CHARBON
SOOPBE.
ployé au siège de Baza, par le roi de Grenade, en 1323. L'examen d'une chronique manuscrite conservée h. la bibliothèque d'Épinal, a autorisé M. Lorédan Larchay à établir que, dès 1324, les habitants de Metz avaient, dans une sortie, employé avec succès en rase campagne le tir de deux canons. Ces mêmes engins figurent en 1338 au siège de Puy-Guillaume, château fortifié en Auvergne, en 1339 à celui do Trin-l'Évéque près Cambrai. Des comptes de dépenses constatent l'existence, en 1345, d'une fabrique de canons à Cahors, ainsi que l'emploi des boulets et des balles de plomb. Les Anglais no se servirent de l'artillerie en rase campagne qu'en 1346, h la bataille de Crécy.
L'emploi des autres armes à feu est de beaucoup postérieur à celui des ca> nons. L'invention du mousquet est attribuée aux Tartares et aux Mongols sous Tamcrlan, en 1380. L'arquebuse à poudre date du siège de Parme en 1521, le pistoiet de 1544 ; le père Daniel rapporte l'invention de cetto dernière arme aux
(1) On fabrique maintenant en Prusse une poudre nouvelle dans laquelle le soufre est supprimé et le charbon remplacé par du bois débarrassé de son hydrogène. Cette poudre, couleur de bois, est fabriquée en grande partie par la voie humide et presque sans danger ; elle ne détone que lorsqu'elle est renfermée, car à l'air libre elle ne fait que brûler avec une belle flamme. Son prix de revient est très-inférieur à celui do l'ancienne poudre, dont elle possède toutes les qualités essentielles. On la prépare aujourd'hui sur une grande échelle dans la poudrière do Postdam, '*irigée par le capitaine Edouard Schultze, inventeur de ce nouveau produit.
PliÉPABATiON DE LA POUDRE.
Pi4»*v«(loB, — La pi'éparalioD de la poudre se réduit à un petit nombre d'opérations Tort ùmplei. Vous avez tu dans quelles proportions les trois maliiïres premières sont mélangées ; ce qu'il fa de remarquable, c'est que le dosage adopté en France dam les ateliers du gouvernement, pour la poudre de guerre, est tel que l'indique la théorie. Hais une autre condition non moins indispensable à remplir, afin d'avoir une poudre d'excellente qualité, c'est la pureté du salp& tre et du ton^, c'est la nature du charbon A y mélanger.
J'ai dit précédemment comment on obtient le salpêtre raniné, exempt de sels déliquescents et ne contenant pae plus de 3 à 3 mitliëmes de sel marin.
PutvériMtion du sovfrt. -~ On fait choix du soufre dislillé en masse; <m rejette la fteur de soufre brute, parce qu'elle est imprégnée d'addes sulfureux et sulfurique. Sa pulvérisation s'cITectue dans des tonnes en bois A [fig. 47!'}, de l'ilO de long et d'un diamètre de l*,20. t\\a%
Fîg. m. — Touw nul
«ont traversées par un axe en fer horiionlal BR, qu'une roue hydraulique met en mouvement; elles sont garnies inléric^ircmenl de tasseaux demi-cylindriques 1, {, l, dans le sens de la longueur, el munies d'une porte abcd pour l'introduOion des matières.
Dans chaque tonne, on introduit 50 kil. de soufre en morceaux et 700 kil. de gobiUes en bronze de I à 2 ccntim. de diami-trc; oti ferme
balùtanti ds Piitoie en Toscane. Les Français imaginèrent le faril à pierre en 1630. La earalnae, an usage dans U cavalerie depuis la fin du seiiiÈmc ïiècle, parait venir des Arabes. Les bouleti rouges ont été employés par les Franfals un I4IS, el les bombu parles Italiens en I4B5. Les grenades sont rajiporlées an règne d« FranfOlt 1". L'art de miner arec la poudre est attribué k un ingéoieor génoia, Pierre de Kavarre, qui, en 1487, en flt le premier l'ossai.
On vidt donc Mublsn se trompent les historiens qui attribuent k un certain
.mcdne allemand du quatoraitme siècle. Benbold Scliwarti, l'invention delà
pondre k canon, oa qui prétendent que les Vénitiens auraient été les premiers
GisaiDix. — t(, 1 s
la porte et on la fait tourner avec une vitesse de 25 tours par minute. Vous comprenez que par cette rotation rapide les gobUles, en se heurtant, pulvérisent le soufre sous leurs chocs multipliés; au bout de 3 heures, il est réduit en poudre d'une extrême finesse.
