‹ Lecons de chimie élémentaireChapitre 5 sur 134 · SM · texte numérisé non relu

SM

Or

Bismotta .. ..

Fonte RriM. .

Thimum ....

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Acier

j eiUre 1> r<»ite et

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Indiom

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Zinc

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M>gné>ium..

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Fertorgé, ,.,

P>ll«dium ...

1 au fsu de forge le

. (un peu au-dessous

1 plusTiolent.

Bwyom

. jdelachBleurrouge.

[ entre 1* fusion du

Glucynium...

. j zinc et relie 1 de riluminium.

r.omme les métaux sont IrËs-bons conducleurs de la ebaleur, ils entrent presque ausailOl en Tusion au centre qu'à la surrace, et ils passent tout d'un coup de l'état solide à celui d'une parfaite liquidité.

n en est, cependant, plusieurs qui résistent, sans changer d'état, A la chaleur des meilleurs fourneaux de foi^e, et qui ne peuvent Cire fondus qu'à l'aide de grands miroirs ardents, ou de flammes activées par UD jet d'oxygène, ou de chalumeaux alimentés par l'oxygène et l'hydrogène. On leur donne le n(Hii de métaux réfractairei. Ce sont ;

Rbodium,

(^lombium, Kuthénium.

Vanul

Aetlaa d« l*éleetrlclté. — l.es métaux sont aussi bons conducteurs de l'électricité que du calorique, mais ils présentent encore en- Ire eux, sous ce rapport, de Irès^randes ditférences, ainsi que vous illei le voir par le tableau suivant dO à H. Becquei'pl :

Molybdène,

Titsnc.

Cérium

Tuagstène,

Osmiuii

Chrome,

Iridium

Argent. .

itinc..,..

PIkUne..

Plomb. . . .

Mercure. .

Potassium

Vais dès que leur surrace ne suffit plus à l'écoulement de l'électril'ité, celle-ci pénètre dans leur Intérieur, les échaulTe, et quelquefois

tes (oui OU tes volalilise. Elle agit donc, dans ce cas, comme la chaleur accumulâe, et produit mètaa des elTcls plus remarquables, puisqu'un grand nombre d'entre eux sont brûlés btcc un ' vif éclat an contact de l'air et réduits en vapeur. Ainsi, les métaux suivants, réduits en fils minces M soumis â la décharge d'une forte batterie voltaïque, présentent les phénomènes ci-après indiqués :

Fer Lgnition avec lumière blinche très-viip.

Elain — d'un blsnc bleuâtre.

Zinc — blanche mêlée de bleu el de rang*.

Plomb — bleuilre ou purpurine.

^""■^ ) — d'un blanc bleuâtre.

Children, à l'aide d'une batterie puissante, a opéré la Tusion des métaux les plus réfractaires, tels que l'iridium, L'alliage d'osmium et d'iridium, etc.

Quelques métaux seulement sont attirablesà l'aimant, à savoir :1e fer, le nickel, le cobalt, le chrome, l'aluminium (fig, 34S). Je les nomme

bi^

daus l'ordre de leur faculté magnétique décroii^sanle. C'est le fer combiné naturellement avec l'o^rgéne, ou arliliciellement avec le charbon, qui constitue les aimants naliireli et artificiels.

Action Acam^taMi cm iBBaaeporenacaarleaHaflABItaada (».

— La plupart des métaux possiïdent une propriété fort curieuse, qui aéléeignalée,pourl.apremifrefoi?,enl823, par Dœbereiner, professeur de chimie à l'universtlé d'Iéna. l/est de pouvoir déterminer l'inHammalion du gaz hfdrog<>ne et de lous les autres gaz inflammables au contact de l'air, en opérant leur combinaison avec l'oxygtne atmosphérique. Co qu'il y a de plus singulier dans cet elTet, c'est que les métaux n'interviennent là que mécaniquement, car ils ne contractent aucune union, soit avec les gai qui sont en présence, soit avec les composés qui prennent naissance. Qu'on dirige sur quelques grains

DCS MÉTAUX.

de platine en poudre ou en maase apongieuse un courant d'hydrogène k iTKven l'air, le métal rougit presque ausMtôt, enflamme le gaz, de l'eau se produit, sans que le plotinc! change d'aspect, augmente ou diminue de poids.

Beaucoup d'autrct métaux agissent comme le platine, maîa à l'aide d'une température comprise entre 100* et 3S0°. 11 en est de miîme du charbon, delà pierre ponce, de la porcelaine, du verre, etc. Ces difTércntes substances opèrent d'autant mieux qu'elles ont des Tormes plus anguleuses. Dana tous les cas, elles ne rougistsent jamais et n'enflamment point le gaz comme le font les métaux. Ceux-ci perdent promptemeot, au contact de l'air, cette propriété; maison la leur rend, et miïme à un plus haut degré, en les chaulTant Jusqu'au rouge dans un creuset, ou en les faisant rougir au mojen d'un courant d'hydrogène enflammé.

Brl««rt d« Dwbercinep. — On a tiré parti de la découverte de Dœbereiner pour construire une lampe hydii^platmii/ue ou briquet à gai hydrogène, aussi simple que commode, dont voici la (Igure et la description (fig. 346):

n couvercle en ci

e jaune auquel est

Dans un bocal A, pourv soudée une cloche renversée D, on met de l'eau acidulée par l'acide sulfurique (6 parties d'eau contre I d'acide concen- Iré). Un morceau de zinc B est suspendu à un fil de cuivre, dansl'intérieur de cette cloche, el c'est par ton immersion dans l'eau acidulée du bocal que se produit le gaz hydrogène qui s'accumule dans la l'Iocbe en déplaçant l'eau.

I.orsqu'on ouvre le robinet Er, placé au-dessus du '''■ "*■ " '"'"''•' ''* "■f''*"'""-couvercle, le gaz, eu s'échappanl par un tuyau capillaire F, va, sous Ibrme de courant, frapper l'éponge de platine qui est renfermée dans une petiie cage G, supportée également par le couvercle. L'éponge s'échaulTe, rougit et enflamme le g.iz. lilu mOme temps, l'eau remonte dans la cloche, agit de nouveau sur le zinc, reproduit du gaz hydrogène qui refoule encore le liquide, et ainsi de suite. On a donc, par ce moyen, une source d'hydrogène qui ne tarit quelorsque l'eau n'est plus acide et que te zinc a disparu. Kn les renouvelant l'un et l'autre, le briquet est remis en étal pour un temps aiscz long.

32 DlX-niJlTIÈME LEÇON.

Un mouvement de crémaillère s, placé sur le couvercle et obéissant k la pédale l du robinet, fait avancer une petite lampe M juste au-devant de la flamme du gaz ; la mèche prend immédiatement feu et procure ainsi de la lumière. En interrompant le courant de gaz, la lampe revient à sa position première.

Malheureusement il faut changer très-souvent l'éponge de platine, ou au moins la chauffer au rouge ou la tremper dans l'adde azotique, parce qu'elle perd assez promptement la faculté d'enflammer le gaz hydrogène.

L'état de ténuité ou de porosité plus ou moins considérable dans lequel se trouvent les métaux influe d'une manière assez notable sur la facilité avec laquelle ils peuvent opérer l'union des gaz à certaines températures. Plus ils sont poreux, mieux ils agissent. Voilà pourquoi on emploie dans la construction du briquet de Dœbereiner, le platine en masse spongieuse ou à l'état d'épongé, comme on dit vulgairement.

Propriétés chimiques. — Le caractère chimique qui distingue paiiiculièrement les métaux des métalloïdes est de former avec l'oxygène des combinaisons basiques susceptibles de produire des sels en s'unissant aux oxacides.

Je n'ai pas à revenir ici sur l'action de l'oxygène sur les métaux, ni sur celle de l'eau, puisqu'il en a été question suffisamment à propos de la classification. Retenez ce principe général absolu : c'est qu'un métal n'est soluble dans l'eau ou dans un oxacide qu'autant qu'il est oxydé.

Action de Fmir. — Mais il est une circonstance particulière que présente l'action de l'air sur les métaux. Dans quelques cas, le produit auquel elle donne lieu est, non un oxyde pur, mais un carbonate plus ou moins hydraté, ce qui dépend de l'existence dans l'air libre de l'acide carbonique, de la vapeur d'eau, et de l'absorption de ces deux corps par l'oxyde formé d'abord.

La couche verdâtre qui se dépose à la surface des statues de bronze et des autres objets en cuivre, n'est autre chose que du carbonate hydraté de cuivre (vert-de-gris), produit de cette manière.

La couche blanche terreuse qu'on remarque sur le plomb des bassins immédiatement au-dessus de la ligne d'eau, est du carbonate et de riiydrate de plomb.

Le potassium, le sodium, le zinc, etc., que l'on chaufTc au contact de l'air libre, donnent des oxydes qui sont toujours mêlés de carbonates. Je vous ferai remarquer qu'à une température élevée, il n'y a^ que le potassium, le sodium^ le lithium et le baryum qui soient susceptibles d'absorber tout à la fois l'oxygène et l'acide carbonique de l'air, par la raison que les carbonates des autres bases ne peuvent persister à de hautes températures*

Inflainiiimtloii tpontmnéci «^ L'état d'agrégation des particules

DES MÉTAUX. ;j3

d'un métal a siiiguliërcmunt d'influence sur hOii oxydabîlité par le cantacl de l'air. C'sst ainsi que les métaux, comme Je fer, le cobalt, le nickel, clc, qui, lorsqu'ils sont .

en masses denses, n'éprouvent que Irùs-peud'uUérationparl'air ou l'oxvgcnê , à la Icmpéralure oïdinaîre, s'enflamment spontanément et s' oxydent dans te cas, lorsqu'ils sont dans un grand élat de division el que leurs parliculei sont elles-mêmes trës-poreuses. Presque tous les métaux réduits par rhydrogÈne, même le enivre, sont pr/rophoriques (fi'j.

3t7), en raison de leur grande division, d'aprùs Magnus, et ce phéiiïne s'explique lomme l'ii

I«JuJ( pir Hiydrogeiii

flammation sponlanée du charbon Irtis-divisé des poudreries.

