CLASSIFICATION DES CORPS SIMPLES
que rcnrcrmc une liqueur. Quelques goullea de chlorure de platine décident la question. En clfct, dans l'eau de palasac ou dt^ns un sel di' potasse, ce réactif produil un précipité jaune pulvérulent, qui esl nu double chlorure de polassium et de plaline, KCl -|- PICI' (cliloroplatitiale lie potassium des ehimislca allemands), Turl peu soluble dans l'eau : tandis que, dans l'eau de soude ou les sels de goude, aucun trouble, et à plus forte raison aucun précipité, ne se forme, tant le double chlorure de platine et de sodium esl soluble.
Jl est irai que, par cette réaction, on pourrait confondre les sels dt potasse avec les sels ammoniacaux, qui précipitent aussi en jaune ; mais le précipité, dans ce dernier cas, AïIP,I1C1 -\- l'IU' {chitiroplatiiiatiiVtmmmiitiquv), se disliugue aisémenl do celui produit dans les sels de potasse, au mojcn d'un peu de chaux qui, par sa trituration aiec lui, développe aussilùl l'odeur ^ivc et pénélrautc de l'ammoniaque caus-
Vons \o\Q7., ^Icssieurs, par lout ce qui précède, que le platine esl nn des métaux les plus précieux. Il est vraisemblable que si les alcliimislcs l'avaient eoimu, ils eussent été fort cmbaiTassé^ de faire un choix entre ce métal et l'or, et d'us^iguer la première place à l'un ou ri l'autre parmi les métaux parfaits.
CUSSIFICATION NA'riRLlI.I.E
DES Métalloïdes et des métaux.
.\ianl d'abandonner le domaine de la chimie minérale, Messieurs, je ne dois pas vous laisser ignorer qu'on a essayé de distribuer les corps simples en groupes naturels analogues ik ceux qui ont été institués pour les plantes, en se fondant sur l'enBcmblc de leurs caractères, et non sur un seul d'entre eux. A peine s'esl-on occupé de chimie pendant quelques jours qu'on aperçoit les rapports éiiilonls qui lieiit le clilore, le brome et l'iode les uns aux autres; il ne faut pas non plus de longues études pour saisirdcs rapprochements de même ordre entre le barjum, le strontium et le calcium, parmi les métaux.
C'est le célèbre physicien Ampère (t) qui, le premier, s'est attaché à
M) Ampère (André-Msric), né à Lyon le îî janiior n7S, mortà Marseille le 10 juin I83G, a élé un des savRius les plus éminenW du di\-ncuïiÈme siècle. Ou lui duil dos recliercbes d'inalysa lustliémaliquo iransceiidïnce, l'application de relte mdroe analyse aui plus iniporlaiitcs questions de la mécanicjuc rationnclle, de l'opliqus, de la pliysique des gai, et même de la cliimie muléculairo ; il a créé une science tout entière, l'éleclro- dynamisme, et it a eu Is première idée de ta télégraphie électro-maEnétiquo. Après BTcir débute comme proies-
faire ressortir les analogies qui permettent de distribuer les éléments en familles naturelles. Il a été suivi dans cette voie par d'autres savants, notamment par M. Dumas. Mais si une classification de ce genre a été possible pour les métalloïdes, il n'en est pas de mi^me pour les métaux, parce que l'histoire de beaucoup d'entre eux laisse encore trop à désirer.
Je vais néanmoins vous indiquer comment, en prenant en considération Tisomorphisme, les propriétés chimiques, la nature et le mode de combinaison des composés, il est possible de rattacher à un certain nombre de groupes ou de familles naturelles les éléments les mieux connus, sans tenir compte de la distinction artificielle qu'on en fait habituellement en métalloïdes et en métaux.
l'* Famille. Chlore, brome, iode, fluor.
2* — Oxygène, soufre, sélénium^ tellure.
H* — Azote, phosphore, arsenic, antimoine.
4* — Carbone, bore, silicium, titane, étain, tantale, niobium, ilmênium.
S* — Chrome, vanadium, molybdène, tungstène.
i.« — Or, platine, palladium, iridium, ruthénium, rhodium, osmium.
7* — Aluminium, glucynium, zirconium, thorium, cérium, lanthane, didymium, yttrium, terbium, erbium.
H« — Fer, manganèse, uranium.
U*" — Magnésium, zinc, cadmium, indium, cobalt, nickel, cuivre.
10* — Bismuth, plomb, argent, mercure.
11* — Baryum, strontium, calcium.
12* — Potassium, sodium, lithium, rubidium, caesium, thalliuni.
13* — Hydrogène.
Cette classification, tout imparfaite qu'elle est, a l'avantage de mieux faire ressortir les propriétés essentielles des éléments analogues, et par suite de soulager la mémoire, puisque, connaissant bien tel corps qui peut être considéré comme le type d'une famille, on peut en quelque sorte prévoir d'avance la manière d't^tre ou les caractères fondamentaux des autres corps de la mOme famille.
Au premier abord, il peut vous paraître surprenant que l'hydrogène, regardé jusqu'ici comme un métalloïde, soit placé non loin des métaux alcalins ; mais lorsqu'on envisage sa manière d'être dans les combinaisons, on reconnaît bientôt qu'il fonctionne absolument comme eux, et, sous ce point de vue, l'analogie est si grande que nombre de chimistes modernes regardent l'hydrogène comme un métal gazeux.
seur d« physique à l'École centrale du département de l'Ain, en décembre 1801, un an après il était appelé à la chaire de mathématiques du lycée de Lyon, puis bientôt il fut nommé répétiteur d'anal} se à l'École polytechnique, où il ne tarda pas à être professeur en titre. 11 occupa aussi la chaire de physique mathématique au Collège de France, et devint inspecteur général de l'Université. 11 était de l'Académie des sciences de l'Institut dès I8M, et membre de toutes les grandes sociétés savantes de l'Europe. Son remarquable ouvrage sur la Philo- 4ophie des sciences, en 2 vol. in-S**, date de 1834 ; il fut composé en Auvergne.