FEU VERT-ÉMERAUDE
Chlorate de barjrte 72
Calomel 27
Résine laque 12
Poudre à canon 4 ' Soufre 3
Le mélange qui enlrc dans les fusées à la Congréve se compose, d'après d'Arcet, de :
Salpêtre 46,S
Bitume, suif, soufre et sulfure d'antimoine 53,5
100,0 (I) (1) Les fusées de guerre, qu'on nommait autrefois rocheUes^ n'ont pris le nom
DE l'azotate de SOUDE. 221
As«1k1« d« «oatle. — Dans kplupart de ses emplois industriels, le salpêtre peut être et est remplacé actuellement par I'azotate de sodde dont Je voua ai déjà dit quelques mots, mais qu'il est nécessaire de mieux caractériser avant de parier de la poudre à canon.
En tSâl, le naturaliste Hariano de Rivero découvrit des gisements considérables d'aiotatede soude dans les districts d'Atacama et de Tarapaca, près du port Yquique, au Pérou. C'est dans ta pampa deTamsruyal que sont situées les nitrières les plus riches ; elles enclavent des amaide set marin; les dépiMs d'azotate de soude ont souvent une étendue de 100 à 600 mètres sur une épaisseur de 2 à 3 mj^lres. Les cristaux d'aiolale sont généralement disséminés dans une argile ; dans certains parages, le minerai ou calùke est si dur qu'on est obligé de faire usage de la poudre pour l'attaquer ; il contient de 25 A 64 pour tOO d'a- Eolale. Pour extraire celui-ci, on lessive le caliche et on fait évaporer la dissolution.
Ces nitrières, exploitées régulièrement depuis 1830, rournisseni au commerce d'énormes quantitéE de sel qui arrivent, en sacs, de Lima, d'Yquique, etc., sous les noms de salpêtre du Pérou ou du Chi'i, salpêtre des mers duSud, De IS30à ISj4, ilest sortidu porld'Vquique8,0J6,l07 quintaux espagnols de ce sel. La pampa de Tamarufal pourrait à elle seule fournir à l'Europe entière le salpêtre qu'elle consomme ; sesgisements paraissent intarissables.
Il est en petits grains ou cristaux irréguliers d'un blanc sale, plus courts qne ceux du salpêtre de l'Inde. Il ne renferme que de 3 à 6 pour 100 de malirres étrangères (sel marin, sulfate de soude, résidu insoluble, eau); parfois, cependant, il contient une notable quantité de sulfate de soude, et toujours assez d'iodale et d'iodurc pour qu'on puisse en retirer avec avantage des quantifias assen considérables diode (l).
Il est, d'ailleurs, eïtrémement facile de purifier ce sel. Si, après l'avoir lavé avec un peu d'eau saturée de ni f rate de soude, on le fait en-
de fuaéa à la Congréve que depuis que loid Congrèv* 1m ■ remiies en usige, en ISDI, pour l'sttaqae de U flotte française k Boulogne. C'est bi^n k ton qu'il a'est atlribué 1& gloire de l'invenlion, puisqu'il est aujourd'hui reconnu que ceu« composition désastreuse date de plusieurs aièclcs. Il suffll, pour former une espèce de fuiée !i la Congrève, d'ajouter une grenade, un obus, ou des macères iucendiairea à l'silrémitâ antérieure d'une fusée volante de grande dimen-
(I) Cette nouvelle industrie s'eiécute aujourd'hui au Pérou, sur le lieu même d'eimction. On commence par rainer le sel en le lavant avec de l'eau saturée d'àlotate de aoudo, de sorte qu'on n'importe plus en Europe que du salpêtre contenant moins de 1 p. loo de sel marin. Tout l'iode est concentré dans l'eau de lavage, d'où on le précipite au moyi-n d'une quantité calculée d'acide sulfureux et de bisulfite de soude La Société minière du Tarapaca, qui ne produit qu'un quart environ du ulpStre qu'on importe de ce pays, était déjà arrivée en I8G7 k livrer an commerce jo kilog. d'iodo par Jour. Voillt donc, pour l'avenir, une nouviille source d'iode, qui deviendra de plus en plus abondante b mesure que les procédés d'eitracUoD se perfectionneront.
suite cristalliser, on l'obtient en cristaux incolores, transparents, trèscourts, qui sont des. prismes rhomboïdaux, simulant assez bien des cubes, ce qui l'avait fait nommer nitre cubique par les minéralogistes. Ces cristaux sont anhydres, d'une saveur fraîche, légèrement amère, un peu déliquescents. Cent parties d'eau à + 18® en dissolvent 80 parties, et à 119®, point d'ébullition de la liqueur saturée, 217 parlies.
Ce sel fuse sur les charbons ardents, mais moins vivement que le salpêtre, en produisant une lumière jaune. Comme il se comporte de la même manière que ce dernier atec l'acide sulfurique et l'acide chlor hydrique, il l'a remplacé complètement dans les usines pour obtenir l'acide azotique, l'eau régale destinée aux compositions d'étain, etc.
On peut même, ainsi que cela a lieu dans la grande fabrique de produits chimiques de MM. Tennant, à Glasgow en Ecosse, s'en servir avec avantage pour produire le chlore. A cet effet, on traite, dans des cylindres en fonte doublés en briques dures, un mélange de 85 parties d'azotate de soude et de 58,5 de sel marin par 98 parties d'acide sulfurique hydraté ordinaire. Les acides azotique et chlorhydrique mis en liberté donnent lieu immédiatement à de l'eau, du chlore et de l'acide hypoazotique qu'on dirige dans des bonbonnes contenant de Tacide sulfurique à 64<*. Celui-ci retient l'eau et les vapeurs rutilantes, tandis, que le chlore va se rendre dans des chaïqbres à chlorure de chaux. L'acide sulfurique saturé d'acide hypoazotique est utilisé dans le travail des chambres de plomb, de sorte que rien n'est perdu.
