‹ Lecons de chimie élémentaireChapitre 29 sur 134 · DU BORATE DE SOUDE · texte numérisé non relu

DU BORATE DE SOUDE

ji petit.

neia (/Ig, 45S} : on Tait rougir celui-ci au chalumeau et on le roule daDS <Iu verre de borax pulvérisé; on le reporte ensuite dantla flamme qui fonce une perle incolore entre les branches de l'anneau. Sur eetle perle, on Tait tomber la pouseii^re minérale ; on chauiTe de nouveau à la lampe ; l'oxjde métallique se dissout dans le borax et le colore d'une manière spéciale suivant sa nature.

■oadnre bb m*jeB dw korax. — C'est justement fi cause de cette propiiélé de dissoudre les oxydes métalliques que le béraii est employé dans l'orrévrerie et la bijouterie pour Tacililer la soudure des métaux les uns aux autres. Quand il s'agit, par exemple, de souder deux pièces de cuivre ou d'argent, on les décape, on les saupoudre avec de la soudure en limaille et du borax en poudre, et l'on chauffe le tout Jusqu'à ce que la soudure commence à fondre. En fondant, celle-ci s'allie avec les pièces métalliques et les réunit ; mais il faut pour cela que les pièces soient toujours bien décapées, c'est-à-dire brillantes et non recouvertes d'oxyde, et c'est là l'eiïel que produit le borax, soit parce qu'il dissout l'oxyde qui pourrait se former, soit parce que, enveloppant le métal, il s'oppose it son oxydation par l'air.

Les Bcrrurien et les chaudronniers s'en servent, par le même motif, pour brtaer ou souder la tôle et le fer.

Dans tous les cas, le borax octaédrique est préférable à l'autre, parco qu'il se boursouHe moins, arrive plus vite à la fusion ignée, et parce qu'étant plus dur, il ne se brise pas en fragments, mais se réduit en poudre flne lorsqu'on le frotte sur une pierre humide, ainsi qu'opèrent les bijoutiers.

Dana les épreuves Ae Docimasie H), on emploie encore le borax pour

(I) On donna le nom de Docihasie, qui est la trtduction d'un mol grec qui Ttut dire j'éprouve, à l'art qui a pour objet de déterminer l> nalure et la |iroportioa des éléments qui constituent une mint ou un minerai. On parvioni à de pareils résultat* en faisant luigs d'opéivtions particulières que l'on nooimo

Loraqu'on a découvert une mine dans le sein de la terre, i) fiut nécessaireoient, avant d'en entreprendre reiplolutian, non-ieulement connattro le métal qid; eat le plus abondant et qui la carsclériM, mais savoir encore dans quel état de comtiiniiion il s'y troure, i|uelB sont les corps étrangers qui l'iccompagnentet l'altèrent, et s'assurer enfin que les produits de cette mine compenseront les fraia que son exploitation exigera. Or, c'est lit le but easeiitiel des essais dodmastique* ou de Ja docimoiie. On voit que cet art n'est qu'une partie do la

faciliter la réduction des oxydes métalliques (1), et dans les Terrerîes, pour hâter la fusion des matières contenues dans les pots. On l'utilise aussi pour la préparation du strass, des émaux, des vernis ou glaçures des faïences fines et des porcelaines tendres de fabrication anglaise, et enfin pour celle des couleurs employées sur le verre et la porcelaine.

Dans la plupart de ces dernières applications, on le remplace souvent par Vàcitle borique, que le commerce nous apporte de Toscane en énormes quantités.

Acide boriqae. — C'est ici le lieu de vous parler de cet acide qui présente un double intérêt par son utilité industrielle et par sa manière d'être dans la nature.

Composition. — Caractères dUtinctifs. — A l'état de pureté, il se montre en longues écailles blanches ou paillettes hexaèdres d'un éclat nacré, qui contiennent 43,6 pour 100 d'eau combinée ; c'est donc un hydrate, ainsi constitué : BO, 3^H0.

Ces paillettes brillantes sont inodores, à peine sapides et inaltérables à l'air. Elles se dissolvent dans 35 parties d'eau froide, dans 25 parties d'eau à 20^ et dans t2 parties et demie d'eau bouillante.

La dissolution faite à froid colore en rouge vineux la teinture de tournesol, à la manière de l'acide carbonique; mais la dissolution saturée à chaud donne au tournesol une teinte pelure d'oignon : elle colore en brun la teinture de curcuma, et en bleu celle de campéche, ainsi que le ferait un alcali, ce qui est assez singulier.

