a été breveté par M. Frezon et exploité par M. Meissonnier, consiste à broyer les lichens épluchés dans un moulin en présence de l'eau et à les soumettre à une sorte de friction sur des cribles. Par ce moyen, on arrive à détacher assez bien la partie colorable des lichens; cependant cette séparation n'est jamais complète. Toutes les eaux sont filtrées sur un feutre qui retient les débris ligneux, mais laisse passer les acides colorables qui sont très-divisés et en suspension dans l'eau. On verse ensuite dans les eaux un peu de bichlorure d'étain, qui coagule ces acides et en détermine la précipitation.
On lave le dépôt gélatineux sur des toiles, on le laisse égoutler, puis on le met dans un cuvier avec une suffisante quantité d'ammoniaque ; on brasse très-souvent la masse liquide pendant les premiers jours; peu à peu la couleur violette se produit, mais ce n'est qu'au bout d'un mois que le principe colorant est arrivé à son maximum de développement. Le liquide pâteux est alors livré au commerce, ou bien on le fait sécher et on le pulvérise. M. Frezon lui a donné le nom d'orseille pure et Universelle, parce qu'il peut servir à la teinture, à l'impression et à tous les genres de coloration. Il est facile de comprendre que ce produit est d'un emploi bien préférable à l'orseille brute ou en pdtc
DES LICHENS TINCTORIAUX. 255
puisqu'il est débarrassé de tous les corps étrangers qui abondent dans cette dernière.
Pourpre française. — 2<* Procédé Gtiinon, Marnas et Bonnet de Lyon. — Dans ce procédé, breveté en 1858, on suit Tune ou l'autre des méthodes conseillées en 1830 par Heeren, et en 1848 par M. Slenhouse. On traite à froid les lichens par de l'eau ammoniacale ou par un lait de chaux, afin de dissoudre les acides colorables. Apri>s un contact très-court, on enlève la partie ligneuse des lichens, on l'exprime pour expulser le plus complètement possible le liquide adhérent, et on veree dans les liqueurs réunies un léger excès d'acide chlorhydrique. Le précipité gélatineux qui se forme est grisâtre ou blanc, suivant qu'on s'est servi d'ammoniaque ou de chaux ; on le lave à l'eau pure sur des toiles et on l'y laisse égoutter pendant deux jours.
Si alors, au lieu de traiter ces acides gélatineux par l'ammoniaque à froid, comme le fait M. Frezon, on les dissout à l'aide de l'ébullition dans l'ammoniaque, et si on maintient cette dissolution pendant 20 à 25 jours à une température de 60 à 70% en ayant soin que l'alcali soit toujours en excès, jusqu'à ce que le liquide ait pris une belle teinte de violet pourpre et qu'étendu sur du papier blanc, il ne change point de nuance par la dessiccation; si, enfin, on verse dans ce liquide une solution de chlorure de calcium ammoniacale, il se dépose une laque calcaire violette qu'on débarrasse par des lavages de toutes les matières virables par les acides.
Cette laque, desséchée avec précaution, est ce qu'on a nommé Pourpre française^ produit tinctorial bien supérieur à tous les produits précédents, en ce qu'il donne des couleurs plus brillantes et plus stables.
La pourpre destinée à l'impression est une laque d'alumine, qu'on obtient en dissolvant la laque calcaire précédente dans l'acide oxalique, et versant dans cette solution du sulfate d'alumine, puis de l'ammoniaque. L'alumine, en se déposant, entraîne avec elle la matière violette.
Pour avoir cette dernière à l'état de pureté, on épuise la laque d'alumine par de l'alcool bouillant, et on évapore au bain-marie. Cette matière se montre en paillettes cuivrées très- foncées; elle est insoluble dans l'eau froide, un peu soluble dans l'eau bouillante, presque insoluble dans l'éther; l'acide sulfurique la dissout sans l'altérer en se colorant en bleu violet.
Les proportions des substances qui se convertissent en matière colorante, dans le traitement des lichens, par les procédés de Heeren et de Slenhouse, varient, d'après ce dernier chimiste, dans les rapports suivants :
Pour le Roccella Montagnei d'Angola elle est de 1 2 p. 100;
Pour les lichens de rAmérique du Sud — 7 p. 100 enV.;
Dans la variété du Cap et pour le Lecanora tarlarea. — 2 à 1 1/2.
256 SOIXANTE-SIXIÈME LEÇOiN.
En raison des grandes dislanccs d'où la plus grande partie de ces lichens est apportée, le prix du transport est si considérable qu'il diminue réellement leur valeur commerciale, surtout pour les variétés inférieures. Il y aurait donc tout avantage, ainsi que l'a proposé M. Stcnhouse, à extraire les acides colorables sur les lieux mômes où croissent les lichens; opération des plus simples, puisqu'elle consisterait à épuiser les lichens, coupés en petits morceaux, par un lait de chaux, à saturer la dissolution par l'acide chlorhydrique ou acétique, à recueillir le précipité gélatineux sur des toiles et à le sécher à une douce chaleur.
Ce même procédé peut être employé pour apprécier la richesse des lichens en principes utiles, puisqu'il suffit de peser le précipité gélatineux sec fourni par un poids connu de chaque sorte de lichen.