Actl*M 4m m^lallalAw- — Il eu csl des autres métalloïdes comme de l'oxf gi^ne ; ils ne manifesfenf pas la mi>me londance pour fous les métaux indtstinclement. S'il en est, en cITol, qui peuvent s'unir avec presque tous ces corps et former des composés à proportion» défini CD est d'autres aussi qui ] petit nombre d'entre ei directe, et souvent sans s

On peut donc foire dei celte OMDiëre d'être :

paraissent pouvoir se combiner qu'a (, Jamais ou presque Jamais d'une manii^rc ivre de proportions déterminées.

V groupes distincts des métalloïdes, d'après

lljdrogtiw Uore,

Le chlore, le brome, l'iode et le soufre sont surtout ceux qui agissent avec le plus d'énergie. La combinaison se fait toujours avec un fort dégagement de cbaleurr, souvent avec ignition, mdme a la températuru ordinaire pour quelques-urts. Ainsi :

Le chlore enflamme :

t'Alalempératunmdinaire : potassium, uiitiaioiuc, bismulU IJi-j. J46) ;

UlX-auiTlÈME LEÇOX.

2° A l'aide de la ehalear : sodium, zinc, fer, élaiii, manganèse, coball, cuivre, mercure, elc.

Le brome enflamme à froid : potassium, étain, antimoine. Le ïourrc s'unit avec lumière aus métaux de la 1" et de la 5" scclion

(fia- 3*»)-

Les composés binaires qui lésullent de l'union des métalloïdes avec les métaux sont excessivement nombrcu\. Les chimistes sont parvenus aies distinguer les uns des autres à l'aide d'un système de nomenclature Tort simple. Ils donnent une terminaison en ure au nom du métalloïde combine à un métal, et ils fout suivre ce nom ainsi modifié du

nom (fU mélul. .Vinsi, pour désigner le compose lormé par l'union du phosphore cl du cuivre, ils disent pftospAure de (niure; pour le composé du chlore et du mercure, chlorure de mercure, elc. D'aprËs cela, les composés de ;

Du bore Du bromn Du carbunv Du cblorn Du fluor Dn riiydrugèiio De l-iodo

.\pp-Ah-n

— des USaHlSES.

DES .MET\rX.

Du phoBpborc — —

Du ■éléiiiuiu — —

Du silicium — —

Du Boufra — —

Du lelluTO —

LonquR les composés possèdent des propriétés analogues h celles dos acides, la terminaison tire est changée en ide. C'est ainsi qu'on dit thioride de mercure, iodide de meixure, pour le chlorure et l'iodure de morcure qui sont acides.

Ordinairement le mt'mc métalloïde peut s'unir avec un métal en plusieurs proportions fixes. Dans ce cas, on désigne tes divers composés delà mdmemanii're que les divers oxydes d'un mi'mo corps simple. On dit donc :

Proloiulfurc de fer, pour la eompo-ie lo nioiiis ïuirurû ;

Setijuitu/flire de fer, pour celui qui contient une fois et demie autant de soufra

<|ue le premiur; Bùu/fure fie fer, pour roliii r[ui en conliL'iit deux Tois laUnl.

IlES MfXVlIX (scm:).

SoMiuiBE. — Des alliagea elaiiialgmiie^. — Action des ai:!!]!-», et spéciaiemgit do l'acido »»oti<|ue sur les mttam. — Applications. — Du la gravure' sur ruÏTre. — De l'eau régaie et do si« emploi». — Dp» oxydes hétallioues. — De» alcaliit et des terrea de l'ancienno cliimie, — Propriété» générales de» oxydes métdlliques. — Préparation du gai oxygéna. — Procédé de Beriolius et Dulong pour la synthèse do l'eau. — De» hijihates. — Des stis, — Règlos de nomenclature pour ces euiii]io»i''ï. — (loup d'a'il sur l'aiicieiiuo et la nouii-llc iii/mcncifllure.

AUlBSM. Aatalicaaaca. — l.cs mûliiux, l'ii se combinant etiire eux, donnent naissance à une nouvelle classe de composés qui portent lu nom générique d'ALUAGEs, Chaque alliage se distingue en particulier par le nom des métaux qu'il rcnrermt^. Exemples : allmje d'etain et tte pbmb, alliage d'or tt ^argent, etc . On a Tait une exception A. cette régie en appliquant aux alliages dont le mercure fait partie l'uncicnne expressiou amahjHme, créée piir les aU'tiimistes du moyen Age. On dtl donc amnlgumc li'éfuin, amalg-ime dv Oùinatli, ut non alliage de mercure et ■l'ttttiH, elci

36 DIX-NEUVIÈME LEÇOxN.

Les alliages mélalliques peuvent cHre considérés, relativement à l'industrie, comme des métaux nouveaux possédant des propriétés spéciales et presque toujours différentes de celles qui appartiennent aux métaux qui les constituent. En voyant le nombre si considérable des métaux connus, on peut se demander tout d'abord pourquoi on a songé à en produire ainsi de nouveaux. Il est facile de comprendre et de justifier l'invention des alliages.

Sur les 50 métaux connus, il est à remarquer que 1 1 seulement peuvent être employés seuls, à savoir :

Le fer, i Le plomb,

Le platine, j Le cui\Te,

Le mercure, L'étain,

l/aluminium,

Le zinc,

L*or.

L'argent, Le palladium,

Ce sont, en efl'ct, les seuls qui joignent à un prix accessible certaines propriétés précieuses, telles que la ductilité, la malléabilité, la ténacité, l'inaltérabilité à l'air. Le platine a surtout pour lui son infusibilité, tandis que le plomb, l'étain, le zinc, rendent de nombreux services par leur fusibilité ; la liquidité du mercure le rend propre à une foule d'emplois. Mais comme, en définitive, chacun de ces métaux ne possède les qualités qui lui sont propres que dans certaines limites, et qu'il ne peut satisfaire à toutes les nécessités de l'industrie, on a senti de bonne heure le besoin de modifier plus ou moins les qualités essenliellcs de chaque métal, et on y est parvenu en lui associant un ou plusieurs métaux dans dea proportions déterminées.

Ainsi que je vous l'ai déjà dit, on durcit l'or et l'argent de manière à les rendre applicables à la fabrication des monnaies, des ustensiles et des bijoux, en y combinant une certaine quantité de cuivre.

Ji> dernier mêlai ne pourrait servir à la confection des bouches à feu ou des canons, parce qu'il est trop mou ; on le rend propre à cette usage en y alliant 10 p. 100 d'étain : on eu fait alors le bronze. Si c'est •20 p. 100 d'étain qu'on y ajoute, on en fait une autre espèce de bronze éminemment élastique et sonore, qu'on utilise à la confection des cloches, des timbres d'horlogerie et des inslruraents de musique.

Pour la confection des caractères d'imprimerie, le plomb serait trop mou, l'antimoine trop cassant. Leur union fournit un métal parfait pour cette application.

Le plomb et l'étain sont des métaux fusibles ; toutefois ils ne le sont pas à des températures assez basses pour certaines applications, telles que les polytyimges métalliques. Au moyen du bismuth, on obtient plusieurs alliagtîs ternaires dont la fusibilité est inférieure à ^00* (/?(/. 350), et en rapport avec les proportions du bismuth.

C'est une chose bien digne de remarque que l'influence exercée suï les propriétés d'un métal par les quantités les plus faibles d'un autres Ainsi, des traces de cuivre, ou de plomb, ou de fer, ou d'étain, ou do

mercure, diminuent ladurelé du zinc h un degré plus ou moiiig prononcé, et ravorisenl ou retardent sa totuUon dans les acides. Un peu de cuivre et de fer la favorisent ; le mercure et, après lui, le plomb la relardent, au contraire. Le zinc du commerce, n'étant presque jamais exnnpt de plomb, est donc plus propre à la construction des appareils Tollaîques que le ïinc puriflé, qui se dissout trop rapidement dans l'aride sulfurique.

Vous le voyez par ces quelques exemples, le champ des applications des métaux s'agrandit indéfiniment par leur association mutuelle, eX vous pouvez prévoir que le nombre des alliages ira sans cesse en "C^- : augmentant avec les progrès de l'in-

En tenant compte des métaux qui ne peuvent être employés qu'ù l'état d'alliages, et qui sont au nombre de t, d savoir: l'antimoine, le bismuth, le nickel et l'iridium, on voit qu'en umme il n'y a que i!i métaux dont les arts et l'économie domestique tirent parti.

La combinaison des métaux entre eu\ se fait rarement en proportions constantes ou définies. Les alliages régulièrement cristallisés, et c'est le plus petit nombre, sont dans ce i-as.

Les alliages amorphes doivent ûtre considérés comme des composés fi proportions définies, disséminés t dissous dans un métal en excès ; d'oii il suit que la masse d'un alliage amorphe est rarement humogûne.

C'est surtout lorsqu'on coule une grande quontité d'un allioge quelconque dans des moules, et que le refroidissement est lent à se produire, qu'il s'opère, dans la masse, des séparations de ces composés criitaILns, et que, même, le métal le plus lourd tend & s'isoler des autres et à gagner la partie inférieure du baiu. On cherche à remédier, autant que possible, à ce grave inconvénient, en remuant furtemenl ou en brasiant, comme l'on dit en termes techniques, le mélange des mélanx fondus avant et pendant la coulée. Pour obtenir plus d'homugénéité dans l'alliage, on le soumet souvent à une nouvelle fusion.

J'abrège à dessein ces généralités, me réservant de vous parler de» propriétés et des usages des alliages les plus importants, lorsque je ferai l'étude spéciale des métaux usuels.

J'étudierai avec soin, au contraire, l'action des acides sur ces corps timples, car celte queslion est du plus haut inlènM, en raison des ap-

Fig. SSO. -

niX-NKUVlÈMK LRÇON,

plications nombreuses qui en découlent. Il faut distinguer ici Taction des oxacides de celle, toute différente, des liydracides.

Action des oxacides. — Les oxacides agissent sur les métaux en raison de Toxygène qu'ils contiennent. Ils le cèdent à ces corps en totalité ou en partie, et les oxydes formés s'unissent, le plus ordinairement, avec une partie de l'acide qui est en présence : de là, une nouvelle classe de composés qu'on comprend sous le nom générique de Sels.

Mais les métaux des six sections ne décomposent pas indifféremment tous les oxacides. Il est beaucoup de ces derniers qui ne sont attaqués que par les métaux les plus oxydables, c'est-à-dire par ceux des premières sections. Tels sont , par exemple , les acides carbonique , pbosphorique et sulfureux. Les acides sulfurique, azotique, liypoazotique, chlorique, etc., réagissent, au contraire, sur presque tous les métaux.