Il est bien plus sol uble dans l'esprit-de-vin auquel il communique la propriété de brûler avec une flamme d'un beau vert, ainsi que Hoefer l'a reconnu le premier, en 1777. Avec l'esprit-de-bois, le phénomène est encore plus prononcé.

Il est indécomposable par le feu. A lOO^', il abandonne la moitié de son eau d'hydratation, à la chaleur rouge il fond comme le borax, en passant par tous les états pAtcux intermédiaires et devient anhydi*e;en se figeant, il prend l'aspect du verre. A la chaleur blanche, il est tout à fait volatil, et dans un courant de vapeur d'eau, il est entraîné à la température de 100^

Si, à froid et par l'intermédiaire de l'eau, il ne manifeste pour les bases qu'une assez faible affinité, il n'en est plus de même aux températures élevées ; il forme des sels très-stables, plus ou moins fusibles, et, par cela môme, il peut déplacer des acides plus énergiques, mais

chimie, et que, par conséquent, pour l'exercer avec succès, il faut des études profondes de chimie minérale. C'est surtout aux travaux de Bergmann et de Berthier que les essais docimastiques doivent la précision qui les caractérise aujourd'hui.

(1) Dès que ce sel fut découvert aux environs d'Escapa, par le médecin Car* rère du Potosi, les mineurs du pays profitèrent de son abondance et s'en servirent pour la fusion de leurs minerais de cuivre.

DE l'acide bohique. 177

œoias fisea que lui. C'est ai[i«i qu'en ch&ulTanl au rouge uii mélange d'acide borique et de sulfate de loude, on produit du borate de soude, avec-dégagement d'acide auirureux et d'oxygène, tandis qu'en versant un léger excËB d'acide sulfurique dam une solution de borax, on donne lieu à du suivie de soude, et on provoque un dépOt d'acide borique en écailles. Voua voyez, Hestieurs, combien les circonstances dans lesquelles on opère ont d'influence sur les résultats des réactions chimiques.

ËiMt ■M(«rel. — On ne connaît dans la nature qu'ua très-petit nombre de borale$ .- ceux de soude, de chaux, de magnésie. Le borate de chaux, qu'on rencontre en quantités considérables dans les terrains d'Iquique, dans la province de Torasaca au Pérou, ainsi que le double borate de soude et de chaux fboro-nalrocalcite des minéralogistes) qui le montre encore plus abondant dans la même localité, arrivent maiiw tenant en Europe et servent, tant en France qu'en Angleterre, pour l'extraction de l'acide borique et la fabricatioD du borax.

On sait aussi, depuis quelques années, qu'il j a des traces de cet acide combiné dans les eaux douces et salines, dans les eaux thermales de Wieabaden et d'Aix-la-Chapelle, dans les eaux sulfureuses de I.uchon, de Baréges, de Caulerels, de Bonnes et de Labanére dans les Pyrénées, dans le» eaux de Vichy où il est plus abondani, enfin dans les eaux de certains puits.

On l'a sigualé, depuis longtemps, en belles masses lamellaires, parmi les produits volcaniques des lies de Lipari et ]usquc dans l'inlérieur du cratère du volcan appelé Valcano, où il forme des couches qui atteignent en quelques endroits près d'un décimètre d'épaisseur; mab c'est surtout en Toscane, dans la vallée circulaire qui entoure les monts de Castel-?{uovo, non loin de Pomérancc, qu'on remarque une production incessante d'acide borique.

nés fissures du terrain bouleversé, sur une ligne de 40 kilomètres au moins, s'échappent continuellement des vapeurs chaudes qui répandent dans l'air des nuages épais, blanchâtres, tantét obscurcissant l'atmosphère, tantôt s'élèvent en une colonne immense qui se perd dans les nues. Ces vapeurs, nommées soffioni («oufllcls ou souHIards) dans la localité, son l'accompagnées de gaz azote, d'acide carbonique, d'hydrogène carboné, d'hydrogène, d'acide suirhydrique, et chargées, en outre, d'acide borique, de bitume, de cartionale d'ammoniaque, de quelques sels; elles entraînent, de plu;, des matières terreuses: leur température varie de 92 A 99*. Ces vapeurs se condensent en grande partie au milieu de la vaie qui s'accumule autour de ces Jels, el y déposent toutes les substances qu'elles enlraloenl avec elles du Min de la terre.