Orcéine sollile de MeUnonnler. — M. Meissonnier a mis dans le commerce, sous le nom d'orcéi7ie solide, une laque calcaire qui se confond, par ses caractères physiques, avec la j)Ourpre de MM. Guinon, Marnas et Bonnet, et qui dérive de Vorseille universelle de M. Frezon. Ce ne doit être qu'une contrefaçon de la pourpre françmse,
Orsellle solide de llélalne. — Pour préparer en grand cette variété d'orseille, on délaie, d'après M. Hélaine, dans une cuve de l'orseille en pâle, avec 20 fois son poids d'eau distillée bouillante ; on y verse ensuite un poids d'ammoniure d'étain égal à celui de l'orseille, et on agite jusqu'à ce que la température se soit abaissée de 60<* à 50". On filtre ou on décante. La pâte comprimée est traitée à nouveau par tO fois son poids d'eau à 40 ou 50<*. La liqueur est réunie à la première.
Quant aux eaux qui surnagent le premier dépôt, on y ajoute, pendant qu'elles sont encore chaudes, la moitié du poids de l'amnioniure d'étain qu'on a déjà versé dans la première décoction, et on y verse une solution de chlorure de baryum. On obtient de la sorte un second précipité qui peut servir directement à la teinture ou à l'impression.
La pâte épuisée comme il vient d'être dit, étant traitée par une eau acide, à l'ébullition, donne une liqueur amarante; pour la conserver, on y ajoute un peu d'acide, et par la dessiccation on l'obtient sous forme de Cudbear.
Utai^es. — Les couleurs fournies par l'orseille ne sont pas trèssolides, aussi n'emploie-t on ordinairement cette matière tinctoriale qu'en mélange avec d'autres substances colorantes. On s'en sort surtout pour la teinture des laines en violet, lilas, mauve, fleur de romarin, amarante, pourpre, ou pour donner de l'éclat à certaines couleurs, telles, par exemple, que les violets et colombines faits à la cochenille et à la cuve.
On piète souvent avec elle les soies; on les teint aussi en lilas et
DES INSECTES TINCTORIAUX. 257
violet, mais ces nuances se dégradent très- vite et perdent leur éclat. On l'utilise quelquefois dans l'impression des laines et des châlys.
Elle a la propriété d'aviver singulièrement l'indigo, et, par conséquent, de diminuer les frais de la teinture en bleu; elle sert ainsi à obtenir les nuances dites : bleu-lapis, bleu turc.
La laine travaillée dans un bain d'orseille, sans aucune préparation, y prend une couleur gris de lin assez belle, mais sans aucune solidité.
Les marbriet*s font usage de cette matière tinctoriale pour colorer le marbre blanc et y produire des veines et taches bleues d'un aspect agréable.
L'àrseille solide de Hélaine, traitée par l'eau chargée d'acide chlorhydrique pour la soie, par la crème de tartre pour la laine, fournit la couleur orseille solide, qui résiste aux avivages avec de l'acide chlorhydrique de 1 à 4*'. — En avivant avec les acides végétaux et ajoutant du carmin d'indigo, de la cochenille ou du sâfranum, on obtient des teintes variées qui peuvent être d'un grand secours dans les ateliers.
La pourpre française est certainement le meilleur produit de tous ceux qu'on a obtenus del'orseille depuis une vingtaine d'années. Elle donne sur soie, sur laine et sur coton huilé, des nuances lilas, violette de Parme, mauve, marguerite, etc., remarquables par leur vivacité et leur stabilité.
Ce qui caractérise essentiellement ce produit tinctorial, c'est qu'il se combine bien plus facilement que l'orseille ordinaire aux fibres animales par l'emploi d'un bain alcalin ; qu'il leur donne immédiatement des nuances mauve et marguerite, qu'on peut virer aux lilas ou à la couleur pensée au moyen du carmin d'indigo, ou au rouge groseille par le safranum; qu'il n'est pas influencé par les acides; qu'enfin il teint^ aussi facilement que la laine, le coton qui a été passé dans des bains huileux comme pour le rouge d'Andrinople.
DES MATIÈRES TINCTORIALES (suite).
Sommaire. — Insectes tinctoriaux : Cochenil/e, Kermès, Résine- laque, Lac-lake et Lac-dye, — Composition, propriétés et usages de ces insectes. — Fraudes des cochenilles. — Racine d'orcanette, — Matières tinctoriales jaunes. — Curcuma, — Quercitron.
INSECTES TINCTORfAUX.
Plusieurs petits insectes ailés, se rapprochant beaucoup des pucerons qui couvrent les branches des rosiers de nos jardins, et désignés par les naturalistes sous le nom commun de Coccus, constituent des
GlRARDlK. — IV. 17
substances tinctoriales fort riches en matière colorante rouge, et qui sont depuis longues années l'objet d'un commerce considérable.
L'un d'eux, qui vit et se propage sur différents cactiers^ plantes grasses du Mexique, et notamment sur le nopal et la raquette, forme ce qu'on appelle la cochenille du commerce proprement dite.
Un autre, qui est propre au chêne coccifère du midi de la France, do l'Esj)agne^ de l'Italie et des îles de l'Archipel, constitue la cochenille du chéjie, appelée communément keimès et graine d'écarlate.
Un troisième insecte, qui se développe ^ur les racines de Sclerauthes de la Pologne et de l'Ukraine, fournit la cochenille ou le kermès de Pologne,'
Enfin, un quatrième, qui se nourrit sur des figuiers, des jujubiers et autres arbres des Indes orientales, produit la gomme ou résine -laque du commerce .
