‹ Lecons de chimie élémentaireChapitre 24 sur 134 · rt · texte numérisé non relu

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DES POTASSES ET DES SOUDES.

à-direla plus éloignée, serl à chaulTer les lessives; les Irois suivanlei sont destinées à leur concentration ; enfln, celle qui est placée immédiatement amJusBus du fou reçoit les liqueurs Irès-conccnirées déjà, et fUei j sont évaporées k sec. Celle-ci a un fond bombé, comme l'indique la coupe transversale K, afin que le sel qui se dépose pendant la concentration n'incruste pas ses parois et né les fasse pas brûler. On achire la dessiccation du sel dans un four b. réverbJre,

Mcl 4e Bonde dn comNicrce. — Le produit obtenu est blanc, en petits fragments, d'une saveur alcaline très- prononcée. Il prend, dans le commerce, le nom de sel de soude. Il renferme, quand il est bien sëc, ' de 70 à 80 p. 100 de carbonate alcalin. Il conlient toujours du sulfalc de soude et du sel marin non décom;iosë3. On y ajoute quelquefois du ïol marin impur, provenant du lessivage des soudes de vareclis, quand on veut avoir les soudes salées utiles aux savonniers pour contracter la pfite du savon.

La plus grande parlie du sel de soude est livrée telle quelle au commerce ; mais une autre parlie est converlic en aistaux de soude, qu'on emploie de préférence, comme moins causiiques, dans certaines opérations du blanchiment et de U teinture.

Criata» de aouile du coMtnerec. — Pour avoir cr-s cnstaux de soude, on fait dissoudre le sel de soude, on concentre les liqueurs jusqu'à 30 ou 32° et on met A cristalliser dans d'immenses rf'cipicnis en ti)le placésdaosun endroit bien aéré. Cinq à six jours après, on faii écouler les eaux mères qui renfermenl du sel marin, du sulfate de soude, de lasoude caustique et un peude sulfure; elles servent à faire des sels à bagdegi-és. Les cristaux sont soumis à une nouvelle cristallisation dans de petites marmites en foute, desséchés dans une vaste chambre chauffée à i;> ou Mi" at embarillés immédiatement avant qu'ils soient eflleuris à leur surface.

Ils ont alors la forme de gros prismes rhomhoïdaui ou de pyramides quadrangulaires à sommets tronqués et appliqués baae à base {fig. 431) ; ces formes rappellent à peu prés celle d'une

navette de tisserand. Lorsqu'ils sonl ré- ' '" ■'cirboiiaîô iic ilûJcV cemment obtenus et bien transparents,

ils contiennent un peu plus de Gi p. 100 d'eau de combinaison, lissent toujours plus purs que le sel de soude, comme vous pouvez le voir par les analfset suivantes, qui représentent une moyenne :

Carbonate dé soude 36,47.; .. 98,12

SolfaU de soude 0,91 1,07

Cblorure de sodium 0,42 0,71

Eau de cristallisation G2,lâ

Les cmiauv de soude aonl représentés par la rormu'eNaO,CO',tOHO. Voici, d'après MM. Payen et Poggiale, les divers degrés de solubilité de ces deux états du carbonate de soude :

CrïiUi» 9el

100 parties d'ct

I entre. 10 et H* dissolrenl G0.4..

à 104*,6, («mpénituredel'ébullilion deU solution situ réa Mâ,0..

La solution saturée se trouble et dépose une partie du sel à l'ébul-

- lilion,en laissant dans l'eau mère le sulfate et le chlorure de sodium;

c'est donc un moyen de purification, car il suffit de placer le dép6l sni

un entonnoir et de le laver avec de petites quantités d'eau teide, pour

a\oir du carbonate presque chimiquement pur.

Le carbonate de soude, de mOme que celui de potasse, est décomposé au rouge par lii vapeur d'eau, avec formation d'hydrate de soude et dégagement d'acide carbonique. On se BlI-I de l'appareil suivant [fy. 432) pour constater ce fait :

EM*i dM uadM. — Les soudes commcrcinlfia se vendent, comme les potasses, in titro alcsli m étriqué, et sont «ssayées de la même manière, en faisant iiasgQ des mCmoi insirumeius. Ku suivant la mOtiiode de Descroizilles, on op^re sur û gram. do millère ; on suivant celle de Gay-Lussac, on opère sur 3(i,IG-1, parce que c'est la quantitâ do «onde puro iiui satura eiactement les 5 gr. d'acide contenus dans les lOD parito* do la liqueur d'épreuve de l'alcalimètre.

