‹ Lecons de chimie élémentaire (volume 3)Chapitre 79 sur 114 · DU PASTEL · texte numérisé non relu

DU PASTEL

queuse et qu'on emploie dans cet étal à la teinture d'un f issu de coton qui forme le vêtement principal de la classe pauvre (1).

5. VEupalo/ire des temÈwrien {EupaUnium tinctorium)^ arbrisseau cultivé en Algérie.

6. Le Tephrosia tineioria^ sous-arbrisseau de l'Afrique centrale, que le voyageur E. Vogela vu employer à Kouka, capitale du Bomou, pour teindre en bleu.

D'autres plantes, telles que VHiInscus canna^rinu$,YAlthsBa rosea de l'Inde, le Qymnema tingens, YAmorpha fruticosa^ le Galega tinctorial le Pergularia tinctoria, les merevaiales {Mercurialts amiua et M. perenrUs), plusieurs espèces d'OrchidieSy etc., paraissent aussi renfermer de l'indigoline ou un suc qui bleuit à l'air, mais on ne les exploite pas.

rASTEL.

ftimt naturel. — Le Pastely Guède ou Vùuêde {fig. 1208 à 1211), est une plante bisannuelle, de la famille des Crucifères, qui croit spontanément en Europe dans presque tous les terrains pierreux.

Avant l'introduction de l'indigo en Europe, on cullivait cette plante dans une grande partie de l'ancien Continent, surtout en Thuringe, en Saxe, dans les Flandres, en Italie, en Basse-Normandie et dans le midi de la France. C'était alors la couleur bleue la plus solide et la plus belle que l'on connût (2).

(1) Robert Fortune croit que c'est cet Indigo qui sert à colorer les thés verts fabriqués dans le nord de la Cbine pour les marchés de l'Angleterre et de l'Amérique, il dit avoir traversé, aux environs de Shanghai, un territoire presque entièrement consacré à la culture du Tem-Ching, Dans les provinces du Sud, les Chinois retirent l'indigo des indigotiers proprement dits.

(2) L'usage du pastel est très-ancien, puisque, suivant Pline, les femmes et les filles des anciens Gaulois et des Bretons s'en servaient pour teindre leurs corps, lorsqu'elles assistaient nues à certaines cérémonies religieuses. Il était connu sous les noms de Gkutum, de Woad. Les Grecs et les Romains l'employaient communément. Avant et encore après la découverte de l'Amérique, le commerce du pastel en Europe était immense. Les environs de Toulouse, et surtout le Lauraguais, fournissaient une énorme quantité de cette substance, qui Jouissait de la première réputation ; on la mettait en coques ou pelotes ovales, dites eocaignes. Le pays était devenu si riche, qu'on l'appelait le pays de Cocaigne on de Cocagne^ du nom de son industrie ; cette dénomination a passé en proverbe-pour désigner un pays très-fertile et prospère. 200000 balles de coques, du poids de 100 kil. chacune, étaient exportées tous les ans par le seul port de Bordeaux, et les étrangers en éprouvaient un si grand besoin que, pendant les guerres de la France, il était convenu que ce commerce sendtjibre, protégé, et que les vaisseaux étrangers arriveraient désarmés dans nos ports pour y venir chercher ce produit. Les plus beaux édifices de Toulouse ont été bâtis par des fabricants de pastel. Lorsqu'il fallut assurer la rançon de François I*', prisonnier en Espagne, l'empereur Charles-Quint exigea que Pierre de Bemin, riche fabricant dé coques, servît de caution.

La Basse-Normandie, et notamment Gaen, firent aussi, pendant plusieurs siè* clés, un commerce très-lucratif avec le pastel. En effet, il y avait dès le deuxième

334 SOtXANTE-NEUVIÈME LEÇON.

Aujoard'hui la cuUure du pastel esl presque cuUe ea France ; elle ne s'est cooservëe qu'aux euvirous d'Aibi, dans quelques contrées du Hori, en Basse-Normandie dans quelques communes voisines de la

Fig. Itoi

mer (Luc, Langrune, elc), aux alentours de la DÉlivrandc, qui est actuellement le seul marché pour celle production. Il y a encore aussi des cultures de cette plante en Thuringe, en Boliâme cl en Hongrie,

On ne se sert plus du paelel que pour monter les cuvm, àileî de pastel, dans lesquelles on le mi^lc avec l'indigo, et oi^ il agit comme désoxygénanl et comme corps teignant.

Dans le commerce, on le trouve soui deux états bien différents :

siècle, sur les coteau i qui cnviroiiiienC Caen, un grand nombre de moalins ï Vouide, cl jusque dans le seUiëiae siëcli^ Caen eipédU une énorme qu m litâ de cette plante, qui servait slora ï obicnir ces beaux bleus, appelés bleui pertes, dont parlent les historiens, et qui ont Tait li réputation de nos talaturier» dans le Levant. — Dès l'année i ÏOO la culture du Guède avslt également pris la plus grande eiiension dans la région dont HeninLietard était le centre; c'était uns petite ville forte à It kilomttres de Douai (Nord); ce n'est plus qu'un bourg ■ujourd'liui.

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