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DOUBLÉ OC PLAQUÉ

On trilure engemble ces matières avec uq peu d'eau pour en faire une pdte qui doit élre broyée jusqu'à ce que le mélange «oit bien homogène; od le conserve dans des vases en faïence ou en porcelaine pour qu'il ne soit pas altéré par la lumière.

Aujourd'hui on remplace avec avantage le chlorure par le cyanuri! d'ai^cnt.

On emploie aussi le chlorure d'ai^ent par la voie liumide, et ou procédé applique à l'argenture des épingle», agrafes, boucles, boulond el autres petits objets, a reçu des ouvriers le nom de bouilliloire. Il ; a encore dans les alelien une foule de recettes ù cet égard, mais toutes •e résument, en définitive, k rendre le chlorure d'aigenl soluble au moyen des chlorures alcalins, sel marin ou sel aoimoniaR, et ;i plonger dans les liqueurs bouillantes les pièces de cuivre bien décapées. OcIlesHri se recouvrent promplement d'une couche d'argent très-brillante, sans taches ni aspérités : on les lave ensuite avec soin et on h's sMie immédialement.

Si l'on brise une de ces pièces, on remarque que l'argent a iiénétré K" cuivre. Si quelque parlie se détériore ou se trouve aJlérée par les vapeurs d'hydrogène sulfuré, on peut laréparer facilement tans rctouchf'i' h toute la pièce; il suffit de la frotter avec de la pâle ou de la poudre <( blimchir, c'est-à dire avec le chlorure ou le cyanure d'argent.

Dans l'argenture jMii- immersion ou nu trempi', inaugurée, en IBi"'', parEIkinglon, el généralement subililnéc aux bouillitoires, on plong'^ les pièces décapées dans un bain bouillant de cyanure double de potassium et d'argent contenant S grammes d'argent par litre.

Mais c'est surtout Varge"tuTe galvaii'que qui est actuellement le procédé usuel. J'y vais revenir en vous parlant de la dorure.

lto«bI^ on Plsqu*. — Ce qu'on appelle le Doublé ou le Ptaqué e^l du cuivre recouvert d'une plaque d'argent destinée à remplacer l'argenture ordinaire, toujours asseï coûteuse en raison de son peu de solidité. Ce genre d'in*(tiistrie, anciennement connu des Caulois (!', et que l'Anglais Th. Golsowerlit revivre, en 1742, ù Slieffied, a été exploitû avec une grande perfection en France depuis les premières années du diK-ncuvièmc siècle. Kn <833, on exportail pour plus de ? millions de francs de plaqué fram^ais; de;iuis l'adoption des nouvelles méthodes d'argcutiire qui ont permis d'obtenir des résultats plus satisfaisants sous te double rapport de la perfection du travail el de l'économie, la fabricaliou du plaqué a diminué considérablement. Voici, du reste, comment on l'exécute :

(f) On ■ trouvé à Atisi;, Kujourd'liui Provins, de< objets d'airain ot de cuivrf plaqués d'argent, dont un porin le nom da t'artiste. On cnnnult égalnmeiit dc-^ agrafai en fer, damisquinérs d'araenl. confectionnées dans la Bourgogne. [V'iir mon D uxième Mémoire iiir det anali/^ts de plan'euri produtU iCarl d'une haute atligmlé, toc. dl.)

632 TRENTE-UUITIÈME LEÇON.

Après avoir choisi une plaque de cuivre du poids de iO kilogr. et de 2 centimètres environ d'épaisseur, on rend un de ses côtés parfaitement uni, et, à l'aide du laminoir, on Tétend à peu près au double de sa surface. On passe alors sur le côté poli une forte dissolution d'azotate d'ar- ;:ent, puis on applique dessus une plaque d'argent fin laminée, de manière à recouvrir entièrement le cuivre, et même à le déborder tout autour de 1 à 2 millimètres. On rabat cet excédant sur la surface non grattée du cuivre, de manière que l'argent ne peut ni glisser ni se séparer. On chauffe alors au rouge brun les deux plaques superposées, on les passe au laminoir pour chasser l'air qui se trouve entre les deux métaux, et les amener au degré d'amincissement convenable. C'est par la privation entière de l'air et la compression que les métaux adhèrent, sans soudure, entre eux, de manière à ne pouvoir plus être s5parés.

On plaque au degré de force qu'on désire, en donnant à la lame d'argent le dixième, le vingtième, le quarantième du poids primitif du cuivre. Pour plaquer au dixième, on applique sur le cuivre, qui pèse 10 kil. une lame d'argent du poids de i kil. Les deux métaux, laminés ensemble et réduits à l'épaisseur d'ennron i millimètre, conservent toujours le même rapport d'épaisseur, de sorte que l'argent est toujours le dixième de l épaisseur totale. On ne plaque pas plus bas qu'au quarantième.

Le plaqué d'or et de platine est fait de la même manière. Seulement la liqueur d*umorce consiste en une dissolu lien d'or ou de platine dans l'eau régale.

C'est par ces différents moyens, Vargentitre et le plaqué, qu'on est parvenu à multiplier les services que peut rendre l'argent. Il serait à désirer que l'usage de ce métal se répandît de plus en plus, surtout pour la préparation des aliments, en raison de son inaltérabilité et de son innocuité.

Si l'argent de vaisselle n'est pas altéré visiblement parla plupart des liquides ou des mets avec lesquels on peut le mettre en contact, ce ne serait pas, cependant, sans danger, qu'on mangerait des aliments ayant séjourné et s'étant refroidis dans des vases d'argent, surtout dans ceux au titre de 800/ 1 000. Une cuillère d'argent h ce titre, laissée pendant quelques heures dans une infusion sucrée de violettes ou de tilleul, suffit pour donner à ces liquides une saveur métallique désagréable et bien prononcée. (D'Arckt.)

Des !Vlellea. — !Viellas:e. — Je n'abandonnerai pas l'histoire de larpent sans vous apprendre comment on obtient ces belles incrustations noires sur fond blanc, qui servent à faire des tabatières, des garnitures, des dorures et d'autres objets d'ornement que la mode a remis en faveur dt\)uis plusieurs années. C'est ce qu'on appelle des Nielles.

Le NiELi^GE ou la NiELLURE cousistc à produire sur des objets en ar-

Dt' MELLAGE. 633

gent des dessins qui ne s'en détachent que par leur couleur foncée, puisqu'ils ne sont ni en relier ni en crcuv sur la pitcc mélallique. On pu-Tienl à ce résultat en gravant ou ciselant assez prorondémenl les dessins sur la plaque d'argent, et en remplissant entuite les traits de la graTure au moyen d'un émail noir. On obtient cet émail en Tondant dans un creuset 38 p:ii'tieg d'argent, 73 de cuivre, ËO de plomb, 36 de hcrax et 384 de soufre, coulant les sulfures dans re<iu, pulvérisant la grenaille noire et la lavant avec une dissolution faible de sel ammoniac, puis avec de l'eau légt'rement gommée.

