E\ POIDS
pr.
0,7658 0,6905 0,6197 0,6754 0,5179 0,4692àO,S135 0,4648
ER VOLtMES.
Ht. eent.
Biffai des mangmnèsrs. — Si la composition des manganèses de chaque localité ne variait pas, on serait dispensé de tout essai par le tableau précédent. Mais comme il n'en est pas ainsi, il est toujours iih dispcnsable de faire l'essai du manganèse qu'on achète. Il y a plusieurs méthodes; en ce moment, je ne vous parlerai que de celle inventée par Gay-Lussac, en 1824.
Elle repose sur ce principe que 3*r,q80 de peroxyde de manganèse parfaitement pur fournissent, en les traitant par de l'acide chlorhydrique, \ litre de chlore sec à la température de 0^ et sous la pression barométrique de 76 centimètres. Ce chlore, reçu dans une solution de potasse ou dans un lait de chaux, qu'on ramène ensuite au volume d'un litre, donne un hypochlorite normal à tO0<*.
Un poids égal d'un autre oxyde de manganèse, traité de la même manière, donnera un hypochlorite dont le titre représentera fidèlement celui de cet oxyde. Supposons que ce titre soit 50<» ; il est évident que, sou« le môme poids, le manganèse essayé ne peut fournir que les 50/100 ou la moitié du chlore que donne le manganèse pur; par conséquent, pour obtenir la même quantité de chlore, il faudra employer le double du manganèse à 50«, par suite de cette règle :
50« ; lOO» :: C«',980 : x = 7«',96.
Voici la manière de pi\>céder à l'essai d'un manganèse d'après ces données.
L'appareil qu'on emploie conïîsle en un petit malrai en veri-e A
(fig. 521), d'environ 5 cenl. de diamètre, dealiné à recevoir le man-
FSg. Ml. — JLpptrcil pour I'cimï dci
ganèse qu'on veut titrer, tl e»! chauffé sur un petit fourneau ordinairti avec du charbon. Un tube d'uu mince diamètre, B, est ajusté à ce ma- Iras; la plus longue braoclie doit avoir b peu près G décimètres de longueur ; OD l'inlroduil dans un malraa à très-long col, C, d'un demî-Iitre environ, rempli jusqu'à l'origine du col d'un lait de chaux ou d'uno dissolution de potasse ou de soude caustique, marquant S & 3° à l'aréoDièlre.
Après avoir posé sur un petit carré de papier lisse 3*',980 d'oxyde de manganèse, pris dans un échantillon moyen réduit en poudre, on roule le papier pour le faire entrer dans le col du matras ; et redressant aussitôt celui-ci, l'onyde tombe au Tond à la faveur de petits chocs répétés; il en reste à peine sur le papier. On verse ensuite SS centimètres cubes ou as grammes d'acide chlorhydrique pur et fumant, ou du moins exempt d'acide sulfureux, et on bouche aussitôt le malras avec le bouchon ajusté au tube recourbé. Le bouchon doit Cire choisi avec soin; on bouche tes pores avec de la colle un peu épaisse. Ou chauffe doucement au moyen de quelques charbons rouges.
Le chlore commence aussitôt à se dégager, et l'on s'assure, en approl'haut le net du bouchon, que le tube tient bien. De temps à autre on tourne le matras, et si la liqueur alcaline est suffisamment concentrée, le chlore se trouve absorbé si complélemcnl, qu'on ne sent pas la plus légère odeur à l'entrée du tube. On augmente graduellement le feu de manière que 7 à 8 minutes après le commencemeal de l'expérience, le liquide dans le matras soit en pleine ébullilion. La vapeur produite chasse tout le gaz chlore; et quand on sent à la main que le lube conducteur s'est échauffé Jusqu'à l'endroit de son immersion dans la nlution alcaline, l'opération est terminée. On sort le tube du liquide atec précaution pour éviter l'absorption. On verse ensuite tout te chlonire décolorant du matras dans une cloche d'un litre, on rince le vasa , iplutienn reprises, et tout les lavages étant réunis au chlorure, on
complète avec de Feau le volume d'un litre, que doit avoir le liquide sur lequel on va opérer; on en mêle bien toutes les parties. Il ne reste plus qu'à prendre le titre de la solution du chlore par le procédé que je vous ai indiqué précédemment.