On enlève alors la porte, on la remplace par un cadre en bois muni d'une large toile. métallique, et l'on fait tourner lentement la tonne; les gobilles sont retenues par la toile, tandis que la poussière de soufre passe à travers et tombe dans une maie C. On passe ensuite cette poussière dans un blutoir, comme pour la farine, afin d'en séparer les parcelles de soufre non suffisamment atténuées , ainsi que les grains de sable qui pourraient occasionner plus tard des accidents.
Préparation du charbon. — Quant au charbon, il faut qu'il soit sec, sonore, léger, très-friable, à cassure nette et lisse, mais non brillante ; qu'il brûle le plus rapidement possible, en ne laissant qu'un très-faible résidu. Ce sont les bois légers et tendres, tels que ceux de bourdaine, de peuplier, de saule, d'aune, de Jilleul, etc., qui fournissent le charbon réunissant ces diverses qualités au plus haut degré. En France, on fait généralement usage du bois de bourdaine {fig. 480) pour la préparation du charbon destiné aux poudres de guerre et de chasse. Pour la poudre de mine, tous les charbons légers peuvent servir.
Dans tous les cas, on choisit de préférence les jeunes branches de cinq à six ans ; on en sépare Técorce, parce qu'elle donne trop de cendres, et on opère la carbonisation dans des fosses^ dans des chaudières ou dans des q/Hndre$ en fonte.
Dans les fosses^ cavités circulaires creusées en terre, d'un mètre et demi de diamètre et d'une profondeur d'un mètre en\iron, dont les
à s'en servir au siège de Chiozza, en 1380. Ce qu'il y a de vrai dans l'histoire de Schwartz, c'est qu'il introduisit dans l'artillerie un remarquable perfectionnement, en substituant aux canons fabriqués jusqu'alors avec des bandes de fer reliées entre elles par des liens circulaires, comme le sont les douves de tonneaux, des canons obtenus avec du bronze fondu et coulé dans des moules. Ce sont des canons de ce genre que les Vénitiens employèrent au siège de Chiozza; ils récompensèrent leur inventeur par la prison !
Roger Bacon, surnommé le Docteur admirable, naquit en 1214, à Ilchester, dans le comté de Sommerset (Angleterre). C'était un vrai philosophe, dans l'acception primitive de ce mot ; car il était en môme temps physicien, chimiste, mathématicien, astronome, médecin. Ce fut à Paris, dans le couvent des Cordeliers, qu'il se livra à l'étude dos sciences, et qu'il fit de brillantes découvertes en physique et en chimie. Il parvint à un tel degré de réputation qu'il passa pour magicien. Ses contemporains croyaient qu'il avait fabriqué une tète d'airain parlante, qu'il consultait à l'occasion. Persécuté et emprisonné pendant dix ans, comme magicien et astrologue en communication avec le diable, il mourut en i292 à Oxford, en se repenUnt de s'être donné tant de peine dans l'intérêt de la science. Le pauvre frère Roger avait eu le malheur d'être un homme bien supérieur à son siècle I
PRÉPARATION DE LA POUDRE
parois sont reT(>Iues de briquet, la combustioD eil lente el fournît du charbon noir, qui brOle at ec une flanune courte, trèi-claire et son» trace de (limée. Le produit en charbon est de 18 à 20 p. 100.
Dans les eyiindra {fig. 481), la combustioD, ou mieux la dislillation sèche, est plus rapide cl dure il heures; la température n'alleint Jamais le rouge. L'un des Tonds des cylindres A, A est fermé par un <Âtaraleur en funt£ BB, percé de quatre ouvertures circulaires dans lesquelles on engage des tubes en tftle (, t. Trois de ces tubes reçoivent les baguettes du même bois que I'oq carbonise et lont ensuite fermés par des tampons; le quatrième tube oo reçoil â ion exlrémilâ un tube de cuivre rocourbé p, qui sert au dégagement des gaz et des vapcura formés pendant l'opération; ceu\-ci
entrent dans un conduit horizontal fermé C, qui les dirige dans la cheminée centrale.
FIg. 481 . — Fo
de poudre de gurm
Ce n'est guère qu'après 4 à 5 heures de chaulTe que la distillation est en pleine activité. Les baguettes placées dans les tubes t, t, sont retirées de temps en lemps, vers la fin de l'opéralion, pour juger de ses pn^Tès et reconnaître eï la chaleur est également répartie dans les Cflindres. Lorsqu'il ne sori plus de vapeur du qualrii''me tube, on ferme les refcislres des fourneaux, et on ne défourne que le lendo- ■Dain.