On applique la nielle, en consistance de pâte, dans les creux de la plaque d'argent préiiaréc, et on le cliauffe jusqu'au rouge brun ; aussilAt que le mélange est bien fondu sans soiiltlures et qu'il fuit corps avec le métal, on relire la pièce du feu ; après son refroidissement, on fite à la lime douce la nielle qui dépasse les traits de la gravure, et on polit ensuite la surface par les moyens ordinaires. L'opposition de la teinte de la nielle avec celle de l'argent brillant produit ainsi de trèslieaux eifets. Vous voyez donc, en déBnitive, que la nielle n'est qu'un triple sulfure d'argent, de cuivre et de plomb incrusté dans une lame d'argent,

Ce mode de décoration, in ven lé parles Égyptienset IcsTschudes, ces nnciens mineurs de la Scylliie, longtemps avant l'ère clirélienne, cl devenu un art de prédilection dani l'Orient, paraît avoir été importé de Byianco en Italie vers le septième siècle : on l'employait particulièrement à orner les vases sacrés et les armes des cbevaliers. Les artistes italiens du quinzième siècle le pratiquèrent avec une rare perlection, mais la découverte delà gravure en taille-douce le fit abandonner jusqu'à ce que Uenvenuto Ccllini s'occupât de le ranimer, \en 1550. Mais bientôt il se dfcouragca, et les nielles retombèrent dans l'oubli. Toutefois, les Orientaux continuèrent ù les fabriquer dans des limites Irès-resireinles ; ils se bornaient h tracer des arabesques q^i'ils incrustaient sur l'or de leurs armes somptueuses.

Les Russes, qui reçurent les premières leçons sur l'art de nieller des ilysantins, à l'époque où les Barbares qui habitaient la Moscovie se conveptirenl au christianisme, faisaient aussi quelques petites pièces d'orfèvrerie niellée. On les recliercliait en Europe comme choses curieuses, malgré leur excessive grossièreté, lorsque Wagner et Mention ouvrirent à Paris, en 18 i(>, un atelier d'où sortirent tout à coup des nielles aussi remarquables que celles du quinzième siècle. Ces artistes ont misb profit les perfectionnements inouïs de la mécanique moderne pour imprimer sur l'argent la graioire qu'ils veulenl nieller, pour reproduire, par ce moyen, autant qu'il leur platl, le même décor, la même composition, et par conséquent réduire con si dé rablem en! le prii, Us ont commencé d'abord par faire les pièces que nous fournissait l'étranger ; leur supéi'iorilè a bientôt banni de France les labutièroa russes, qu'on s'obstine i nommer très improprement tabatières de platine.

Au reste, la fabrication des nielles en Russie n'a pas Timportance que l'on serait porté à lui attribuer; elle ne s'y exerce pas dans de grands ateliers ; de petits établissements sont consacrés à son exploitation dans la ville dé Vologda particulièrement, et sur une échelle en-, core plus restreinte à Toula, qui cependant leur donne son nom dans l'occident de TEurope.

De l'Or.

Importance de ce mf (al. — Idf es dei alehlmlatea. — Voici le métal qui, à toutes les époques de la civilisation, a toujours occupé le premier rang dans l'estime des hommes, et servi à représenter à leurs yeux la richesse et la puissance. La prééminence de l'or sur les aufrcs métaux provient non seulement de sa rareté, mais aussi de ses précieuses qualités. Pourvu d'une magnifique couleur, acquérant par lo poli un très-vif éclat, inaltérable par la plupart des agents, l'air, le roufre, les gaz, les acides, recevant toutes les formes avec une merveilleuse facilité, en raison de sa mollesse, de sa malléabilité et de sa ductilité, qui sont portées au pus haut degré, ses applications sont et peuvent être innombrables, soit pour la confection des ustensiles de premièn* nécessiié, soit pour les exigences du luxe le plus raffiné.

L'orfèvre et le joaillier le façonnent en vases, chaînes, bijoux, et s'en servent pour encliAsser les pierres précieuses, dont ils augmentent ainsi l'éclat et la beauté; le passementier et le fabricant de tissus l'assotient à leurs brillantes étofl'es de soie. On l'applique sur le bois, Ii^ carton, la porcelaine et certains métaux, tels que l'argent, le cuivre, le laiton. Garantis ainsi des influences destructives, les deux derniers sont bien plus durables, et peuvent, en quelque sorte, remplacer le métal dont ils reçoivent toute leur valeur.

Il n'est pas ôtonnant qu'un métal aussi précieux que l'or ait été l'objet des recherches les plus persévérantes des alchimistes, qui so flattaient sans cesse de pouvoir le créer dans leurs opérations, et d'en obtenir un remède universel. I^our les médecins arabes et les adeptes du moyen âge, l'or ou le soleil possédait des propriétés surnaturelle?. Ils le faisaient porter en amulettes pour égayer les mélancoliques, et comme préservatif de la lùpro. l/immcrsion du métal rouge de feu dans les tisanes suffisait pour leur communiquer une vertu cordiale. Pour restaurer les malades épuisés, ils leur edminlslraient le fameux bouillon iVot', qui consistait en un ducat cuit pendant vingt-quatn' heures avec une vieille poule ou un vieux coq, ou ils saupoudraient leurs mets de poudre d'or.

Ou ne saurait croire le nombre des préparations dites solaires^ doni, malgr.' leur nom et à cause de leur vicieuse confection, l'or ne faisait pas toujours réelleiiient partie. L'une des plus célèbres était la Liqueur (i*or ou les Gouttes d'ur du général Lamotte, si renommées sous

DE l'ob. (tay

Louis XV, qu'on les vendait un louis la goullel Mais de loulcs les TerEuB dont on l'avuit gralilii^, l'or, aux yeux des médcLiiis moderne;, n'en conserve plus que quelques unes sur la réalilé desquelles on n'élève aucun doule. Sa poudre, ses oxjdes el surtout son chlorure, soni utilisés avec succJ^s dans le traitement de la svpliijis, et en gémirai des affoclions lymphaliques.

HlataH^ac. — Les anciens Ijraieni l'or de l'Inde, du pays de Sofala sur la cûte oriciilalc de l'Afrique, de l'Arabie, du Caucase, de la. Thrace, de la Macédoine, del'l epagne, etc. Il était beaucoup plus couimun que l'argent dans les régions centrales de l'Asie, en Judée, etc., et on en fabriquait loules espèces de vase!<, d'ustensiles, de meublei^, de statues (i). Il devint de bonne lienre le signe représenlalif par excellence de la valeur des clinses ; toulefois ce ne fut que soua Darius le Mëde, do a60 a 536 ans avant Jésus-Oinal, qu'il fut monnayé : c'i>st pour cela que les piemiùrea pièces d'or frappi'es portèrent longtemps le nom de l'ariques: elles représentaient ï3 fr. de notre monnaie. C<: n'est qu'à l'époque do Philippe de Macédoine que les Grecs commonccrcnt à atoir des monnaies d'or qui furent connues sous le nom de stiité-e$, valant \'J francs.