L'action de l'acide azotique sur certains d'entre eux, tels que le potassium, le sodium, le zinc, le fer, l'élain, est tellement violente et rapide, mcfme à la température ordinaire, qu'il en résulte souvent des explosions {fig. 351). (^ela a lieu surtout quand on opère sur une quantité notable d'acide dans des vases à petit orifice, les gaz ne trouvant pas d'issue assez large pour leur sortie. La température du liquide s'élôve considérablement ; le potassium devient même incandescent. L'acide cédant, dans tous les cas, au métal tout ou partie de son oxygène, \ous concevez que les gaz qui sont le produit de cette réaction doivent consister ou en azote, ou en protoxyde, ou en dcutoxyde d'azote. Ce dernier apparaissant plus fréquemment que les autres, il en rt>sulto que la dissolution des métaux dans l'acide azotique est ordinairement accompagnée de vapeurs nitreuseaou rutilantes. Vous devez vous rappeler que le deuloxyde d'azote se transforme subitement, par le contact de l'air, en acideUypoazotique.

Dans la réaction de l'acide azotique sur les métaux très-oxydables, il y a toujours production d'azotate d'ammoniaque, par suite de la décomposition de l'eau de constitution de l'acide. L'hydrogène de celleci, rencontrant l'azote à l'état naissant, sy combine et donne naissance ;i de l'ammoniaque, base puissante, comme vous le sa\ez, qui neutralise une certaine quantité d'acide. La légende suivante vous aidera à comprendre cette réaction assez compliquée ; je prends le zinc comme exemple :

Fig. 351. — Ui^iictiuii d«* l'tUaiu sur l'acide azotique.

DES MÊTAirX, /a. K\ie iiotiqiin

I Aiauta I ' maniaque

L'acide azolique agit sur tous les mëlaiiv, moins 12, qui sonl ;

L'aluminium, Le chrome, Lo tungttËne, Le columbiusi,

Le cérium, L'oamium, Le rbodium,

Le pUUne, L'iridium, Le ruthénium.

Comme il les dissout tous en lea convertissant en sela, excepté toutefois l'élain et l'antimoine, qui passent b l'étal d'oxydes insolubles, c'est ordinairement cet acide qu'on emploie quand il s'agit d'avoir une dissolution métallique. Ainsi, à cliaquc instant, dans nos ateliers d'indiecDes, on dissout le cuivre, le fer, le plomb, le zinc^ dans l'acide aiotique, pour obtenir des dissolutions qu'un Épaissît et qu'on mêle ■ux autres ingrédients des couleurs ou des réserves. Ainsi, dans les fabriques de produits chimiques ou dans les Utwratoircs des pharmucient, oiLdissout, dan» le mdmc acide, le bismuth, le mercure et l'argent, pour préparer ensuite les produits qui portent les noms vulgaires de Uiinc de fitrd, de prÉcipHè rouije et de pUrre infernale.

La graeure à l'eau forte est encore un art qui repose sur la propriété que possède l'acide azolique do dissoudre les mélaui. On étale une mince couclie de vernis il la cire à la surface d'une planclie de cuivre parEailement plane, bien polie et e\actement DGllofée. On transporte sur cette planche le calque d'un dessin obtenu au-moycii du papier verni. A l'aide d'une pointe aiguC, on enlève le vernis sur toutes les lignes qui ont été formées par l'opération du décalque.On met ainsi à nu la surface du cuivre, en sorte que le dessin est reproduit Ddétement sur la planche en linéaments dorés. On laisse séjourner alors sur la planche de méta| ninsi prf-p.irée, et garnie sur tous ses bords d'un

iO niX-NECVIÈME LEÇON.

bourrelet de cire qui en forme une espèce de capsule, de Veau-forte, c'est-à-dire de l'acide azotique à 26° étendu de son volume d'eau. Cette liqueur attaque le métal partout où sa surface a été mise à nu par la pointe, mord peu à peu, c'est-à-dire dissout une partie du métal et détermine des creux sur tous les traits du dessin, et seulement dans ces parties, puisque le reste de la planche est préservé de l'action de la- . cide par le vernis qui le recouvre.

Lorsque l'eau-forte a assez mordu, on la fait écouler, on lave la planche, on enlève la bordure, on fait dissoudre le vernis à l'aide d'essence de térébenthine, et on nettoie bien le cuivre. On a ainsi sur le métal un dessin en creux dont on peut multiplier facilement les empreintes par les moyens de l'impression (1).

Avec l'acide sulfurique, qui attaque tous les métaux, moins n, savoir : les 12 sur lesquels l'acide azotique n'agit pas, et en outre le palladium, l'oxydation des métaux est tantôt déterminée par l'oxygène de l'eau qui se décompose, tantôt par l'oxygène d'une partie de l'acide qui passe à l'état d'acide sulfureux.

Les métaux des trois premières sections, le potassium, le sodium, le magnésium, le zinc, le fer, etc., qui se dissolvent à froid dans l'acide sulfurique, donnent lieu à un dégagement de gaz hydrogène, ce qui indique bien la décomposition de l'eau que contient cet acide. Je mets en évidence ce dégagement d'hydrogène, en approchant une allumette enflammée de chaque bulle de gaz qui vient crever à la surface du liquide.

Rappelez-vous, Messieurs, ce que je vous ai dit en traitant de la préparation du gaz hydrogène, et vous connaîtrez les phénomènes qui se produisent avec les autres métaux des trois premières sections.

Tous les autres, qui n'agissent sur cet acide qu'à une température comprise entre 100° et 200", ne produisent qu'un dégagement d'acide sulfureux, et, comme dans le premier cas, le métal oxydé, en se combinant au reste de l'acide sulfurique, constitue un sel qu'on appelle sulfate. Songez à la préparation de l'acide sulfureux par le moyen du mercure, et vous vous formerez une idée exacte de l'action dxîs autre* métaux sur l'acide sulfurique; aussi peut-on les substituer indifféremment au mercure pour l'extraction du gaz sulfureux.

Action des hydracldes. — Les hydracides n ont pas, en général, sur les métaux, une action aussi énergique que les oxacides; ils n'opèrent même la dissolution que des métaux des trois premières sections,

(1) L'art (l'iinpriiner sur métal est dû à l'Italie. Cette invention eut lieu dans la ville de Florence, en 1452, et son berceau fut l'atelier du célèbre Thomas Finiguerra.

La gravure sur cuivre à l'eau-forte est duo h VVenceslas d'Olmûtz, dont il existe, au British Muséum^ une gravure très-curieuse représentant une tlguro allégorique et satiri(iue, avec la date de I40C.

c'est-à-dire des plus oxidables. Ih abandonnent leur hydrogi''De, qui apparaît sous foime de gaz, el leur aulre élément, cns'unissant aux métaux, produit des composes binaires : des sulfures mftalliques,ii c'est l'acide eu Ifb y dri que qu'on emploie; des chlorures mitalliqufs, si c'est l'acide chlorhydrique.

Je vous ai déjà fait voir l'action de l'hydrogène suiruré gaieux ou ' 'dissous sur les mélaun, qui noircissent habituellement par ton contact.

Voici maintenant du dnc, du fer, de l'élain que je traite par l'acide chlot-hïdrique(/!^.352).

Une vive efTervesccnce ie produit par le dégagement du gaz hydrogène, dont le volume sera exaclementégalàlamoilié de celui de l'acide (hlorhydrique employé, et les métaux vont disparaître en se comerlissant en chlorures de zùte, de fer, d'élain, solubles dans l'eau. C'esl ainsi qu'on se procure h' prolochlorure d'étain, qui est connu, dans nos ateliers de teinture el d'indiennes, bous le nom de sel Sétain.

Bas rtfml». — Il est des mélouv qui sont inattaquables par les oxacides et les hydracides. Pour les dissoudre, on a recours à un liquide putssanl, dont la connaissance est duc aux alcbimisles, qui l'ont nommé eau régale, parce que c'est lui qu'ils employaient pour dissoudre l'or, ou le roi des métaux (t).

On prépare eetic eau régale en millunl I partie d'acide azotique à 33' el i parties d'acide chlorhydrique t 93°. (juand elle esl destinée à la préparation des dissolutions d'élnin pour la teinture, les proportions dos deux acides varient ù l'infini, suivant les eus où on l'applique, el, plus souvent encore, suivant le caprice de l'opérateur; aussi, dans chaque atelier, Irouve-t-on une recette différente. Souvent, en place d'acide chlorhydrique, on emploie du S4-I marin ou du sel ammoniac, qui agissi'nt de la même manière.

in de l'eau régsip. Il l« pré-

T^ongtcmps on a considéré l'eau régale comme un simple mélange des deux acides qui servent à la préparer; aussi l'appelai t-on adde nitromuriatiquej acide hydrochloronitrique. On sait aujourd'hui qu'elle se compose d'eau, de chlore et d'acide hypoazotique, par suite de la réaction qui s'établit entre les deux acides aussitôt qu'on les môle.

L'acide chlorhydrique, au moyen de son hydrogène, enlève à l'acide azotique assez d'oxygène pour le ramènera l'élat d'acide hypoazotique; il se forme donc en mÇme temps de l'eau, et le chlore devient libre. C'est à cause de cela que le mélange des deux acides se colore immédiatement en jaune, et que, par une douce^chaleur, il dégage beaucoup de chlore et de vapeurs rutilantes. Voici dans quelles proportions' les deux acides doivent Ctre mîflés pour que leur réaction soit complète :

. , il vol. de chlore

t volumes \

d'acide ! =

chlorhydrique ) (j ^ol. d'hydrogène

2 vol. 1/2 )j

= 1 vol. d'eau.

1/2 vol. d'oxygène '

d'oxygène. J •

' 2 vol. d'oxygène l volume j

d'acide ! = i / 1 volume

azotique ) f = j d'acide

( hypoazotique.

1 vohimo d'azote

L'eau régale des laboratoires, au moment où elle vient d'être faite, doit (^tre considérée comme un mélange de chlore, d'acide hypoazotique, d'acides azotique et chlorhydrique étendus d'eau. Mais quand elle est ancienne, les acides étant totalement, décomposés, elle n'est plus formée que d'acide hypoazotique, de chlore et d'eau.