La cochenille des cactiers est, sans contredit, la plus importante de toutes ces matières tinctoriales. Je vais, d'abord, vous en entretenir.
l.Ckiclieiiille proprement dite. — Cette substance, telle qu'on le trouve dans le commerce, est regardée généralement comme une graine, à cause do sa forme (1).
(t) Il n'y a aucun doute que la cochenille ne fût connue en Perse très-anciennement, puisque Ctésias, qui fut longtemps attaché à la cour de cet empire, à la fois comme médecin et comme négociateur, sous le règne d'ArtaxercèsMnémon (404-862 ans avant J.-C.)> et, après lui, le philosophe yElian, professeur de rhétorique à Rome, sous le règne d'Alexandre Sévère, ont donné la description de l'insecte qui constitue la cochenille et de la plante qui le nourrit ; ils disent aussi que llnde produisait une si grande quantité do cette substance colorante, que, <iès ces premiers temps, on en faisait un commerce d'exportation (Délavai). Le voi de Perse envoya à l'empereur Aurélien, entre autres présents, des étoffes de laine d'un pourpre bien plus éclatant que tout ce qu'on avait vu jusqu'alors dans Pempire romain (Beckmann).
L'usage de cette matière précieuse avait été perdu depuis longtemps en Europe, puisque dans le premier recueil de procédés de la teinture publié à Venise, •en 1429, par Giovan Ventura Rosetti, il n'en est fait aucune mention. Les Espagnols fixèrent sur elle leur attention, en 1518, lorsqu'ils entrèrent à Mexico, €t, en 1523, Cortez reçut l'ordre de la cour d'Espagne d'en augmenter la production. En 1581, une seule flotte en apporta 70875 kilogrammes. Les Mexicains l'employaient pour peindre leurs ustensiles, leurs habitations, et pour teindre les étoffes de coton.
Lopez de Gomara en 1525, le père Plumier en 1692, reconnurent que la cochenille était un insecte voisin des punaises et parlèrent du végétal qui le nourrit ; mais ces notions vraies ne furent point admises et d'après la forme apparente de cette matière, on la considéra comme une graine ; de là le nom de graine d'écarlate qu'elle porta dans le commerce. Cette opinion persista, malgré les démonstrations do Leuwenhoeck (I703),de laHire(1704), de Geoffroy (I71i)» Jusqu'en 17129, époque à laquelle le Hollandais Ruuscher publia à Amsterdam les renseignements qu'il avait obtenus des éducateurs de cochenille de la vallée d'Oaxaca (Mexique).
Peu de temps après la réapparition de la cochenille en Europe, on découvrit les procédés de la teinture en écarlate au moyen de cette substance et des sels xi'éiain (1563). C'est de cette époque que l'usage de cette matière tinctoriale devint général.
Fig. 1174. — Aspect Jô la cochenille commer^ ciale.
Fig, 1175.— CoccuM cacti ou cochenille vue au microscope après niacératiou dans l'eau.
En effet, c'est un petit corps orbiculaire, anguleu.x, de 2 millimètres à 2»» i /2 de diamètre environ (fig. i 174), noirâtre ou d'un rouge brun, qui ressemble plus à certaines semences, aux lentilles, par exemple, qu'à toute autre chose. Cependant c'est le corps desséché d'un insecte, plus ou moins môle à des sucs végétaux. Si l'on fait macérer celte matière dans de l'eau tiède pendant douze à quinze heures, elle lui communique une teinte rouge, se gonfle, s'arrondit et montre distinctement la structure d'un insecte dont le corps est couvert d'anneaux et muni de pattes et d'un suçoir (/îg. 1175). Si l'on ouvre chaque corpuscule, on voit qu'il est rempli d'une foule de petits grains ovoïdes, rougeûlres, dispersés dans une pulpe incolore; ce sont des œufs.
L'insecte en question, Coccus Cacti des naturalistes, vit de préférence sur les Cactus tuna, €. cochinillifer et C. opuntia. Ce dernier est ce qu'on appelle raquette dans nos serres, à cause de la forme singulière de ses feuilles. Les Mexicains plantent autour de leurs habitations de vastes champs de ces différents nopals^ sur lesquels ils déposent les coccus qu'ils vont <:hercher dans les bois. Les insectes pondent leurs œufs à l'âge de deux mois, et meurent très-peu de temps après ; les petits se répandent sur les nopals et se fixent de préférence sur les points les mieux abrités du vent {fig. 1176).
Chaque année voit éclore plusieurs générations, jusqu'à six, d'après Thierry de Menonville, ce qui permet d'en faire autant de récoltes, lorsque la saison des pluies n'y met pas d'obstacles. Les coccus sécrètent une matière cotonneuse blanche, qui les recouvre sans les cacher, en sorte qu'on les dirait saupoudrés de farine (a, fig. 1170). Ils subissent aussi plusieurs mues. On les recueille au moment où les femelles vont effectuer leur ponte, dès qu'on aperçoit sur les nopals quelques insectes nouveau-nés; elles sont alors, en effet, plus lourJes et, plus riches en matière colorante.
La récolte se fait dans des paniers de paille ou dans des bassins de fer-blanc munis d'une échancrure dans laquelle on engage la partie étroite des articles de nopals. Avec des pinceaux ou de grands couteaux à tranchant émoussé, on fait tomber les cochenilles dans ces récipients
Fiy, H 76. — Raquette coa verte de cochenille, a, cO' chenille grossie, enveloppée de sa matière cotonneuse.