Autrefois, la contrée où ce phénomène naturel s'accomplit, probablement depuis des milliers d'années, était regardée par les paysans comme l'entrée de l'enfer, el sans nul doute celle superstition reim. - n. 1*

178 VJNGT-TROISIÈME LEÇON.

montait à une très-haute antiquité, car la montagne qui avoisine les plus puissants so/)îom porte encore le nom de Monte-Cerbero (mont de Cerbère).

Les paysans ne passaient jamais sans terreur dans cet endroit, disant leur chapelet et invoquant la protection de la Vierge. C'est en 1776 que Hoefcr annonça le premier Texistence de l'acide borique dans les Marcmmes, et Mascagni, dans ses Commentaires, appela l'attention sur la fabrication du borax comme sur un objet très-important. C'est seulement depuis 1815 que les Zogom sont exploités régulièrement; ils fournissent actuellement, année commune, près d'un million de kilogrammes d'acide cristallisé. Cette exploitation est très-simple. La localité elle-même en fournit les instruments.

Extraction. — Les soffioni ou vapeurs surgissent avec force dans difTércntes parties des crevasses des coteaux {fig, 456). On construit dans ces lieux, au-dessus de deux, trois ou d'un plus grand nombre de soffioni, des bassins en maçonnerie A, dans lesquels on fait arriver l'eau des sources voisines plus élevées. Ces bassins, dits lagoni, do 10 à 20 mùtres de diamètre, sont placés les uns à la suite des autres, par étages, à la distance de 50 à 200 mètres. Les soffioni, sortant de terre soulèvent l'eau de ces bassins, ybarbottent avec \1olence, la maintien, ncnt constamment à la température de l'ébullltion et la projettent à i et 2 mètres de hauteur. Lorsque cette eau a été imprégnée de vapeurs, pendant vingt-quatre heures, dans le bassin le plus élevé, on la fait descendre, à l'aide d'un tuyau en bois, dans un second bassin, pour la soumettre à une nouvelle imprégnation; de 1&, elle se rend dans un troisième, et ainsi de suite successivement, jusqu'à ce qu'elle arrive dans de grands réservoirs rectangulaires appelés vos^u^s, B,C, C, où les matières terreuses se déposent. Dans ce passage à travers six à huit bassins, l'eau s'est chargée, en moyenne, de 0,3 p. 1 00 d'acide borique.

Après un repos de quelques heures dans les vasques, la solution claire est décantée, et versée lentement dans une série de bassins en plomb D, D, D, larges, profonds, placés en étages et déversant leurs produits les uns dan^ les autres au moyen de siphons s, s, s. Depuis quelque temps ces bassins sont remplacés par une immense nappe de plomb légèrement inclinée, de 85 mètres de long sur 2 de large et présentant des ondulations très-rapprochées. Cette nappe est supportée par des chevrons en bois au-dessus d'une galerie ou fosse en maçonnerie, dans la longueur de laquelle circule l'a vapeur fournie par un ou plusieurs soffioni, A la partie la plus basse de la nappe se trouve placée une chaudière E, également chauflTée par la vapeur d'un soffione, et qui achève la concentration des eaux qui tombent goutte à goutte de la nappe. Ce système est tellement Uen CMKO, J qu'une nappe évapore en vingt- quatre heures Jusqu'à .M> ''■a

d'eau, et cela est dû à l'immense surface qu'elle offire ap

]80 VlNGT-TROlSlfeME LEÇON,

ï fuit couler. Tous le» matin», on enlève de la suifaee de la nappe évaporatoire et de la chaudière terminale le »ulfate de chaux pulvérulent, qui s'y e»l déposé en asseï grande quantité.

La solution concentrée à lO" e»t versée par des entonnoir» dan» de» cristallisoirs A, A /iff. 457), qui »ont de» cuves en bois doublée» en

plomb. Au bout de quatre Jour», la cristallisation est opérée. On enlève l'adde, que 1 on fait égoutter dans des panier» en o»ier p, p, puis on le fait »écher dans des étuve» {/Ig. 4S8) chaulTéei par la vapeur de quelques soffiotâ. Au bout de vingt-quatre heures, l'acide est sec; on le transporte au magasin central, où l'on réunit en un tas commun l'acide rournl dans l'espace d'une semaine par toute» les fabriques, afia d'avoir un produit d'une même nature; certaines donnent de l'acide à 5 p. 100 d'impuretés, tandis que d'autres en rournissenl de beaucoup plus impur, contenant 25 p. -lOO et plus de matières étrangères.

