PEU ALTÉRABLES
et servant dans les arts à l'état métallique.
Fer.
NickeL
Zinc.
Cuivre.
Plomb.
Bismuth.
Étain.
Mercure.
Antimoino.
Argent.
Op.
Platine.
Aluminium.
Palladium.
Iridium.
Magnésium.
PRC ALTÉRABLES, mais trop difficiles à travailler
ou trop rares
pour pouvoir être employi^s
à l'élat métallique.
Cobalt.
Chrome.
Vanadium .
Tungstène.
Molybdène.
Cadmium.
Titane.
Tantale .
Rhodium.
Ruthénium.
Osmium.
Uranium .
Niobium .
Ilménium.
Propriétés physique* iréDérales. — Jetons maintenant un coup d'œil rapide sur Tensemble des propriétés généralcset communes à tous les métaux»
Tous (ont solides à la tempéralure ordinaire, ^ l'exception du mercure, qui est liquide et ne se soHdiRe qu'entre — 36' et — W.
Éclat métalUvae. — Ils sont lous remarquables parla propriëtâ de râflâchir une très-grande quantité de lumiAre. Ils renvoient de leur surface, nalurellcment ou arliflcicllement polie, une si grande masse de lumifirc dans une même dircclicn, qu'elle frappe les jeux avec une intensité et une vivacité qu'on désigne sous le nom de fustre ou éclat métallique. Cet âclat ne se perd ni par le frollemeni, ni par la trituration; on le fait mCmc apparaître sur les métaux qui sont en poussière Une, tels que le Zireoni'tm, le Tantale, l'Iridium, le Cérium, l'Yllrium, le Thorium, en comprimant fortement leur poudre sur un papier au mofen d'un corps tri's-dur, comme un brunissoir d'agnic.
Cet éclat des métaux, qui parait dépendre de l'homogénéilé de leur tissu, de leur opacité et de leur grande pesanteur, îes rend In^s-proprc» à la conreclion des miroira, dont ils fornnienl toujours la partie essentielle. Cependant, lous ne possèdent pas cet éclat au mOme degré. ' Les plus éclatants sont : le platine, l'argent, l'aluminium, le mercure, l'or, le cuivre, l'antimoine, le bismuth, l'élain et le plomb, en suivant l'ordre de leur plus grand pouvoir réfléchissant.
OpKclté. — Ils sont, de tous les corps, les plus opaques, c'est-ù-diro qu'ils ne transmettent point de lumière au travers de leur masse. Uais celte opacité est pluldl dépendante de l'épaisseur que de la nature des substances, car tous les corps réduits en lames assez minces laissent passer une portion do la lumière qu'ils reçoivent : ainsi, comme Newton l'a remarqué le premier, une feuille d'or battu, réduite h environ an millième de millimétré d'épaisseur, et collée sur du verre, laisse apercevoir une lueur verdâlre Irès-scnsible, quand on 1a lient suspendue entre l'œil et la lumière du soleil nu d'une bougie.
On a récemment tiré parti de ce fait pour obtenir des verres qui, recouverts par un procédé cliimique d'une couche tnllniment mince de platine, d'or ou d'argent, permettent la transmission delà lumière sdns offense r l'organe de lu vue; il est alors possible de contempler des foyers intenses de lumière el de chaleur, tels que le soleil, la lumière électrique, les hauls-fourncaux, e'.c, sans aucune fatigue pour les yeux el sans que l'image perde rien de sa netteté. Déjft les lwiette$ dorées sont adoptées de prérèrencc aux verres de couleur pour les yeux malades, ft cause de la douceur toute particulière de In lumière qu'elles transmettent. Les astronomes, delcur côté, font plalincr on argenteries tibjectifs de leure lunettes pour modérer l'intensité des rayons solaires; les observations sont ainsi rendues plus commodes et moins faligantei qu'avec les verres fieulresdont on faisait usage Jusqu'aloi-s.
0*m1«bf. — Lorsque les métaux sont en masse el polis, ils paraissent presque tous plus ou moins blancs, avec cerlains reflets variables, b
DIX-HUITlfcME LEÇON.
Texception de l'or et du strontium qui sont jaunes, du cuiTre et du iitanequi sont rouges. Mais ces diverses couleurs ne sont qu'apparentes, car, lorsqu'on fait réfléchir la lumière plusieurs fois à leur surface, de manière à détruire de plus en plus les effets de la lumière blanche, on voit apparaître des teintes tout autres que celles qu'ils ont dans les conditions ordinaires. Ainsi, après dix réflexions successives :
L'or ; est d'un rouge vif ;
Lo cuivre d'un rouge écarlate ;
L'argent d'un jaune pur ;
Le zinc d'un bleu indigo ;
Iji fer et l'acier d'une teinte violette.
