DES FRUITS ASTRINGENTS
d'exportation dans lei ports de la Nouvelle-Crenade, notamment il Hio- Hacha, Sainte-Hartbe, etc. ;
3> Lei gouuea du Bablah de l'Inde et de l'Egypte {fig. I!3l),qui donne lesgommes d'Arabie, du Sénégal, unùqnetesucd'aoïK^dei pbarmades. Ce>l seulement en 182S que ce fruit a été introduit en Europe sous le nom de btUilah ou ttmnm orienial, pour remplacer la noix degalle;inai> il lui est bien inférieur ;
4* Le brou de noix, enveloppe terte
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et pulpeuse qui entoure les fruits du noyer {Juglans regia), et qui, à la malurité de ces derniers, brunit, se délacbe e( tombe.
Ce brou, que les anciens ulilisdent déjà pour teindre et surtout pour modifier la couleur des cheveui, sert encore, de aosjours, pour obtenir sur laine les couleurs dites de racine; il est d'un emploi d'autant plus avantageux que, n'cuigeanl pae le concours des mordants, il conserve i la laine toute sa douieuri les mordants ne sont utiles que pour varier les nuances ou leur donner plus d'éclat.
On ramasse le brou quand les noix sont trùs-mûres; on en remplit des tonneaux ou des cuves, et on y 'verse de l'eau su fQsamment pour que le liquide surnage de quelques doigts. C'est de cette maniëtequ'tm le garde datu les ateliers pendant un an et plus. Aux Gobelins, où l'on en fait un grand usage, on le conserve deux ans avant de s'en servir; on trouve qu'alors il Fournit plus do couleur. Il a, dans cet état, une odeur putride Irës-désagréable, et l'eau qui le baigne renfenne une matière brune.
La décoction du brou précipite les sels de fer en gris tirant au rouge-brun et prend avec les alcalis une belle couleur rouge-brun sans précipiter.
V««Ulai «• H«nB«. — Depuis l'antiquité la plus reculée, on ta sert, dâoi tout l'Orient, en Egypte, en Arabie, en Algérie, pour teindre les crina des chevaux, la laine, les cuirs, etc., des feuilles d'un arbrisseau, le iiOtOKHita inermit qui parait ûlre YAcopher de l'Ecriture. C'est le OHM* da âgTptiens. Ses feuilles, réduites en pondre et délayées dans
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l'eau 80U8 la consistance d'une pftte, colorent fortement en rouge orangé brun les parties du corps sur lesquelles on les applique. C'est avec cette pâte que les femmes de l'Orient se teignent les mains; les doigts, les ongles, les pieds, les orteils, les cheveux.
Celte substance tinctoriale, qui est assez riche en acide gallique, d'après Berlhollet, pourrait remplacer, Jusqu'à un certain point, le cachou.
M. Tabourin, professeur de chimie à l'École vétérinaire de Lyon, a pris un brevet d'invention pour l'application du Henné à la teinture en noir. Mon ami, M. Benner, chimiste et fabricant d'indiennes à Darnelal, a essayé d'en tirer parti, mais il n'a pu en obtenir que des nuances analogues à celles du sumac; or, comme le Henné est bien plus-cher que celui-ci, il n'a trouvé aucun avantage à l'employer.
Hldiorlfive. — La production de toutes pièces de matières colorantes par des réactions chimiques exercées sur des principes immédiats non colorés, soil naturels, soit provenant de décompositions ou de transformations de composés organiques, et l'application industrielle de ces nouvelles matières colorantes, sont des conquêtes de la chimie moderne.
La première découverte de ce genre remonte à 1788, et est due à Hausmann qui constata la formation de l'acide picrique, mais ce ne fut toutefois que cinquante-neuf ans après que, grûce à Guinon aîné de Lyon, l'art de la teinture sur soie et laine sut profiter de la remarquable propriété que possède cet acide d'imprimer à la peau une belle coloration jaune très-solide.
En 1808 Braconnot, puis en 1840 et 1841, Boulin et Schunck reconnaissent que le suc d'aloès traité par l'acide azolique fournil des acides nitrés colorés que Boulin cl Lindner utilisent à la teinture delà soie et de la laine.
En 1818, le D» Prout découvre et désigne sous le nom de pwyurûte d ammoniaque une matière colorante d'un rouge pourpre dérivant de deux produits d'oxydation de l'acide urique (acide de l'urine humaine) ; c'est ce qu'on appelle aujourd'hui la murexide, qui n'a été appliquée à la teinture qu'en 1853 par MM. Sacc et Albert Schlumberger, c'est-àdire quarante-cinq ans après sa découverte.