Cette eau régale est remarquable par l'énergie avec laquelle elle attaque les corps simples ou composés sur lesquels le chlore, l'acide hypoazotique et les acides azotique et chlorhydrique n'ont aucune action. Elle agit le plus habituellement à la température ordinaire; elle donne lieu à un dégagement considérable de vapeurs nitreuses ifig. 353).

L'or, le platine, le palladium qui résistent à Taction des autres acides, sont bientôt dissous par elle. Il n'y a, en définitive, que 5 métaux qu'elle n'attaque pas, à savoir : le tantale, le chrome, le titane, le rhodium et l'iridium.

Elle te comporlc dans tous lc!< ras comme le chlore, o>, si son action est plus vive que celle de ce métalToïde i»olé. cela (ienl uniquemeiil ù ce que le chiore qui s'y trouve est comme ù l'élut naiïsnnl.

L'eau régale est donc pour lus chimistes un dci dissolvanis les plus précieux, et dans les ate- - , .', j. y- .. lien de teinture et d'indiennes, dans les manufactures de porcelaine, elle sert i chaque instant pour Taire les compositions d'élaîn ou dissoudre l'or.

Je prends quelques feuilles de ce dernier métal, J'on mets dans de l'acide chlortifdrique qui ne pourra en opérer la dissolution, puis dans de l'ucide azotique, qui n'agira pas davantage, même il l'aide d'une chaleur prolongée. Oue je mélc les deux liquides, el, presque aussilût, les feuilles '^ S/d* iiiir îamMâù™ d'or vont disparaître, parce que j'aurai fait de l'eau régale, c'esl-â-dirc que j'aurai présenté au métal le chlore ù l'état de gaz naissani, cl que, dans cet étal, ce mélalloïdc a une énergie bien plus graiide que sous toute autre forme.

Les mélaUM, en se dissolvant dans l'eau régale, se trouvent donc convertis en chlorures.

Dca oirdea ■iit«lll«»«.

Je voua ai di-j.i pailé bien des fois des oxydes métalliques. Vous savej que ce sont les composés qui résultent de l'union de l'oiygiMie avec les métaux. Lear nombre est immense, puisque tous les métaux peuvent former au moins un oxyde, et qu'il en est beaucoup qui en produisent même deux el quelquefois davantage.

Quand un métal forme avec l'oxygène plusieurs combinaisons, il existe toujours un rapport simple el invariable entre les dilTérentcs quantités d'oxygène de chaque oxyde. Ainsi, l'oxygi^nc du ■protoxyde de e.nh-re étant représenté par f , celui du bioxijdv de cuivre le sera par 2, et celui du saroxi/de de cuivre par 4. Ceci est une nouvelle application de la loi générale que je vous ai fait coimaitrc précédemment.

Btatorlqa*. — Plusieurs oxydes métalliques furent connu» dés l'antiquité la plus reculée, mais le plus grand nombre n'ont été découverts que depuis une soixantaine d'années. Les premiers observateurs avaient très-bien remarqué que la plupart des métaux, exposés à laelion du feu, perdent leur éclat el se convertissent en une poudre d'un aspect terreux, dont les couleurs et les autres caractères varient suivant le métal employé; mais ils ignoraient complètement lu cause de

ce changement. Ils comparèrent cette opération de Miler les métaux k celle par laquelle on convertit la pierre à chaux en chaux vive ; aussi la nommèrent-ils cakination, du mot latin calx, qui veut dire chaux» et ils donnèrent au produit qui en résulte le nom de chaux métalliquey ou de terre métallique. C'est Lavoisier, comme je l'ai déjà dit, qui a démontré, en 1774, la véritable cause du changement di5 propriétés dans les métaux calcinés, c'est-à-dire la flxation de l'oxygène de Tair sur eux, et leur conversion en oxydes métalliques.

IVomendatare. — Je vous ai indiqué la manière dont on forme les noms des oxydes ; je n'y reviendrai donc pas. Je vous apprendrai seulement que, dans l'usage ordinaire, on appelle souvent d'une manière générale oica/ts ou oxydes alcalins les oxydes des métaux de la première section, et terres ou oxydes terreux ceux des métaux de la seconde. Il est nécessaire de vous donner l'origine de ces noms d'a/ca/is et de terres, jadis très-employés par les chimistes.

Le moi alcali ou alkali vient des Arabes, chez lesquels il n'avait point une signification générique, mais bien spécifique, car ils avaient donné ce nom au sel (carbonate.de soude) qu'ils retiraient des cendres d'une plante qu'ils appelaient kali, La syllabe al, qui est notre article démonstratif/e, la, était une qualification de grandeur, de force, de puissance. En l'ajoutant au mot kali, les médecins arabes voulurent exprimer la supériorité du sel qu'on obtient de la plante sur la plante elle-mOme. Ce n'est que longtemps après que ce mot alkali reçut une valeur plus étendue. Les anciens chimistes l'appliquèrent à trois substances seulement : la potasse ou alcali végétal,\'d soude ou alcali minéral, et Vammoniaque ou alcali volatil.

Cette classe de corps était caractérisée par une saveur acre et urineuse, une causticité plus ou moins grande, la solubilité dans l'eau, la faculté de verdir le su-op de violettes et de dissoudre ou d'altérer fortement les matières animales. Fourcroy rangea depuis dans cette classe la baryte et la strontiane; enfin, après lui, on y réunit la chaux et la lithine. De ces sept alcalis, un seul n'appartient pas à la classe des oxydes métalliques : c'est Vammoniaque, qui, vous le savez, est un azoture d'hydrogène.

Les philosophes de l'antiquité avaient admis l'existence d'un élément dans la plupart des composés solides, qu'on retrouvait toujours comme résidu après que l'art avait épuisé ses efforts pour pousser leur décomposition jusqu'où elle pouvait aller; c'était la terre élémentaire, la terre primitive.

« Les alchimistes firent les plus grandes recherches, entreprirent les plus grands travaux pour trouver cette terre primitive, non qu'ils se souciassent beaucoup de la connaître pour elle-même et d'en déterminer les propriétés, un pa'reil motif était peu capable de les toucher; mais parce qu'ils s'imaginaient que, comme l'or est le plus pur des

métaux, ce devait i)lre aurai la terre la plus pure qui entrât dans sa composition. 11« ont donc cherché presque partout cette terre élémenlaiic, qu'ils nommaient vierge et )nirf ; ils ont entrepris de la tirer de la pluie, de la rosée, de l'air, des cendres des végétaux, des animaux et de plusieurs minéraux. Mais en la cbercbanl ainsi dans des corps composés dont elle faisait partie, c'était pi'écisément lemoyendenepaala Irouver; car, nous verrons que quand une Tois cet élément a lïit partie d'un corps composé, il est comme impossible de le débarrasser entièrement Aes substances auxquelles il s'était uni. »

C'est Macquer qui parle ainsi en HIH. L'idée d'une terre élémentaire a régné, en elTel, Jusqu'à la révolution chimique de 1789. Quelques années après, Fourcroy disait déjii que ce que l'on nommait la tene • n'appartient plus qu'à une de ces idées vagues et indéterminées que l'imagination, peu salisraite encore des ruccès de l'expérience, avait créées pour tenir lieu des fails qai manquaient encore & la science. Aujourd'hui, on ne connaît point de terre élêmonlalrc, et, au Heu d'une, on a trouvé au moins 7 substances terreuses qui auraient toutes autant de dtoità être nommées des éléments, puisque chacune entre dans la composition de beaucoup de corps et fait partie du globe terrestre {!). "

Les caractères génériques de ces terres étaient la sécheresse, l'inaltérabilité au feu, l'inrusibilité, l'insolubilité dans l'eau, le peu d'adhé-' rence aux acides. On les partagea en deux classes : les (erres arides ou ferres pTOpremenl dîtes, lellcis que la silicr, la itTCùne, V alumine, la glucyne et Vyttria ; et les /erres aleatines, telles que la magnésie et la elutux. Toutes ces substances sont reconnues aujourd'hui pour des oxydes métalliques, h l'exception de la preniièrp, ta silice, qui est un acide du $ilirium, élément métalloïde.

Il n'y a donc plus maintenant aui;»inc substance simple à laquelle, dans le langage exact de la science, on donne exclusivement le nom du trrre. Ce qu'on désigne sous ce nom, dans le langage usuel, est la croûte supcrltcicllc du sol, dans laquelle croissent et se développent les végétaux.

L'analyse a démontré que la (erre végétale ou la (erre ara6/e est un simple mélange de silice, d'ulumine et de carbonate do chaux, dont les proportions varient à l'inllni. On y trouve des cailloux et des sables de diverses natures, dos substances accessoires Irès -variables, entre autres des oxydes de Ter et de manganèse, des sels de chaux et de magnésie, et des débris, plus ou moins abondants, plus ou moins modifiés, de substances organiques, qui Torment un résidu brun ou noirâtre qu'on appelle hinnits ou (crreau.

C'est ce terreau qui donne à la terre sa Tcrtilité. Il est à chaque instant renouvelé par les engrais et par les décompositions des plantes, co

(t] Phtloioyliie chimique, pur t'ourcroj, tHOU*

40 DJX-NEUVJÈME LEÇON.

qui compense la perte qu'il éprouve par diverses causes, et notamment par le développement des végétaux qui l'absorbent continuellement. Ainsi, la terre se dépouille peu à peu de ses principes nutritifs, et il ne reste à Fa fin qu'un résidu terreux, dépourvu de sucs nourriciers et complètement infertile. C'est pour cela qu'après quelques récoltes successives dans le môme sol, on est obligé de lui donner de nouveaux engrais pour rétablir sa fertilité.

Après celte digression nécessaire , je reviens aux oxydes métalliques.

IVoms univoqaes donnés à certains oxydes. — Dans l'usage ha* bituel, et pour abréger les noms des composés, on a conservé aux oxydes alcalins et terreux les noms nnivoques qu'ils portaient avant l'établissement de la nomenclature moderne. Ainsi, au lieu de dire :

Ih'otoxydo do potassium, on dit Potasse.

— do sodium Soude.

— do lithium ^ Lithine,

— do baryum Baryte,

— do strontium Strontiauc

— de calcium Chaux.

Oxydo do magnésium Magnésif.

— d'yttrium Yttria.

— do thorium Tfiorinc,

Sesquioxyde de glucyniuni Glucyne.

