CLASSIFICATION DES CORPS SIMPLES
II esl cerlain que l'eau ou pToloxfde d'hfdn^ëne Joue le rOle de bue en présence de» acides, qu'elle »'ï combine en proportions définies, et qu'elle remplace équivalent pour équivalent, les protoxjdes métalliques de la m<!me formule qu'elle = XO.
[,cs acides cristallisé! et les' acides liquides h la température ordinaire retiennent loujoure une certaine quantité d'eau qui s'y trouve en véritable combinaison, puisque sa proportion est constante et telle que la quantité de l'oxygt^ne do l'acide est un multiple par un nombre entier de la quantité de l'oxygène de l'eau; ce rapport est donc confoi-meà la foi de Berielius, qui régit les sels ordinaires. En voici la preuve :
Acide (ultUriquc i CS° =S01,H0 SHlftK de poUMt = SO>,KO :: 3 : I
— Italique ruaunl = AiU>,HO AiuUte d'irgcal =AiO^AgO :: h : l ~~ m^taphaiphor'quc = PbOi.HO Hjlipbo^ikalt de »sdï = PliU*.'(iO :: ï : I
— pyrophoiptioriquc =PhO*.IIIO pTn>P<>(»P>H« de loude = PhOl,!NiO
— phoiphoriquï oHin. =1 PliOt.JHO Fbotpbale de Mude =PhOt,3:4tO
Les acides hydratés sont donc de véritables sels dont l'eau est la base, et c'cfit parce qu'il les envisageait de cette manière que Beraclius les a nommés des sels liydriqiiei.
Vous voyez donc que lorsqu'on met les acides hydratés en présence d'unebasc, ils donnent des sels distincts contenant autant d'équivalents de base llxe métallique qu'il y avait d'équivalents d'eau dans chaque acide libre.
Or, comme il n'y a que les corps analogues qui se remplacent mu-' tucliement dans les combinaisons, il s'ensuit que le protuxyde d'hydrogène Tonclionne comme les protoxydes du potassium, du sodium, de l'argent, d'où naturellement l'idée que l'hydrogCnc est assimilable A ces métaux.
Ce qui fortifie cette manière de voir, ce sont les faits suivants ;
!• Le liuc, en contact avec l'acide sulfurique hydraté ou sulfate il'eait, expulse tout l'hydrogiine et prend sa place équivalent pour équivalent :
Zn -f- SO'.BO — H + SO'.ZnO,
absolument comme le linc plongé dans une dissolution de sulfate de cuivre fait déposer ce dernier métal pour se substituer h lui dans la liqueur :
Za -t- SO>,CuO — Cu + S0*,ZnO.
2° L'hydrogène, ù son tour, déplace d'autres métaux de leurs combinaisons : ainsi, quand il esl comprimé, il décompose à troià le sulfate d'argent en faisant déposer de l'argent métallique; à l'état de courant,
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il produit sur ce sel légèrement chauffé la môme réduction, et il distille de l'acide sulfurique hydraté :
H -H S08,AgO == Ag -H SO>,HO.
3<^ Un fait, récemment découvert par Graham, constate encore mieux la nature métallique de Thydrogéne. Le palladium, l'un des métaux qui accompagnent le platine dans la nature, peut se charger de plus de 930 fois son volume d'hydrogène, lorsqu'on fait passer ce gaz, pendant une demi-heure, à la surface du métal placé sous forme de fil dans un voltamètre ordinaire. On remarque qu'alors ses propriétés, notamment sa densité, sa ténacité, sa conductibilité électrique, sa faculté magnétique, sont modifiées d'une manière permanente, absolument comme lorsqu'il s'allie avec un autre métal. D'après Graham, c'est un véritable alliage formé de 5 équivalents de palladium et de 2 équivalents d'hyiîi'ogeniumy nom que le chimiste anglais donne au métal extrêmement volatil dont le gaz hydrogène ne serait que la vapeur (i).
4» Si, enfln, l'on considère que l'hydrogène, dans son état ordinaire, conduit très-bien la chaleur et l'électricité, propriétés physiques qui caractérisent essentiellement les métaux, vous voyez qu'on arrive à ne plus considérer comme étrange le classement de l'hydrogène parmi ces derniers.
Il est vrai que l'hydrogène, à l'état gazeux, s'éloigne complètement de ceux-ci ; mais vous savez bien que l'état physique des corps tient simplement à des conditions de température et de pression qui n'ont aucune influence sur leur nature chimique ; et puisque la liquidité du mercure n'a pas empêché de le ranger parmi les métaux, pourquoi n'y aurait-il pas un métal gazeux ?
(1) Graham (Thomas), né h Glasgow le 30 décembre 1805, est mort à Londres au mois de septembre de 1869. Après avoir professé la chimie à la célèbre institution Andersen dans sa ville natale, il vint remplir les mêmes fonctions, en 1837, au collège de l'Université de Londres^ puis en 1855 il succéda à sir John Herschell, comme maitre do la Monnaie. Ses travaux sur les acides du phosphore et de l'arsenic, sur la diffusion des gaz, sur la diffusion moléculaire des liquides {osmose et dialyse)^ sur le mouvement des gaz et sur leur passage h, travers les corps perméables, leur condensation par les divers corps poreux, enfin ses belles observations sur l'union du palladium et de l'hydrogène^ etc., l'avaient placé au premier rang parmi les chimistes anglais. Dès 1848, l'Académie des sciences de l'Institut l'avait admis au nombre de ses membres correspondants.