DES ALLIAGES DU CUIVRE
di\-huit mois fui alteiot des synipl'îineB de l'empoisonnement pour avoir sucé la lustrine verte qui recouvrait l'édredon de son lit.
L'usage de toutes ce» couleurs arsenicales deTrait être proscrit, puisque les verts de eknme, Dolaoïment le tiert Quignet, peuvent les remplacer avantageusement.
SUITE DES MÉTAUX DE LA CINQUIÈME SECTION
SouHAinr. — Des alliages du cuivre i Laiton, Brome, Cuivre blanc «t Mailltcliarl. — De il fabricalian des épingles. — Clinquant et Oripeau. — Du Plomb ; se* nombreui usages, ses mines, son extraction. — Ses oxydes: Uaiticol, Lil/iarge. Minium. — Leur fabricstion st leurs emplois. — S«ls de plomb. — AioutG. — Carbonate.
Dea Alliage* dM ealfr*.
Les alliages du cuivre sont nombreux, et presque tous oITrenl d'immenses ressources aux aris et k l'économie domestique. Les principaux sont le Laiton, le Bronu, le Maillechorl.
\. LaltoB*. — En première ligue, il faut placer l'alliage du cuivre avec le zinc, qui porte les noms de Laiton, de Cuivre jaune. Il est d'une date presque aussi ancienne que le brome proprement dit, puisqu'il était utilisé par les Chinois avant que l'on sût écrire. CheE les Grecs et les Romains, on le regardait comme une espèce d'airain, qu'on appelait orickalque.
Il y a un grand nombre d'espèces de cuivre Jaune qui sont désirées par des noms particuliers; elles servent à faire une foule d'ustensiles de ménage, la plupart des instruments de physique, les cordes des instruments de musique, les devantures de magasins, les roulettes de lit, les truelles des matons, les épingles, les boutons, les faux bijoux, etc. Lee proportions du cuivre et du zinc varient à l'inflni, et parfois il s'y ajoute de petites quantités de plomb, de fer, d'élain, d'arsenic.
C'est ce que vous allez voir par le tableau suivant :
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DES LAITONS.
La couleur de loua ces alliages varie suivant les proportiong relatives des deux métaux essentiels. Plus il y a de cuivre, plus leur couleur le rapproche de celle de l'or. Ils sont d'ailleurs Irës-malléables et ductiles ù froid, cassants à chaud, plus Tusibles que le cuivre rouge, et moins altérables que ce dernier par le contact de l'air.
Les laitons proprement dits renferment très-fréquemment de l'arsenic, non pas seulement parce qu'on fait usage d'un sine arsenical, mais parce qu'on ajoute toujours aux deux métaux (uuivre el zinc) des débris de laiton ramaEsés de tous cOlés, et dans lesquels se trouvent des fragments de l'alliage désigné sous le nom de tombac. C'est à H. Loir, professeur de chimie à la Faculté des Ecionces de Lyon, qu'on doit la connaissance de ce fait si important pour la solulion de certaines questions de toxicologie relatives aux exhumations Juridiques,
C'est avec les laitons qui imitent le mieux l'or qu'on fabrique depuis longtemps, en France et en Angleterre, une foule d'objets ; flambeaux, garnitures de lampes, et une inDnité de meubles qui ont l'aspect de bronzes dorés. Après avoir bien décapé ces alliages, on les recouvre d'un vernis à la gomme laque, coloré en Jeune d'or par la gommegutte, l'aloés ou le curcuma. La fraîcheur de cette fausse dorure se maintient encore assez longtemps.