Les établisseiflents Tonnés pour l'extraction de l'acide dans la vallée de CasIel-IVuovo sont au nombre de dix. It» contiennent depui» 3 Jusqu'à 35 lagoni chacun. C'est un chimiste italien, du nomade Ciaschi, qui a créé cette exploitation. Le malheuccux n'a pas Joui longtemps de son ouvrage, car il périt misérablement en tombant dans un de ces bassins bouillants creusés par ses ordres. Ce déplorable événement ariiva en ISi6. Un an après, un Français, H. Larderel, obtint le privilège de l'exploitation, qui est devenue pour lui une source de richesse plut précieuse peut-être que toutes les mine» d'agent da Mexique et du Pérou, et »ans contredit moins capricieuse. Toot ea '- Taisant une fortune colossale, notre compatriote a enrichi ces Ha* remmes, jadis désertes et improductive»; elles rapportent annuellement 1200000 Tr. et occupent 1200 ouvrier». Le grand -duc de Toscane a créé H. Larderel comte de Monte Cerboli. Le 30 novembre (838, la société d'Hc»eck, qui lui a succédé, s'est constituée au capital de 9 millions de francs.

DE l'acide BORIQUK. 181

L'acide brut ou grége, (el qu'on le livre au commerce, est en petites écailles d'uD blanc griafltre. Il renfenne en moyenne :

Acide pur g|^

Sutr*tè'doai)le d'âmmuiiiaqu'u et de m'ignéaié...! ! j "^-^

Elu hygrométrique ],S0

Solbte de cluai et nullèret insolubles ï^

Acide «ntruriqae libre, roitiÈre organique P,U)

On le purifie afiément à l'aide de quelques dissolutions et crislallilatioDi tnccesiives. Quand on veut le titrer, on en dessèche SO grom. à l'étuTC, à ane température qai ne doit pas dépasser 50°, pour connaître la quantité d'eau inlerpotée, et l'acide sec est traité par l'ikool bouillant à plusieurs reprises Jusqu'à ce qu'il ne se dissolve plni rien. Les liqueurs sont filtrées bouillantes sur un filtre double, qai retient les sels et les substances insolubles. Le poids de ce résidu, «lutnit de celui de l'acide desséché, indique sou degré d'impureté.

De l'acide qui arrive de Toscane, une partie, celle qui ne contient, pu pliu de 10 à 12 p. (00 d'impuretés, est employée directement soit pour lea porcelaines tendres et les teiTes de pipe fines, soit pour la fabrication du cristal; l'autre partie, et c'est la plus considérable, est convertie en borax, tant à Livoume qu'en France, au moyen de sa saturation par le sel de soude; ce borai artificiel a remplacé presque partout le borax de l'Inde. On opère de la manière suivante :

PKbrIcatloN iMilDatrirlIe da feoras. — Dans nue cuve en buis A ^fig, iô9) doublée en plomb, on introduit 1300 litres d'eau el

iVO kit.de cristaux de soude; on ferme la cuve etl'onporle àl'ébullitioa Bo moyen d'un courant de vapeur qu'un tuyau on plomb tt

amène du généraleur B jusqu'au fond de la cuve. La dissolutiou du sel étant opérée, on y projette par fractions, et par l'ouverture 0, 1000 kil. d'acide borique brut, qui, en déplaçant l'acide carbonique, occasionne une vive effervescence. La saturation terminée, et la liqueur marquant environ 2P Baume, on arrête le courant de vapeur et on laisse reposer pendant douze heures. On fait alors écouler la liqueur claire, au moyen du robinet r, dans des cristallisoirs en bois doublés en plomb G, C. Trois à quatre jours après, le borax ayant cristallisé, l'eau-mère tombe dans des réservoirs en fonte D, pour repasser dans des opérations nouvelles. Les masses cristallines, détachées avec des ciseaux en fer, sont mises à égoutter sur un plan incliné F.

Avant de livrer le borax au commerce, on le soumet à un rafGnage qui a pour but, moins de le purifier que de le mettre sous forme de gros cristaux durs, ainsi que l'exigent les bijoutiers et les autres ouvrière soudeurs.

Rafflnafire tlv borax brut. — Pendant longtemps les Vénitiens et les Hollandais ont été les seuls en possession du commerce et du raffinage du borax ; mais depuis la fin du siècle dernier ce monopole a cessé. Ge furent les frères Lesguillier qui les premiers montèrent & Paris une fabrique de ce genre; Paycn et Gartier, vers 1815, régularisèrent et simplifièrent cette industrie, en créant la fabrication du borax artificiel avec l'acide borique de Toscane.