11 y a sou'.cmonl qoelqnos précautions particulières à prendra. Ainsi, les soudes liriitoa roufiTinant les dr'u« tlor* environ de leur poids de matières Insolubles cl l'tant moins facilemont aUar|uéiw |iar l'i-nn que lai potasses, il est essentiel' de broyer et du pulYfrluor, ilanii un niiirti«r do for, récbsniillon qu'on veutessaytT. Apri» on avoir po*d 10 gram., on le* broie dans un mortier an jr versant

POTASSES ET DES SOUDES.

de l'e(u pv petites portions, etl'on di^cante le liquide trouble à chaque fois. On continue de la sone jusqu'k ce que toute la soude ail été enlevée pu décan- Utian. On laisse déposer le liquide, on en prend U moitié et l'on opère comme pour 1> potasse.

n ne faut Jamais faire usage d'eau chaude, dans l'intention de dissoudre plu* promptement les portions solublus de la soude, surtout lorsqu'on opère sur la sonde artiBeielIr, attendu qu'elle renferme beaucoup de sulfura de calcium qui est soluble k cbaud, et qui, réagissant sur lo carbonate de soude, reformerait du sulfure de sodium et du carbonate de chaui, ce qui dénaturerait les résultats de l'essai.

Une autre source d'erreur se rencontre dans la présence de sulfure de sodium et de sulfite de soude dans les soudes du commerce. Ces composés, étant détruits et saturés par une certaine quantité d'acide sulfurique, élèveront d'autant le degré de la soude au préjudice de l'acheteur. C'est pour obvier i ces inconvénients, 'qui rendent alors l'essai incertain, que Gay-Lussac et Welter ont apporté, en 1S30, un perfectionnement imporlant à cet essai. Lanr méthode consisle h calciner au rouge, dans un creuset de platine {fig. 433), 10 grammes de

la toude suspecte avec 3 ou 3 gramme» de chlorate de potasse. Par l'action de la ehalear, l'oxfgène du chlorate transforme le sulfure et le xulflic on sulfati; ciui n'a plus-dès lors d'action sur la liqueur alcslimétrique. On redissout dans l'eau te râsidu de la calcinalion, et l'on opère la saturation k la manière or-

Le titre alcalim étriqué d'une soude étant obtenu, il est facile de savoir ce que ce titre représente d'alcali caustique ou carbonate, en multipliant les degrés psr 0i%0SI6 ou par l>.',03A0, puisque chaque dtgré de l'alcalimttre de Descroiiilles, correspond k 0«<',03tO de soude pui-e ou k Oi'.OSAO de carbonate de soude.

Soit donc une soude titrant 60° aie al imé triques :

Il p. 100..

3i,ei

soudes commerciales les plus employées, avec les quantités d'alcali pur et carbonate correspondantes à ces titres :

TITRE

TITRE

SODDK

CAII OXATE

ALCALIMETRIQOB

PONDÉRAL

ruRi

DB •Ol'DS

d'aurè.<

d*&prèt

DSâCROIZJLUIf.

Gay-Luuac.

lur 100 partiel.

lur iOO parties.

Soude brute artifi-

cielle

1 7«aO & 82«69

Sel de soude hmt

Sel de soude raffine

caustique

Sel de soude non

caustique . ...

Cristaux de soude.

Nairon d'Egypte..

36,60 à 40, (tO

— de Barbarie

lG,VOà40,8d

Potasse d'Améri-

que factice

Potasse porlass<*

factice

Potavae factice. — Je dois vous donner quelques renseignements sur un produit qui termine le tableau sous le nom de Potasse factice.

Pendant fort longtemps les blanchisseurs n'ont pas voulu se servir des soudes artificielles, prétendant qu'elles ne pouvaient pas agir aussi bien que les potasses d'Amérique donf ils avaient une longue habitude, et il y a encore bon nombre de consommateui^ qui sont imbus du mOme préjugé.

Ln fabricant de produits chimiques, Ador, eut ridée, il y a une quarantaine d'années, de donner à la soude l'aspect extérieur de la potasse d'Amérique, et il fit, par suite, une fortune considérable. Ses procédés sont encore suivis dans les fabriques de soude qui font des expéditions en province. Les voici :

On prend les sels de soude de qualité inférieure, c'est-à-dire qui contiennent une assez forte proportion de sulfate de soude et de sel marin, on les lessive, on fait bouillir les liqueurs avec de la diau.\ pour les rendre caustiques et on les évapore rapidement dans une chau> dière de fonte. Vers la fin de la concentration, on ajoute environ \ 4 /2 p. 100 de sulfate de cuivre avec un pou de nitre,et quand la masse est eu fusion ignée, on la coule dans des moules de fonte ; elle a une couleur jaune, mais pendant qu'elle est encore liquide, on l'agite avec un morceau de bois de hêtre, qui se charbonne partiellement et produit dos sapeurs fuligineuses au moyen desquelles le cuivre est ramené i\ l'état de protoxyde qui communique sa couleur rouge à toute la niasse. On a alors un produit qu'un peut confondre, au premier abord, avec la potasio rougo d'Amérique.

