‹ Lecons de chimie élémentaireChapitre 16 sur 134 · Î.OO · texte numérisé non relu

Î.OO

II,3S St.RO

!,ia

1,90 !,*0 50,ÎO

Silice

Oiyde de fer, ilumiiie n phos-

Mïgnésieel perte

Patuan et Sondca da coniinerce. — Les lessives onl une laveur Acre, une causticité plus ou moins ror(e ; elles verdistent le sirop de violcKes, font efTenetcence avec les acides qu'elles neulTalisent complélcmcnl. Kllcs peuvcnl aussi ilissoudre les principes coloraDli, les substances grasses, et voilà pourquoi, depuis si longlemps, dans les ménages, on les fait servir au nettoiement du linge.

Lorsqu'on les Ml évaporer jusqu'à siccité, elles fournissent une matière alcaline d'ap{»arence saline. C'est ce résidu qu'on connall, dans les aris, sous le nom de potasse, quand il provient des cendres de végétaux lerroslres, et sous celui de soude, quand il provient des cendres de plaiilcsmarincs (1). Ccsmaliéres alcalines consistent essentiellement, la première en carbonate de potasse, la seconde en carbonate de soude, rendus impurs par une proporlion variable de sels étrangers, tels que sulfate de potasse ou de soude, chlorure de potassium ou de sodium, silice et alumine, oxydes de fer et de manganèse.

Il y a, dans le commerce, un grand nombre d'espèces de pelasses et du soudes, qu'on distingue entre elles par les noms des pays où elles soni fabriquées.

■■oiai*ei conaierelalca. — Les potasses commerciaks proviennent de trois sources disllncles :

(I) Le résidu salin qu'on obtient ]>ar t'évaporatlon des lessives des cendres des pisiiles terrpsires est connu dans les arts sous le nom de s*lin ; il ne reçoit celui de POTASSE (|ue lorsqu'il t été forteoient calciné au rouge dans dei fours h réverbère. Le mol POTASSE vient de deux mots allemands, potl-asche, qui veulent dire ceiitre dt pot, parce qu'»ulrefois la calcination du salin était opérée dans des pots dn fer, Ce n'est que depuis 1787 que le mot potasse ■ remplacé dans k-B arts le nom d'alknli végétal ou fixe.

Quanl au mot snvdt, il servait d'abord et sert encore h désigner l'espèco de plante marine, nommée en latin soda ou lalsola sodn, et en français vulgaire kali. Les cendres calcinées de cette plante reçurent les noms A'alknli minéral, de salicott, i'alan câlin, de pierre de soude, et, on 17(17, Guy ton do Morvoau proposa celui de loude qui a été déOnitivement adopté.

DES POTASSES ET DES SOUDES. 1 15

<* L'incinération de< grands végélaun ligneux et des plantes herbacées sauvages:

2* La cakinatioa des lies de vin ;

3* La combustion des résidus de la distillation des mélasses TenneDtées de belteravcs.

Je vous dirai brièvement comment on opère dans ces différents cas ;

(I) laelMfrkllvB des planle*. — C'est le mode le plus ancien et le plus

Dtns les pij-s encore pou liabitéa, abandants en lurita. ou couverts de steppea imnieiiBei ricliei en plantes sauvigo?, tels que l'Amérique du Nord, la Suède, ceiUines partie» de l' Allemagne, la Toscann, la Hussle, la Pologne, on creuse en terre de grandes Tusses où l'un entasse les plantes etlei arbres débités que l'on reul brûler. On a soin de n'en pas mettre de trop grandes masses & la fois et de lea débarrasser préilaMcmcnl de toutes les terres adiif rentes. On met le fou au las, et on alimente le foyer au fur elà mesure du besoin, en vuillant il ce quo l'incinération soit complète duns toutes les parties.

L'opération terminfo, on ptsse les cendres & travers un crible afin d'en séparer lei matières seulement carbonisées, et on les soumet ï trois lavages succcitifs dus des tonneaux disposés par bandes. La premlËrc lessive est assez riclie ; «Ue est mise ï évaporer. La seconde, plus faible, est enrichie do matières sillnoa pv son passage sur des cendres neuves. La troisième, encore moins chsr-

gée, passe sur des cendres déjà lavées une première fois, et achève d'acquérir Il densité voulue, 15* ordinairement, en filtrant sur de* cendres neuves.

Les lessives suffisamment concentrées sont mises à évaporer dans des chaudières plates en tdle. Jusqu'il ce qu'elles soient arrivées i, la consistance de miel ; i ce point, on les tnnsvtsc dans une chaudière en fonte cù on les chauffn, en igitant co.iatamment, Jusqu'i dessiccation complète.

C'est slors ce qu'on appelle te la/in, qui est coloré eu brun par des matières

organiques et qui retient encore une forte proportion d'eau, cent kilogrammes de bonnes cendres donnent, terme moyen, dix kilogrammes de salin.

