‹ Lecons de chimie élémentaireChapitre 25 sur 134 · KO,HO · texte numérisé non relu

KO,HO

Hydrate

de suude.

NaO,nO

Carbonate de chaux.

CaO.CO*

-h CaO,CO*

Lessives caustiques. — Potasse et soude caustiques. -^ C'est k ces liqueurs caustiflécs parla chaux, filtrées et concentrées rapidement hors du contact do l'air Jusqu'à 30° de l'aréomètre, qu'on donne le nom de lessives caustiques ou des savonniers (t),et on appelle |H)/as8e caustique

(i; Co qiio loB (Hivriom pointros on bâtiments nomment eau seconde, c'est une lossivo cauf ti(|Uo fiiiblu^ iii«rt|u«ut do 10 à 15* à raréomètre (4 à 0* alcalimétri*

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é ta ehaux, smde caustique à la chaux, les alcalis solides obtenus par l'évaporalion & siccité des lessives. Us sonl alore doués de la causticité au plus haut degré (!)•

Si l'on soumet ces alcalis ft la rusion ignée, et qu'on coule ta matière fondue sur une plaque de cuivre ou dans une lingntière (fig. 436), le prodljiit en plalfues ou en cylindres prend le nom de pt^rre à tavté-es, A cause de l'usage qu'on en fait en «rliirurgie pour ronger et désorganiser les tissus animaux, pour ouvrir les cautères (2).

C'est Black qui, en 1756, reconnut le vérilable rôle de la choux 4]ans la causti/kation , e( qui constata la nature des alcalis causliquet. Avant lui, on croyait que la . - rT^^--ij 4:^.~ -" chaux ne donne plus de force cl c.. .3* , ■ ,i o 1 1 ■

d'alcalinité à la potasse et à la soude n cautém.

qu'en les débarrassant d'une nia-

(icre mucilagineuse dont elles étaient enveloppées, cl qu'eo atténuant «u divisant leurs molécules.

Pour vous démontrer, Messieurs, la Justesse de la théorie de Black, relativement à la préparation des lessives caustiques, je vais faire agir delà chaux vive sur des dissolutions de carbonates de potasse et de soude. Après une heure d'ébullilion, nous tlltrerons les liqueurs pour recueillir h part le dépAl blanc qui se sera formé. Nous pourrons constater alors que, tandis que ce dépOt laissera dégager de l'acide carbonique parTaclioude l'acide chlorhydrique ou sulfurïquo, les liqueurs très-caustiques ne feront plus d'elfervescence avec ces acides, comme cela avait lieu avant leur ébullilion avec la chaux. L'acide carbonique aura donc abandonné la potasse et la soude pour bîe porter sur la

4]ues), qai sert k onlever tes peintures ï l'Iiuile sur les murs, tes bols, etc. L'rau seconde, préparée avec 1* soude, attaque iieaucoup plus rortcment tes pînceam <|iie celle préparée arec la potasse, et, d'un autre calé, elle décrasse moins bien ^ue cette dernière. Il Ttut donc préférer l'eau seconde à la potasse.

(1) Pour fortifier l'aJcali, comme disaient les anciens, on empUjjait, principalement en Egypte, la chaui brûlée. Geber et Albert le Grand ont décrit la pripanlion ds la potasse caustique comme elle se fait encore aujourd'hui dans les WTonneries.

(I) Pour cette application spéciale, on ajoute ordinairement un peu de chaui m» en poudre k la potasse avant de la couler dans la lingoti^re, etl'on peut en outre la couler en gouttes qui, en se solidifiant, sont hémisphériques. La présence de la chaux l'empftche de couler aussi Tacilement, et l'action est plus circonscrite. C'est Ik ce qu'on appelle dans les pharmacies le caiulijtie de Filhos. La foudre de Vienne est un mélange intime de potasse caustique et de chaux viva «flccitté dana oD mortier de fer cliaulTé.

chaux, avec laquelle il aura produit ce dépôt blanc, insoluble, qui n'es^ alors que du carbonate de chaux.

C'est le m(^me effet que je vais produire en versant de l'eau de chaux claire dans une dissolution de carbonate de soude. Un précipité blanc se forme, comme vous le voyez ; c'est du carbonate de chaux qui s'isole h mesure qu'il prend naissance.

Si vous comprenez bien le rôle de la chaux vive dans la fabrication des lessives, vous apercevrez Terreur de beaucoup de blanchisseurs qui ne veulent point caustifier leui*s soudes et leurs potasses, par la persuasion qu'ils ont que la chaux reste en dissolution dans les lessives et que c'est elle qui brûle les tissus. Si ces lessives, obtenues à l'aide de la chaux, brûlent les tissus, c'est uniquement parce qu'elles sont trop concentrées; et le moyen de remédier à cette action énergique, c'est de les étendre d'eau.

Fig. 437. — Décantation d'uuc liqueur et moyeu de l'introduire dans un ballon sans en

répandre au dehors.