— ' de zirconium Zircône,

— d'aluminium Aiumvf,

ClassilIcaUon. — Relativement à leur manière d'Otre et à leur composition, les oxydes métalliques peuvent être répartis en cinq classes principales, à savoir : ,

|«> L«H ojL'!/iles ftcùles im acides proprement dits, r.'est-à-dire ceux qui ont drs propriétés manifcstmucnt acides, et qui, par conséquent, ne s'unissent pas aux acides des métalloïdes, niais se combinent au contraire avec les bases, formant des sels cristallisables avec plusieurs, notamment avec la potasso et la soude.

Le nombre de ces acides métalliques est assez restreint, puisqu'il n'y a guère que le manganèse, le ciironic, le vanadium, le tungstène, le molybdène, le tantale, Tctain, l'antimoine, le titane, l'osmium, l'iridium, ([ui soient susceptibles do s'acidifier.

('.o qu'il faut surtout retenir, c'est que, quand un métal peut former en nièuio temps des composés oxygénés acides^ et non acides, ce sont toujours les premiers qui contiennent le plus d'oxygène, mais qui sont aussi les moins stables. Jo pitMidrai, pour exemple, les oxydes du manganèse :

Le protoxyde est irréductible par la chaleur ;

Le ses<iuioxyde est converti par la chaleur rougu

en un oxydo double trèsstable ;

Lo bioxydu est désoxygéné on partie par la

chaleur rouge (

bas HËTAL'X. 47

L'acidu iiiaagtitique se dëcoinpOHO inunddJRteinoiit

dès qu'il devient libre ; li^lln l'acide pcrmuiguiit|ue.. ealdésatygÉnéà froid parle papier, les corps gras, loi corps non saturés d'niygËne, etc.

i° Let oxydes batiquts, oix piua sirapleuieal Aonr, sont ceui qui se combiucnt racilement aui acides, au autrement ijui neutralisent le mieux les propriétés do ces derniers, avec lesijuels ils forment dei sels définia, cristilUiables. En général, ce sont tous les protoiyde* dei métaui, comme les oiydes alcilins du la première section, ceux d'ugcnt, de cobalt, de cuiire, d'étain, de fer, de manganise, de mercure, etc.

Z" La oxfdrw indiffireuls, c'esi-ii-diro les oxydes qui sont capables de jouer û l> foiatortle d'anVfMavec lesbases puissantes, et le rAlede ôtunavec les acides Aiergiques.

Ce sont en général des sesquioxydes. comme ceux du manganèse, du fer, du chrome, do l'aluminium [alumlnej, du glucynium (glucyne), et plus rarement des protoiydea, comme celui du zinc.

f Les uxydei aolms, composét ou intermidiairea. Ce sont des camposé» de deux oxydes du mime métal, dont l'un Joue le rAle û'acide et l'autre celui de iate. Co sont, k vrai dire, de véritables sels.

On a des exemples de eu genre dans les oxydes suivaiita s

Oxydeuoir de fer, nommé souvent oxyde ferrosn-ferrique. Oxyde rouge de manganèie manganosO'maiigaiiiijHe.

Ilxgderougtde piom/i onnu'nium plombosa-iilombique.

S" Le» oxydtn singuHera, c'est-à-dire ceux qui no se combinent ni avec les acidea ni avec les bases, et qui, en présence des premiers, abandonnent une partie de leur oxygène pour se changpr en vxgdes baaiquer, tandis qu'en pré. sence des secondes, ils absorbent de l'oxygène pour former habituellement des •acidts rnélalUquei.

Tels sont les peroxydes ou auroxij'/ea de potassium, de sudlum, de baryum, de strontium, de calcium, de manganèse, de xinc, de cobalt, de cuivre, du plomb.

Lesoxjdcsmélalliqucaoïit quiilquea piopriétiis générales qu'il impolie de connatlre ûvanl de passer à il'aiilres composés. Pour celle élude, Je les rangerai en aulunl de seclioiis que les métoux.

AetloM dalachalear. — {«Les oxydes apparienanlauxcinqprcmiéres Kctions sont ùréduetibtei par la chaleur, c'csl-à-dire qu'on ne peut en cbasier complélement l'oxygène et les ramènera l'élut métallique. Ceux

de la dernière section, au conti-aire, sont réductibles à une température qui ne dépasse pas la chaleur rouge. C'est ce quo vous a v ex déjà vu plusieurs fois, et vous devez vous rappeler, à cet égard, revpérlcncc capitale de Lavoisier qui l'a conduit à la découverte de l'oxygénc.

2" Mais parmi les ovydes des cinq premières sections, il en est qui, à un certain degrë de chaleur, perdent une partie du leur oxygène el sont alors ramenés d un moindre degré d'oxygénation. Ce sont nécessairement les peroxydes. On en a un exemple dans le swoxijde ou peraxyde de manijanèse, qui sort, à cause do cela, dans les laboratoires, depuis Piiestlcy, A obtenir le gui oxygène dont ou a besoin.

48 DI.\-SEllVlfeME LEÇON.

rctte opéralioD est IrCs-simpie, puisqu'il suffit d'introduire cet oxydi réduit en poudre une dans une bonne cornue eu grûs A (fig. 3bi)qu*oi

place dans un fourneau à révertM're UCD(I), et à lu clinuirerau rouge jusqu'à ce qu'il ne se dégage, plus rien de son intérieur. Pour rctiieillir

(i) Le raiiriiOHu i réterbère coinprRiid iroU pjècos diitinclES: 1° une pièi^ts Infùrieure B. du fourneau propreiiienl dit, p&rUKée par II grillo en doux cgmpirtimentï, lo («ndrier en Uhb, le /byei' en hml ; î* une plÈi.'p înleroi^ditire, C, iiomoiée taliorntoîrt, parce que c'e&l It i|ue se passe le Inivaîl, ta pan» de la cornue »'y tPOUTant renfarmi»; 3" une pitre supérieure D, nommâedlnieoi) eivrtbère, parce qu'en raison de sa forme, la rbaleur y est concentrée et retivoyéu sur lacurnuo. Le col de rellc-ci pisse dans une onvertura circulaire, qui est ménagi^ ï moitié dans le laboraLoire et ï moitii^ dans le ri^virh^re.

On se eert de cette sorte do Tourneau, qui est toujours rond, portatif et ei terre cuite crrclée de biuides de Ter plad loraqn'on veut exposer les corps k tu d»fjr<* de cbaleur beaucoup plus fort i|ue celui qu'on peut prodoire dans ni fourneau ouvert ordinsire ; i>ii le cli-argo constaïunient par la dieniinée placée

tùlu de 1 it,i" dp liautuur pour au giiiopitur le liriijiaul par suili; lu lempi'ra-

le gaz, on adapte au col de la cornue A un lube recourba à boule HIE qu'on fait plonger par son autre exlrémilé dans une cuve à eau G sur laquelle on dispose â t'avance les cioclies F où Ton doil recevoir l'oïjgène. On en laisse perdre les premières portions, parce qu'elles sont mélangées d'air, et on uc recueille le gaz que lorsqu'il rdiume trèsrapidement et avec éclat une bougie présentant seulement quelques points en ignition dans sa mèche.

Dans la pratique, < kilog. de peroxyde de manganèse du commerce ne fournil, en moyenne, que 40 à 4S litres de gaz oxygùnc; cela tient à ce qu'il est très-impur, car il devrait en donner au moins 85 litres.

Dans cette opération, l'oxyde n'abandonne réellement que le tiers de l'ox^ène qu'il renfeime. Le résidu, qui est une pondre d'un rouge brun, et qu'on nomme à cause de cela oiyde Tougr de m'mijaiiése, est un composé de proloityde et de scsquioxyde, c'est Mire un oxyde double, intermédiaire ou salin, qu'on désigne scientifiquement sous le nom d'on/de manganthmiTiyani'jue.

Dans tous les cas, comme presque toujours, le peroxyde du commerce renferme, non seulement de petites quantités de carbonate de

chaut, mais encore d'azotate, le gaz recueilli est siiuillé d'acide carbonique et d'azolG. On peut bien le dépouiller du premier par un

tore. SouvenI aussi on adapte U douille d'un souHlet k l'ou pour aclivpr le lea.

D'apT^t Sènèque,ce serait le pliilosnplte grec DémocritP, d'Abdère, > ans avant J.-C-, qui aurait imaginé le fourneau ea quauioa.

GlllAKL>ll. — II, '

' JiO DIX-NEUVIÈME LEÇON.

lavage à l'eau de soude, mais il est impossible de le débarrasser du second.

Comme les cornues en grès se cassent fréquemmèntpar suite de Finéga- Ilté d'épaisseur de leurs parois, on les remplace avantageusement par des cylindres en fer battu ou des bouteilles qui servent au transport du mercure, sur lesquels se visse un tube également en fer à l'extrémité duquel on lie, par un bouchon de caoutchouc, un tube en verre qui conduit le gaz dans un gazomètre (fig, 355}.

Action de l'oxygène. — En général, les protoxydes peuvent absorber l'oxygène gazeux pour passer à un état d'oxydation plus avancé. Quelques-uns se suroxygènent à la température ordinaire, lorsque loxygène est humide ; tels sont les protoxydes de fer, de manganèse, de cobalt, de cuivre, etc. Les autres exigent la chaleur du rouge naissant. C'est ainsi qu'en chauffant la baryte au sein du gaz oxygène, l'oxyde absorbe le gaz en devenant incandescent et en passant à l'état de suroxyde de barium ; que le protoxyde de plomb ou litharge, chauffé convenablement, se trouve converti en minium ou oxyde plombosoplotnbique. Action de l*alr. — Dans l'air les mOmes effets se produisent. Seulement, en raison de Tacide carbonique, toujours existant dans ce fluide, il 3e produit des carbonates avec beaucoup d'entre eux, surtout avec ceux des quatre premières sections.

Action des métalloïdes. — 1° Le chlore décompose, à l'aide de la chaleur, tous les oxyd.es, à l'exception de ceux de la deuxième section, l'alumine et quelques autres, enchâsse l'oxygène et se combine avec le métal pour former ce qu'on appelle un chlorure.

2<* Le carbone et l'hydrogène décomposent aussi les oxydes, à l'aide de la chaleur, moins ceux de la deuxième section, de l'alumine et de quelques autres, mais par une action inverse de celle du chlore; ils s'emparent de l'oxygène et mettent le métal en' liberté. L'hydrogène forme de l'eau ; le carbone se transforme en acide ou en oxyde carbonique.

