DU PASTEL
Tantôt en bottes séchées, tiges et feuilles, sans avdr subi aucune préparation. C'est ainsi qu'il arrive de Basse-Normandie, en balles de iOOà i25ki]ogr.;
Tantôt, et c'est le plus souvent, en pains ayant la forme d'un cône tronqué, du poids de 64 gram., d'un vert grisâtre en dehors, d'une cassure grossière et d'un intérieur plus foncé que la surface. Ces pains, dits Coques de pastel, Pastel d'Albi, quelle qu'en soit la provenance, arrivent en balles cordées du poids de 50 kilogr. — Le pastel de Thuringe, que l'Allemagne consomme, s'expédie en tonneaux qui portent trois tours avec la marque 4, 5.
Les coques sont préparées avec les feuilles sèches, qu'on réduit au moulin en poudre grossière qu'on humecte et qu'on entasse de manière à déterminer un commencement de fermentation dans la masse, qui a jusqu'à i mètre de hauteur. Après quinze jours, on pétrit cette masse avec les pieds, puis on en forme des gâteaux qu'on sèche complètement à l'air et qu'on emballe.
Dans cet état, le pastel peut déjà être vendu aux teinturiers, et c'est ce qu'on fait le plus ordinairement aujourd'hui. Mais dans quelques endroits on l'améliore par une seconde fermentation, ainsi que cela avait toujours lieu autrefois. Pour cela, on brise les pains, on les moud, on en humecte la poudre avec de l'eau ou môme avec du suc de pastel frais, on met en tas qu'on retourne après huit Jours, ensuite après six, après cinq, après quatre, et toujours après des intervalles décroissants, jusqu'à ce que la fermentation se ralentisse. On moule ensuite les pâtes eu petits pains coniques qu'on sèche à l'air.
n faut, en général, 150 kilogr. de feuilles pour obtenir 50 kilogr. de bonnes coques. Celles-ci exhalent habituellement une légère odeur ammoniacale.
Le pastel s'emploie indifféremment en feuilles entières et en coques pour monter les cuves au bleu. On a remarqué qu'avec les feuilles entières Teffet de ces cuves est plus prompt que lorsqu'on se sert des coques.
Compoeltion eblml^ae. — L'analyse du pastel, faite en 1808 par M. Chevreul, a démontré qu'il renferme trente fois moins d'indigotine que les indigotiers, et qu'il contient beaucoup plus de principes immédiats et de matières minérales que ceux-cu D'après le même chimiste, le vouéde de Basse-Normandie serait moins riche en indigoline que le pasUl d'Albi.
Dans ces dernières années, M. Schunck en a isolé au moyen de l'alcool une substance soluble dans Teau, Jaune, transparente, glutineuse, qui, 8008 rinfluence des acides, des alcalis et môme par la seule action de la chaleur, sa dédoubla en indigotine bleue et en une espèce de sucre. Cest ioDC im'gUiedtfdA ana le chimiste allemand a nommé indicane ou inâiCÊO^ éVIfppr n formule C^'H^AzO».
L'équation suivante rend compte de sa métamorphose en indigotine et en ce sucre particulier qui a reçu le nom d*indirubine ou mieux dHndigludne :
Indican. Indigotine. Indiglueine.
CMH»AzO«« ■+• îHO = Ct«H»AzO» -h 3(C«H'«0t«).
M. Schunck pense que le môme composé se trouve dans les indigotiers, et que par conséquent la précipitation de l'indigo dans les batteries est un simple phénomène de dédoublement de l'indican, dissous dans l'eau, dédoublement favorisé par la fermentation des feuilles et l'agitation du liquide de macération en présence de l'air. 11 n'y aurait donc pas d'indigotine blanche dans le suc des indigotiers. Cette nouvelle manière de voir n'est pas appuyée sur des faits assez nombreux pour être admise.
Extraction de l'indlgo-paitel. — A partir de 1810, de grandes usines pour l'extraction de l'indigo du pastel, furent établies^ par les soins de Napoléon ^% à Albi, à Turin, à Florence, et elles livrèrent au commerce de très-bon indigo indigène au prix de 18 à 20 fr. le kllogr., prix qu'avait l'indigo avant i791. Dans ces usines, on ne relierait pas plus de 256 gr. d'indigo de 100 kilogr. de feuilles. Elles cessèrent de travailler en 1814, lorsque les indigos étrangers furent réimportés en France.