Le titre obtenu Tait connaître celui de Toxyde de manganèse, de telle manière que, si le titre du chlorure indique une dissolution contenant les 9/tO de son volume de chlore, l'oxyde essayé contiendra les 9/10 de son poids d'oxyde pur.
Soit, par exemple, un manganèse donnant une dissolution de chlorure qui marque 89°; ce titre signifie que l'oxyde essayé ne peut donner que les 89/100 du chlore que fournissent les 3*',980 de manganèse pur, et qu'il ne contient sur 100 p. en poids que 89 d'oxyde pur.
\ kilogramme de ce manganèse ne donnera donc que 223"^^' ^^ chlore, au lieu de 251 '",23. En effet :
1000 ^ 0 ftO 0,3981 : 1000 :: 0,89 : j » ' , Cl' = 223"», 61.
La valeur d'un oxyde de manganèse ne dépend pas seulement de la quantité de chlore qu'il peut donner ; elle dépend aussi de celle de l'acide chlorhydrique qu'il faut employer pour produire le chlore. Mais l'opération pour déterminer cette proportion d'acide que le manganèse consomme est délicate, et le bas prix de l'acide peut dispenser de l'effectuer. Je ferai remarquer toutefois que les manganèses du commerce contiennent souvent du carbonate de chaux, de la baryte et du fer, qui saturent en pure perle une portion d'acide, et que, le manganèse n'étant pas toujours à l'état de peroxyde, la quantité d'acide chlorhydrique qu'il exige n'est plus proportionnelle à celle du chlore obtenu.
. Emploi defl sels 4e proioxyde de mani^aBèee em aiédeelBe. —
Je ne terminerai pas l'étude des composés du manganèse sans vous apprendre que les sels de protoxyde, qui sont incolores ou légèrement rosés, jouent, depuis quelques années, un assez grand rôle en médecine. On les a préconisés pour combattre les pAles couleurs et rétablir les forces des individus épuisés ; on prétend qu'ils agissent beaucoup plus efficacement, dans ces cas, que les sels de fer. C'est surtout le carbonate, le sulfate, le chlorure et l'iodure qu'on emploie.
Carbonate de maainiDèse dana ceriaioea «««reca ailHémlea.
— Le carbonate de manganèse a été trouvé dans un assez grand nombre de sources minérales (Merlioz près d'Aix, en Savoie, Bagnèresdo-Luchon, etc.), et surtout dans les dépôts d'eaux minérales (Carlsbad, r^)Conuco près Popayan, Gy (Haute^ône), etc. Tout porte à croire, d'après II. Lecoq, qu'à des époques géologiques plus ou moins éloignées do la uôirv les sources mauganésifères étaient bien plus firéquentei.
qu'aujourd'hui. Comme le carbonate est insoluble par lui-mCme, on ne pcul expliquer sa présence àaas lee eaux minérales que par l'intervention de l'acide carbonique en excès, ainsi que cela arrive pour les carbonates de chaux, de bary le, de slrontiane, elc.
Br'raie 4« MMalvirila. — Lorsque dans la dissolulion du eulble ou du chlorure de manganèse on verse un léger excès de pelasse ou de loude, on produit la précipitation d'un hydrate de prQtoxjde qui est blanc; mois presque immédiatement il se colore à l'air, jaunit, puis bniuil, parce qu'il absorbe l'oxygène atmosphérique et se change en hydrate de sesquioxydc (Mn'0',HO}, L'eau de chlore produit subitement cette transformation, oinsi que je vous en rends témoins.