Avant l'intention des monnaies, les métaux précieux, t'or cl l'.irgeiil étaient en barres ou en lingots plus ou moins forts el se vendaient au poids ; on les mettait dans une balance el on les pesait a\fc des pierres. C'était pour ce motif que les Iruliquants, chez les JuilV, portaient toujours à leur ceinture une balance et des pierres d'un cortain poid^.

l'ans tous les cas, l'or et l'argenl, dans toutes les Sociétés antiqur^, n'étaient pas des métaux pure ; ou les employait tels que la nature les donnait, en sorte que le litre de^- monnaies n'était pas Qxe cl i:tvariable comme il l'est depuis loni^lemps dans nos monnaies européennes.

Les nations, policées à un degré Ircs-avancé, qui occupaient les parties de l'Améiique découvertes au quinzième siècle, faisaient égale-

(I) Lu Liere dei Roîa nous apprend ijuo Salomoii reçut, dans une seule aiiuée, GUU talents d'or, ce qui fuii imUTlXi francs da notre mt>iiniiie, le talent d'iir valant «hXi fr. — Nous aavuns par l'Iiistorien Jo^ËpUe que, ilaiis la célÈbro leiuple de Jérusulem, duiit la plunclier, les murs et le tuit étaient revfiiui de laiiiL'^ d'nr, il y avait, outre l'urclie suinte . le cliandclier aux sept branclies, les 10 can Jùlatires, les autels, Ls itiéruuiiis en bois d'ulivïer couvert d'ur battu, IOih 0 lablos d'or cliargées de plus da lOJUUU va^ei divcra également d'ur. — Dans la paluis de &i.aiauii, dit la iliiinmiiu bot- du Lih'ia '1 I Aon, vu, 3], la principale salld reu. armait îuu grands buucliurs d'or Uatlu, composés cliacun de dÙ" piices du métal, et -,0J autres boucl en fabriqués do la ni6uie faton, mais d'uue moiii' graiiiie dimension. Enfin, ajuute lo Uuic des Rui-, s tous les vjsea ï biiire, teut les uatenailus du pulals éiaiuni on ur pur ; il ii'ea existait puiiit en argent ; on nu s'étonnait pas da cela au tunipa du S.iluiiion. a Juseplie, Aitliq. jud., I. VIII, c. III, § 7. — Lwre dm «yti, lil, vi, ïî;.

ment un emploi considérable de ces métaux et se livraient à leur recherche (I).

État aatnrel. — L'or est certainement un des métaux les plus répandus. 11 a une ubiquité qui ne le cède qu'à celle du fer; mais la nature, en le semant ainsi presque en tous lieux, pour ainsi parler, ne Ta distribué qu'avec une extrOme avarice. C'est là le secret de la cherlé qu'il a eue jusqu'à ce jour, et qu'il continuera vraisemblablemenl d'avoir jusqu'à la fin du monde, malgré la fécondité relative des gisements découverts, dans ces dernières années, en plusieurs régions de rancien et du nouveau monde.

N'ayant, au resle, que très-peu d'affinité pour les autres éléments^ l'or ne se trouve que sous trois états : natif, allié à quelques métaux (argent, palladium, rhodium, iridium\ ou combiné au tellure avec lequel il forme plusieurs espèces minérales distinctes, désignées sous les noms de : ot* graphique^ or de Nagyag, tellure natif, ^ Hure blanc.

L'or natif, qui est le plus commun, renferme toujours de l'argent ou du cuivre, quelquefois du fer. La présence du premier de ces métauv communique à l'or une teinte verdâtre, celle du second exalte sa couleur, celle du fer le rend bleuâtre. Les modifications de couleur sont plus ou moins intenses, selon la quantité des métaux étrangers.

Voici quelques exemples de l'impureté de l'or natif:

Localitt's. Or. Ar^ient. Cuirrc. Fer.

ScUabniwski fSibt^rie) 98,90 0,16 0,^b 0,5

Anamaboc (Afrique) 98,0G 1,39 0,15 »

Ilalhursl (Australie) 95,68 3,02 » O.K.

Californie (') 9M2 9,01 0,S7 >.

Llano (Améri'iuc méridionale 88,58 1 1,42 » »•

Ojas Anclias (Mexique) 8i,50 15,50 » >.

Monts Durais :0,«6 28,30 0,84

\orospatak (Transylvanie Gl,30 38,70 r> »

(I) Après des pertes énormes de leur butin dans les combats qu'ils livrèrent aux Mexicains, Fernand Cortez et ses soldats purent encore fondre 2f)00 marcs d'or conquis sur les indigènes, sans compter les boucliers d'or qu'ils conservèrent pour Charles V. — Au Pérou, la rançon d'Atahualpa produisit en lingots d'or, 50890625 francs. Cet or provenait de la décoration des temples et des palais de l'Inca à Cusco et à Quito. Le pillage de Cusco rapporta 70 millions de francs dont 14 millions pour l'empereur Charles V et le reste pour les quatre cent quatre vingts conquérants. — Ferdinand Pizarre porta en E-pagne en I53i, pour la part de Charles V, 15530 ) pesos d'or (3^8'250;) francs), et 5400 marcs d'argent, outre les vases et ornements d'or et d'argent, destinés au trésor royal, et pour des particuliers 49)000 pesos d'or (i24"50n0 fi-ancs\ et 5i0a» marcs d'argent. 'Duc d-^ Luynes, Infu^rie des métaux précieux. — Travaux de la ComntiHsion française de l'Exposition universelle de I8M.)

(V) L'or de la Californie contient 1 pour 100 d'iridium, ce qui lui fait subir une d^^préoiation de I.) fr. par kilogr., à Londres. A Pari-*, M. Poisat a élevé à 12 fr. p{»r kilogr au lieu de 6, les frais d'affinage pour l'or de cette provenance. La p<^N«oncc de l'iridium dans l'or cause des difficultés pour le monnayage et la bijonlerlo, et rend le titrage des matières d'or tout à fait inexact.

DE l'or. 637

L'or natif >e montre dsni troî> positions géologiques difTérentes : formant des glles particulier», faisant partie de dépOta roétallirtres, disséminé dans des tables.

1. On le trouve en fllong dans les rocheE ciistallines, ayant ordinairement le quartz pour gangue. Il eil alors eu grains, en ramlflcatious «t en cristaux cubiques ou octaédriques. Les pays qui l'offrent aloû sont peu nombreux et peu productifs; ce sont quelques provinces du Pérou, du Mexique, de la Nouvelle-Grenade, du Brésil (I), le pays de Natal dans l'intérieur de l'Afrique, le mont Rose en Piémont, le pays de Salzbourg, puis la (lardette, vallée d'Oisans, en Dauphiné: uelti! dernière mine d'or, la seule connue en France, fut exploitée, avant la Aévolulion.parlecomtede Provence, depuis Louis XVIJI,qui y dépensa 27000 fr., pour n'en retirer qu'un produit de 8000 îr. Les travaux ont été repris en 1837.

2. Plus fréquemment, l'or existe, mais d'une mani<^re accidentelle, dans les mines d argent de la Hongrie, de la Transylvanie, du Ty roi, du Pérou, de ta Nouvelle-Grenade, du Mexique, dans les mines de cuivre du llan et de la Suède, dans les pyrites de fer du Piémont, de Freyberg en Saxe, de Bérésovslt en Sibérie, de Harmalo dans la Nouvelle-Grenade. Dans ces divera gîtes métallifères, nommés, pour celte raisou, aurifém, et qu'on exploite surtout comme mines d'or, le métal précieux est disséminé en particules invisibles , ou en parcelles et cristaux.