Les vases métalliques polis et un peu profonds présentent ces couleurs véritables d'une manière bien évidente. Regardez au fond d'un calice d'or, et vous verrez le métal avec sa couleur rouge spéciale, parce que la lumière, réfléchie un grand nombre de fois par les parois du calice, ne contiendra plus ou presque plus de lumière blanche.
Ces nuances dues à la lumière réfléchie sont précisément les couleurs complémentaires de celles qui apparaissent par transmission dans les feuilles métalliques très-minces. En effet, dans ce dernier cas. For offre une teinte verte ; eh bien I le rouge est la complémentaire du vert, puisque ces deux couleurs, en se réunissant, reforment de la lumière blanche.
Densité. — Les métaux ont généralement une densité bien plus considérable que les autres corps solides. Tous, à l'exception du lithium, du potassium et du sodium, sont beaucoup plus lourds que l'eau. Mais cette densité est très- variable, comme on le voit par le tableau suivant :
Lithium 0,593
Potassium 0,865
Sodium T 0,972
Rubidium 1,516
Calcium 1,584
Magnésium 1,750
Glucynium 2,100
Strontium 2,542
Aluminium 2,560
Titane 5,300
Chrome 5,900
Antimoine fondu 6,712
Zinc fondu 6,861
Fer fondu 7,207
Étain fondu 7,V9l
îndium 7,362
Manganèse 7,5^)0
Fer en barre. . , 7,788
Cobalt fondu 7,8ll
Nickel fondu. .... 8,279
Cadmium 8,604
Molybdène 8,611
Cuivre fondu 8,788
Cuivre en fil 8,878
Bismuth fondu 9,822
Argent fondu 10,474
Plomb fondu 11,352
Thalliura 11,862
Palladium fondu 11,800
Rhodium fondu 12,400
Ruthénium fondu 12,600
Mercure 13,548
Tungstène 17,6)0
Or fondu 19,?58
Or forgé 19,361
Iridium fondu 21,150
Platine fondu 21,150
— laminé 22,069
Osmium fondu 21,400
Ln mélaux lont paul-fitre les leuli corps dont la deusitâ le trouve modifiée )tar les moreDs mécaniques, tels que le martelage, le laminage, etc., qai rapprochent ou condensent leurs molécules d'une manière permonente. Les dilTérences que présente, sous ce rapport, le mûme mélal tonqu'U a été comprimé, au lorsqu'il s'est solidiflë tranquillement après la fusion, sont quelquefois très-considérables, ainsi que le tableau précédent le démontre.
mmr^tê. — Les métaux sont très-inégalement durs, puisque, tandis que les uns, comme le manganèse, rayent l'acier trempé, d'autres sont très-mous et rayés par l'ongle : exemple, le plomb, le potassium. Laduretéde plusieurs d'entre eux peut être augmenlée par l'art dan* un rap-, {-■ort quelquefois fort considérable. C'est ainsi qu'on rend le fer un des plus dur^ de tous, en y combinant une petite quantité de carbone qui le convertit en acier; qu'on sccrott beaucoup la dureté du cuivre eu l'alliant à de l'ëtain, pour faire ce qu'on appelle le métal des eauona ou lebrorue. Enfin, l'or et l'argent, qui servent à faire les monnaies, ne peuvent être travaillés qu'autant qu'on les a alliés à une petite proportion de cuivre, lin général, l'expérience a démontré que de petites quantités de carbone, de silicium, d'arsenic, de phosphore, augmentent ■ingulièrement la dureté des métaux.
Lorsqu'on développe Isduretë de certainsd'entrceux par leur alliage avec d'autres corps, on développe dans le même rapport leur élasticité et leur souoritê. Aiusi, le cuivre et l'étain isolés sont très-peu sonores et très-peu élastiques ; alliés en certaines proportions, ils forment un alliage qu'on utilise à la fabrication des cloches, des timbres et autres instruments sonores,
DacUIUé. — Hallisblllti. — Une propriété, pour ainsi dire particulière aux métaux, c'est de pouvoir être battus, tirés, pressés, étendus en dilTérents sens, sans se rompre. On appelle ductUet ceux qui peuvent être tirés en flh ; maJ/éubJei ceux qui se laissent amincir sous le marteau ou les cylindres du laminoir. Quelques-uns te brisent et se réduisent en poudre sous le choc du marteau ; on les nomme métaux fragiles ou mitaiix catsanH. L'antimoine, le bismuth, etc., sont de ce nombre.