La cochenille de la première récolte est la plus estimée, et celle de la dernière l'est le moins. On la fait mourir en la plongeant pendant un instant dans l'eau bouillante, et on la dessèche au soleil ou dans des fours, parfois môme sur des plaques de fer chaudes.
Les cochenilles que l'on fait périr dans l'eau bouillante portent, au Mexique, le nom de Ran(igrida ; celles que l'on met au four, s'appellent Jazpeada onjcLspées; enfin celles qu'on sèche sur des plaques chaudes sont dites Negra ou noires.
Un hectare de nopals produit environ 300 kilogr. de cochenille, et trois hommes suffisent pour le soigner. 11 faut moyennement 140000 insectes pour faire 1 kilogr. de cochenille sèche.
Les cochenilles domestiques, dites fines ou mestèques^ sont préférées aux cochenilles sauvages ou sylvestres, parce qu'elles sont bien plus riches en principe colorant.
La cochenille rnestégue, pour être bonne, doit être grosse, hémisphérique, bien nette; sa surface doit être lisse, avoir des reflets argentés ou soyeux, sur un fond d'un rouge brun ; elle exhale une odeur un peu acide sans avoir celle de moisi ; elle doit être sèche, sans mélange de corps étrangers. Lorsqu'on en prend une poignée dans un sac, il faut, en la pressant, sentir une certaine résistance; enfin, en la laissant échapper de la main, elle doit s'en écouler à la manière de petits corps arrondis, mobiles, qui n'adhèrent point les uns aux autres, et le dedans de la main ne doit pas être imprégné de poussière. Les grains doivent être bien nourris, lourds, peu ridés, arrondis, et présenter distinctement la forme et les anneaux qui sont propres à l'insecte.
Pendant longtemps le Mexique a eu le monopole de la production de la cochenille, qu'on récoltait et qu'on récolle encore dans les États de Tlascala, d'Oaxaca, de Guatimala, d'Honduras. Les Hispano-Mexicains firent tous leurs efforts pour empûcher la propagation dé cette culture qui était leur principale source de richesse ; l'exportation de l'insecte vivant était défendue sous peine de mort. Cependant, vers 1787, le Français Thierry de Menonville parvint à embarquer plusieurs caisses renfermant des cactus vivants chargés de cochenille qu'il transporta à Saint-Domingue. C'est de là que, beaucoup plus tard, les uns et les autres se répandirent aux Canaries, en Barbarie, à Valence et autres parties de l'Espagne, à Java et autres possessions hollandaises de la Sonde, à la Nouvelle-Galles du Sud, en Algérie, en Corse, etc. (1).
(1) C'est en 1831 seulement que la cochenille a été importée aux Canaries ; la première année, la production de ces Iles fut de 4 kilogr., et, dix-neuf ans plus tard, en 1850^ elles en exportaient 300000 kilogr. qui, au prix moyen de 15 fr. le kU., ont rapporté A millions et demi. En \S\b, la culture qui commençait à se répandre à Java, vivement encouragée par le gouvernement hollandais, s'élevait déjà à 2'250f) kilogr., dans les établissements publics. A Valence, en Espagne, on fait jusqu'à quatre récoltes par an de ce précieux insecte. Essayée en Algérie, dès 1831, par M. Simonet, à Oran, à Alger, à fiôae, etc., la culture de la coche-
Itopècci eiTftrlétés ««MBierelalefi. ^ Dans le commerce, on connaît quatre sortes de cochenille, dont quelques-unes offrent plusieurs variétés; en Toici la désignation :
I. Cochenilhi Honduras qui arrifent directement en Angleterre et de ce pays chei nous. Elles sont très- estimées des consommateurs. Elles comprennent t
A. La cochenille noire ou Jtaeatille^ noirâtre ou d'un rouge brun« luisante, ayee
des traces d'un enduit blanchâtre ; donne une poudre d'un rouge cramoisi* devenant d'un rouge brun très*foncé par l'eau. C'est la meilleure. Elle vaut 18 à 19 ftr. le kilogramme.
B. La cochenille grise f nommée aussi jaspée ou argentée^ couverte d'un enduit
blanchâtre, nacré et pulvérulent, qui adhère â toute sa surface et qui est dû à une substance volatile, offrant à la loupe une forme cristalline très- marquée. Poudre d'une couleur moins foncée et prenant une teinte moins intense par l'eau. Elle vaut 17 fr. le kilogramme.
C. La cochenille rougeàire n'offre la poussière blanche et argentée que dans l'in-
térieur des rides. Elle est la moins estimée des trois. Vaut IG fr. le kilogr. Ces cochenilles Tiennent en sacs recouverts d'un jonc et d'un cuir, formant des surons pesant ordinairement de 7& â 80 kilogrammes. 1, Cochenilles Vera-Cruz^ qui nous arrivent directement par Bordeaux et le llayre, en surons du poids de 80 â 100 kilogr. Le premier emballage est un sac en toile grise, le second des morceaux de cuiri le troisième des nattes tressées.
t La !■* qualité, la zacatiUe, vaut 18 fr. 50 à 19 fr. le kilogr. La 3« la grise ^ 17 fr.
La 3* U rougeàlrey 16 fr.
L'insecte, ou^ comme on dit vulgairement, la mouche, doit être creuse, légère et frisée. Celle qui est en gros grains, terne, chargée de menus et de grabeaux résineux, est moins estimée.