4)è8 1834, Runge avait indiqué comme réaction caractéristique de l'aniline la couleur vio/e/te qu'elle donne avec le chlorure de chaux, la couleur rouge pourpre qu'elle fournit avec le chlorure d'or sous l'influence de la chaleur, une autre couleur rouge que son chlorhydrate produit à la température de iOO<>par le contact du bichromate de potasse. Ces faits curieux passèrent inaperçus.
Ce ne fut que dix ans plus lard que M. Hofmann, en étudiant les bases organiques contenues dans Thuile de goudron de houille (i), confirma les observations de Runge et 7 ajouta nombre de faits nouveaux; mais il fallut encore douze ans pour que ces réactions de laboratoire devinssent d'une application industrielle. La gloire en est due, d'une part, à un chimiste anglais, M. Perkin, qui, au commencement de 4856, isola la matière violetUy procréée dans les actions oxydantes sur Taniline, et fit l'examen de ses propriétés tinctoriales; d'autre part, à un chimiste-coloriste de Lyon, Verguin, qui, frappé du magnifique ronge qu'obtint M. Hofinann en 1858 par la réaction du bichlorure de carbone sur l'aniline à une température de 170 à 180'', s'empressa de tirer parti pour l'industrie de la soie de cette nouvelle couleur et parvint à l'obtenir dans des conditions convenables en substituant le bichlorure d'étain anhydre au bichlorure do carbone d'un prix beaucoup trop élevé.
La découverte de ces nouvelles matières tinctoriales produisit en tous pays une très-grande sensation. Les violets et les rouges d'aniline devinrent le sujet des études et des essais des savants et des praticiens; tous s'empressèrent de rechercher si les autres produits du goudron ne seraient pas susceptibles de donner naissance à des couleurs analogues, et leurs efibrts n'ont pas été sans résultats heureux. Le toluène, le xylène, le cumène, la quinoléîne, la naphtaline, l'acide phénique ont fourni des matières colorantes de diverses nuances, mais beaucoup de ces curieuses créations n'ont pu être efi'ectuées'dans des conditions suffisamment économiques pour passer dans le domaine de la pratique; elles sont restées dans les laboratoires avec l'intérêt scientifique qu'elles méritent.
Quoi qu'il en soit, l'éveil une fois donné, l'aniline est devenue en peu d'années le type des plus magnifiques développements industriels sous le rapport de la teinture et de l'impression. C'est donc avec une trèsgrande justice que la Société industrielle de Mulhouse a décerné, à la fin de 1864, une médaille d'honneur en or au vénérable chimiste Runge pour avoir le premier signalé l'importance de l'aniline comme base de couleurs d'un grand éclat (2), et quatre médailles d'or de plus petit module à MM. Béchamp, Perkin, Hofmann et Verguin, dont les travaux ont permis de donner à ces matières colorantes l'usage si étendu qu'elles ont trouvé dans ces derniers temps. Au moment de son vote, la Société de Mulhouse n'ignorait pas que Verguin venait de mourir; mais par un noble sentiment que tout le monde appréciera, elle a voulu
(0 Analyse chimique des bases organiques contenues dans PhuHe de goudron de houilie^ par A.-W. Hofmann (Giessen, 1843).
(2) Déjà en 1862, le jury de rExposition de Londres avait accordé à Runge, à l'unanimité, une médaille de mérite en souvenir de ses découvertes méconnues pendant si longtemps.
honorer la mémoire du chimiste qui avait été utile à son pays et perpétuer le souvenir delà reconnaissance des industriels français.
Le nombre de brevets pris, de mémoires ou notices publiés sur cette question depuis une douzaine d'années est tellement considérable qu'il serait impossible de les mentionner ici et de reproduire lous les faits curieux qui sont venus éclairer et étendre l'histoire scientifique et technique des couleurs artificielles (i). Vous les trouverez recueillis et condensés dans les ouvrages spéciaux de M. Château (2), de MM. Ch. Girard et G* de Laire (3), de MM. P. Bolley et E. Kopp (4).
Avant de vous parler en particuher de celles de ces matières qui sont devenues ou qui peuvent devenir d'un usage Journalier, Je vous donnerai rénumération de toutes celles qui ont été signalées :