Oxjdc rsaga 4e m>nganè«e réK^néri d«a r^aldaa Atm fabrl- «ncB de chlore. — Dans les grandes fabriques de produits chimiques où l'on produit le chlore par le procédé de Scheele, on a des masses énormes de résidus qui le composent de chlorure acide de manganèse, de sesquichlorure de fer et de composés arsenicaux. On a cherché k les uliliscr de plusieurs manières. Ainsi, Je vous l'ai dit précédemment, a. Kuhlmann s'en sert pour convertir le' sulfate de baryte en chlorure de bai^um. Dans l'usine de MM. Tennant, à Glascow, on les traite de manière à en retirer de l'oxyde rouye de manganèse, Mn'O*, qui peut servir de nouveau à l'extraction du chlore. On s'y prend de la manière suivante :
Ces résidus, rassemblés dans un réservoir en briques goudronnées, sont neutralisés par un lait de chaux qui précipite en même temps le fer et l'arsenic; une roue à godets produit l'agitaliou nécessaire û la réaction. Après clarirication de la liqueur par le repos, on la fuit écouler dans un réservoir en fonte, dans l'aie duquel se meut un agitateur, et on y introduit une quantité .suffisanie de craie pour convertir le chlorure neutre de manganèse en carbonate de celte base, tandis qu'il se forme du chorure de calcium qui reste en dissolution. On favorise la double décomposition par un jet de vapeur ù haute tension.
Au bout de vingt -quatre heures, on décante le liquide, on recueille et on comprime le carbonate insoluble de manganèse. On l'étalé cnicite sur des plaques de tOle qu'on fait mouvoir, d'une manière méthodique, dans un fourneau particulier dans lequel la décomposition du carbonate s'elTectue en présence d'un courani d'air pur. Il reste sur les plaques de l'oxyde rouge titrant 72 p. 100.
Halgré le bai prix du manganèse, ce mode de régénération, quoique coûteux dam son Installation, offre des bénéfices avantageux.
SUITE DES MÉTAUX DE LA DEUXIÈME SECTION
Sommaire. — Du Magnésidh et de ses prîncipaux composés ; sulfate et silicates.
— Magnésie caustique et magnésie blanche. — Extraction et propriétés du métal, —Son emploi pour l'éclairage. — Du Zmc. — De ses nombreuses applications à l'état métallique et à celui de sulfate. — Gaivanùation ou ancage du fer. — Du B/anc de zinc. — Sa fabrication. — Son emploi dans la peinture.
— Chlorure de zinc. — Peinture et mastic de M. Sorel. — Vert deRianmann»
lÈitkt naturel. — Voici un métal qui n'est connu dans son état de liberté que depuis 1830, grâce à M. Bussy, et qui offre ceci de remarquable que ses composés naturels, carbonate, sulfate, azotate, phosphate, silicates, chlorure, accompagnent presque partout les composés correspondants du calcium avec lesquels, d'ailleurs, ils sont ison^orphes.
Ainsi la plupart des calcaires renferment plus ou moins de carbonate de magnésie en mélange, et il y a môme une roche fort abondante dans les Alpes du. Saint-Gothard, en couches puissantes dans nos départements du Sud et du Sud-Ouest, qui est un carbonate double de chaux et de magnésie, CaO,CO'-+-MgO,CO*;les minéralogistes lui ont donné le nom de dolomie.
Les mOmes sels sont associés dans les eaux calcaires, et avec eux se trouvent dans les eaux des mers du sulfate de magnésie et du chlorure de magnésium; la quantité du sulfate varie dans ces dernières eaux de 2 à 7 gram. par litre; c'est la Méditerranée qui en offre la plus gi-ande proportion.
Le sulfate de magnésie suit habituellement le sulfate do chaux dans les couches terrestres, mais il domine dans plusieurs lacs amers de l'Afrique et surtout de la Sibérie, qui sont alimentés par des sources minérales qui amènent incessaqiment des profondeurs du globe la magnésie à Tétai de sulfate.
Sources maa^néalennea. — Nombre de sources renferment le mCme sol (Uriage, Allevard, Barbazan en France), et dans certaines de l'Angleterre et de l'Allemagne, il y en a assez pour les rendre amures c( purgatives. Ainsi, par chaque litre d'eau, on en a trouvé :
Dans les sources de Cheltenbam (Angleterre). I«V>
— de Windsor- Forest — . 2 ,4
— de Friedrichsball (Saxe) 4 ,0
— de Saint-Gervais (Suisse). .. . Il ,0
— do Pullna (Boliôme) 12 à 33
— do S'dlitz — 3i ,0
— d'Ëpsom (Angleterre) 32 ,0
■■lf«t« 4« m^gmiale. — Depuis des siècles les sources d'Kpsom el de Sedliti son! exploitées pour en extraire le sel magnésien nécessaire aux besoins de la médecine ; c'est, en effet, un des purgatifs les plus employés à la dose de 1 0 à 50 gram. sous le nom de sel d'Epsom ou d'Anflelenre, sel de Sediits. On évapore simplement les eaux Jusqu'à pellicule et onlesmetàcriilalliser; pendant le reTroidiBsemenl, on les agile Tréquemmenl pour oblenir de petits cristaux aiguillés tels que le commerce les exige.