Les cultivateurs anglais font un fréquent usage de l'azotate de soude brut comme engrais. D'après les expériences de M. Boussingault, ses effets sur la végétation égalent, s'ils ne surpassent pas, ceux de l'ammoniaque.
Il est regrettable qu'on ne puisse s'en servir directement dans la confection de la poudre à tirer. L'expérience a démontré que la poudre faite avec lui s'enflamme difficilement, détone lentement, donne une flamme jaune sans vivacité, enfin qu'elle attire plus facilement l'humidité que la poudre au salpêtre ordinaire.
M. Ueynaud l'a utilisé pour composer avec lui et le soufre un produit explosif, destiné à remplacer la poudre dite de mine^ pour l'exploitation des carrières de pierre. Ce produit, nommé pyronomCj se compose de 52,5 d'azotate de soude, 20 de soufre pilé et 27,5 de tan (I). On dissout le sel dans l'eau, on imprègne le tan de cette solution, on y incorpore ensuite le soufre, el on fait sécher le mélange avec soin avant de l'embariller. Le prix de revient de ce pyronome est infé-
(1) On donne le nom de tan h l'écorce de chêne qui* a servi au tannage des peaux. C'est avec cette matière de peu de valeur qu'on fabrique à Paris et dans les grands centres industriels le combustible populaire désigné sous le uoai de moites à brûler.
POUDRE DE GUEillŒ. 223
rieur à celui de la poudre de mi De, et i] a encore sur celle-ci l'avanlage de pouvoir 01re mouillé et séché de nouveau sans perdre aucune de sn qualités explosives.
Nous voici amenés à l'élude de la poudre de guerre.
rOUDBE DE GUEHtlE OD A CANOM.
La poudre à lircr est un mélange, à proportions variables suivant les pays et suivant ses usages, d'azotate de potasse, de soufre et de charbon.
BIa(orl4tie. — La découverte et l'usage de culte poudre sont besucoup plus tnciens Qu'on ne le croit générale mon'. Nous savons maintenant, gràca aux retberchei de MM. Ludovic Lalanne, Reinaud et Favé, Lacabunne, le colonel Sustne, que lea Cbinois, les Indiens et les Mongols connaissaient, depuis les temps les plus reculés, divers mélanges combustibles de naphte, de substances griMes ou réainsusea, de goudron, d'Iiuiies, de sourrc, de cbarbon, do salpêtre, qu'ils appliquaient aux usages do la guerre, et mime tes pétards, les fusées, les lances de feu, les serpenieaui, les soleils lournanls, et autres feux d'arti- Ice. Ce n'est qu'au septième siècle que ces mélanges incendiaires furent introduits en Europe. Callinimis, architecte d'Béliopolis, qui avait appris k connaître tes satnlances en Asie, les apporui aui Grecs du Bas-Empire, en G73, sous le nom de /Vu grégeois.
Cette composition, qui a donné lieu h tant de Tables et de suppositions, n'étilt r^rmée que de substances grasses ou résineuses, de soufre, des sucs dessécha de certaineii plantes et de métaux réduits en poudre ; on la lançait sous forme de fusées et de boites d'artifice. Ce n'est que longtemps après quo les Arabes, ayant appris i retirer le salpêtre dos terres où il se forme naturellement, eurent l'idée de l'ajouter aux matières primitives du feu grégeois, qu'ils empruntèrent aux Chinois avec lesquels ils traflquaient dès le septième siècle. Ils perfectionnèrent singulièrement ces compositions incendiaires, les appli* quèrent surtout aux combats sur terre et en étendirent l'emploi k toutes les armes, & tous les instruments de guerre. Enfin, ce sont eux qui découvrirent les propriétés explosives de la poudre au soufre, au salpStreot au charbon (I).
(I] I,a poudre h canon est mentionnée poiir la première fois, avec uu des noms qu'elle a encore aujourd'hui, dans un ouvrage arabe sur les machines do guerre, ouvrage dont l'auteur vivait en Egypte vers 1319, précisément k l'époque de la croisade de saint Louis dans ces contrées. D'Egypte, lapoudro dut suivre la route qui lui était naturellement tracée par les conquêtes arabes, c'està-dire la cAta d'Afrique, d'où elle ne tarda pas à passer en Espagne. Li, nousia voyons figurer, en 1157, au siège de Mébla. Il en est encore fait mention dans un poème arabe sur les machines de guerre, dont l'auteur vivait en 1373.
Plusieurs années avant cotte dernière date, Roger Bacon avait, dans deux de ses ouvrages, parlé ï différentes reprises de la poudre, dont il décrit, on les exagérant toutefois, les résultats qu'un pouvait en obtenir, 11 tire ses preuves des effets produits par le pétard, ■ ce jouet d'enfant, dit-il, usité dans plusieurs partie* du monde. ■ Néanmoins, la composition de la poudre devait être connue sanlemant de quelques adeptes, car il ne la donne que sous le voile de l'anagramme. Albert le Grand a aussi connu la poudre, puis .ue, dans son ouvrage des Uerveillet du monde, il en indique les parties constituantes et en donne mCme les proportions.
C'eat encore un tuteur arabe qui fait, le premier, mention du canon, em-
ComposltloB. — Voici la composition sur 100 parties en poids des poudres fabriquées chez les principales nations :