3. Cochenilles des Canaries qui viennent de Cadix par Marseille ; il en arrive peuj leur prix étant toujours plus élevé que celui des cochenilles du Mexique.
Vargentée, vaut 18 fr. 50 à 19 fr. le kilogr. La noire, 17 fr. 50 à 18 fr;
Elles sont logées en petits sacs de 25 â 30 kilogr. , en petites caisses du même poids et quelquefois en petits barils.
Cette sorte est toujours très-bonne.
4. Cochenilles Java^ importées directement en Hollande, d'où nous les recevons par la voie de Rotterdam ou d'Amsterdam. Elles sont logées dans de petites caisses de fer-blanc^ renfermées dans des caisses en bois ; chaque caisse pèse 40 à GO kilogr.
Cette sorte est la moins estimée ; elle est petite et rougeâtre. Son prix est toujours de 3 fr. à 4 fr. moins élevé que les sortes du Mexique.
La quantité de ces diverses cochenilles importées en France, a été,
nille n'a commencé à se développer que dans ces dernières années. En 1854, le département d'Alger comptait 39 nopaleries et 500000 pieds de nopal . La cochenille qu'on y récolte, quoique inférieure à collo du Mexique, vaut encore 16 fr. le kilogramme. En 1»»57, l'Algérie en a exporté pour une valeur do 12000 fr. Aujourd'hui, les quantités fournies annuellement au commerce sont considérables.
pour i850, de 405956 kilogrammes ; c'est l'Espagne qui eu a fourni le plus, 173000 kilogrammes; il en est venu 87714 kilogrammes du Mexique et 43277 du Brésil.
Compoiltion chimique de la cochenille. — La première analyse de la cochenille a été faite par John, mais elle n'apprend pas grand chose. En 1818, Pelletier et Caventou ont exécuté un fort beau travail sur cette substance tinctoriale et en ont étudié surtout le principe colorant, qu'ils ont nommé carminé. Voici ce qu'ils ont trouvé dans l'insecte :
Une matière colorante rouge ou carminé ;
Une matière azotée particulière ou coccine;
Une matière grasse soluble dans Téther, formée d'oléine, de stéarine
et d'un acide odorant {acide coccinique); Des sels, tels que : phosphates de chaux et de potasse, chlorure de
potassium, carbonate de chaux, sels acides organiques à base de
potasse.
La cm^mine de Pelletier et Caventou n'est pas le principe colorant à l'état de pureté, ainsi que MM. Arppe et Warren de la Rue l'ont démontré en i845 et 1846. Elle relient en mélange de l'acide phosphorîque et une substance azotée C"H"AzO*, qu'on peut avoir en houppes soyeuses, et qui parait identique avec la tyrosine^ matière que Liebig a obtenue en fondant la caséine avec de la potasse.
Débarrassé de toute trace de matière étrangère, le principe colorant rouge de la cochenille n'est point azoté, comme le croyait Pelletier. MM. Arppe et Warren de la Rue lui assignent la formule C**1P^0**. Ils le nomment acide carminique^ car il a tous les caractères d'un acide.
'Cet acide est d'un rouge pourpre, donnant une poudre d'un beau rouge clair. Il est friable à l'état sec et cristallise en concrétions mamelonnées par le refroidissement de ses dissolutions concentrées, alcooliques ou éthérées. 11 a une saveur acidulé prononcée. Il se dissout en toutes proportions dans l'eau et l'alcool, mais il est peu soluble dans l'éther pur.
Sa solution aqueuse ne s'altère pas à l'air. Il se dissout aussi sans altération dans les acides chlorhydrique et sulfurique concentrés. Les alcalis le colorent en pourpre sans le précipiter de sa solution aqueuse, mais ils forment des précipités pourpres dans sa solution alcoolique.
L'alun donne avec lui, au moyen de quelques gouttes d'ammoniaque, une laque d'un beau cramoisi. On obtient de semblables précipités avec les sels métalliques.
L'hydrogène sulfuré naissant le décolore complètement, mais sa couleur revient h l'air ou par l'action du bichromate de potasse.
D'après M. Schulzenberger, l'acide carminique, tel qu'on le préparc, n'est pas toujours un produit identique à lui-même, et il est parvenu, en employant de l'éther mélangé d'alcool, à obtenir plusieurs acides qui ne diiïèrent entre eux que par la proportion d'oxygène.
DE LA COCHEISILLE. 263
Caractères eblmiques de Im coehenllle. — Voici maintenant les caractères chimiques de la cochenille.
Cette substance sèche n'éprouve aucune altération à Tair, puisque
Hellot a reconnu qu'une cochenille conservée pendant cinquante ans
donnait une aussi bonne teinture que si elle était récente. Mais si l'on
expose à l'air une décoction de cochenille, la matière colorante s'oxyde,.
devient violette et insoluble.
L'eau en contact avec cette substance tinctoriale se colore bientôt en ronge cramoisi; bouillante, elle se charge d'une grande quantité d'acide carminique et dissout, en outre, des matières azotées et grasses qui lui donnent la propriété de former des précipités avec la plupart des corps, ce qui n'arrive pas quand elle ne contient que de la matière colorante pure.
L'eau n'enlève pas facilement tout l'acide carminique renfermé dans la cochenille, puisque, lorsque celle-ci paraît épuisée par l'eau, elle cède encore \/S^ de cet acide à une liqueur alcaline. Cependant parla méthode ordinaire suivie dans les ateliers de teinture, où l'on emploie de la crème de tartre et du sel d'étain, presque toute la matière colorante est extraite.