Les orls ont su tirer un parti fort avantageux de la ductilité et de la malléabilité de certains métaux, et augmenter beaucoup les applications qu'on peut faire de ces corps en les réduisant en plaques, en lames ou en fils de plus en plus minces et déliés. Tous ne présentent pas ces deux propriétés au même degré. L'expérience démontre, en effet, que ceux qui passent le mieux à la Sliëre ne sont pas ceux qui passent le mieux au laminoir, ou se travaillent te mieux au marteau. Ainsi, le fer, qu'on ne peut réduire en lames très-minces, se laisse tirer en BU excessivement fins; le plomb, l'élain, ^ui s'élendeot en feuilles mince*
niX-llC'ITlÈME LEÇON,
HMii le marleuu, lupporlenl moini bien l'efTort du Laminoir, et De doniitsnl [MJiil de filf di^liËs. L'argent est le seul qui eoit aussi malléable que duelile. Il iKMn^de celle propriété k un si haut degré, que l'imaginalioii peut A peine coocevoir la légËrelé dci Teuillee, la flnene des fils qu'un peut eu obtenir.
Vuici l'ordre dans lequel on peut ranger les {irincipaui métaux par rapport à leur plus gi-undu facililé à passer à la flliOn», au laminoir et àt'éleiidre wiu» le iiiarieuu.
■imn CMUKT*
flLliRI.
rtngC) pv
PJBtiiin.
or.
l'iomb..
Antimoine.
Ariraiii.
Argent.
Ltaiii.
BisoiiiUi.
Vpt.
Or.
CériuiD.
fMam.
Cuivre.
Zinc.
Chrume.
Or.
Kuin.
Argent.
Tantale.
Uiltiuru,
Pliiuib.
Manganèse.
/ii<c.
Culyre.
Molybdène.
Aickel,
Platine.
Plaline.
Rhodium.
Cubait.
Ker.
Fer,
Tiwne.
Dibalt.
Zinc.
Nickel.
Vanadium.
Kuiij.
l'ullwliiim.
Plomlj.
IiBoalMalr. — Le laminoir ou l'inslrumcnt u l'aide duquel on réduit les métaux en lames, se compose {fi<j. 3iO} de deux cylindres d'acier
Fi9.i>
ou du funlo de fer A, A, dont la surface, unie et polie, esi extrêmemont dure; ils sont placés horizontalement ù une dislance Axe l'un de l'autre, ot ils marchent en sens opposé, l.e métal qu'il s'agit de laminer, d'abord coulé en plaque, est aminci & l'une de ses e\trémilés, puis
DES UÉTAUX, 23
engagé entre lea deux Cïlindres qui leotralueDl dans leur marclie. Kn dimiausDt à chaque passage, k l'aide des vis B et B, ta dislance qui té* pare les cfliuilres, on diminue succeBslvement l'épaisseur de la lame. C'est & l'aide de ce moyen qu'où obtient ces feuilles de zinc et' de plomb qui rendent des services si multipliés ; qu'on prépare la tOle laminée, les feuilles de cuivre qui servent au doublage des vaisseaux, etc.
On attribue l'invention du laminoir à Antoine Brulier ou Brucher, et cet appareil mis en mouvement par un moulin était établi, à Paris, sur la Seine, dès l'an Iâ53, pour la fabrication de la monnaie. Le laminoir, alternativement adopté, abandonné et repris dans nos bAlels de monnaies, a Qui pur de venir, d'une application générale dnns l'industrie des métaux, dont il est aujourd'hui l'auxiliaire le plue efDcace et le plus économique.