'i. Mais c'est surtout dans certains terrains d'atluvion ou dans des sables de transport, que se trouve la plus grande partie de l'or connu à la surface du globe. Ces sables aurifères proviennent de la désagri'gation de roches cristallines, cl leurs principaux gisements se rencontrent au Brésil, au Choco, au Chili, en Colombie, à la Guyane française, au Mexique (notamment dans les provinces de Sonora el de Sinaloa}, en Chine, dans tes vastes plaines du Décan, du Bengale, du royaume de Golconde dans les Indes, dans les lies de l'Archipel, de rindo-Cbino et de la Sonde, dans l'intérieur de l'Afrique [Cordofan, Sud du grand désert de Sahara, province de Sous au Maroc, Guinée, Bcmbpuck au Sénég.il (2)].

Mais les dépôts arénacês, sans contredit, les plus étendus et les plus productila sont ccu\ des monts Durais et Altaï, en Sibérie, et surtout ceux qu'on a découverts, à partir de 1848, en Californie (3), en Aus-

(1) L> seule mine d'or considénble exploitée «ujourdliai au Brésil est cette de SUnt-Jean del Rey, qui, depuis 1831, est entre le* main* d'une compagnie anglaise.

{I) Le nom de Cile-d'Or donna à l'Atriqu?, et celai de Guinée qu'a porté longtemps k monnaie anglaise, montrent que l'Europe tira Jadis, et de temps immémorial, de l'or de cette pai-tie du monde.

(S) L'or de la Californie occupa un vaste espace. D'après H. Laiir, c'est un grand rectangle dont la surface presque entière est eouferte par des terniiM

(rulie (Oi dans la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande, dans la Colombie unglaise, au Cariboo sur les bords du Frazer. Ces riches gisemeaU ont atliré les aventuriers de tous les pays et sont exploités avec une tr(!^s-grande nclivité.

C'est babifuellement sous forme de paillettes ou de petits grains arrondis que l'or est disséminé dans les sables ; souvent ces grains ont la grosseur d'une noisette; plus rarement ils ont un volume plus considérable ; alors ils sont désignés par les mineur.^ sous le nom de p^pUes. Ou a signalé des pépites du poids de plusieurs ki'ogrammes: 3 kil'^g. en Californie ; io kilog. t/2 dans les monts Ourals; 11 kilog. dans la Nouvelle-Galles du Sud ; 12 kilog. au Pétou ; 30 kilog. à Miassk, dans l'Oural; 48 kilog en Australie; 50 kilog. à Quito; 67 kilog. à Port- Philipps, en Australie. Cette dernière pépite, représentant une valeur d'environ î>2500o fr., a été rencontrée en juillet iS^^.

Il y a des rivières et des fleuves qui charrient de l'or : ce sont ceux qui sortent des terrains cristallins, ou qui roulent leurs eaux sur une jrrande étendue de ces terrains. En France, on cite surtout : le Rhin, le Rhône etl'Arve qui descendent des Alpes; l'Arièpe, la Garonne, le Sal it qui descendent des Pyrénées ; l'Ardéche, la Cèze, le Gardon et l'Hérault qui ont leurs sources dans les Cévennes. On connaît de pareils cours d'eau aurifères en Espagne, en Piémont, en Allemagne, etc. l.cs hommes, dont l'unique occupation est de recueillir cet or, sont nommé orpailleurs ou pailloieurs. Dans les édits royaux, de f.ouis XI à

diluviens aurifères, tandis que son sol est traversé en son milieu et sur toute .sa longueur par un puissant filon de quartz contenant plus ou moins d'or. La superficie totale de cette zone de l'or est de 19000 kilomètres carrés environ.

(I) Ce fat le 2 mai 1851, le lendemain du Jour où fut ouverte l'Exposition universelle de Londres, que la nouvelle officielle et certaine de l'existence do t;Ues aurifiTt^s en Australie fut rendue publique à Sydney, capitale de la Nouvelle-Galles du Sud. C'est un nommé Hargraves qui, à son retour de la Californie, fut frappé de certaines analogies géologiques entre les deux contrées, et signala, & la suite de recherches et d'études intelligentes, les gisements aurifères. Le gouvernement colonial lui adjugea une récompense de 10000 livres sterling (2501)00 fr.). C'est à Batliurst, bourgade voisine de la crique de Summer-HilT et de la rivière Macquarie, qu'on commença l'exploitation, qui s'étei dit bientôt dans toute la province de Sydney. Peu de temps après, le mont Alexandre et Dallarat, dans l'Australie Heureuse ou Victoria (capitale Melbourne), ne tardèrent pas à rivaliser avec la Nouvelle-Galles et à la dépasser, bien que. dans cette lutte de richesses Sydney produisit un jour un niggci (pépite) de 48 kilogr. L'ensemble des renseignements accuse la présence de l'or dans ces deux provinces sur une surface de VO milles carrés; et des calculs partant nécessairement d'une, bane inex-^cte, dit M. de Blosseville, évaluent la richesse des gisements à 26 milliards sterling (0 lO milliards de francs).

Voici la somme d'or déversée par l'Australie dans la circulation, d'après les chiffres du Compte-rendu officiel des Colonies :

En 1857, la Nouvelle Galles a exporté pour une valeur de 223212 livres sterling, et le Victoria pour 11028' 88 livres.

Le Victoria seul, de 1851 au IS juin I8.18, a produit 63107478 livres, ce qui donne 15776861)50 francs d'or en sept ans*

DE l'or. 639

l^ouii XIV, ils étaient désignes sous le nom d'anriers et de cueilloirs de jtall'Oles d'or.

11 7 a bien longtemps que ce genre de travail est pratiqué en France, puisque Pline, Strnbon, Diodore de Sicile mentionnent que le BhAne et quelques ouircs rivières des Gaules dépos:iient sur leurs bords, après des crues subites, des sables aurifères dont tes Gaulois savaient eNtruire de l'or sous forme de paillettes. II est certain que la France fournissait aulrerois -une assez grande quantité de ce mêlai, puisque les Romains l'avaient nommée Galba aurifera (la Gaule aurifère).

Les anciens tirées exploitaient, pour le mOme moliT, les nombreuaca rivières de la Thessalie, de la Macédoine, de la Servie, de la Bosnie (1], cl, du temps de Pline, le Tage en Portugal, le Pô en Italie, l'Ilëbre en Tbrice, le tjange dans l'Inde, fournissaient de l'or. Le plus grand fleuve de la Chine, le Ymig-isc-Ktang, qui descend des monlagnes du Thibel, porte dans ces régions, depuis un temps immémorial, le nom de jleuve d'or, tant les sables de son lit sont riches de ce métal. Presque tous les fleuves du Japon en charrient aussi, et souvent, à la marée basse, le rivage en est parsemé.