Ces cristaui, transparents, incolores, sont des prismes rliomboïdauK droits, contenant 7 équivalents d'eau ou 5r,5 en poids. Ils ont pour formule =i MgO,SO*,7 HO. Ils sont trèe-efflorcscents et Irfs-soIublfiS, puisque 100 parties d'eau à 0' en dissolvent SS,70;à + U", 32,78 et il + 97°, 72 parties.
L'aiotate de magnésie se forme en môme temps que celui de cliaux et se montre dans les matériaux salpêtres.
Avec le phosphate de chaux, qui constitue presque entièrement lesqueletle oueux des animaux, apparaît encore du phosphate de magnésie.
SlIlcBica <« MBgBiale. — Les silicates de chaux et de magnésie sont les principes essentiels des minéraux désignés sous les noms de pyrtxeine et d'amphibole.
I^> silicates de magnésie et de fer constituent les espèces minérales nommées péridot, diallage, ht/penthéne, chlorite. Une variété terreuse de celte dernière, nommée terre verte de Vérone, fouinit à !a peinture de paysage et de marine une belle couleur verte d'une grande solidilé. H en vient de Vérone, de l'ile de Chypre, de Pologne; la première est la plus estimée.
Plusieurs autres espèces minérales no contiennent que des silicates de magnésie presque purs; tels sont entre aulres :
[.e talc, UgO,2 SiO*, nommé improprement, dans le commerce de la droguerie, traie de Briançon quand il est en petites écailles, et talc de Ymite quand il est en belles lames transparentes, est employé comme fard pour adoucir la peau, pour faire les crayons-pastels, pour composer cei-taines couleurs, pour satiner le papier, pour apprêter les tisstis de coton, pour dégraisser la soie; les tailleurs se servent de fragments ie cette pierre pour tracer sur le drap la coupe des hahits, et les cordonnier» ont recours à sa poudre onctueuse pour faciliter riniroducliou despiedsdans les hottes;
t.'écutnc de mer, HgO,SiO\IIO, qu'on trouve en Asie Mineure, à l'Ile de Négrepont, en Crimée, en masses ou en rognons compactes, sert depuis longtemps en Orient h fabriquer des pipes très-estimées ;
La stéalile ou pierre de lard, 3 MgO,t SiO»,n Aq, sert comme pierre i porcelaine dans les fabriques anglaises, el dans certains p^iys ù faire des crayons, h détacher les étoffes ; les femmes indiennes en tout des plettei qu'elle! mangent avec délices ;
'iiî VINGT-HUITIÈME LEÇON.
La magnésite de Salinelle ou pierre à détacher, Ilg0,2 SiO*^ DO, qui lorsqu'elle csl pulrËTteée Gst'veadue bous les non» de poudre à dégraisser, pondre de Salinelle, àaiiiea noms, d'abord au petit village près Monipellier où on la trouve, puis à l'emploi qu'on en fait pour Det- Xof cr les ëlofTes de laine en place de terre à TouIod, ou mOine de utOD, et pour enlever raciicment les taches grasses sur les robes de une en r<f laissant séjourner pendant quelque temps;
La serpentine, silicate et hydrate de magnésie, forme de> couche* considérables dans les terrains anciens, qu'un exploite pour la décoration, la confection des mortiers de pharmaciens, de marmites, de poêles, de fourneaux, qui résistentd'autanlmieuxàl'acliondufeu qu'ils sont infusihles cl durcissent par son action prolongée. C'est à cause de ces dernières applications qu'on l'appelle vulgairement pûrre oUairt, du mol lalin alla, qui signifie pot, marmite.
Il est remarquable que (ouïes les espèces minérales et le> roches quicontiennent delà magnésie en quantités notables, notamment les silicates dont Je viens de parler, ont un toucher gras et onclueui comme le savon.