Si le métal abandonne aisément l'oxygène en présence du charbon, et tels sont les oxydes de la cinquième et de la sixième section, c'est de l'acide carbonique qui se dégage, comme il est facile de s'en convaincre en chauffant un mélange bien intime d'oxyde noir de cuivre et de charbon dans un tube de verre peu fusible A {fig, 356). Le gaz qui se dégage par le tube B est complètement absorbable par l'eau de soude, et si on le fait rendre dans une éprouvette contenant de l'eau de chaux, il la blanchit et fait déposer toute la chaux à l'état de ( arbonate pulvérulent.

Avec les oxydes les plus difficiles à réduire (lr« et 3« sections), on n'obtient que de l'oxyde de carbone, parce que la décomposition ne peut avoir lieu qu'à une température excessivement élevée, circonstance dans laquelle l'acide carbonique serait transformé lui-même en

de de carbone par le charbon ou par le métal. Aussi, dans ces cas, ou

de l'oijdt et taim p«p le Eh«rb<

«ut agir que dans un lube en Ter ou dans une cornue de grts plaau centre d'un fourneau à réverbtre. L'appareil de la figure 357 cat

Flg-HI. — Pr*p«nilion der'oiydt de euWt p»r le procid* de Pricillcj.

i qu'on emploie dans les laboratolrei lonfu'op teut préparer

l'oxjde de carbone par le procédé de Prieslley. Il consiste à calciner Torlement dans une cornue de grès un mélange fait à parties égales d'oxyde de zinc et de charbon bien calciné. Mais, dans ce cas, le gaz obtenu est loujoui's mOlé d'acide carbonique et d'iiydrogùne carboné. Avec les oxydes de la quatrième section, l'oxyde de carbone produit est toujours accompagné d'acide carbonique, parce que la chaleur n'est pas la miîme dans, toute la masse, et que la réiluclion ne s'opère

pas d'une C'est en Irsilanl

forme, les oxydes métalliques par le charbon dans des fours appropriés qu'on obtient la plupurt des métaux usueb.

Dans les laboratoires, onopére dans des creusets de grès fjij.

338). Lorsqu'on agit sur dei L -j-f-> oxydes dont les métaux sont

I fusibles, comme les oxydes de

plomb ou d'étaio, par exemple, on trouie, une foislacalcination terminée, un culot métallique de plomb ou détain régénéré. Mais les métaux

obtenus ainsi, soil en graiid, soit en petit, retiennent ordinairement une petite quanliié de charbon.

Il n'est pas nécessaire, toutefois, que le charbon soit intimement mélangé aux oxydes pour qu'il en opèic la réduction; celle-ci peut s'effectuer en les plaçant aucentre d'un crensef brasqué (I ) Ifig. 359) qu'on élève progressivement à la température voulue. La déeoxydalioD com-

(1) Un creaset braaqué n'est autre ctiose qa'un creuset ordinaire en terre ré' tractaire, dont l'intérieur a été rempli d'une pite de ctiarbon da bois pulvérisé, qu'on a fortement tassée et au centre de laquelle on a pratiqué, aprËs coup, une petite cavité conique dont on a poli avec soin les surraces. Ce creuset, avant de servir, est soumis i une dessiccation très-lenlo, afin d'éviter qu'il ne se forme des fissures dans la brasque. C'est dans la caviié centrale qu'on place les oiydos ouïes mélanges satina dont on veut eitrairo leamélauï.On trouve aeluellement dans le commerce de a creusets en charbon des cornues k gai qui.remplacenlavaQ- UECusement les creusets brifsqués proprement dits.

oience à la cîrconrércncG et se propage graduellement Jusqu'au centre ; c'est ce qu'on appelle procédé de cémentation. Il fournit des métaux plus purs e(, quand ils sont Tusibles, il* te réunissent plus facilement en un «eul culot.

L'action de l'h jdiogÈne sur les oxjde» métalliques est plus restreinte que celle du carbone ; elle ne 9'excrce que sur les oxfdes des quatre dcroiëres seclions. 11 se Girme de l'eau, et les métaux rë?i- Tifîés sont dans un tel 6iat de division et de porosité qu'ils ^nt jii/rophoriques, c'est-à-dire qu'ils ^'embrasent spontanément dès qu'on les place dans l'air. Ce phôiiomùne est sur tout très-marqué avec le fer {flg. 360), le cobalt et le DÎcIcel, ainsi que je l'ai déjà dil.

L'emploiderhfdrogèncpourla réduction des oiydca des troisième, quatrième et cinquième '^'ï- *'"■ - i°nonim«(ioii ipaBiaQi<c du fer

.. . , ■ - réduil pif I hjdfogent.

seclions, permet de faire avec

beaucoup deprécisionl'analjse de cescomposé9,ctd obtenir des mélau\ parfaitement purs. On place l'oxyde qu'il s'agit de réduire dans une ampoule de verre C {fig. 3til), et on fait passer, à travers, un courant de gaz

in a<]dc* I«i(tal1ii|uei par llijdri^iit.

hydrogène desséché parle chlorure de calcium B. Ce n'est que lorsque tout l'air a été expulsé de l'appareil par le courant d'hydrogène, qu'on chautTe l'ampoule au rouge â l'aide d'une lampe h esprit de vin D.

Lorsque l'oxyde ne peut être réduil qu'à une température Irës-^lerfie, on se serl alors de l'appareil suivant {fiu- 362) ■

L'oxjde, réduit en poudre aussi fine que possible, esl placé dans une nacelle de porcelaine que l'on introduit dans un tube de mùme ma-

F^. ut. — niduclisn dci Diydu

bviIrog;biic.

tiare ail, chaulTé au rouge dans un fourneau long D, et dans lequel passe un courant d'hydrogène ace provenant de l'appareil ABC. On reconnaît que la rÉduclion esl lenD'née lorsqu'il ne sort plus de vapeur d'eau par le tube cftilé c. — Avec l'oxyde noir de cuivre, la réduction a lieu avec cbaleur et lumière.

■jDthiae de l'eaa >■ nk(ir*i> de l'oijde de ealvre. — L'un des

meilleurs procédés synthétiques pour déterminer la véritable composition de l'eau, celui que Berzelius et Dulong ont employé les premiers en J820, repose sur ce principe et consiste à recueillir l'eau formée pendant la désoxygénation de l'oxyde noir de cuivre par l'bydrogène sec. Ce mode opératoire, perfectionné en 1842 par M. Dumas, est d'une rigoureuse exactitude. Voici l'appareil employé par ce dernier uvant (As- 363).

On met dans un flacon à trois tubulures F les malières propres à produire le gaz bydrogâne. L'acide sulfurique pur dont on se sert est contenu dans un entonaoir à robinet E, qui le laisse tomber au fur et â mesure dans le tube central placé dans la troisième tubulure. l.a tubulure de gauche porte un tube recourbé qui plonge dans le mer-

cure de l'éprouvetté A; celle-ci fait office de soupape de sûreté pour l'issue du gaz lorsque la pre:ssion devient trop grande dans l'appareil. On purifie l'hydrogène qui s'écoule par le tube à robinet r, en le faisant passer dans une série de tubes en U, reliés les uns aux autres, bien mastiqués et suspendus à un cadre de bois. Le premier a contient des fragments de verre humectés d'azotate de plomb pour retenir le soufre que contient toujours le zinc du commerce et qu'il cède à l'hydrogène; le deuxième b contient des fragments semblables humectés de sulfate d'argent pour absorber l'arsenic ; le troisième c contient dans la première branche de la ponce humectée de potasse, et dans la seconde, des fragments de potasse solide ordinaire ; les tubes d et e sont remplis de potasse calcinée en fragments ; cet alcali a pour but de fixer un composé huileux formé par l'union de l'hydrogène avec le charbon qui existe aussi dans le zinc. Dans les tubes f et g, entourés d'un mélange réfrigérant, on met de la ponce en fragments grossiers, saupoudrés d'acide phosphorique anhydre destiné à dessécher complètement le gaz. Le petit tube h contenant les mêmes matières, et nommé tube témoin j sert à constater, par l'invariabilité de son poids, qu'aucune substance ne s'est fixée dans son intérieur, et, par suite, que le gaz qui l'a traversé était parfaitement sec.

Au sortir de cette série de tubes purificateurs, l'hydrogène entre dans un petit ballon en verre dur B contenant un poids déterminé d'oxyde noir de cuivre desséché et porté au rouge obscur au moyen d'une lampe à esprit-de-vin à double courant L. L'eau produite par la réaction de ces deux corps vient se condenser dans un deuxième ballon B'; et pour être certain que l'hydrogène qui se dégage sans avoir agi sur l'oxyde n'entraîne hors de l'appareil aucune trace de vapeur aqueuse, on place dans le col I du ballon B' des fragments de chlorure de calcium, et à la suite quatre tubes en U, dont le premier * contient de la potasse rougie, le second k de l'acide phosphorique anhydre, et les deux derniers, plus petits, / et o, également remplis du même ajide, servent de tubes témoins. L'appareil se termine par une éprouvette A' contenant de l'acide sulfurique, à travers lequel se dégage riiydrogène en excès,

[.orsque le dégagement de l'hydrogène a été continué pendant assez de temps pour que tout l'oxyde de cuivre ait été ramené à l'état de cuivre métallique, on arrête l'opération; on laisse refroidir l'appareil ; on détache la partie des tubes purificateurs qui est à la gaucbe du robinet r' et on adapte à l'extrémité du tube témoin o un flacon aspirateur A plein d'eau {fig. 36 i).

' En ouvrant le robioet r de l'aspirateur, l'eau s'écoule, tandis que de l'air entre par l'autre extrémité de l'appareil en r, balaye tout l'hydrogène qui restait dans les ballons B, B', et dans les tubes i, k, /, o. On peut alors peser ceux-ci dans les mêmes conditions qu'avant Texpéricnce, c'esl-à-dire pleins d'air atmosphérique.

Ou Bjoute au poids de l'eau liquide rassemblée dans le ballon B', celle qui a été condensée dans les tubes t, A, I, et quia augmenté leur poids primitif. La perle de poids éprourée par le ballon B où était l'oïjde de cuivre, indique la quantité exacte de l'oxygùne qui a brûlé l'hydrog^ae, el celte quantité soustraite du poids de l'eau recueillie fait connaître celle de l'hydrogène consommé.