C'est un assez triste métier, au reste, que celui des orpailleurs, en raison de la minime quantité de métal précieux qui existe ordinairement dans les sables de rivière. M. Daubrée nous apprend que, dans les gîtes de prédilection de la vallée du Rhin, il faut communément remuer et laver 7 millions de Itil. de sable, c'est-à-dire une masse de 4000 mètres cubes,' pour avoir 1 kilog. d'or, valant un peu plus de 3000 fir. La production de l'or ne s'élève, entre BSIe et Manheim, qu'A la somme de 4^000 fr. par an. Les paillettes d'or disséminées dans les •ibtes de rivière sont ordinairement d'une ténuité extrême ; il en faut de t^ & S2 pour faircun milligramme. Ainsi, pour former I kilog. d'or, il faut 17 k Ti millions de ces paillettes.

Les sables qu'on lave en Sibérie rendent en moyenne S fois autant d'or que les alluvions les plus riches du Hhin. Dans l'Oural et l'Altaï, on a rencontré des sables qui rendent 1300 fois plus d'or que ces dernières. En Californie et en Australie, les sables des plarers et des diggings sont peut-ûiro encore plus riclies. C'est ce qui explique pourquoi un grand flot de population s'est porté vers ces régions, tandis que ce n'est qu'une poignée de pauvres gens qui clierchenl l'or dans la vallée

(l)DesbDh^miL-nBie sont, emparés des anciennes Isvorit^s de rHsIlaeinon, sur le revers orionial du Pindo. Pouqueville los » vus opérer soit par le triage k lamain.soit en plaçant dans la rivièrv de vieilles cuuverturesen taîne 6' des toi' ■ons pour arritur les paillettes d'or au passage. Il est évident que ce procédé, analogue ï celui des peuples du Caucase, décrit par Appien, nous ramène aux Argonanlea, et il est intéresunC do voir eijiliquor le myihc de Jason iH de sa toison d'or par les méiliodes de quelques nomades coiiicmporaiiis. (Foumet, h-:.ci'.. p. s;».)

TRENTE-HUITIÈME LEçnN.

mollis Durais, latL-rmojeiiciibcs de sable pour atoic

ilu llhin. Cependant il Tout encore, dar nemcnt près de 400000 kîl. ou 200 m.

I kil. d'or.

Estractian, — L'exlraclion de l'or des sables aurirfircs cïl des plu^ gimplcB, puisqu'elle i^onsisle eu ua simple lavage, basé sur la ^ande densité du métal comparée à celle des malières terreuses ou slliceust^r qui l'accompagnent. Ce lavage a'e\écuta, dès l'origine, dans lea Inde^, puis en Égj-pte, ainsi qu'on le voit Bguré sur les murailles det temples de celle antique région, à l'aide des mOmes moyens que ceux qu'emploient encore de nos jours les orpailleurs des bords du Rhin, les nègres de l'AI'rique et du Brésil, les Cosaques de l'Oural, les cbercheui^ d'or de la Calirornie el de l'AusIralie.

En agitant lea sables avec de l'eau dans des sébiles de bois ou du corne^ d'une Torme ovoïde, ou bien eu les Taisanl tomber, avec l'eau, sur des tables inclinées recouvertes de peaux pounuet de leurs poiU, et plus simplement de drap {Jig, 6Uf)\ l'or s'accumule au fond di<9

sébiles ou s'nrn?te sur les pcuux, sur la drop. Le nom de Poruna donné au\ sébiles adoptées pour celle opération est d'origine indienne. Lorsquel'or est engagé dans des roches quartzeuses, il faut les brojer, les réduire en sable pour pouvuir en elTocluer le lavage, l.a figure 70fi vous montre comment s'olTcctue, d'une manière bien grossière, co tilde travailla la Nouvelle-Grenade el dans lea autres régions de l'Amérique du Sud. Les trois nuira qui opt'rent dans cet atelier en plein vent, et avec leurs mains, peuvent li peine lû\i:r lUO kilngr, de minerai dans leur journée.

La poudre d'or qu'on obtient por ces lavagns relient encore plus ou moins de sable. On l'agite avec ti fois enriron son poids de mercure qui dissout le métal précieux. On exprime ensuite l'amalgame isolé

P4- na.

dlBI lAillléni|U« CtpagMlf.

pour séparer l'excès de mercure, et on le soumet ii la distilklion dans des appareils disposés de manière à recueillir les vapeurs mercurielles. I/orqui reste ne contient plus qu'un peu d'argent.

En Californie et en Australie, on a substilué au procédé tout à fait primîlîf des Indiens et des modernes llispano-Américains, dont il vient d'être question, des machines appropriées qui pemielleut d'extraire très-rapidement l'or des roches quarlzeuses qui le rcnfermenl. L'une des meilleures, imaginée par un nommé Berdan, de New-York, broie, lave et amalgame le minerai du mCme coup. J'en uicls le dessin sous vos yeux ((îg. 701).

11 vous est facile de voir qu'elle consiste essentiellement en quatre bassins en fonte réunis sur un même bâti en bois. Chaque bassin a i^,lO de diamètre el O'ijSS de profondeur, e1 reçoit un mouvement de rotation d'un moteur quelconque. On j inti-oduit du mercure, le minerai en morceaux de la grosseur du poing, et deux globes en fonte d'un poids considérable pour faire fonction de pilon. Par leur rotation et les chocs qu'ils impriment aux fragments de minerai, les globes ne lardent pas à le réduire en poudre impalpable. Pendant le travail, un fllel d'eau tombe constammeni dans chaque bassin, en m<!me temps qu'un petit fourneau permet d'en cbautTer le fond par-

GlKltlIDII. — II. i\

Ui2 TRENTE-HUITIÈME LEÇON.

dessous. La poudre produite se délaye dans l'eau et yresl^en suspension, tandis que les parcelles d'or tombent dans le mercure et s'y dissolvent. Les particules pierreuses les plus fines, se trouvant i la

surface du liquide, s'échappent hors des bassins par dus orifices ménagés dans te haut.

Chaque bassin permet de traiter de 5 à (iOOO kilogr. de minerai dur par 24 heures, et exige une furce molrice de si\ chevaux. Od assure que l'exlraclion de l'or par cetle méthode est tellement supérieure à i-e qu'on obtient communément des meilleure procédés anciens, que les l'ésidus des lavages ordinaires rendent, dans la machine de Bcrdan, plus d'or qu'on n'en a\iàl retiré du minerai vierge à la première opération.

Grâce au génie industrieux des mineurs de la Californie et de l'Australie, on lave avec avantage maintenant des sables dont le rendemeni n'est que d'un quatre millionième, c'est-à-dire un kilogr. d'or par i millions de kilogr, de sables. Et tandis qu'à l'origine, le lavage d'un mùtre cube cofllait 75 fr., il ne revient plus aujourd'hui qu'ù 3 cenlimes, d'aprt's M. I.aur (<).