■■«■K* d« l'*r et da l'ar^cx. — Ce n'est pas avec te laminoir qu'on obtient les feuilles d'or et d'argent si légères que le moindre soufQe enlève dans les airs. C'est au moyen du battage sur une enclume. Hais comme l'aclion directe du marteau déchirerait le métal, déjà suffisamment aminci, on place celui-ci, amené d'abord à l'état d'une lame de fi à 6 tnillim^tres d'épaisseur, entre des feuilles de vélin et de parcbemin que l'on frappe avec un lourd marteau à large panne. Ou coupe les feuilles qui se sont étendues, on les réunit dans un cahier formé de feuilles de baudruche (i) et on continue la percussion Jusqu'à ce qu'elles soient arrivées au degré d'amincissement voulu.
nUAre. — Quant à la filUre {fig. 34i), c'est une plaque rectangulaire ff d'acier fondu et Irés-dur, percée d'une série de trous ronds ou carrés, en progression décroissante, et disposée horizontalement avec beaucoup de solidité entre deux coulisses C, C placées au centre du 'kotc d tirer. Le métal, amené d'abord à l'état de tiges rondes ou de cordes de 8 à 10 millimètres de diamètre au moyen de laminoirs à cannelures circulaires, est enroulé sur une bobine A; son extrémité libre est elBléc, puis engagée dans te trou le plus grand de la fllière,ct saisie par une pince que tire une autre bobine B plucée en regard de la première. Cette sccoudc bobine, légèrement conique, reçoit un mouvement de rotation de roues d'angle P, H dont l'axe est mu par une machine.
La filière offrant encore plus de rOsiatance que la corde métallique, c'est celle-ci qui s'étend dans le suns de la longueur et s'umincit ù. mesure qu'elle s'enroule sur la bobine B. Loi-sque toute la corde a passé par le premier trou, on la fait passer successivement à travers
(I) Oo donne la nom d« hawlruche k la meinbmie du liuyuu uu intestin de bœuf qui > été smincie Ik l'sidi; d'une solution alcaline très-faible, et qui Jouit ilurs d'une gnuide souplesse en inËme temps que d'une notable lénicité. On en tiitde petits balluni qu'on remplit d'iiydrogène pour l'iuuuiioineai des eubnt»^
24 DIX-HCIITIÊME LEÇO.N.
tous les autres, eo la reportaat à chaque fais sur la bobioe A, et en la soumettant de temps en temps au recuit pour éviter que le fil ne se casse.
C'est aiasi qu'on fait les cordes de laiton et d'acier pour les pianoe, le
f'ig. I«l. - Filii
tll de fer pour les treillages, le ftl de laiton pour les toiles métalliques et les garde-feu, les SU d'argent et d'or pour les épautettes, galons, brocarts, etc.
Suivant les Allemands, l'art de faire des fils d'or, d'argent, de fer, etc., à été inventé à Nuremberg, vers 1400, par un nommé Rudolphe. Il en fit longtemps un secret que son fils divulgua ensuite. D'autres prétendent que c'est un nommé Biihard Arclial qui fut le premier inventeur de la manii^re de tirer le fit de fer, d'où est venu le nom de fit d'arcfcal(l).
Afin d'éviter que les métaux ne se gercent ou ne se déchirent pendant leur passage au laminoir ou à la filière, on a soin de les recuire, c'est-à-dire de les chauffer au rouge et de les laisser rcftoidir lentement. La chaleur diminue leur force de cohésion, écarte leurs molécules, et permet h celles-ci de glisser plus facilement les unes sur les outres.
(IJ Le laminoir et la fllii^re doiïpni aïoir une origine beaucoup plus iiicienne <|uo celle qu'on adn>et i^nëraleniHiit. Le minéraluglEte Fournet pcnseque cea instrumBDU rvmantent h une tr^s-haut« antiquité, puisqu'on a trouvé en Suisse, comme appartenant k Yige du brome, de petites tigea enroulées en tire-bouchons, qui n'ont pu ûira obtenues que par la filifre, et, de plus, une fine lamelle d'or canneli^e qui indique l'emploi du laminoir. Il croit donc que l'orfévrerie naissante, que le premier tge de l'or, sont contemporains de l'igc de la
pierre Peu de temps après la mort de Josu^, Joab, de la tribu de Juda, fonda
la vallée des Ouvriers, où l'on travaillait l'or 01 l'argent. On y fabriquait MUl* douu MM») cea livna d'airain dont parient les Livres sacrés.
DES MÉrAL'X.
T^aaslté. — La léiiacité des métaux, e'est-à-dire la réniiitaace que leurs molécules opposeat à la rupture ou k l' écart cme ni, est en rapport avec leur duclililé. On la mesure à l'aide d'un poids suspendu à l'uQ de» bouts d'un fll métallique, d'un diamètre déterminé, poids que l'on augmente jusqu'à ce que le 111 se casse. Les métuui présenlenl de Irès^randes différences sous ce rapjmrl. Le fer est le plus tenace, el le plomb lemuioB tenace des mëtuu\, i-omme oa le voit par le lableuu
l'iomb, mesiir£ *v*iu t*
rDptnre, ,.'...