DES -POTASSES ET DES SOUDES. 155

Pour la perJasK factice, on ajuule à une lessive caustique de soude concentrée à 23" du sel de toude pulvérulent et bien sec, qu'on gflche comme du plâtre avec cette liqueur. Il se dégage un peu de chaleur, et le lont se prend en une masse assez dure, qu'on divise ensuite en Ihigmentfl moins gros.

Cette subslitulion des potasses Taclkcs aun lérîlables ne peut nuire dans les blanchisseries, ou il est Toit indifférent que la lessive soit k base de potasse ou de soude. Mais il n'en est pas de mémo pour la fabrication du savon, carcelui qu'on fait avec de la potasse ne ressemble en rien à celui qu'on oblient avec la soude. Vous aUei voir comment on peut Taii'e la distinction de ces dcun sortes d'alcalis.

CarvetèvH dlatlBCtira de* potaïae* et des londra. — Les potasses el les soudes du commerce se reconnaissent à leur saveur Acre et urineuse, à leur grande solubililë dans l'eau, h leur action sur le sirop de violettes qu'elles verdissent, et sur te tournesol rouge qu'elles ramènent au bleu, k la livc effervescence qu'elles font avec les acides même les plus faibles. On les distingue les unes des autres par les caractères suivants :

Les potasses s'humectent promptement au contact de l'air, et ne lardent pas à lomber en déliquescence. Leur solution dans l'eau, étant filtrée et concentrée, ne donne pas de cristaux ; ce n'est que par l'élaporationisiccilé qu'on peut obtenir le carbonate de potasse solide; il est alors en poudre blanche, IrÈsdéliqnescente.

Les soudes, au heu d'attirer l'humidité de l'air, sont au conlruire Irtsemoresceales ; leur dissolution concentrée donne des cristaux d'une ^'w- "i- - s-'i'iii™ ï"iif™ir*edw forme bien reconnaissable, Iranspa- liimiun. rcnis (fig. 434), incolores, qui deviennent bientat opaques au contact de l'uir, et se recouvrent d'une poussière hrine use, autrement dit, ils sont li-ès-cniorescen(s.

!;■«(*■. — Il est peu de substances qui aient reçu autant d'emplois utiles que ces produits. Leur us.ngc le plus ancien cl le plus fréqueiU est de servirau blanchissage du linge, au blanchimenl de presque tous les lissus, en raison de la propriété que possèdent les alcalis et les sels aica linsde dissoudre les maliâres organiques, grasses oucoloranles, qui salis. ient les étoffes. Les soudes sont li base des savons durs, et les polasscs celle des savons mous. Les unes el les autres sont indispensables h la fabrication du verre, des glaces, des cristaux. Les potasses concourent i la préparation de plusieurs sels très-utiles, comme le nilrc, l'alun, lebleu de Prusse, l'eau de Javelle. Le si?' et les cristaux de soude sont utilisés Journellement dans les ateliers de teinture et d'indiennes, nojauunent pour dissoudre les maliËrea colorantes du rocou, du cartbame

pour la confection de la belle couleur dite rouge des Indes ; ils servent encore à disposer les laines à recevoir les matières colorantes.

Canal illcalion des potasses et des soadei. — Lorsqu'on emploie les carbonates de potasse et de soude à déterger et à blanchir les tissus^ ou à la fabrication des savons, on leur fait subir préliminairement une opération qui porte le nom de caustiftcation. Elle a pour objet do mettre à nu les alcalis qui les cqmposent, en leur enlevant l'acide carbonique qui masque en grande partie leur action sur les matières colorantes ou sur les substances grasses. L'expérience a appris depuis longtemps, en

effet, que ce n'est jamais qu'à Télal ]^ de pureté que la potasse et la soude

peuvent s'unir aux corps gras pour former des savons, et agir efficacement sur les diverses matières étrangères qui allèrent la blancheur dos fils du lin, du chanvre et du coton.

Pour rendre les alcalis caustiques^ c'est-à-dire pour leur enlever l'acide carbonique qui neutralise leurs propriétés, on fait bouillir les dissolutions très-étendues de potasse et de soude du commerce (fig. 435), avec une sufiisunte quantité de chaux vi\e (1 partie de potasse ou de soude, i(^ à 12 parties d'eau et i partie de cbaux éteinte), jusqu'à ce que la liqueur claire no fasse plus elTervescence avec les acides.

Dans ces conditions, la chaux s'empare de l'acide carbonique, passe à l'état de carbonate insoluble, et laisse dans les liqueurs la potasse et la soude dépouillées de l'acide qui leur était combiné :

J'ig. 43.1 — ('.aiistincation (l«*s p «tusics et tic» suudi'S cuiuiuerc iules.

(!larbonate

de potasse. Chaux éteinte.

RO,GO« Jh CaO,HO

Carbonate do suudc.

NttO.CO"

-+- CaO.HO =

Hvdrate

de potasse.

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