Lorsqu'on a rendu une lessive caustique à l'aide de la chaux, on dit dans les ateliers qu'elle est devenue i)lus mordante. Elle est alors onctueuse et comme grasse au toucher, parce qu'elle attaque et dissout promptcment l'épiderme. La plupart du temps, on se borne à ce caractère pour apprécier la force d'une lessive. On y trempe l'index et on le frotte contre le pouce. Si les doigts glissent l'un sur l'autre aussi facile-ment que s'ils étaient imprégnés dhuile, on dit que la lessive e^t trèsgrasse. >

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■ On voit combien te défaut de connaÎBeancn positives, dit Bobiquct, enlralae dam des idéet fausses. Comparer une lessive i une matière huileuse est une erreur des plus grosaièree, car c'est trouver de l'analogie entre les choses lei plus disparates. Les alcalis, comme on ■ail, se combinent aux builes et aux graisses pour les convertir en sa- Toni, en détruisant leun propriétés premières. Si une lessive parait onctuetise au toucbei*, c'est qu'elle corrode la peau et la convertit aussi en une espèce de savon. •

Je ne m'étendrai pas davantage sur la théorie de la caustifl cation. Je me bornerai, en terminant ce si^el, à émettre celle proposition : Qu'il faut que Us alcalit soient dans Pétat causfùjue, c'est-à-dire décarboiv:tés, pour produire toul tetir elfgt utile dans le blanthiment ou le dégra'ssay, et dans ta fabrication des savons,

PotaM* aiBAs'e à l'*leoal. — On obtient les alcalis dans un plus grand étal de pureté en veiunt de l'alcool bouillant sur la potasse ou la soude à la chaux et lais-

sant en contact dans .^-g "-^

un flacon bouché àl'émcri. L'alcool dissout la potasse OU la soude caustique à l'exclusion de toute autre matière. La solution alcoolique décantée lorsqu'elle est devenue claire Ifiç. 4t7), évaporée dansun ballon Jusqu'aux deux tiers de son volume, en condensant les vapeurs alcooli qu es dans un récipient (Jlg, 4:!8), puis c h au liée dans une bassine d'argent jusqu'à lafusion ignée «I coulée dans cet état sur une plaque d'ar- '^'^' '''*'" mï^H^hoiiducuniacid^i'^^^ '

gent, fournit le produit qui porte dans les laboratoires le nom de politise ou de soude à t'ai' tool,

Hf «Irfttri Ae potMM «1 d« ionde, — La iiotnsse etla soude des chimistes diffèrent donc, d'après ce qui précède, des produits qui portent ces nom* dans le commerce, puisqu'elles ne sont pas combinées à l'adde carbonique. Elles ne consistent pas, toutefois, en oxydes de polas-'

sium et de sodium purs. D'Arcet a démontré, dès 1808, qu'elles sont formées de ces oxydes et d'eau en proportions constantes et dans les rapports suivants :

Potasse caustique pure.

Protoxyde do potasàium... 1 équivalent = 47 ou sur 100... 84 Eau combinée 1 équivalent =^ 9 16

1 équivalent = 5C 100

Suude caustique pure.

Protoxyde de sodium 1 équivalent = 31 ou sur 100. 77,66

Eau combinée 1 équivalent = 9 :23,34

1 équivalent = 40 100,00

Ce sont donc des hydrates de potasse et de soude, dont on ne peut chasser l'eau par la chaleur la plus élevée. On les représehle par les formules :

KO,HO NaO,HO.

Ces hydrates^ quand ils sont solides et purs, sont en fragments blancs et opaques. Ils rongent et détruisent très-promptement les tissus animaux ; aussi ne peut-on en placer un petit fragment sur la langue, sans que celle-ci soit cautérisée profondément. Boerhaave (I) rapporte, dans ses Éléments de chimie, qu'un malheureux ouvrier étant tombé dans une chaudière de lessive caustique de potasse, ses muscles et ses nerfs furent détruits en peu de temps, et qu'il ne resta que les os. Cette histoire n'aura plus rien d'incroyable pour vous, dès que vous aurez vu avec quelle promptitude ces morceaux de chair vont disparaître, aussitôt que je les mettrai en contact avec une solution bouillante de potasse. Voyez 1 à peine sont-ils tombés dans la liqueur que dv^jà ils sont dissous.

Dès que les hydrates de potasse et de soude ont le contact de l'air, ils en absorbent i;apidement l'acide carbonique et perdent bientôt leur causticité. En même temps, l'hydrate de potasse s'humecte et tombe en déliquescence, tandis que l'hydrate de soude se dessèche et s'effleurit. Ces caractères opposés permettent de les distinguer. Il faut donc les conserver à l'abri de l'air. On doit employer la même précaution pour les lessives caustiques des ateliers.

(I) Boerhaave (Hermann), né à Woorliout, près de Leyde, en 1668, mort en 17 «.^8^ fut tout à la fois médecin, chimiste et bouniste. Il fut un des professeurs les plus célèbres de l'université de Leyde dont il devint recteur en 1714. Ses services en chimie et en botanique ont été moins contestés qu'en médecine ; il rendit la première de ces sciences claire et positive ; il commença à faire connaître la composition du sang, du lait et des autres fluides animaux. Il enrichit le jardin de Leyde d'un grand nombre de plantes, découvrit de nouvelles espèces, forma plusieurs genres nouveaux et encouragea Linné. Ses Elément* de chimie ont été traduits par Allamand. Paris, 1764, 'i vol. in 12.

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