VINGT-CliNQL'IËME LEÇON.
Pour la poudre de chasse, on ne pousse pas la dislillation aussi loin; on obtient ce qu'on app>;lle du charbon roux, qui ne renfenne gu^re que 70 à 72 p. 100 de carbone; il contient donc encore beaucoup d'oxfgène el d'hydrogène : c'est plutôt du bois torréfia, on du fltmeron, qu'un véritable charbon. 100 parties de bois sec donnent environ 40 parties de ce produit roux, qui brûle avec une longue flamme accompagnée d'un peu de Tumée. Il Tournil une poudre très- explosive, qui serait britante dans les bouches à Teu ; aussi ne se sert-on Jamais de celte cspËçe de charbon pour la poudre à canon.
11 résulte de recherche^ fort inléressanles Tailes par H. H, Violette, directeur de la salpt^trerie nationale de Lille, que les charbons généralement, employas dans les poudreries sont d'une richesse (tè>-variable eu carbone; que la poudre n'a point dès lors une puissance propulsive unirormej que la cause de cet inconvénient réside dans l'irrégularité de la température emplovée pour la carbonisation du bois, el que l'emploi de la vapeur d eau aurtlmufl'ée, pour décomposer celui-ci, offre le notable avantage de donner un produit toujours identique.
L'appareil imaginé par M. Violclle pour la carbonisalion du bois par
la vapeur d'eau OIj, 482) se compose de trois cylindres concentriques en iule. La charge de bols est placée dans le cylindre A, percé de trou» aw
PRÉPARATION DE LA POUDRE. 229
toute sa périphérie, et qui est au cenlie du second criiudre inlérieur Ui; le IroisiËme cjlindre extérieur aaïcrl d'enveloppe au\ deux autres : au-dessuut, le trouve un serpentin de fer ce conlouraé en spirale, dont l'une des extrémités d communique avec une chaudière h vapeur et l'autre « avec le fond du cylindre-enveloppe. Ln foyer f, alimenté par du bois ou du coke, chauiïe le serpentin au degré convenable. Un tube en cuivre g, implanté dans le fond do cylindre inlérieur, laisse échapper la vapeur, et avec elle les produits de la distillation. — La charge de hois ^ carboniser est de 23 à 30 kilogr.
Le foyer étant allumé et le serpentin chaulTë à 300°, température la plus convenable pour avoir du charbon roux, on ouvre le robinet r d'entrée de la vapeur ; celle-ci s'élance de la chaudière) circule dans le serpentin, s'y échautTe et pénitre dans le grand cylindre-enveloppe. I.A, elle chemine entre les deux cylindres, s'introduit dans le cylindre percé de trous par e& partie antérieure ouverte, immerge le bois, le pénètre peu à peu, s'insinue dans ses pores, y dépose la chaleur dont elle est chargée, élève ainsi la température au point de déterminer la carbonisation et s'échappe par le tube en cuivre, en entraînant avec elle tous les produits gaiéiflés de la distillation ; aucune trace de goudron ne reste à l'intérieur, tout est chassé au dehors par la vapeur, agissant i l'instar d'un piston qui refoule tous les produits de la distillation. L'opération dure une heure et demie à deux heurei.
Le charbon obtenu est d'une très-belle qualité, variable avec la température, c'est-à-dire noir, roux ou brùlol, suivant que la chaleur a été plus ou moins forte, ou prolongée plus ou moins longtemps. Jamais on ne voit de charbon verni, c'est-à-dire couvert d'une couche luisante do goudron séché ; charbon regardé comme inférieur, et qu'on réserve ordinairement pour la poudre de mine.
L'appareil de H. Violette est établi à la poudrerie d'Esqucrdcs, prés de Saint-Omer, et & celle de Saint-Cbamas, près de Uarseillc. Ce procédé est aussi en usage à la poudrerie de Wellcreu, en Belgique.
Le charbon, préparé par l'nn ou l'autre des procédés ci-dessus indiqués, est pulvérisé de la même manière que le soufre : on l'amène ainsi à un tel état de ténuité, qu'il coule comme de lliuile lorsqu'on le transvase. Comme, dans cet état, il s'enflamme parfois spnntanément, ainsi que je voua l'ti. appris antérieurement, on le conserve après le blutage dans dea^èloalToin en tOle bien femés. Jusqu'au moment où ou le pèse pouj;:!^ mé.Uiiger aux deux autres composants de la poudre.
