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DORURE DES MÉTAUX

des noms spéciaux A certains alliages d'or cl d'argeni qu'ils (ravaillenl : voici leur corapoaition :

Or jaune ou or pâle 70S 39Î u

Or vert 700 300 b

Eteeirum BOO ÎOtt »

Oi* rouge pour soiiilure des bijou\ 500 u 109

Soudure pour objeU ï 7S0/I0U.) 100 100 100

L'argent affaiblit beaucoup la couleur de l'or, landis que le cuivre ni; Tail que l'eKaller. Pour donner aux divers alliages d'or que l'on travaille l'aspect et la couleur Tranche de l'or pur, on Tait subir aux objets conreclionnés une opération appelée mise en cùulntr, et qui a pour effet d'enlever de la surface le cuivre ou l'argent qui s'y trouve, dn manière à n'y laisser que de l'or pur ou presque pur.

On arrive à ces résultais en chauffant les objets au rouge sombre el en tes plongeant dans de l'acide azotique faible, ou bien en les recouvrant d'une paie composée de salpêtre, d'alun, de sel marin et d'eau, qu'on n'enl6vc qu'après un quart d'heure de contact. Dans ce dernier cas, le chlore devenu libre par la réaction qui s'établit entre les trois sels mélangés, enlève à la pièce du cuivre et de Tor; mais ce dernier ne larde pas îi se précipiter et & dorer la surface de la piice; on passe ensuite celle-ci au brunissoir pour lui donner le poli et l'éclat convenables.

Dornre dei mf tnai. — a. Domre au mercure. — L'amalgame d'or joue un rûle imporlanl dans l'art du doreur sur bronze et autres métaux. 11 est fait ordinairement dans les proporlions de I partie d'or pour 8 à 9 de mercure. L'alliage de^uivre qu'on desline ù la dorure n'est pas composé comme le brome des canons el des cloches ; c'est plutôt une sorte de laiton renfermant un peu d'éluin el de plomb. Voici, briËvemenI, comment on opùre la dorure avec l'amalgame :

On chauffe le laiton au rouge pour détruire les corps gras dont il pourrait être rccouvcrl, puis on le décape en le plongeant dans de l'acide sulfurique faible ; après quoi, on le lave et on le sèche en le frotlant avec du son ou de la sciure de bois. On la frolle alors avec une dissolution étendue d'azolale de mercure, puis on y applique, à l'aide d'une brosse, une certaine quantité d'amalgame d'or pulvérulent; on étend uniformément la poudre, puis, en chauffant la pièce, le mercure se volatilise complètement, et l'or reste seul à la surface du métal, sous forme d'un enduit brun-foncé. Au sortir du feu, les uns fontbouillir la pièce dans l'eau, d'autres dans une décoction de réglisse, d'autres dans celle de farine de marrons d'Inde ; tous, en même tempe, la frottent pour la nettoyer. La pièce est alors d'un jaune lale. On ne parvient à lui donner la couleur de l'or qu'en la couvrant d'une

bouillie composée de sel de nitre et d'alun, Texposant au feu, la traitant par l'eau chaude et l'essuyant. On la passe ensuite à la dent de loup lorsqu'on veut la brunir, et on la livre au commerce.

Ce genre dludustrie est un des plus dangereux pour les ouyriers qui l'exercent, en raison des vapeui's mercurîelles qui se dégagent pendant presque toutes les opérations de la dorure. En t816, Ravrio, un des plus célèbres fabricants de bronzes dorés, fonda un prix de 3000 francs, qui devait ôlre décerné par l'Académie des sciences au meilleur travail sur les procédés propres à préserver les doreurs des accidents auxquels ils étaient exposés. Ce prix fut remporté par d'Arcet, qui imagina un système complet de ventilation à l'aide duquel toutes les vapeurs sont entraînées, à mesure qu'elles se forment, dans un grand corps de cheminée qui les porte dans l'air. C'est un immense service que ce savant chimiste a rendu aux ouvriers.

Les anciens connaissaient très-bien l'art de la dorure des métaux au moyen de l'amalgame d'or. Pline décrit un procédé, usité de son temps, qui difl'ëre fort peu de celui dont je viens de parler.

L'argent est doré comme le laiton. On le connaît alors sous le nom de vermeil,

h. Dorure à la feuille et au bouchon, — On dore aussi de plusieurs autres manières : tantôt avec de l'or en feuilles qu'on applique sur le métal décapé et chaud, et qu'on fixe ensuite à l'aide du brunissoir; tantôt avec de l'or en poudre, dit or en drapeaux, qu'on obtient en brûlant de vieux chiffons de linge imbibés préalablement d'une dissolution d'or. Les cendres sont ensuite brûlées dans un plat de porcelaine, puis étendues par frottement, au moyen d'un bouchon de liège, sur l'objet qu'il s'agit de dorer. Celte dorure est susceptible d'un trèsbeau poli ; mais ces procédés mécaniques ne font pas, à beaucoup près, des dorures aussi solides, aussi uniformes que celles qu'on obtient par l'intermédiaire du mercure.

Depuis î 840, deux nouveaux procédés pour la dorure du laiton, de l'argent et de presque tous les autres métaux, ont été imaginés, et tous deux sont fort curieux. L'un a lieu par une réaction chimique et par voie humide, l'autre par une réaction électro-chimique.

c. Dorure par immersion ou au trempé. — Le premier, d'origine anglaise, et dû à M. Elicington, est désigné sous le nom de Dorure par immersion ou au trempé. Il consiste à dissoudre l'or dans l'eau régale, à évaporer la dissolution au bain-marie, jusqu'à vaporisation de l'acide superflu, à dissoudre le chlorure d'or dans 130 fois son poids d'eau et à y ajouter une quantité de bicarbonate de potasse égale à sept fois le poids du chlorure d'or. C'est dans ce mélange bouillant qu'on plonge, pendant quelques minutes, les métaux qu'on veut dorer. Ce qu'il y a de plus singulier, c'est que la dorure cesse d'avoir lieu aussitôt que le bain ne renferme plus de bicarbonate de potatse*

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