0%jte im masB^alMm. — Mngmiatm CBMillvae. — Le magnésium ne forme qu'un seul oxyde, qui est une base énei^ique et qui, malgré sa presque insolubilité dans l'eau, verdit très-bien le sirop de violettes et possède une saveur amère qu'il communique à tous ses sels : voilà pourquoi les anciens chimistes le nommaient terre amére; on l'appelle habituellement magnésie caustique ou calcinée. C'mI l'Ecossais Black qui, en tTSS, l'a distingué de la chaux avec laquelle on l'avait confondu Jusqu'alors.
La magnésie est une poudre blanche, légère, sèche au loucher, in~ fusible. On l'obtient en calcinant au rouge sombre le carbonate de magnésie hydraté.
On introduit ce sel sans le tasser dans des pois en terre qu'on superpose au nombre decinqou six 0(0. SÎS), après avoir usé leurs bords avec du sablon pour qu'ils s'adaptent exactement les uns sur les autres. A l'exception du pol inférieur, tous las auli-es sont percés d'une Ûrge ouverture à leur fond ; l'ensemble est maintenu par des 61s de fer.
Au boulde deux heures environ, toute l'eau et l'acide 4^^ carbonique du sel sont expulsés et la poudre qui reste ne fait plus d'effervescence avec les acides. Quand elle prt '!!um*dï u * *'* '"^"^ •^liaufl'ée, elle devient presque insoluble dans img»*»™«iu. '^^^ derniers.
<•<!••'■ Les médecins l'administrent, i U dose de 8 i 1 6 gram- •
mes, pour purger, et, à plus petites doses, pour faire
disparaître les aigreurs de l'estomac, c'est-à-dire pour DaulralîuT Ict
DU UAGNËSIUM. 313
acidea qui t'y déreloppent par «uite de digeslions laborieuses. C'est également le meilleur contre-poison de reau-ri>rle, de l'acide suirurlque, de l'acide anânieux. Dant toug ces cas, on la délaye dans l'eau avant de la Taire avaler aux malades.
■aCNéala hlasebr. — L^ magnésie blanche des pharmaciens est un mélange de carbonate et d'hf drate de magnésie = 3 [HgO,CO*] -|- [MgO,IIÛ] 4- 3 HO, qu'on obtient en venant un excès de carbonate de ■oude dans une solution bouillante de aulFate de magnésie ; il se dégage de l'acide carbonique el il se forme un précipité floconneux, qui devient pulvérulent par l'ébullilion; on le lave, el, quand il estsufRsam' ment égoulté, on le moule en groi pains priimatiques qu'on fait sécher rapidement pour les avoir blancs et très-légers.
On s'en sert aussi contre les aigreurs de l'estomac et dans l'impression des tissus.
■r'r*alletté d« Ik m«(B^ale, — Dans les usines de la Compagnie des Salins du Midi, on prép'are de la magnésie pure par la calcination du chlorure de magnésium qui provient de l'ulilîsaticn des eaux-mères des marais lalanls d'après les procédés de H. Balard, dont il a été question précédemment. Il en est de taime à SlassrurI, en Prusse, où le minerai exploité sous le nom de koHs-iz renferme beaucoup de chlorure de magnésium.
La magnésie obtenue de celle manière est en morceaux compactes, anhydres, qui prennent sous l'eau, au bout d'un certain temps, une consistance remarquable, la dureté, la densité et la ténacité du marbre, et deviennent translucides, comm% l'albAlre sous une faible épaisseur. Ce changement de propriétés est dQ ù ce que la magnésie s'est combinée peu A peu avec l'eau, et a formé un hydrate ainsi cousUlué : HgO, HO.
La magnésie anhydre possède, ainsi que l'a constaté M. H. Sainte- Claire Deville, en 1865, des qualités hydrauliques qui se manifestent avec une rapidité et une perfection étonnantes, lillle les communique t la craie, au marbre, au grès de Fontainebleau, puisque des mélanges de cet substances avec de la magnésie calcinée au rouge vif, fournissent avec l'eau despAtesun peu plastiques qui se moulent bien et qui donnent, au bout de quelque temps de séjour dans l'eau, des produits d'une extrême solidité, très-propres à la sculpture el pouvant remplacer le martire.