Plomb, mesuré après U
En général, les métaux foi^és, c'est-à-dire travaillés au marteau, ou passés au laminoir ou à la fitière, ont plus de ténacité que quand ils sont fondus et coulés en lingots.
Le fll de fer, passé à la fliiâre et légèrement recuit, supporte un poids plus considéniblc que le fer eu barres, à égalité de section ; aussi les laisceaux de Ht de f>;r employés dans les ponts suspendus ont-il* une force extrême. L'ne corde formée de 30 Dis de Ter parallèles, ayant chacun seulement 3 millimètres de diamfilre, peut supporter plus de :tO,000 iLJIojji'animcs, d'après M. l'erson.
<}*At e» ad««r. — Vous connaissez tous, Hcssipurs, les scnsalions désignées sous le nom de goOt et d'odeur de cuivre, de fer, de plomb, d'étain. Ces sensations sont bien réelles, mais il est difficile de les expliquer. En général, on admet que les corps «tprcjes doivent èlre solubles, que les corps odorants doivent être tioJaJJ/g; ici, ni l'une ni l'autre de ces suppositions ne se réalise, maisle fait n'en reste pas moins certain.
Quelle qu'en soit la cause, l'odeur ou la saveur propre aux quatre métaux cités se fait remarquer d'une manière manifeste lorsqu'ils ont été frottés rapidement ou soumis au choc du briquet, de manière à élever un peu leur tempéraluro. Comme ces métaux sont trèsoxydables au conlacl de l'air humide, peut-être est-ce par suite d'un tummencemenid'ovydation qu'ils acquièrent dol'odeur cl de la saveur. Peut-être oussi celle propriété est-elle vraiment étrangère au métal lui-même, et doit-elle être attribuée à quelque substance interposée. Vous verrez plus lard que les procédés métallurgiques fournissent toujours les métaux dont je parle souillés de quelques maliéres charbonneuses, qui pourraient bien contribuer à la production du phé- Domène dontil est ici question, phénomène d'au I an l plus singulier qu'il oc paraît pas être commun & tous tes métaux.
DIX-HLMTlfeME LEÇON, -une d'eiilre eux exhaleol uoe odeur parliculî6re lorsqu'ili
QuelquGS'i ton! en ^apeul's : tel est, par exemple, l'antimoine, dont l'odeur rappelle alora celle de la graisse brûlée.
CrlatallUattoB. — Presque lou9 les mëlauK peuvent crislalliseï'. Ils offrent, dans ce cas, <]egformeslrôs-siinple8(;tff. 342), l'ocfaAire A, le nibel),
le dodicaédre rhomMJnl C,' et toutes leurs modifications. L'or, l'ai^enl, le cuivre, se trouvent ainsi dans leurs mines. L'art offre le moyen d'avoir les autres dans cet état. Pour les uns, on arrive à ce résultat à l'aide de la volatilisation p.I de la condensation graduelle de leun vapeurs. C'est ainsi qu'on agit puur h; zinc el le magnésium. Pour d'autre», le bismuth, l'antimoine, le plomb, on les fond, on les laisse refroidir lentement, et on perce la croûte supérieure afin de faire écouler les parlics intérieures encore liquides. On trouve alors sur les parois des vases de belles crislallisalions régulières Ifig. 343).
Enfin, pour pi-esque tous, on peut recourir à la décomposition de l'un de leur» composés solubles par un faible courant électrique. En voici la preuve ;
Soitutiedinalutiondechlonjred'eiain (/tg. 344). J'j laii plonger In deux flU opptwéi d'une pile voliaîque en aciivilé, en le> plaçant i une petite diiUnce l'un de l'autre. Preique aunitat la décomposition du composé métallique par le courant éleclriqne a lieu, el ce qui le prouve, c'est qu'autour de l'un des fils (celui qui coramunique avec le pAle n^.tli(), on voit bienlùt se déposer de Jolies aiguilles ou des feuillet d'élain dans son plus grand état de pureté. Le chlore, devenu libre,
tif
a «e rendre, pendant ce tempi, k l'autre fli, c'est-à-dire au pôle poticomme il est soluble dans l'eau, on no t'aperçoit pas.