Dans plusieurs contrées, on eiiploite les sulfures de cuivre, de plomb, d'argent, qui renferment assez d'or pour couvrir les frais du travail. Il y a des minerais aurifères dans lesquels la proportion de l'or ne s'éléif pas il ) . aiMHHMl", et qui cependant sont traités avec avantage,

(1, Les trois nioiles pratiqués on Auau-alie pour l'c%ploiutioo des ghva aurifères ont des iiuiiia distincts :

Fouiller le fuiid des rivières, en agilcr le gracier et la vase soit daua une sébile, comme noi orpailleurs ou ravageurs, soit dans uue macliine tabriquir il col effet, c'est ce <|u*o]i noniine ivaMng ;

Creuser ia lerro sèche ot en transporter des monceaux *ux rivières, pu amener l'eau dans des trous, c'est ce qu'on appelle lirij-iliyying ;

KnHii brUer le quartz et réduire en poudre des masses de minerai dur au moyen du mactiines appropriées, c'est là ca qu'oi) désigne sous le nom àf

AFFINAGE DE l'oR. 643

Tanlôl, après avoir grille ces sulfures, on les fond pour rassembler lui' dans une masse métallique moins considérable, et on grilic de nouveau les mattes qui en proviennciil. Puis on les fond avec une sufHsanle quautité du plomb, et on obtient du plumb d'œuvre aurifère, que l'on soumet ù la coupellalion,

TanliH aussi on a recours au procédé d' amalgama lion, ainsi que cela se pratique pour l'exlraclion de l'argent. On agite le minerai pulvérisé, avec de l'eau, du mercure et des disques de fer, dans des tonneaux qui tournent sur leur axe. Les sulfures se divisent dans l'eau et j restent suspendus, tandis que l'or se précipite à l'état d'une poudre Irèsfino, et s'unit au mercure. L'amalgame, lavé et comprimé, est soumis ensuite à la distillation. T'est ainsi qu'on opère dans plusieurs endroits du Piémont, de la Basse-Hongrie, du Tyroj.

Mais, dans ce dernier p.iys, on se sert d'espèces de moulins en fonte {fig. 702), disposés en étages les uns au-dessus dus autres, au fond des-

quels on met une certaine quanlilé de mercure, les pyrites, réduites CD poudre fine, arrivent en suspension dans de l'eau, et sont agitées par la meule en bois de chaque moulin ; cela mot chaque parcelle en contact avec le mercure qui s'approprie le peu d'or qui s'y trouve. Lorsque les mi}mes pyrites ont passé ainsi dans toute la batterie des moulins, cites en sortent épuisées d'or.

Àrâna|[c. — Dépmrt. ■— L'or provenant de l'affînage par le plomb conlicnt presque toujours de l'argcnl, du cuivre, du fer et do l'élain. Celui obteim par amalgamation ne conlicnt que de l'argent. Pour féparer le cuivre, le fer et l'élain, on fond le mêlai impur avec du nilrc, qui oxyde ces trois métaux élrangeiï. Mais, pour le séparer de l'argent, on a recours A l'opération qu'on nomme Départ.

Le départ (ainsi nommé du vieux mot dépaiiir^ pour séparei) est fondé sur l'insolubilité du premier de ces métaux dans les acides.

Ce fut dans les siècles des Croisades que Ton connut et que l'on employa les acides minéraux pour séparer Tor d'avec l'argent (i). On appela eau-forte la solution dans l'eau de l'acide azotique, qui fut d'abord employée à cette opération, à cause de l'action énergique qu'elle exerce sur l'argent, lorsqu'on veut le séparer de l'or. Il se faisait de l'azotate d'argent, et l'or restait dans les vases sous la forme d'une poudre brune, que l'on convertissait ensuite en lingots par la fusion. Dominique lloncsli, Génois, obtint, le 18 septembre 1403, des lettres portant la permission de former à Paris un établissement pour dépmiir l'or et l'argent.

Aujourd'hui on opère l'affinage d'une manière plus économique, en remplaçant l'acide azotique par l'acide sulfurique, ainsi qu'Agricola le faisait déjà au commencement du seizième siècle. C'est M. Serbat, alors essa>eur à la Monnaie de Paris, qui a fait adopter, en 1825, ce nouveau mode, qui procure l'argent et l'or dans un état presque absolu de pureté. L'alliage réduit en grenaille est traité dans des vases de platine par de l'acide sulfurique concentré et bouillant. Il se produit du sulfate acide d'argent, qui reste en dissolution, tandis que l'or se dépose. On décante la liqueur à deux ou trois reprises, on lave le résidu d'or avec soin (2), puis on le fond et on le coule en lingots.

Quant au sulfate acide d'argent, on en isole le métal en jetant dans la dissolution des feuilles de cuivre ayant servi au doublage des vaisseaux. L'argent se dépose sous forme d'une mousse cristalline d'un gris blanchâtre [chaux d'argent des ouvriers), qu'on lave, qu'on fond et qu'on coule en lingots.

L'affinage de l'or et de l'argent, au moyen des vases de platine, dans le département de la Seine, livre annuellement à la banque, aux spéculations particulières, à la Monnaie et au commerce, une valeur de 200 millions de francs et plus. C'est à Helleville près Paris que l'aflinagc

(1) Avant cette époque, on employait dans la plupart des hôtels de monnaies de l'Europe, sous le nom de cément royal, un procédé qu'on trouve décrit dans Pline et qui était connu depuis longtemps. Voici comment s'exprime l'encyclopédiste romain : « On met avec l'or, dans un vase de terre, 2 parties de sel commun, 3 parties de nti/si (sulfate de fer ou de cuivre^ et de nouveau 2 parties d'un au Ire sel (salpêtre, sans doute) et 1 partie d'une pierre appelée schùte (argile); on expose ce vase à l'action du feu ; alors le mélange s'empare de tout ce qui est étranger à l'or, (|ui demeure pur. » (Pline, lib. XXXIII, c. x\\./

Avec les ingrédients dont parle Pline, l'argent était converti en chlorure fusible (jui restait dans les matières terreuses plus ou moins vitrifiées surnageant le bain d'or purifié. Ce n'était pas assurément une méthode économique, mais elle était rationnelle, et elle n'a cessé d'être suivie qu'au moment de la découverte du départ au moyen de l'eau forte, dans le douzième ou le treizième siècle de notre ère.

(2) Cette poussièi*e d'or, très-ténue, est souvent employée par les doreurs sur porcelaine; on la connaît, dan^ leurs ateliers, sous le nom d'or en chaux.

ALLIAGES Don. 645

au mofcn des vases de plalinc a été d'abord cvploilé en grand par un noninié I.ebel.

A Paris, les affîneurs d'or prélèvent pour les fiais d'arfinage S Dr. par kîlog. d'or el 3'',*o par kilog. d'argenl conlenant de l'or, que l'on nomme Dore; mais, dans ce dernier cas, il est fuil remise de îf'.IOeur le prix du kilog. d'argent fin : ainsi l'affinage ne coule, en réalité, que I'',3:i par kilog. Les lingots conlenanl moins de iOO/lUOO" d'or sont considérés comme d'iré, cenx an-dessus comme or.

1,0 proet'dé d'affinage par l'acide sulfurique a été appliqué, il y a une trentaine d'années, au Irailemenf des anciennes monnaies d'argent qui renrermuient une notable quantité d'or. I.cs vieux écus de 6 livres en contenaient une proporlion que l'on a évaluée à 17 francs pour une somme de 1000 fr. de celle monnaie. Il y a^ ait donc un grand bénéfice à réaliser dans leur refonte. M. Serbat peut revendiquer, ajuste titre, une large part dans les services que l'industrip ilo l'uriinage a rendus au pevs.