Ce sah'n est converti en potasse proprement dite par une calcination au rouge sombre dans un four à réverbère {fig. 401) à deux foyers latéraux A'A, et avec cheminée d'appel c placée au-dessus et en avant de l'ouverture. Les foyers ne pénètrent que jusqu'aux deux tiers de la profondeur de ce four. On le chauffe avec du menu bois ; les flammes arrivent sous la voûte pour en sortir en avant et monter dans la cheminée.

Le salin est étendu en couche égale sur la sole a. On y ajoute parfois un peu de poussier de charbon pour carbonater les portions de potasse caustique qu'il renferme encore. On facilite l'accès de l'air par une agitation fréquente avec un ringard, et on dirige le feu de manière à éviter la fusion. Lorsque toute l'eau s'est dégagée, la matière organique brûle à la surface des morceaux qui blanchissent bientôt. Il faut environ six heures d'une calcination conduite lentement pour rendre la masse bien blanche, sèche et granulée. On la défourne au moyen de râteaux en fer, et on l'enferme encore chaude dans des barriques pour la préserver de l'humidité atmosphérique.

Les plus belles potasses sont parfaitement blanches ; on leur donne le nom do pcr/asse, d'une expression anglaise pearl ashes^ qui signifie cendres perlées. Ces qualités nous viennent habituellement d'Amérique ; mais, la plupart du temps, les potasses sont colorées, au moins partiellement, en bleu verdâtre, en rouge, en jaune, par un peu d'oxydes de fer et de manganèse, et chaque espèce a, pour ainsi dire, sa nuance particulière qui forme un de ses caractères distinc • lifs propre à en faire reconnaître l'origine ; mais il est tout à fait nul pour en apprécier la qualité; celle-ci ne peut être évaluée avec précision qu3 par des moyens chimiques.

2o Calciiialion des lies. — Cendres i^raTeléei. — Dans le midi de la

France, on obtient une variété de potasse, portant les noms spéciaux de védasse,

de cendres gravefées, en convertissant en carbonate de potasse par la chaleur le

bitartrate de potasse qui se trouve dans les lies de vin.

Cos lies, mises à étjoutter dans des chausses de laine {fig, 402), sont ensuite

soumises à une pression graduée et convcr. ties en tourteaux aplatis qu'on laisse sécher à l'air et qu'on incinère sur un soi bien battu entouré de briques posées à sec. On obtient de la sorte des masses légères, boursouflées, poreuses, d'uu blanc grisâtre, qu'on livre au commerce : 6,000 kilog. de lies sèches donnr>r«t 1 ,000 kilog. de cendres, ei ceux-ci fournissent 5)0 kilog. de potasse ou de cendres gravelées. On n'employait autrefois que les lies do vin, mais aujourd'hui on fait concourir à la préparation les marcs, les pépins de raisin, les sarments de vigne» aussi le produit actuel est-il moins riche en potasse, d'autant plus qu'on y ajoute ordinairement^ par fraude, dn sable ou de la brique. La bonne cendre greveléc se dissout dans l'eau, en laissant toui au plus 1/16 de résidu consistant en carbonate et sulfate de chaux.

3" Potasse de mf lasses de betteraTes. — Dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, où la fabrication du sucre de betteraves est si Riro'cment développée, M. Dubruufaut a introduit, il y a environ trente ans, une industrie nouviîllo ciul a donné do la valeur aux mélasses épuisées de sucre cristallisablc, en les convertissant m doux produits importants : alcooi et potasse.

Je vous dirai plus tard conunont on n'y prend pour faire fermenter les mélassos et on obtenir par huito do l'alcool. ICu ce moment, je n'ai à vous apprendre

Fig 40i. — rhausscs en laine pour réguuttagc des lies.

DES POTASSES ET DES SOUDES.

Hae le mode suivi pour utifiser les résidus do la distillation, duiis lesquels )

irouvcHt loua les coniposiis salins que la belterava a'

daiii io cour» de u végétation. Ces résidus,

qu'on appelle vinanes dans les ateliersi

fournissent do 10 à I! pour 100 d'un ulin

très-riclie «n aloli. Voici cornaient an les

On les évapore jusqu'il consistance do sirop, soit dans des cbsudièrei en tùle i, fond bonbé (fis- Aoa', soit dans des c cuivre qui recoiventde U vapeur surcliauffée (l) un bac placé au-dessui '■ '-

comme les liostringues qui servent à la fabrication du sulfate de soude. Le liquide s'écoule du bac par un conduit vertical traverbani la voCite et vient tomber dans le premier comparliment où il se concentre et devient pileui ; de It, wa Dioycn d'un ringard, l'ouïrier fait passer la matière dans le cumparlimeiit la plus npproctié du Toyer où s'acliËva la dessiccation et od commence la dc^ructlon des matières organiques.

Lorsque la Qammo et l'uduur infecte qui accompagnent cotte destruc^on cessent d'apparaître, on retire la masse du four, on la dispose en petila monta dans une pièce bien aérée, et on l'abandonne k elle-même. La combustion des partie» ergaiiiquea s'achève, et il reste des morceaux plus ou moins poreux et légcn, d'un gris cendré ou noirAtro ; c'est lit le jaJin hrut de àeKernees du commerce.