La tubrication du laiton s'exécute principalement à Liège, à Namur, dans le pays de Nuremberg, et en France, à Leigle, à Imphy (Nièvre),
à Rouen, à. Rc^nilly el à Niederbruck (Haut-Rhin). On opère maintenant presque partout, en fondant les deux métaux dans de grands creusets en terre, el coulant l'alliage entre des tables de granité. La figure ci-dessus représente le four ordinaire à laiton (fig. 04i). Il
est de forme ovoïde, avec ouverture centrale dans le haut pour le chargement des creusets. Ceux-ci, pouvant contenir de 15 à 20 kil. d'alliage^ sont placés sur une sole en briques, percée d'ouvertures par lesquelles pénètre la flamme du combustible. La giille du foyer est au-dessous.
Depuis 1834, M. Guérin, directeur de l'usine d'Imphy, a remplacé les creusets par un four à réverbère, ce qui permet de faire cinq fois plus d'ouvrage avec une grande économie de combustible.
Fabrication des épingles. — La moitié du laiton livré au commerce est employée à la confection du fil et des épingles. Celles-ci constituent une industrie très-importante, qui représentait, il y a une vingtaine d'années, une somme annuelle de 75 millions 4e francs, ce qui correspondait h plus de 225 milliards d'épingles (i). Ces chiffres sont singulièrement diminués depuis que le fil de fer s'est substitué en très-grande partie au fil de laiton pour les épingles communes. '
Je ne veux vous parler ici que des épinglesen laiton qui^ pour certains usages, tels que le travail des dentelles, la toilette des dames, l'emballage, etc., ne peuvent être remplacées par les épingles en fer qui s'oxydent trop vite. Cette industrie s'exerce surtout à Birmingham, en Angleterre, et en France, à RomiUy, Rugles et Laigle, aux confins des départements de l'Eure et de l'Orne.
Rien assurément n'est plus commun qu'une épingle, et cependant chacun de ces petits bouts de laiton, dont nous nous servons à tout instant sans trop savoir d'où ils viennent et comment ils sont obtenus, n'exige pas moins de quatorze opérations distinctes. Mais tel est le prodigieux résultat de la division du travail, que douze milliers d'épingles sont confectionnés par quatorze ouvriers pour la modique somme de 4 francs, c'est-à-dire que chaque épingle ne revient pas à quatre dix-nullièmes de centime ! Un atelier complet produit par jour environ cent milliers d'épingles de tous numéros.
Pres(iue partout aujourd'hui la fabrication des épingles s'opère par des moyens mécaniques, qui ont été introduits par M. David Bel, de Gand. On a donc des machines, dont l'une confectionne les tètes et coupe le fil de laiton, dont une autre fait les pointes, et dont une troisième fixe les épingles sur le papier.
La seule opération chimique qu'elles subissent, c'est leur blanchiment ou éta" mage. On les recouvre d'une couche mince d'étain, afin de préserver le laiton du contact de l'air, qui pourrait produire à sa surface du vert- de-gris, et surtout pour éviter cette odeur désagréable que l'alliage communique aux mains. Le blanchiment s'opère de la manière suivante :
On décape d'abord les bouts de laiton en les faisant bouillir pendant une demi-heure environ dans de la lie de vin ou de bière, ou dans une dissolution de crème de tartre. On place alors une couche d'épingles dans une bassine à fond plat ; on met par-dessus une couche d'étain pur en grenaille, et ensuite une couche de crème de tartre ; on remplit la bassine, en continuant ces couches superposées ; on verse doucement de l'eau sur le tout, et on fait bouillir pendant une heure ; au bout de ce temps les épingles sont parfaitement étaniéos.
Vous allez facilement comprendre comment ce résultat est obtenu. La crème de tartre est un sel acide, formé de potasse et d'acide tartriquc. Sous son influence, l'étain décompose l'eau, s'oxyde & ses dépens, en mettant l'hydrogène en liberté ; puis l*oxyde produit sature l'excès d'acido de la crème de tartre ; il se fait ainsi un tartrate double de potasse et de protoxyde d'étain. Le laiton, ou
(I) Les premières épingles furent faites en Angleterre en 1543. Quelle révolution industrielle s'est opérée depuis I Les dames se servaient auparavant de bûchettes de bois, d'ivoire, ou d'épines.