Voici comment la décoction de cochenille se comporte avec les principaux réactifs :
. . , r Font virer la couleur au rouge jaunâtre et y déter-
^ minent un léger précipité.
Alcalis La font virer au violet.
Eau de chaux — Précipité violet abondant.
Alun La fait virer au violet rouge, puis précipite.
Chlorure d-aluminium.. . i P'^'^'P"" viole] '""geàtre- Le liquide surnageant
^ est très-foncé et de couleur amarante.
Chlorure d'éuin acide... | ^''^ .^" J'"'"« «' '"'•"« "" P"^"?"* "« ~"'«"^
( cerise.
Chlorure d'étain ordinaire. Précipité violet.
Bicblorurc d'étain Vire la couleur au rouge écarlate.
Sulfate ferreux Vire au gris violeté et précipite.
Acétate de fer Précipité brun qui devient plus tard vert-olive.
Sulfate de cuivre ^ n x • » t • i *
Sels de plomb | Préc.pué v.olet.
Azotate mercureux Précipité lie de vin.
Azotate mercurique Précipité brun rougeâtrc.
Sulfate de zinc Précipité violet foncé.
Carmin. — Lorsque dans la décoction de cochenille on verse des sels acides, tels que crème de tartre, sel d'oseille, alun, bichlorure d'étain, il se produit des précipités rouges plus ou moins vifs et intenses qui constituent le carmin du commerce, couleur précieuse pour la peinture en miniature, pour les aquarelles, pour la coloration des fleurs artincielles et des bonbons.
Le carmin est bien certainement la matière tinctoriale qui se tron?e dans le commerce sous le plus grand nombre de variétéf
pas moins de douze numéros qui représentent autant de nuances différentes, et, par une bizarrerie qui ne s'explique pas, c'est le numéro le plus élevé, le n^ 40, qui forme l'espèce la plus belle.
Sa préparation a été découverte par hasard, à Pise, par un moine franciscain. 11 préparait un extrait de cochenille avec du sel de tartre pour l'employer comme médicament. Versant, un jour^ un acide dans la solution de cet extrait, il vit, non sans surprise, se déposer un beau précipité rouge. C'était du carmin. En 1656, le chimiste Homberg en fit connaître le mode de fabrication.
Les procédés varient de fabrique à fabrique, et généralement les opérateurs se gardent bien de divulguer ceux qu'ils emploient. Le procédé du docteur Pereira est peut-être le plus répandu. Le voici :
On fait une décoction de cochenille noire dans Feau, on la filtre dans un vase large et peu profond^ on y ajoute du bichlorure d'étain et on laisse reposer. Peu à peu il se forme un dépôt sur les parois du vase. On décante le liquide clair, et on fait sécher le dépôt, qui est du carmin.
Avec 500 gram. de cochenille, on n'obtient pas plus de i i à i2 gram. de carmin. C'est un composé d'acide carminique, de matière azotée, d'acide et d'oxyde d'étain ou d'alumine (en petite quantité toutefois), suivant la nature du sel employé à la précipitation.
Le carmin est, dans le commerce, sous forme de petits pains enveloppés dans du papier fin, ou enfermé, soit dans des bottes, soit dans des bocaux. Le carmin fin se vend 20 fr. le kilog. ; le carmin commun, 6 fr. ; mais ce dernier est fréquemment môle d'alumine, de vermillon, d'amidon, etc., dans une proportion plus ou moins forte, et qui va quelquefois jusqu'à 50 p. iOO. On reconnaît la pureté du carmin à ce qu'il se dÎBsout sans résidu dans l'ammoniaque.
On vend aussi le carmin sous deux autres états : délayé dans du blanc d'œuf, ou dans une solution de colle de poisson. Le premier, dit carmin à Vœufj est toujours un peu grumeleux; c'est celui qu'emploient les confiseurs pour colorer leurs bonbons. Le deuxième, dit carmin à la gélatine y est beaucoup plus estimé ; c'est celui dont font usage les peintres en miniature.
C'est principalement d'Allemagne qu'on tire le carmin. En 1856, on a importé 384 kil. de carmin fin et 3125 kil. de carmin commun.
Le rouge pour fard se fait souvent avec un mélange de 100 parties de craie blanche très-fine et de 25 parties de carmin fraîchement préparé.
Les résidus de la cochenille employée dans cette fabrication sont utilisés dans l'industrie des papiers peints sous le nom de terre de carmin,
I^aque carminée. — Les liqueurs qui ont laissé déposer le carmin, et qui, lorsqu'elles sont concentrées, sont appelées dans les ateliers liqueur rouge^ servent à la préparation de ce qu'on nomme la laque car^
minée (i). On ajoute à ces liqueurs contenant encore de l'acide carmînique, un peu d'alcali, puis une dissolution d'alun; il se produit une laque d'autant plus belle qu'on a moins employé d'alun. On la lave, on la convertit en trochisques et on la sèche.
Les laques carminées de qualités inférieures contiennent, outre de l'oxyde d'étain et de l'alumine, des quantités plus ou moins considérables d'amidon qui sert à leur donner plus de corps et aussi à les allonger frauduleusement.