C'est à l'aide de cet appareil si fiégant et li complet que M. Bumas a pu fixer, d'une manière rigoureuse, les proporlioDs des deux gaz élémentaires qui constituent l'eau.

AetloB eombinf e dn chlore «t f;g m, tspiraimr.

d« charbon. — Les oxydos terreux, notamment ceux de la deuiii^me section, qui résistent èi l'action des métalloïdes irolé?, mOme sous rinduence d'une haute température, sont décomposés lorsqu'on fait agir simultanément sur eux un métalloïde qui peut s'unir aux métaux et un autre métalloïde qui peut 5'unir & l'oxygène. C'est ainsi que le chlore et le charbon, par leur

réaction simultanée sur ces oxydes, les transforment en chlorures métalliques en donnant, en bulrc, du gaz oxyde de carbone.

1-e mode d'opérer consiste à mOler l'oxyde avec le cbarbon, à !e porter à une température élevée dans uu tube de porcelaine et à faire

58 DIX-NEUVJÈME LEÇON.

passer au-dessus d'eux un courant de chlore sec. Il se produit, à Tinstant, du gaz oxyde de carbone et un cblorure métallique qui, étant volatil, va se rendre dans un ballon entouré de glace où il se condense.

C'est en agissant ainsi, dans un appareil que représente la figure 365, qu'on se procure les chlorures de magnésium, d'yttrium, d'uranium, de chrome, d'aluminium, de glucynium, de titane, de tungstène, de molybdène, etc. La réaction se traduit ainsi, en prenant l'alumine comme exemple :

Alumine = Aluminium -f- Oxygène.

Chlore = Ctilore »

Charbon = » Carbone

Chlorure ^'aluminium + Oxyde de carbone.

ActioB de iVav. — Il n'y a qu'un très-petit nombre d'oxydes solublés dans l'eau. Ce sont ceux des métaux de la première section. Ce sont également les seuls qui aient de la saveur et la propriété de verdir le sirop de violettes ou de ramener au bleu le tournesol rougi par les acides. Les dissolutions de ces oxydes alcalins s'appellent ordinairement : eaux de p(4't$se, de soude^ de chaux, etc.

La plupart des oxydes métalliques peuvent s'unir à Feau en propor-. tiens fixes. Les composés qui en résultent sont désignés par les chimistes sous le nom d'HTDRATES.

Toutes les fois qu'on sépare un oxyde de ses dissolutions et qu'il se dépose au sein de l'eau, il retient toujours en combinaison une certaine quantité de ce liquide, et il est alors à l'état d'hydrate. Voici une dissolution d'oxyde de cuivre dans laquelle je vei'se de l'eau de potasse : je détermine par ce moyen la précipitation de l'oxyde de cuivre; mais cet oxyde, au lieu d'Otre brun et pulvérulent, conmie dans son état ^labiluel, est coloré en bleu et sous forme de flocons gélatineux ; il est alors à l'état é*hydrate d'oxyde de cuivre,

La plupart des oxydes relionnont l'eau si faiblement, qu'ils la perdent par lo seul olîot do lu dessiccation à l'air. 11 est cependant plusieurs hydrates qu'on no peut diHHnnposor que par le secours d'une température as&ci élovéo. Il on ont niOuio doux qui sont complètement indécomposnblos : toU mut lo» hydrutos do potasse et de soude, qu'on connaît sou» 1o4 nom» do ]t()^ltf{t(t ot do soudv caustiques.

Action dM Af l«lMi — l«o» ncido») dans tour contact avec les oxydes niétitlliquo», cldunonl lloii (\ do» pluMumiènos inti^ressants dont Je dois vous nUro |inrt. J'oxniulnornl »i^puri^u)ont Taction des oxacides et celle do» hydnioUIn»,

t. Diiii» lo (iluN Kt'ttnil niMnbro (lo on», lo» oxacides s'unissent aux oxydo» iu(MulllijtioH d'uno inunl(*ro lullmo ot ou proportions constantes.

Ils produisent avec eux les nombreux composés auxquels on donne le nom générique de bbu.

Hais, parfois, ils leur enlèvent tout ou partie de leur oxygi^ne, et les ramènent alon ou à l'étal métallique, ou k un état d'oxjdation moins avancé.

Ainsi, les acides non saturés d'oiygëne, tels que les acides phosphoreux, suirureux, hjpoazolique, etc., en contact avec le peroxyde de maDgauëse, se transforment en acides phosphorique, sulfurique, azotique, en changeant le premier eu protoxyde de manganèse. Ainsi, l'acide phosphoreux, chauffé légËicment avec l'oxyde louge de mer cure, le réduit en mercure coulant et se convertit en acide phosphorique. Vous voyez bien, par ces exemples, que les acides s'oxygènent davantage aux dépens des oxydes sur lesquels ils réagissent.

Les peroxydes ont peu d'afBnité pour les acides, et ils tendent toujours k perdre une partie de leur oxygène pour repasser à l'état de proloiydes, qui se combinent très-bien aux seconds. Voilà pourquoi les acides sulfurique, phosplioriquc, azotique, chaulfés avec ces peroxydes, donnent heu à un dégagement de gaz oxygène.

Nous avons un exemple de ce genre de décomposition dans l'action de l'acide sulfurique sur le peroxyde de manganèse. En faisant chauf-

fer dans un ballon ou une cornue 'fiy- 366] 6 â 7 parties d'acide sur 1 du peroxyde en question, on obtient, unsi que Schccle l'a reconnu le premier, une grande quantité de gai oxygène, et il reste dans le vase

un composa d'acide suirurique et de protoxyde de manganèse. Ce pro^ cédé d'extraction de l'oxygène est plus commode guevelui que j'ai indiqué précédemment, et il donne plus de gaz.

2. Les hydracides ne peuvent, dans aucune circonstance, s'unir aux oxydes métalliques, ils les décomposent toujours çn se détruisant euxmi}mes, de manière qu'il en résulte de l'eau et des composés binaires métalliques solubles ou insolubles. Cela vient de ce que l'tijdrogëne de ces acides enlève l'oxygène aux oxydes, d'où une production d'eau, tandis que les métalloïdes cl les métaux, devenus libres, se combinent. C'est ainsi qu'agissent les acides sulIbydriqEie et cblorbydrique sur les protoxydes, la composition des uns et des autres étant telle, que, par l'échange de leurs éléments, il peut se faire de l'eau et des sul/ures ou des chlorures métalliques. Exemple :

Ohloruredepolaaiium -^ &

Lorsque les hydracides sont en présence de peroxydes, la réaction est la mi^me; seulemcnl Jl y a une porlîon du métalloïde qui reste libre et se dégage quand il est gazeux. Vous avez vu, dans une autre leçon, qu'en versant de l'acide chlorhy drîque sur du peroxyde de manganèse il se produit de l'eau, du chlorure de manganèse et un dégagement de chlore. II en sera de même avec les antres peroxydes.

Munis de ces connaissances, vous pouvez maintenant aborder avec succès l'étude des sels.

DcB feU os7généi on Os Mêla.

D^flnltloB. — Lorsqu'on verse de l'acide suirurique dans une dissolution de potasse {/ig. 367>, il arrive un moment où la dissolution ne réagit plus surlc sirop de violettes et la teinture de tournesol; les deux corps en présence ont perdu leurs ciractèrcs distinclirs; dans ce eau, on dit qu'ils se sont neutralisés réciproquement.

l-c résultat de cette action remarquable, c'est la production ^'"" nouveau composé, doué de Fï». )»i.-^Ni..utniiisaii™ d'unicidop», mo P^priétés nouvelles ; c'est ce '^"- lu'un appelle un sel d'une ma-

iiièriî générale.

Eh bienl tous le» acides peuvent ainsi sunir aux dilTérenls oxydes,

pour Tormer autant de sels dislincls, qu'on désigne pur !e nom à'oxysels.

■i*i«riqae. ~ Le mot Sri., d'abord employé pour désigner la substance connue soua ce nom ^ ulgaire, le sel marin ou le sel de cuisine, fut plus tard Taussement appliqué, comme dénomination générique, à toute malitre rapide, solublc dans l'eau el susceptible de cristalliser, en sorte que l'on conrondil dans la même classe des corps très-diiïërents: des alcalis, des acides, des substances organiques, e!c.

Nicolas Lcmerf el tlombcrg, àla Qn du di\-sepliiïme siècle, Guillaume Rouelle, dans le courant du dix-huilii^me, avaient déjà montré ce qu'il y avait d'abusif dans celte extension donnée au mot se/, et les premiers ils en reiitreignircnt l'application aux produits cristallisables dans lesquels un acide quelconque était uni à une base alcaline, terreuse ou métallique ; mais c'est surtout depuis Lavoisier que le sens du mol a été définitivement Qxé.

N*H«BclKlNre. — C'est également depuis cette dernière époque que les sels ont desnomsqui indiquent tout à la Toisla nature de l'acide qu'ils contienneni, ce qui détermine le genre dos sels, el la nature de la base, ce qui détermine l'espèce. Voici comment on forme ces noms :

Le nom des acides termiuËs co l'gue reçoit la désinence ate, et celui des acides terminés.cn eux la désinence île. A ces noms ainsi modifiés, on joint le nom de l'oxyde qui fait partie du sel.

Pour désigner, d'apriïs cela, le sel résultant de l'union de l'acide sulfurique ou sulfureux avec la potasse, on dit :

on I de potasse.

Sulficet

Vous comprendrez très-bien maintenant les expressions de :

Le genre du sel est donc indiqué par le nom de l'acide terminé en ofaou en ite; l'espèce est distinguée par le nom de la base. Ainsi lorsque je prononce le mot sulfate, vous comprenez aussi tét que je parle de la combinaison de l'acide sulfurique avec un oxyde quelconque, el brsque J'ajoute de proloxyde de fer, je complète ma pensée en faisant connaître l'espèce de sulfate que j'ai envie de désigner. Rien n'est donc plus clair et plus précis que ce mode d'appellation.

Le mi^me acide peut s'unir en diverses proporiions avec la même baie, el donner naissance par là à un certain nombre de variétés de sels qu'on dislingue les unes des autres, par la dllféreace de propriétés qu'elles présentent à l'observation. On les pailage en se\t acides, en kI$ batiquea et en telt tK^fre).