CoKfccUsM d« Isk poa4r« — ijs mélange des trois ingrédients est opért' dans des morUers {fig. 4S3], dont les pilons sont mus par une graiido roue hydraulique.
Lei mortlsra a,a, d'une Torme spliéri(|uo, sont creusas dans une pièce de cliène ib et leur fond est ganii d'un txmpon de bois plus dur ce; ils r<-foiTflnt chacun 10 Utogramuies de mélange, ùtisi composé : 12£>0 grammes de
■guIiei-Sj iiomnés
PRÉPARATION DE LA POUDRE
gatelte»; on Im I>i)te «écber ou estorer pendant deuijoars, «S n qu'il n'y reiU plui que 8 k 10 p. 100 d'eau, nécessaire i, l'opération du grenage.
Pour arriver k ce rétultat, on met lei galettes dans un crible à gros trous, appelé GmUaume (fiff. ISS), arec un tourteau ou disque de boia dur A alourdi par une calotte de plomb fliée fc sa bise. Par le mouvement de vaet-TÎent imprimé h l'ensemble, les galettes te divisent eu grains en traTenuit la crible. Ce* grtins ÛT^nliert, mJlingdt de poulier OD de piMrm, MDt pu«é* dans an Mcond tamis, dit ^rs- Holr, dont les trooi sont moindres que ceui du gutllaume i les grains pins petit* tombent du grenoir mr on tniisiima tamis, dit igalûoù; qui retie -est encore trop gros, et la poi%dre à moutquet tombe alors sur le blutoir qui lie laisse passer que le poussier. Celul-d, encore vtri, c'esl-ï-dire humide, est rédait en galetl«s par la compression ou le battage, pour Stre grené à son («ur. Le •écbage des poudres granées s'effectue soit i, l'air libre, su soleil, sur des tables garnies de draps (jtf . 486), soit dan* des boites rectangulaires en cuivre
Fis. *^''i- -- Cn^^f pour le girnage de It poudre.
rSg. 4SI. ~ 8«cks(« d* 1* p<mdr« 1 l'sir.
duM iMqoelle* circule un courant d'air cbiud 11 OO». Ce dernier mode permet d'agir ea tout temps et de sécher, dans une Journée do 10 heures, 750 kil. de poudre de guerre en hiver et jusqu'à 1000 kil. en ^té.
La poudre de chassa subit en plus nne opération connue soua le nom de litlaje, qui a pour but de donner aui grains le poli et le brillant qui sont propret k ce genra de poudre, d'en augmenter la densité cl d'assurer sa conservsUon. Pour obtenir ces rénihati, on la remue pendant 8 àlï heures dans des tonnes AB fjtg. 4B1] montée* sur un aie horizontal CD mis en mouvement par une roue lijrdiûliqaB. Bllei sont pourvues k l'intérieur de 1! cAtes longitudinales en bois, M allée sont divisées par des Tonds intermédiaires en 5 compariimenis, qui ont cbaenn une porte p, p. Lorsque le travail est terminé, on fait tomber la poudra dans la caisse EF, dont les tuyaui en cuir o, o, o la dirigent dans les petits tonneau H, H où on la conserve. On Is sËche et on l'époussËte comme la poudre de guerre, c'est-à-dire qu'on la passe au tamis pour en séparer la pulvéria qui s'est formé pendant le séchage.
VINGT-CI Mû LlÈMt: LEÇON.
5<W0 kilogi^tnme;, qui rirïultnt sur uiil' pliw-rorino de mtme natum, maïs supportée pur on mnssif do magaiineriu DD'. Av>nt de soumeltre le* troii sub-
Fig. 4S9. — Uoulel pour la Fi
stanfes il l'action de ces meules, on en en les raîutil lournor pendant IS heur loiiues pareillei ï celles de la flgtire 479.
Au Gortir de ces tonnes, dite* milungeairs, la poudre est bumertée eonveaablement et piscile lous les moules iu\quellea on Fait Caire 8 k 10 révolulions par luinute. AprÈs I 11 3 lieures de (riturtiion et de compression, la poudre est eu galeltoa Tort compactes qu'on soumet au grenage.
Pendant U riiTolutiun da 1793, où quatorze irtnéus nécessllaïent la fabrication d'une énorme quaniitâ de poudre, lo mode alors suivi était si rspido que G lieurea d« temps surOsaicni pour convertir en poudre fc canon les luatiËrcs