On se sert des laques carminées pour le tableau et pour la décoration. Les peintres en bâtiments font fréquemment usage, sous le nom impropre de laque carminée de Florence, d'une laque de bois de Brésil ou d'autres bois rouges.
fUmugem de Im cochenille. — La cochenille est une des substances tinctoriales les plus importantes, puisque c'est avec elle qu'on colore la laine et la soie en cramoisi et en écarlate, couleurs magnifiques, mais plus brillantes que solides, car l'eau les tache et les alcalis les rendent violettes (2). On fixe la matière colorante de la cochenille au moyen de l'alun et du tartre, et môme de la composition d'étain, pour le cramoisi fin; pour Vécarlate, on supprime l'alun.
On prépare des violets, des mauves et couleurs analogues, pour Timpression des laines, soit au moyen d'une décoction ammoniacale de cochenille, soit au moyen des préparations désignées dans le commerce sous le nom de cochenille ammoniacale en tablettes ou en pâte,
La première s'obtient en laissant séjourner pendant un mois, dans un vase formé, trois parties d'ammoniaque sur une partie de cochenille moulue. On tire à clair, et on incorpore dans le liquide 0,4 d'alumine en gelée; on fait évaporer la bouillie dans une bassine de cuivre étamée Jusqu'à ce que toute odeur d'ammoniaque ait disparu, et que, par le refroidissement, la masse prenne assez de consistance pour qu'il soit possible de la découper en tablettes.
Pour la cochenille ammoniacale en pâte, on ne laisse séjourner l'ammoniaque sur la cochenille que pendant huit jours, et on évapore le liquide jusqu'aux deux tiers sans y ajouter d'alumine. Celte dernière préparation est d'un tiers moins riche que la première en principe colorant.
La cochenille ammoniacale, qui a une belle couleur violeite, n'est pas ramenée au rouge primitif par les acides; elle ne peut donner avec l'élain la couleur écarlate qui caractérise l'acide carminique pur, mais elle fournit par compensation des nuances groseille, amarante, non moins utiles au teinturier ou à l'imprimeur sur tissfUs.
(1) La laque carminée parait avoir été fabriquée d'abord à Florence, au moyen du kermès. Voilà pourquoi elle porta si longtemps le nom de hqiÊe de Florence, Dès 168^ on remplaça le kermès par la coclien!lto.*Ca n*ett que beaucoup plos tard qu'on en prépara à Paris et à Vienne^
(2) La boue et le savon pfodni»»*^ ^ leur avec de l'eau léfèffMMflMM
266 SOIXANTEHSEPTIÈME LEÇON.
D'après M. Schulieoberger, celte cochenille ammoniacale n'est pas amplement du carminate d'ammoniaque; c'est plutôt un amide de l'acide carminique : ce qu'il y a de certain, c'est que l'ammoniaque ne peut être remplacée dans cette préparation par la potasse ou la soude. L'air y est plutôt nuisible qu'utile.
Je ne dois pas vous laisser Ignorer que la cochenille a beaucoup perdu de son importance comme matière tinctoriale ; sans doute, elle sert toujours à faire les ponceaux^ mais les autres nuances qu'elle peut fournir n'ont pas l'éclat et la pureté que l'on réclame actuellement. Ce qu'on recherche le plus aujourd'hui dans la teinture, c'est moins la solidité que la vivacité et le brillant des couleurs. Or^ les matières colorantes artificielles dérivées de l'aniline ont sous ces rapports détrôné en grande partie la cochenille.
On se sert encore de cette dernière pour colorer les liqueurs de table et les teintures pharmaceutiques, les opii^ls et les poudres dentifrices. On en obtient une belle encre rouge en suspendant dans une décoction de cette matière, additionnée d'un peu de tartre, un morceau d'alun pur, qu'on n'en retire que lorsque la couleur a acquis le degré d'intensité qu'on désire. On prépare une plus belle encre avec le carmin dissous dans l'ammoniaque ; on laisse évaporer Texcès de cet alcali et on Qjoute, dans la solution, un peu de goomie arabique blanche.
Les teinturiers emploient quelquefois les cochenilles qui ont déjà servi aux indienneurs, et qu'on rejetait auparavant comme étant complètement épuisées; ils les payent depuis i fr. 80 jusqu'à 3 fr. le kilogr. M. Lemoine, de Rouen, a reconnu qu'elles renferment encore i5 à 18 p. i 00 de principe colorant.
Ces cochenilles, ayant subi un commencement de décomposition pendant leur conservation en tas, avant leur dessiccation, ont toujours une odeur de matière animale putréfiée ; elles sont noires, tout à fait informes, et sont souvent agglomérées en masses plus ou moins volumineuses.
On trouve quelquefois, dans le commerce, une substance grise, légère, mêlée d'une grande quantité de petits points noirs durs au toucher. On la désigne spus le nom de duvet ou de criblure de cochenille. Elle renferme environ 20 p. iOO de matière colorante.
Ces deux produits, malgré leur bas prix, ne sont pas d'un usage avantageux, parce qu'il faut en employer des quantités considérables pour obtenir des nuances foncées et nourries, qu'ils emplissent les cuves et se détachent très-difficilement des tissus.
FmlslflcailoBs.' — Les cochenilles sont fréquemment additionnées, par fraude, de sable, de poussière fine de plomb ou de soudure des plombiers, qui leur donnent beaucoup de poids. Pour mieux faire adhérer ces poussières, on projette préalablement sur les insectes une
solution de gomme très-épaisse. Magonty a trouvé plusieurs fois jusqu'à 30 p. 100 de poussière métallique.