Les premîei*s sont ceux qui rougissent le tournesol et ont une saveur aigre, caractères dus à un excès d'acide. Les seconds sont ceux où la base domine, ce qui leur communique la faculté de verdir le sirop de violettes et de ramener au bleu le tournesol rougi par un acide. Enfin les sels neutres n'agissent aucunement sur les couleurs et ne conservent aucune trace des caractères d'acidité et d'alcalinité; l'acide et l'oxyde qui les constituent se neutralisent exactement, comme l'on dit, c'està-dii'e qu'ils se font mutuellement équilibre, de telle sorte que leurs propriétés individuelles ont complètement dispaiii.

Comme dans les sels du môme genre, les proportipns'de l'acide combinées avec la même proportion de base sont entre elles dans des rapports simples et multiples, on distingue les différents sels acides de ce genre par les expressions sesquij bi, trij quadri qu'on place devant le nom du sel; exemples :

Carbonate de soude neutre ;

Sesquicarbonate de soude t contenant 1 fois 1/2 plus d*acide

que le premier ; Bicarbonate de soude, contenant 2 fois plus d*acide

que le premier.

De môme, comme les quantités de base qui constituent les différents sels basiques de la môme espèce offrent également entre elles et celle du sel neutre des rapports simples et multiples, on se sert des expressions précédentes, mais en les plaçant devant l'adjectif ôostgue. Exemples :

Azotate neutre de plomb*.

— bibasique de plomb, contenant 2 fois plus de base que le précédent*

— tribasique de plomb ; contenant 3 fois plus de base •

— quadribasique de plomb, contenant 4 fois plus de base. • •

On nomme sels doubles les composés de deux sels dans lesquels l'acide et la base sont au môme point de saturation que dans les sels neutres simples; on les obtient en môlant les solutions des deux sels dont ils sont formés. L'a/un, qui vous est bien connu, au moins de nom ifîg, 368), est un sel double, puisqu'il est composé de sulfate de potasse et de sulfate d'alumine.

Vous voyez, Messieurs, qu'avec un bien petit nombre d'expression <«, courtes et faciles i retenir, les chimistes sont parvenus à distinguer aisément les unes des autres plusieurs centaines d'espèces de sels. La mémoire la plus heureuse n'aurait pu en garder le souvenir, si elles eussent porté des noms insigniQants.

Historique de la BomenelatQre chlmlqae. — Le langage chimique adopté dans toutes les écoles, et dont je vous ai présenté, à mesure du besoin, les principales règles, est une œuvre toute moderne, puisqu'il ne date que de 17S7. Jusque vers le milieu du dix-huitième

DES Ml^TAUX.

9 enfhouiiasles,

■ siècle, la chimie culli\tîe par un petit nombre d'adeplea n'existait pas encore comme science; cor on ne peul raisonnablement donner ce nom à quelques faiU isolfs, â un amas de recelles, de pratiques plus ou moins compliquées, dont la connaissance ne dépatsoil

m0me pas l'enceinte des laboratoires. Les noois employas alors pour désigner les composés connus élaienl enraiités par le caprice le plus ateugle; peu d'entre eux avaient une signification appropriée à la nature des corps qu'ils devaient faire reconnaître.

Ainsi, il j avait des bi'iles de tartre par défaillante, de vitriol', des Binmtis d'antimoine, (J'é(ai>i,(i'arjenfc; des Fteras deiinc, tTanlimoine, de bttyçin; du foeb de soufre; du sucre de Sntunie; des crèmes de tartre et de cfuoix; bien que toutes ces substances ne Tussent ni des huiles, ni des beurres, ni des llcur!>, ni du Toie, ni du sucre, ni des crûmes.

Toute matière qui devenait lumineuse dans l'obscurité, quelle que fôt d'ailleui^ sa composition, recevait aussitôt le nom de puospuobe : de li le titre àepliosphore de Bologne, àonnè au sulfure de baryum; de jiAosphore dtBeaudouin, h l'azotate de chau\ ; âe pki-sphore de Homberg, aa chlorure de calcium ; de pAo^pAore de Canfon, au sulfure de calcium (■}.

(I) LcB chimistes des deux derniers sièrlcs s'occupèrent beaucoup des auh> stances qui iulsenl dans l'obscurité et qu'ils di^signaieiit sous le nom commun de pho^hore. Ils les partageaient en dem groupes i les photphorti ni(weli et les flwqihoret orlifieieh.

Ili nngekient parmi les premiers s les ven et Insectes luisants, certains mol-

Le 8cl que nous désignons par l'expression bien claire de sulfale dep(h tasse, se nommai l tan lot sel de duobus, tantôt sel polychreste de Gloser^ tantôt arcanum duplicitum .

Le composé binaire que nous appelons aujourd'hui protochlorure de meirurcy et dont nous faisons connaître lout de suite la véritable nature à l'aide de cette courte dénomination, portail autrefois les noms de su" blimc dovx, de mercure dotiXy d*aquila alba, à'aquila mitigata, de manne des mrtaux, de dragon adoui, de panacée mercuriellCj de panchymagogne mim^ralf de calomelaSj de précipité blanc, etc., etc.

Jugez, Messieurs, par la singularité et l'impropriété de ces divers noms, de ce qu'était l'ancien langage chimique, et des difficultés qu'éprouvaient les élèves, et même les maîtres, pour retenir une sj-nonymie aussi compliquée que ténébreuse. La nomenclature' actuelle, chefd'truvre de clarté, ne repose que sur un très^petit nombre de règles. Elle est basée sur ce principe que le nom d'un corps fait connaître sa nature chimique, en rappelant non-seulement les éléments qui le constiluent, mais encore les proportions respectives de chacun d'eux.

L'adoption de cette nomenclature a été la cause des immenses progrès de la chimie depuis un siècle. On conçoit, en efi'et, qu'un langage analytique aussi concis, qui n'admet rien d'arbitraire, et qui s'adapte non-seulement aux faits connus, mais encore aux découvertes à faire, a dû, en servant de lien commun aux savants de tous les pays, contribuer singulièrement à multiplier les efforts des expérimentateurs et à répandre le goût de la science dans toutes les classes de la soiièté.

L'idée en appartient à Guyton de Morveau, né à Dijon en 1727, qui, de professeur de droit, devini, par goût, professeur de chimie. Il eut tant de peine un jour à se faire entendre de son préparateur pour en obtenir certains composés dont il avait besoin, qu'il conçut le projet de créer des expressions indiquant, d'une manière précise, la nature des corps, et de simplifier ainsi le langage de la chimie. Ceci se passait en 1782. Attiré peu de tem]ts après à Paris par Lavoisier, il présenta son projet de nouvelle nomenclature à T Académie des sciences qui désigna La\oisier, Berthollet et Fourcroy pour Texaminer. De la réunion de ces

lusques, les pvv.ssons morts ot la chair putrido, lo bois pourri, la terre de tourbo, nombre do piorros prt'^ciousos et do minéraux qui dovionnent phosphorescents dans l'obscuritô siMt par frottomont, soit par percussion ou compression, soit par élévation do tomp/rature, soit par exposition au soleil, soit enfin par des décharges électrique>. Bonvenuto Ollini :>omble être celui qui a le premier décrit ce phénomène curieux de la phosphorescence dans son traité sur iajoail' /r-:<. pubho au Cjunmoncomont du xvi* siècle. En I(îti3, Ik»yle obsemqae le diamant léçèrtMuent cliauffé, éunt frotté ou comprimé, émet une lumière presque éfile à cxise du ver luisant.

Los lÀr.ff'Kc'rt iirti^:i€is étaient tous les produits de laboratoire qui, dans rcr.i::îo> co:iàitio:is, présentent le phénomène do la phosphorescence, uàii que k ph.^spho^e de kuaclcl, cert;àins sols et plusieurs suifuros terreux.

quatre illustres chimislea naquit cette nomeaclalure méthodique qui Tul publiée en 1767, et, bienlût aprfs, adoptée avec acclamalion par les cliimisles de tous les pafs.

Depuis, elle a élé modiOée en plusieurs points imporlants; des savants contemporains lui ont fait subir des cliangemenit notables, mais le principe philosophique qui a présidé à sa Tonnation est toujours le m^me et sera toujours respecté, quelles que soient d'ailleurs les révolutions qu'éprouve la science dans l'avenir.

DES MtTTAUX (sinp,).

SOMMAIRE. — Généralités sur les sels. — Lois de compoKÎtion. — De !■ cristallisslîon. — De l'eau de cristallisation et d'inttrpoiition dans les sels. — Pliénomènes qui dépendent de la présence de l'eau dans ces composés. — Des milanga frigoi ipques. — Des précipitations et végétations m^tslliques. — De 1> décomposilioQ des sels par les acides et par les bases. — De l'action des sels les uns sur les autres. — HaniËre d'âtre du métaux dans U nature. — Expluiution des mines. — Eitraclion des métaux de leurs minerais. — Principales opérations de la HÉiALLuncit.

Ifvla 4c compoBltl*B des ■•■■■ — Les sels oITrent, Messieurs, dans leur composition, des lois aussi simples que celles qui régissent les composés binaires dont J'ai déjà fait l'étude.

En effet, l'analrse a démontré que, dans (ous les sels d'un mt?mp genre, il y a toujours un ropporl simple et conslant enire l'ouygfne de la base et l'o.vrgf'ne de l'acide. Par une conBéquencc naturelle, il y a également un rapport simple et conslanl entre la quantité d'o^ygiinc de la base et la quanlilé d'aoide du môme sel (i).

Ainsi, dans les sulfates neutres, U quantité d'oxygène de l'oxyde est •t la quantité d'oxygène de l'acide ; : 1 ; 3. En etTel, un sulfate se compose de :

Acide sulturique 100 contenant ao,B7 ou 60 d'osygine.

Base une quantité contenant 30 d'oxygine.

(t) Il est Juste de dire que, dis l'année 1)00, Homberg montra que le mâme acide se combine avec des proportions diverses d'alcalis diffOrenis. Il dressa, plusieurs années avant GeelTroy, une tabla des proportions d'acides qui se combinent avec la même quantité d'alcali ; il en lira cette conclusion a que la dose d'acide que prend un alcali est la mesure réelle de la force passive de.ce dernier. * 1) fondait en partie cette proposition sur ce que la cbaux éteûUe ou carbonatde Deulraliialt la même quantité d'acide que la cliaux vive.

GiRUlDUI. — It. B

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