La dolomie faiblement chaulTée fait aussi prisé souB l'eau très-rapidement el donne une pierre dont la dureté est vraiment exlraordioûre. C'est ce que Vicat avait déjà constaté dans ses essais pour introduire la magnésie dans les ciments A la mer.
■■plot 4« 1* jMBMéU* «•■»• M«tlto« réfnict«ir«, — Depuil
314 VINGT-HUITIÈME LËÇO!l.
quelques années, on tire parti de la grande infusibilité de la magnéae pour en fabriquer des vases réfractaires de toutes formes, des aufon destinés à l'éclairage oxyhydriquey et enfin des briques rélndaifes bien supérieures à celles qu'on employait Jusqu'alors. Thilorier se servait déjà, il y a plus de vingt-cinq ans, de creusets en magnésie pour la fuMon du platine ; mais, en raison du prix trop élevé de la niagnéâc, ces creusets étaient restés dans le domaine des laboratoires. Depoii que l'industrie chimique a livré au coimnerce de grandes quantités de cette terre, et que, d'un autre côté, le carbonate de magnésie natih rel, MgOyCO*, nommé giobertite, qui se trouve en abondance dau Hk d'Eubée, arrive à Marseille au prix de 70 Tr. les 1000 Idlogr., M. Caroo s'est appliqué à résoudre les difficultés que présentaient l'aggiomération et le moulage de la magnésie caustique pulvérulente, si Inen qu'aujourd'hui la confection des briques et des creusets avec cette matière est d'une extrême simplicité.
On commence par cuire le carbonale magnésien à la température nécessaire et suffisante pour l'expulsion de l'acide carbonique ; on le broie ensuite trùs-facilement ; puis on soumet la poudre à un feu trèsintense qui correspond à la fusion de l'acier. Pour faciliter Vagglomération de ses particules, on y ajoute 1/6 de son poids de magnésie moins calcinée, on humecte le mélange avec 10 à 15 p. 100 de son pctids d'eau et on le comprime fortement dans des moules de fonte, comme cela se pratique pour les agglomérés de charbon de terre. La brique produite par .cette opération durcit en se séchant à l'air et devient encore plus résistante lorrqu'ensuitc on la calcine au rouge.
Pour les grands creusets destinés à la fusion de l'acier, la magnésie calcinée est d'abord mouillée! pour qu'elle s'hydrate, puis tassée dans les moules, séchéo et enfin soumise à la cuisson. Pour les revêtements des fou 1*8 à fondre l'acier, on dame de même sur les parois la pftte de magnésie humide ; elle se cuit naturellement, sans qu'il y ait à prendre de précautions particulières.
La magnésie bien pure, fortement calcinée et finement pulvérisée, peut iMrc employée à l'état de harbotine et donner les creusets les plus d<>licat3 et les plus diaphanes, aussi bien que les empreintes les plus nettes et les plus compliquées.
(Vest également la magnésie la plus pure, exempte surtout de silice, qu'on doit employer pour obtenir les crayons qui servent dans l'éclairage oxyhydriquo et qui fournissent la lumiùre la plus \1ve, la moins colorée et la plus économique. La matière, fortement calcinée et rendue pAtouse au moyen d'eau pure ou d'eau chargée d'acide borique, est tassée légi^'roment dans un tube de verre, d'où elle sort sous forme d'un cylindre qu'on reçoit horizontalement sur une plaque de verre un pou hniléo. Le crayon, préalablement séché, est soumis à une forto cuiwon et devient souvent plus résistant que les crayons obtenus pur compression dans des matrices d'acier trempé.
Dr MAr.NLsir.M. ?> 1 *)
l'IilrartiiMi «lu mna^ii/'NÎii m . — (Jii.iiit ;ii] innLriit'^iiini ini'''aMiq)it\ MM. iK'NÏllt' cl (l.iroii nous ont apjnis, l'ii l^.)7, a lOlitcnir en as^^■/. grandes quantités en décomposant le chlorure de magnésium anliydre par le sodium. Voici rinterprétation de la réaction :
MgCl + Na = Ug + NaCl.