La valeur de ce produit suit ordinairement le cours des potasses ; il se vend propoi'tioiinellement h son titre alcali métrique, et généralement, de 35 !l 30 fr. les 100 kilogr. avec un titre de iV. U est hygrométrique. Il contient plus ou moins de matières insolubles. M. Pesier, professeur de chimie Jï Valencien- Ms, qui a eu l'occasion de faire un grand nombre u'analj set de ce produit, admet qu'on peut le considérer, en moyenne, comme formé commercialement de ;

(E) Autrefois on neutralisait les vinasses avec de la craie (ditefic/il btaac), mais cette pratiqua est à peu près abandonnée, parce qu'il se produit du sulfate de chaux qui diminue le titre du salin au puinl d'ec rendre la vente plus difflcile, qui encrasse le fund des chaudières ou la surface dos serpentins, et ralentit tinsl le travail.

Humidité 0

! Charbon 6 .

Sulfate, phosphate et carbonate de chauK, I 19'

cendres, terre, etc 12 '

Carbonate de potasse 3S

— de soude IG

Sels solublbs { Chlorure de potassium 17} 73

Sulfate de potasse 6

\ Accidentellement sulfure et cyanure. . . .

Mais cette composition varie singulièrement, puisque Ton doit retrouver dans le salin, en nature ou modifiés par la combustion, tous les sels alcalins solubles de la betterave, de la cbaux, du noir, du lait ou du sang employés dans les fabriques de sucre. Les soins du producteur peuvent réduire la proportion du résidu insoluble à 10 p. 100; ses négligences peuvent l'élever à 30 p. 100 en y faisant apparaître des cendres, de la craie, du sulfate de chaux, etc. Selon les conditions d'emmagasinage le degré d'humidité peut se modifier. La quantité de soude elle-même est loin de se trouver dans un rapport constant avec la potasse ; on la voit dans les salins normaux de Tarrondissement de Valenciennes dans le rapport de 46 à 400; ailleurs elle devient parfois prédominante.

Excepté pendant les froids de l'hiver, les fabricants de savons mous utilisent sans inconvénient les lessives de salin brut. Ils choisissent de préférence les salins exempts de sulfure, lequel communiquerait à leurs produits une odeur repoussante.

Dans la plupart des industries où la potasse est un des éléments du travail, on n'emploie les alcalis de la betterave qu'après leur épuration. Tantôt on se contente de les soumettre à des lavages méthodiques de manière à obtenir des liquides aussi concentrés que possible, et ou évapore ceux-ci à siccité dans des chaudières en tôle. La matière qu'on obtient ainsi est d'un blanc grisâtre, et titre 55 à 60 degrés. C'est alors ce qu'on appelle la, potasse de mélasse. Dans cet état, on l'emploie pour la confection des savons mous, etc. ; elle se vend de 80 à 85 fr. les 100 kilogrammes.

Dans d'autres usines, à Valenciennes, à Lille, à Corbchem, à Saint- Amand,etc., la purification est plus complète. Les lessives sont portées à rébullition dans un premier système de chaudières, où elles déposent du sulfate de potasse à mesure qu'elles se concentrent; on enlève le sel avec des écuraoires. Lorsqu'elles ont 40 degrés environ, on les fait é( ouler dans des vases en tftle, profonds, légèrement coniques (/Ig. 405) Au bout de ti-ois à quatre jours, il s'est formé sur les parois de ces crislallisoirs une couche de 5 à 6 centimètres de chlorure de potassium. Les eaux mères décantées sont conduites dans un second système de chaudières plates, à fond bombé, à déversoirs, où elles sont entretenues en éballition. Dans les prctnièros chaadiôres, il se dépose encore

DES POTASSES ET DES SOUDES. 119

un peu de chlorure de iiotaisium, parce qu'il cjl complélement inwlubie dans les corbonatei alcalins concentrât. Dans les chaudières suivantes, il se dëpoie du carbonate de soude, moins loluble que le carbonate de potasse, car, k la teoipërature de l'ébullition, le carbonate double de soude et de potasse (NaO,CO' + KO.CO» + 12II0) qui prend naissance par cristallisation à la température ordinaire, ne peut se former. ^^ ,„ r^i.„u,»i» » m, po^r i»Ur

En continuant la concentra- ic cbiomn de poiuiiain.

tion, le carbonate de potasse arrive enliÈrement débarrassé de carbonate de soude dans les dernières chaudières. OnlechaufTealors au rouge sombre pour le dessécher et le granuIer.On le livre alors au commerce sous le nom àepotaste raffinée deMteraveB.

Par cette méthode, on parvient donc, comme vous le voyei, Messieurs, à isoler le sulfote, le chlorure, à obtenir la soude presque chimiquement pure, et la potasse à un degré de pureté tel qu'elle entre dam la rabrication du cristal sans traitement préalable.

r»MpaaUI«« 4ca pataH«B «•■■■»• rcUIca. — J'emprunte h ï. Pesîer un tableau qui présente la composition moyenne desprincipales potasses commcrcialesle plus habituellement employéesen France:

FRiKans

MF

rOTAHR

de

Carbonate de po-

G0,Cl 3.09

ÏÎ.OO

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