Prodadion aiiBBclle de I'»r. — Quoiqu'il soit exIrCmemenl difncîle d'évaluer d'une manière exacte la produclioir totale de l'or à la surface de la terre. Je vous présenterai,- d'après les slalistiques les plus récentes et les plus autorisées, les cliifTres qui représentent celle production à trots époques bien distinctes :

Produetiun lanudlr en trinci.

Kn 14!!!, iTini 1» découverte <le i'Amériiiue lî milliards 100 millions.

En 1818, tvan't la découverte des placera de la Californie Il) — 511 —

En I8tî 40 — bil —

Vous voyez qu'en quatorze ans la pi-oduction de l'or a plus que doublé par suite de l'cxploiialion ardente de tous les nouveaux glles aurifères découverts coup sur coup en tant d'endroils des Amériques et de rOcéanie.

Le kilogramme d'or pur vaut 3f4t'',44; mais, avec la retenue du change, on ne le paye que 3437'',77cenl.L'orà !100/IOOO" vaut 3100 fr., mais, avec la retenue du change, 309t Ît. seulement (tarif du ("octobre I8i»).

Allla(«a <i*or. — L'or, étant encore plus mou que l'argent, a besoin d'élre allié au cuivre, pour pouvoir être converti en monnaie, ustensiles el bijoux. Voici dam quelles proportions les deux métaux sont combinés, d'après la loi :

Or. Caiin. Tilrc. Tol^nn».

Honnue de Fiance... 000 100 soo/ioiio .!/iOOO au-deisuB et tu des- Hédailles 916 84 916/1000 f soui du titra légsl.

ï.i.»u.«..«n.ii... (S uo î'SKj'';»^ ■;;-j2T,.ï,'''r.;

{•M ÎM 150/1000 " "ï • P" de '""■« «uffij,», ISO !U> liO/lOOoJ P'"""-

6i6 TRENTE-HUITIÈME LEÇON.

11 y a ici une remarque à faire : c est que, comme l'or natif contient toujours un peu d'argent qu'on ne pourrait séparer avec avantage, il s'ensuit que cet argent fait nécessairement partie des monnaies et de tous les ouvrages en or. Cette quantité d'argent est considérée par la loi comme du cuivre, et elle n'en tient aucun compte.

L'alliage pour les bijoux ordinaires, qui renferme 25 p. <00 de cuivre, se ternit assez souvent par l'usage et prend un aspect sale, ce qui provient de l'oxydation du cuivre. On peut lui rendre son éclat primitif en le lavant avec un peu d'ammoniaque caustique.

Essais des alliaf^es 4*or. — Tous les alliages d'or et de cuivre, mis dans le commerce, sont soumis au contrôle comme les alliages d'argent. Pour reconnaître la qualité et déterminer le titre des monnaies, des bijoux et des ustensiles d'or, les essayeurs font usage de la coupellalion avec le plomb, comme pour les ustensiles et objets d'argent et de cuivre. Mais comme on doit toujours y supposer de l'argent, et qu'ils n'en contiennent jamais que très-peu, il faut combiner les alliages d'or avec une certaine quantité d'argent, en même temps qu'on les coupelle, et traiter ensuite le bouton d'essai par l'acide azotique, opérations qni prennent; la première, le nom àHnquartaiion, et la dernière le nom de départ. Par ce moyen, on parvient à dissoudre et l'argent qu'on a ajouté, et celui qui fait partie de l'alliage, tandis qu'autrement, l'argent de l'alliage étant enveloppé d'or, il n'y aurait tout au plus que celui de la surface qui se dissoudrait. Dans tous le? cas, l'or reste intact.

Les essais d'or sont toujours faits sur 50 centigrammes; mais la quantité de plomb et d'argeni qu'on ajoute varie en raison du titre de Ter. La quantité d'argent doit être à peu près trois fois celle de l'or présumée dans ralliage. (Juant A la quantité de plomb, elle croît avec la quantité de cuivre. Voici les proportions employées habituellement :

Par 1 \î grain, des alliages suivants, oa emploie : en argent et en plomb pur.

I " Monnaie au titre de 900/ 1000 1»%35 1 gram.

2« Or au titre de 990/1 OîK) I ,35 4

3" Or au titre do 750/1000 * 1 ,35 10

Voici comment l'on procède à un essai de ce genre. Je prendrai comme exemple l'analyse d'une pièce de 20 francs.

Lorsque la coupelle est A 30 ou 32° du pyromètre de Wedgwood, l'on y met 7 grammes de plomb pur, et lorsque le plomb est découvert, l'on y ajoute t/2 gramme d'or et t?%3.') d'argent fin, enveloppés tous deux dans le même cornet de papier. Tous les phénomènes que j'ai décrits précédemment s'observent encore ici, et l'on reconnaît aux mêmes signes que l'^opération est terminée. On la conduit donc comme une simple coupellalion d'argent ; seulement, comme l'essai n'est point sujet a rocher, Ton se dispense, au moment où il est près de passer, de rappi-ocher la coupelle de l'ouverture de la moufle.

KSSAIS DES ALLIACES U OH.

(ii7

I.a coupellalion élanl raite et le boulon brossé par-dossous avec if gratle-broMc, on l'apktil sur une endume avec un marleau, on le reruit, c'esl-i-dire qu'on le chaulTc au rouge, pour qu'il n •■n passant au laminoir, on le lamine de manière à oblctiir une lame de :n teiilièmes de millimêlre d'épaisseur, on le recuil de nouveau, et on le roule en Torme de cornel {fig. ~(I3),

Ce cornel es! alors inlroduit, avec "ÏÛ à 72 grammes d'acide azotique à SS°, dans un pc^tît matras pyriTorme â long col (fig. IH), d'une capadtÉ de 0 à 10 cenlililres, chauITé au moyen de cendres chaudes ou d'un bec de gaz.

Après 22 minutes d'ébullilion, on dél'anle la liqueur e( on y substitue :10 il 3G grummea d'acide axolique à ;J2° pour enlever les dernières (races de l'argent ; apK-s 10 minutes d'ébuililion,on fait un second traitemcnl par

Fig. MS.

Gi8

TRENTE-HUlTlfeME LEÇON.

. — E,E,4l>g(Ki|KiiirpliccrlF> mitruiprtt l'tbullilion. — 1^, Ou i'. — G, lUtoD à r>u dilLillé^p — 9, fljicoii r««T«iil U lîqMnr idde provCDWl le du corncl. — H', ulrc puur recueillir 1» lii|ii«ur prortnut dei itat tniiMpuih fit l'uide à tl'. — H', Min pour nccinlr Iti oui de Uti|^ du

rempiil le malras d'eau el o

l'acide à 33°, cnlîn on remplace l'acide par de l'eau distillée, cl, après plusieurs lavages, on relire avec précauUon le cornet. Pour cela, on 1 le renverse, en recevant Bon col dans un petit creuset de lerre, où, par ce moyen, le cornel descend toujours, sans se briser; enfla, relevant adroitement le col du matras, décanlatit l'eau du creusel, el plaçant celuî-fi sur des cendres chaudes pour vaporiser la majeure partie de son humi' dite, il ne s'agil plus que de le faire

Fig 3» — ijHip* de I appucit /%■ IBl . — Uttru d'e«»ïciir chul

rougir dans la mouHe pour lui donner de la cohésion. On le pèse aprt-s son rorroidisscmenl.