On pratique Topération en mélangeant intimement 600 gram. de chlorure de magnésium anhydre, 100 gram. de sodium en morceaux, 100 gram. de sel marin fondu et 100 gram. de fluorure de calcium pur, et introduisant le tout dans un creuset de terre bien rouge qu'on couvre aussitôt. Un bruit strident annonce la réaction ; quand elle est terminée, on retire le creuset du feu, on agite la matière pendant qu'elle se refroidit avec une tige de fer pour rassembler le magnésium en un seul culot qui vient nager à la surface.
Conmie, dans cet état, il n'est pas pur, on le chauffe au rouge vif dans une nacelle de charbon enfermée elle-même dans un tube de charbon dans lequel on fait passer lentement un courant d'hydrogène ; le métal se volatilise et va se condenser dans les parties froides de l'appareil .
600 gram. de chlorure de magnésium fournissent, par ce moyon^ 45 gram. de magnésium.
Lorsque le courant d'hydrogène est rapide, il entraîne un peu de poussière métallique tenue en suspension, et si l'on y met le feu, on a une des plus belles flammes qu'on puisse produire.
Le magnésium est aujourd'hui produit en quantités importantes en Angleterre, notamment chez M. Sondsladt, à Salford. Là, on a substitué le chlorure double de magnésium et de sodium an chlorure simple ; on a remplacé les creusets de terre par des creusets de fer, et on fuit usage d'un appareil ingénieux pour la distillation du métal. Ces modifications de détail ont augmenté le rendement du métal et ont permis d'en abaisser notablement le prix.
P#oprléi^B dm mai^Béalaiii. — Le magnésium a la blancheur et l'éclat de l'argent. C'est le plus léger de tous les métaux en usage, puisque sa densité est de t,7o. 11 est malléable quand il est bien pur; il se laisse alors réduire en lames minces. Il est excessivement peu ductile, par suite de sa faible ténacité. Pour l'obtenir sous forme de fils, on le comprime, à l'aide d'une presse hydraulique, dans un moule en acier chauffé, portant à sa partie inférieure une ouverture de diamètre égal à celui du fil que l'on veut avoir. Le métal soumis à cette pression, ne trouvant d'autre issue que cette petite ouverture, en sort ious forme de fil. Ce procédé, analogue à celui qu'on emploie depuis longtemps pour obtenir les tubes de plomb, est pratiqué en grand chez M. Matthey, de Londres, qui fournit tout le fil répandu aujourd'hui dansle conmierce.
Le magnésium se lime très-bien et se brunit k merveille, n fond vers 420», et se volatilise vers 1010".
n se conserve aiset bien ft l'air, quand il est pnr et que la snrTacc est polie ; mais lorsqu'on le cbsulTe un peu au^enas de ion point de fusion, ou quand il est en flis, lorsqu'on l'approche d'une flamme, m<>me celle d'une bougie, it s'enflamme en produisant une lumière blanche éclatante au milieu de laquelle on distingue de temps en
temps des aigrettes bleu-Indigo '/Ig. S23). Le produit de sa combustion est de la magnésie infusible sous forme d'une lige continue.
Légi-rrment chauffé, il s'enflamme dans le chlore, dans les vapeurs de brume el d'iode et sur l'acide chlorhydrique.
Si l'on dirige sur lui, pendant qu'il est chaulfé par une forte lampe à esprit-de-vin, un courant de vapeur d'eau, il s'enflamme et brûle avec un vif éclat, pendant que l'hydrogène de l'eau décomposée te dégage à l'exlrémilé du tube.
Il décompose l'eau à froid en présence des acides les plus faibles, tels que l'acide carbonique.
Il »> dissout facilement dans les sels ammoniacaux, «n produisant une émission dhydrogi^ne.
L'ensemble des propriétés du magnésium le rapproche plus du âne que de tout autre métal.
IJa>C*a. — Le magnésium peut élre appelé le mftal de rèrtairase, car la lumière qu'il pntduit dans sa combustion est bien plus intense que celte do tout autre rombusiible. C'est ce que ÏM. Buniea el RoscoE ont mis les premiers en évidence.