■tnMtsre. — La «Iruclure des mélaui, ou la disposition intérieure de leurs parties, qui n'est qu'une suite de l'arrangement sfmétriqae que leurs molécules ont pris pendant le refroidissement qui a suivi leur IVision, varie beaucoup. Ainsi, le fer a une structure fibreust, c'esti-dire que la musse est formée par la réunion d'une infinité de petites libres qui ne sont autre chose que des crisLiux trùs-détiés accolés les uns aux autres. 1/étain a une structure grenue. L'antimoine, te bi»muth, le zinc ont une structure lamelleitse, c'e!^t-fi-dire que leur masse . est formée par l'agrégation de facettes ou lames cristallines plus ou moins dévetoppéei, etc.
(^tte disposition intérieure des parties d'un métal peut Stre modifiée par des actions mécaniques agissant, tanliît violeaimenl, tantôt d'une manière peu intense, mais continue. I.e fer surtout offre de fréquents exemples de ce phénomène ; de flbreuK cl nemetir qu'il était, il détient grenu et cristallin, et aloi's il a perdu une graude partie de sa tén&citf, il est mi}me cassant. C'est ce qui arrive dans les essieux de voilures ou de locomotives qui se cassent parfois brusquement ; dans toutes les tiges métalliques ou les barres qui sont soumises il des vibrations instantanées; dans les chaînes ou câbles qui éprouvcAt de violentes secousses. Martelez sur une enclume un lingot de zinc, il perdra
DIX-IIL'ITIÈME LKCON.
bientôt sa structure lamelleuse, devieadra greou et friable. Ces mou* vements moléculaires doivent être pour beaucoup dans ces brisements, ces ruptures qui arrivent si fréquemment dans certaines pièces métalliques de nos ateliers industriels, et qu'on a rapportés Jusqu'ici, d'une manière empirique, à des pailles ou à des chambteSf ou à un défaut d'homogénéité dans la masse métallique.
ActloM delà ckmlevr. — La chaleur appliquée aux métaux produit des phénomènes de différents genres. Elle les traverse en les dilatant, les volatilise ou les fond.
1^ Conductibilité, — De tous les corps simples et composés, ce sont ceux qui conduisent le mieux la chaleur ; mais cette propriété varie dans des limites très-étendues. Le tableau suivant, qui résume les expériences de Despretz, indiqué les rapports approximatifs de conductibilité de quelques solides, le pouvoir conducteur de l'or étant pris comme terme de comparaison et représenté par KMM) :
Or 1000
Platine 981
Argent 973
Cuivre! 898
Fer 374
Zinc 363
Étain :tt)4
Plomb 179
Marbre 24
Porcelaine i2
Terre à fourneau 11
Charbon 27,
Dans certaines applications industiûelles des métaux, notamment dans la construction des appareils destinés & évaporer ou à distiller les liquides, cette inégalité de conductibilité doit être prise en grande considération, puisque la quantité de liquide évaporé ou distillé dans un temps donné est d'autant plus grande que le métal qui forme l'appareil a un pouvoir conducteur plus considérable. Voilà pourquoi un préfère le cuivre au fer ou à la tôle, bien que son prix soit plus élevé, parce qu'il conduit près de deux fois et demie mieux la chaleur que le second.
2» Volatilité. — Il n'y a qu'un petit nombre de métaux qui puissent se volatiliser et distiller à la manière du soufre. De ce nombre sont :
Le mercure qui rc volatilise à -+- 360» ;
Le cadmium à8C0*;
Le sodium — au rouge naissant ;
Le potassium — un peu au-dessus ;
Le zinc
Le magnésium , j
k lOiOo.
On peut donc profiter de cette propriété pour isoler ces métaux de ceux avec lesquels ils pourraient se trouver mélangés ou combinés.
Plusieurs autres métaux, qui sont fixes en vases clos et aux températures les plus élevées, sont susceptibles cependant de fournir des vapeurs plus ou moins abondantes, quand ou les calcine forlement
DES MÉTAl'X.
an caalac de l'air : telt sont rantimoine, te btimulh, le plomb, efc.
3> FutibUiti. — Les métaux peuvent tout éprouver la Tution par la
chaleur; mailles température» auxquelles ili se lîquéflent sont exlrd-
memeot variables, comme vous allei le voir par le tableau suivant :
■«reaK
1 entre li fusion
Rutndiiini....
du. me
PoUMiom....
( et celle de l'irgcnt
Sodinm
Argent
+ lOW*
UlWnm