Dans l'HOIcI des Monnaies de Paris, où l'on fait un Irès-grand nombre d'essais à la fois, on fait usage d'un fourneau à gai représenté par les ligures 70S et 706, imaginé par MU, Péligot el Levol.

Ëpraaia à l« plcpfa 4e toMch*. — On se contente souvent, dan» le commerce, de déterminer approximsiivement le titre des alliages d'or el de cuivre par l'épreuve 6 la ptnre de touclte. Ce mode d'essai.

ESSArS DES ALLIAGES DOR.

di-jà en usage chez les Orcc» el les Romains bien avant l'ùre chrélienne, ai surtoiil pratiqué parles essayeurs, les orrévrcs elles bijoutière, pour fixer à tO ou 20 millii''mcs près le titre des bijoux el des antres objc^ts qu'on ne peut pas soumettre à la coupcllalion i moins de les détruire.

Ilans l'origine, la pierre de touche était un scbisle siliceux d'un beau noir, compacte el Torl dur, en morceaux roulés et arrondis par les eaux h la manière des cailloux ou galets qu'on rencontre sur les bords des ^'rands tleuvcs cl de la mer. On l'appelait chez les Romains toiicula, pierie de Lydie ou d'Uéraelée, parce qu'on la lirait de ces localités (1). Actuellement c'est un basalte noir, très-dur, inattaquable par les acides, qu'on Tait venir de diverses parties de l'Allemagne ; sa snrrace est assez rugueuse pour retenir les traces pulvérulentes des alliages qu'un frolle sur elle. Voici comment l'on s'en sert :

On frotte l'objet à essayer sur la pierre eu appuyant assez pour qu'il y laisse une trace sensible ; on Tait ainsi, i» cOté les uns des autres, trois traces ou louches A^i à 6 millimètres de longueur sur 2 à '^ millimëlres de largeur environ ; on mouille seulement la troisième louche, les deux premières ne donnant jamais le titre vrai, avec ce qu'on appelle 'enurfe loiirhau : c'est une eau r(^gale composée de OSt grum. d'acide azotique A 3-2° et de lit gram. d'acide chlorhydrique ii ïï°.

Celle liqueur est habituellement renrerméu dans un tlacou bouché A l'émcri, dont le bouchon est assez long pour pénétrer presque jusqu'au Tond, cl ti-rminé en pointe (fiij. '.OH) ; il sert ainsi de baguette pour mouiller couvcnabicment la touche métallique. I.e cuivre de celle-ci est alors dissous, tandis que l'or pur reste sur la pierre ; aprèsquelques secondes, car l'efTet est presque instantané, on essuie avec un chiffon, et l'on peut examiner ce qui reste de la trace primitive.

Quand on a de l'habitude, on aperçoit lr£s-approximativemenl le titre

(t) Tliéophrtatc dit qu'on ne irouvtit t* pierre de touclie que dans les eaux du Tcnole en Lydie. Pline affirme que, de ion temps, on en rencontrait partout, mais il ajoute qu'on regardait la face de cette pierre que le aoleît avait frappée comme meilleure que celle qui avait touché la terre. « Les experts, dit-il, frottent un échantillon de métal sur cette pierre, et la tnce qu'il laissa leur révèle lur-lechtmp, i nn tcrupaU préa (le 31* de l'once romaine, ou ir.iSSJ, ce que ke fragment métallique contient do cuiire, d'argent ou d'or ; celte épreuve, qui tient du merveilleux, est infaillible. ■ (Pline, lib. XXXIII, c. iliii). Vous en save> maintenant asseï pour comprendre combien les aasertiona de Pline sont

de l'alliage d*aprës la teinte verte, plus ou moins foncée, que prend la liqueur acide, et d'après l'épaisseur de la trace d'or laissée sur la pierre.

Quand on manque d'habitude, on fait des épreuves comparatives aveu

différents alliages connus, moulés en forme de fortes aiguilles, et qu'on appelle touchaux. L'or qu'on essaie est au ii»ême titre que l'aiguille dont la trace métallique res-

iiir'ê?; L^^^ semble le plus à la sienne. Les touchaux

/^4' ^^\ ^^^ orfèvres sont des étoiles {fig. 709) com-

/injJiJiJ^'^^ posées d'aiguilles à cinq titres différents, sa-

m^ (^ voir : 583, 625, 067, 708 et 750.

i:.. X. ^ f . Pour les essais d'argent, les touchaux

Fig. 709. — Touchaux des ^ , . . .,, , ,. ^, ....

orfèvres. offrent huit aiguilles à ditiérenls titres, sa-

voir : 700, 720, 740, 760,780, 800,950 et iOOO. La pierre de touche sert en même temps à reconnaître les pièces fausses d'or et d'argent qui circulent souvent dans le commerce, .^insi une monnaie d'or fausse laisse un trait rouge sur la pierre de touche, et ce trait disparaît de suite par quelques gouttes d'ai:ide azotique pur. Les pièces d'argent fausses, faites habituellement avec des alliages de plomb et d'étain durcis par l'antimoine, donnent sur la pierre des traces d'un blanc bleuAtre, qu'une goutte ou deux d'eau régale font complètement disparaître (i).

Alliages des orféTrei. — Les orfèvres et les bijoutiers donnent

(I) La fabrication de la fausse monnaie est une piatique coupable d'une bien haute antiquité, puisque, dans l'ancienne l^^ypte, il y avait des lois sévèr-s contre les faux monnayeurs. Diodore de Sicile nous apprend que l'on coupait los deux mains à ceux qui étaient convaincus du crime de fabrication et d'émission de fausse monnaie. On fraudait les monnaies, chez les Romains, soit en altérant ou abaissant le titre, au moyen du cuivre, soit en diminuant le poids, soit enfin en substituant à l'argent de i'étain ou un alliage de plomb et d'étain.

C'est par suite de ces fraudes qu'on institua, J^ar une loi, l'art d'essayer les monnaies. Cette loi fut si bien reçue du peuple, que Marius Gratidianus, son auteur, vit tous les quartiers de Rome lui élever des statues. Pline nous dit que les Espagnols, voisins des bords de la Méditerranée, étaient si habiles dans l'art métallique, qu'ils savaient de son temps altérer l'argent avec des eaux préparées.

Non seulement les anciens connaissaient la pierre de touche et s'en servaient, comme nous, pour éprouver la pureté do l'or et de l'argent, mais ils employaient aussi la coupellation pour purifier les métaux et pour essayer les monnaies. Avant Philippe le Bel, sous le règne duquel l'essai des monnaies se fit régulièrement à la coupelle, quand on voulait savoir le titre d'une monnaie ou d'une autre matière d'argent, on en tirait un à deux grains avec un petit instrument appelé échoppe , on les mettait sur des charbons ardents, et on jugeait, par leur couleur plus ou moins blanche, du titre do l'argent : c'est ce qu'on appelait faire Vessai à la nature ou à Véchoppe, Pour essayer l'or, on se senait de la pierre de touche.

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