Dans une grande cuve A, pareille à la précédente {fig. 460), si ce n'est qu'elle a de plus fortes dimensions, on fait dissoudre le borax de ]a première cristallisation dans une suffisante quantité d'eau bouillante, en plaçant Je sel dans un panier de tole percé de trous et qu'une chaîne de suspension lient à moitié plongé dans l'eau de la cuve. On ajoute alors 5 p. 100 de cristaux de soude, et lorsque la solution marque 220 Baume, on cesse le courant de vapeur. Après dçux heures de repos, on fait passer le liquide dans un grand cristallisoir G de forme presque cubique, qu'on ferme et qu'on laisse dans le repos le plus complet. Au bout de tO à 28 jours, suivant la température ambiante, la cristallisation est effectuée. Si le refroidissement a été assez lent, le borax est déposé en gros cristaux isolés et bien tenilinés, tels que ^es veut le commerce ; dans le cas contraire, on n*obtient que des masses compactes. On soupire l'eau-mère, et on détache les cristaux à l'aide du ciseau et du nâaillet. On les sèche sur des tables, on les trie et on les embarille dans des caisses de bois blanc.

Quand on veut avoir du borax octaédrique, on concentre tout simplement la dissolution jusqu'à 30<», puis on la met à cristalliser^ et lorsque la température s'est graduellement abaissée jusqu'à -|- 56*», ce qui demande environ de 5 à 8 jours, on se hâte de soutirer la liqueur; c'est alors du borax octaédrique qui s'est déposé sur les parois du cristallisoir. L'eau-m^re donne ensuile du borax prismatique*

Ainii c'ol une dilTéreDCfl de conceatralion et de tempéra tu le duni la solution de borax qui détermine de si proronda changemenlt duu U tbnne cristalline et l'état d'brdnitalioii du même lel 1 Ce fïui n'eil

pas, du reste, isolé dans la science ; le carbonate de soude, l'aiolate -de strontiaue sont dans le même cas.

C'est Buran qui, le premier, en ISt8, a fabriqué ce borax octaédrique, mais c'est Pajea qui, en i828, a fait connaître son mode da fabrication et en a fait une élude chimique complète.

- Salfal* da ««ade.

■latarivae.— UaK^ea. — Vous savez, Mes<ieurs,quc dans les usines i soude artificielle on crée chaque Jour d'immenses quantités de sulfate de soude de toutes pièces par la décomposition du sel marin au moyen de t'Bcide snlfurique. Comme matière première de la fabrication de la soude, ce sel Joue donc un tôle Irès-im portant dans l'industrie. Gehlei), chimiste suisse, en a introduit l'usage dans les verreries d'Allemagne, en place du carbonate de soude, et, depuis 1826, il a été adopté en Franco pour la préparation du verre à vitres.

En Allemagne, et principalement dans le Wurtemberg, on le donne au bétail, deux fois par semaine, m^ë aux aliments, depuis 16 jusqu à 48gram. matin et soir, et ons'en trouic fort bien. — On en consomme encore beaucoup en médecine comme purgatif, et sod mélange avec

l'acide chlorhydrique, produisant un froid assez considérable, sert à la congélation dans les petites glacières des familles.

C'est Glauber (f ) qui découTrit le sulfate de soude vers la fin du dixseptième siècle, en traitant par Veau bouillante le résidu de la préparation de Vesprit de sel (acide chlorhydrique) au moyen du sel marin et du vi'riol de fer calcinés dans une cornue. Ce résidu, nommé capvt mor tuum, terre damnée, lui fournit -de gros prismes transparents ; c'était le sulfate de soude auquel il donna le nom de sel admirable^ à cause de la beauté de ses cristaux : on l'appela plus tard sel de Glauber y dénomination qui s'est conservée dans les pharmacies. La découverte de ce composé, ainsi que celle d'un autre produit salin, son sel secret (sulfate d'ammoniaque), apprirent à Glauber et aux chimistes de son temps qu'il était possible de créer des sels comparables à ceux qu'on trouve dans la nature, ce qu'on ne savait pas encore.

itiimt naturel. — Anhydre, le sulfate de soude, NaO,SO', se rencontre en cristaux aux environs de Madrid, dans un endroit nommé Salims d'Espartine, et sur les collines d'Aranjuez. Ce minéral est désigné sous le nom de Thenardite.