On jaspe aussi artificiellement certaines cochenilles grises en les exposant dans un endroit humide ou à la vapeur d'eau, et en les secouant dans un sac de peau long et étroit avec du talc, de la céruse ou du sulfate de baryte.
Rien n'est plus facile que de reconnaître ces fraudes ; il suffit de triturer quelques décigrammes de matière dans un mortier de porce? laine, de délayer la poudre dans un peu d'eau, de décanter aussitôt, de verser une nouvelle quantité d'eau dans le mortier afin de bien enlever toute la poudre de cochenille. Lorsqu'il y aura eu sophistication, on trouvera toujours au fond du vase la matière minérale ajoutée.
Très-souvent on mélange aux bonnes cochenilles celles qui ont déjà servi sans avoir été moulues, et qu'on a laissées tremper pendant quelque temps dans du jus de Brésil ; on les jaspe au sortir du bain avec du plâtre, du talc ou de la céruse. On reconnaît cette fraude, qui* est une des plus communes, en faisant une décoction aqueuse de la matière suspecte. L'eau de chaux, versée dans le liquide, le décolore totalement, quand il n'y a pas eu sophistication ; elle lui laisse, au contraire, une teinte rouge, lorsqu'il y a eu emploi de jus de Brésil. Certains marchands imitent la cochenille en faisant une pâte avec des grabeaux de cette matière pulvérisée, des poudres inertes, de l'ar* gile, et un mucilage coloré par du jus de Brésil, pâte qu'on granule ensuite de manière à lui donner autant que possible la forme de l'insecte. Mais, outre que cette fraude grossière peut se reconnaître à la simple vue, il suffit de mettre tremper la fausse cochenille dans l'eau pour que le mucilage se dissolve et que toute la matière se désagrège.
Comme la cochenille noire est toujours plus chère que la grise, il y a des individus, à Marseille et à Bordeaux, qui s'occupent à transformer par un procédé particulier la cochenille grise en noire, moyennant { fr. par kilogr. On croit qu'ils ont recours, pour cela, aux vapeurs de vinaigre.
Il faut toujours se rappeler que la • bonne cochenille est brillante, sèche, sans odeur bien prononcée, ridée et exempte de poussière. Dans les lieux humides, elle gagne facilement 8 à 10 p. 100 de poids. Les teinturiers, pour s'assurer de sa qualité, sont dans l'usage d'en mâcher quelques grains, afin de voir si elle colore fortement la salive en rouge. Mais ce n'est que par des essais comparatifs qu'on peut apprécier la valeur d'une cochenille.
Le meilleur mode, c'est de teindre de petites pentes de laine avec des quantitét égaU» des i vAment avec une
cochenille de premièf^ "^ iprès toutefois
qu'on s'est assuré ^ !ompagnés de
brésiline. On moiili
SOCUKTE-SEPritlIE LEÇOS.
Oaj plonge, quand ili wdI mfBmnitu'ni chauds, dea peatea de laine de 6 gnm,, qa'oo monte an loo le plni élevé poMiUe, et oa aebi*e d'épaber les baiotao mo;eD de deox anlrea paves atec de DOOTeaiu échneaui de * gr. cbacuD. Let laine* leinles Mwt hiea dégorgées et sécbfet. n est Irèa-bcile alon, par la cnmparaiscMi des toos c^tentii, d'établir la râleur lelaliie des différents écbantïUoDs.
On peut encore recourir avec arantage au procédé qu'un de mes anciens élèves de Roaeo, H. Leleliier, a proposé en 1643, apiéi en aToir pris l'indicalion dant mes cours. Voici en qnoi il consiste :
On compose des liqueun d'enai en Iraitaot 5 décigranuiMS d'nne ' eocbenille type et de la cochenille dont oo ne connail pu encore la (alenr, par an litre d'eau, i la chaleur de 100*, pendant une beare, après 7 avoir ajouté di\ goultes de solution coucentréed'alna. On laisfc rernridir ; on verte dans cliaque vase la quantité d'eau nécesaire pour compléter le volume d'un litre, et l'on compare ensuite l'intenaté des deui liqueun au mojea du eolorimètre de Houtou de la ffillanBère.
Je rail vous décrire cet ioitmment et vous montrer comment on eo Tait usage, eu il peu) sertir à l'essai de la garaoce, du rtmw. de l'indigo et des autre* maliL-rct lioclorialea.
i verre bien ti^ibin^nw,
lonpapnr eniu\>Ti. «^ui
pn épaisïear, ittutéi 1 uoa
<!itrémilé et partiel, k pu^
tir de là, dim les j 6 >)« i#ur longueur, en î piriim r»»Jei do ni la seconde parité une échelle ascendante diiisée en 100 parties.
On place ces deni lubes
de chambre obtcare, plus longue ijne large, par deux ouverlut^s praiiiju^es l'une à cùlé de l'autre i II partie su-
eitrémilés. \A se trouvent
tattguUlreK du diamètre des lubci, pratiquées en regard de leur partie inférieure. A l'autre ciin^mité de la boite, il y a un trou par lequel on peut voir la partie inréricun; de< lubes, en plaçant la boite entre son œil et la lumière, et Juger trig-racilemcnt, par cfMiG disposiiion, la dilTérencc ou l'idenlité de nuances de dcut li'iueurs coloréoH introduites dnns ces tui)es.
(■'appréciation de la qualité relative des matières tinctoriales au moyen da culorimèire est Tondée sur ce que deui dissolutiojig, tsites compuatlveineDt ava