Hydraté, il se montre en efnorescenccs dans les mines de sel gemme, les terrains houillers, à la surface de plaines souvent très-étendues,comme à Marienberg en Allemagne, sur les laves récentes du Vésuve et de l'Etna, à la solfatare de Pouzzoles,et il forme des dépôts considérables en Espagne, dans les vallées de l'Ébre, près de Lodosa, où on l'exploite. On l'appelle Reussin ou Reussine.

Onle trouve encore en dissolution dans les eaux de plusieurs sources, particulièrement de celles qui contiennent du sel marin (Oieuze^ Château-Salins, etc.), dans les eaux de la plupart des lacs qui fournissent le natron, et de beaucoup d'autres de la Sibérie, de l'Autriche, de la Basse-Hongrie, dans un grand nombre d'eaux minérales, enfin dans les eaux de la mer.

Dans les lues dont il vient d'ôtre question, le sulfate de soude parait se former journellement par la réaction du sel marin et du sulfate de magnésie qui s'y trouvent réunis; réaction qui se manifeste surtout à de basses températures : aussi est-ce en hiver que le sulfate de soude apparaît en plus grande quantité dans ces lacs.

Dans nos salines de l'Est, et surtout dans celles de Moyenvic, de Dieuze, de ChAteau-Sallns, on extrait des eaux salées qu'on y exploite des masses de sulfate de soude; voici comment :

(1) Né à Karlstadt en 1604, mort à Amsterdam en 166S, où il avait fondé une école de chimie, Glauber a signalé sa carrière par un certain nombre de décou- Tcrtes importantes et par la publication de beaucoup d'écrits qui ont Joui d'une gmnde vogue jusqu'à la fin du xviii* siècle. Admirateur de Paracelse, il croyait à l'alchimie et cherchait des médicaments dans les composés chimiques qu'il obtenait. C'était un opérateur fort habile, et c'est à lui qu'on doit l'usage des creusets de Hesse.

Estr«etloN 4aBfl1«« ■allHcadal'Bal. — Le; eaut sonlcoDCcnti'éci dans àùt chaudières de tdie peu prorondes, mais oITraat une large lur- [ace. A un ccrlain point de concentration, elles se troublent et laissent déposer une matière blanche, qui est connue des ouvriers sous le nom iescJitot; c'est un suKute double de soude et de chaux peu soluble. On rassemble avec soin ce schlol, un le lave â l'eau froide pour enlever le Kl marin qui j adhère, et on le traite par l'eau bouillasle qui-le décompose, en dissolvant le suKale de «oude et laissant précipiter le sul- (ale de chaux. La liqueur claire est décantée, puis évaporée convenablement et mise à cristalliser. Les cristaux obtenus sont ordinairement redistous dans une petite quantité d'eau bouillante, et la solution ett agitée jusqu'à son entier rerroidi«semenI. Par cette manœuvre, le sel te dépose en petits prismes aiguillés, ressemblant beaucoup au hI d'Eptom du commerce (sulfate de magnésie), pour lequel on le vend quelquefois sous le nom impropre de sel d'Epsom de Lorraine.

C«rBeiAnadl*ilactira. —Lorsqu'on laisse refroidir tranquillement h solution du sulfule de soude, il se dépose de magnifiques cristaux réguliers d'une grande tran^^parence; ce sont des prismes ù quatre ou six pans terminés par un sommet dièdre ou par une pyramide à quatre faces; ils renferment Eifi p. 100 d'eau ou iO équivalents ~ >'aO,SO>,10 HO. Vais ils la perdent en grande partie dant l'air, s' efFlcu rissent et tombent en poussière blanche.

Ce tel a une saveur fraîche qui parait bicntfit légèrement amèro. ChautTé, il fond dans son eau de cristallisation, te detsèche et n'éprouve la fusion ignée qu'au-dessus du touge ; il résiste ensuite à la température la plus élevée.

II est Irès-soluble dans l'eau, mais sa solubilité suit, comme l'a montré Gaj-Lussac, une marche très-si ngulitre. Elle augmente rapidement depuis 0° jusqu'à 32°,73, où elle est à son maximum, et à parlir de ce terme elle va en diminuant jusqu'à 103",) 7, lerme de l'ébulliiion de la liqueur; à ce point elle est à pou près la mOme que celle qui correspond à 30°,75. C'est ce que vous allo'. voir par le tableau suivant :

Bel tahyin diuoui Su) crliUlliK dltioiu

13*3D 11,74 at,31

15,ns 3S.lt 99,18

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