Ils ont, en effet, constaté : •
l*t)u'un tu d'un tiers de millimètre de diamètre répand ea brûlant aul,iui de lumière que 74 bougies oïdinairea du poids de 2W g chacune.
iN'iir cnlrclrnir rcth^ \i\(' luinirrL' (M'iidaiil iiiii' niiniito, il snftil de hrùler un lil de U (lûcimùtros de long, pesant 12 centigianimos. l\)ur produire pendaat 10 heures, par la combustion du magnésium, une lumière égale à celle de 74 bougies^ il surfirait de 72 grammes de ce métal;
2^ Qu'an décigramme de ce même métal brûlant au sein du gaz oxygène a un éclat égal à celui de 110 bougies; et comme la surface incandescente est au moins 7 ou 8 fois plus petite que la surface brillante de la flamme d'une bougie, on peut admettre que le métal produit une lumière égale à 800 fois celle d'une bougie ordinaire.
Je vais vous 'donner une idée de cet éclat en brûlant un peu de magnésium à l'aide du chalumeau à gaz. La lumii^re obtenue de cette façon n'est comparable qu'à la lumière électrique.
On peut donc se servir avec avantage d'une lampe au magnésium pour l'éclairage des mines et des carrièreB, pour celui des phares et pour les signaux en mer pendant la nuit.
La marine américaine l'a utilisée pour empêcher les navires de rompre le blocus des ports à la faveur de l'obscurité de la nuit. M. Martin de Breltes a montré par de nombreuses expéiiences que le magnésimn peut servir avec avantage à une foule d'usages dans la pyrotechnie civile et militaire, lorsqu'il s'agit d'obtenir de brillants feux d'artifice ou des signaux plus économiques et plus efQcaces que les balles à feu employées habituellement. Les armées des États-Unis, en introduisant dans les fusées de guerre une forte proportion de magnésium en limaille, ont éclairé les lignes ennemies sur une étendue de plus de cinq milles.
La lumière du magnésium est précieuse pour les physiciens, qui l'ont substituée à toutes les lumières artificielles pour les expériences d'optique ; elle l'est également pour les photographes, qui l'ont adoptée pour reproduire les objets pendant la nuit ou dans des cavités souterraines, car son action photogénique est tout à fait comparable à celle du soleil, sauf qu'elle est trente-six fois moins énergique. C'est avec un éclairage pareil qu'on a pu photographier l'intérieur des égouts de Paris, des catacombes, des pyramides d'Egypte , des églises gothiques, etc.
Da KIbc.
Historique» — La découverte et l'emploi de ce métal remontent beaucoup plus haut qu'on ne le suppose généralement. Il est bien vrai que c'est seulement dans les écrits de Paracelse, célèbre alchimiste du seizième siècle (1), qu'on trouve pour la première fois le mot zinCy
[ (I) Pairàcelse, dont le nom entier est Auréole-Pbiiippe-Théopbraste-Paracelse- BoEobast ab Hohenlieim, est un des hommes les plus remarquables du sei-.
mais si les Indiens, les Chinois, puis les Égyptiens, et après eux les Grecs et les Romains ne connaissaient pas le nom, ils connaissaient la chose, et l'utilisaient pour en faire cette espèce d*airain qu'on appelait orichalt^ue et qui n'est autre chose que notre cuivre jaune ou laiton.
Ces anciens peuples exploitaient la cadmie ou ealaminej carbonate et silicate de zinc naturels ; ils préparaient le pampholix ou oxyde blanc de zinc pour les usages de la médecine; enfin, conmie on le voit par un passage de Diosconde, ils surent aussi extraire le métal de la calamine en la chauffant avec du charbon, et ce qui confirme cette assertion, c'est la trouvaille récente dans les ruines de Pompéi d'an beau fronton de fontaine dont la paiiie supérieure est couverte de zinc métallique.
Néanmoins le zinc était regardé conmie une sorte d'étain, et Jusqu'au dix-septième siècle on le nomma speltrum, speau(er, étain des Indef^ parce qu'il était apporté de ces régions. Le mot zt/ic, dérivé de zinn^ nom germanique de l'étain, rappelle cette croyance.
Ce n'est que vers le milieu du dix-huitième siècle qu'on sut extraire ce métal des minerais d'Europe, et c'est seulement au commencement du dix-neuvième qu'on a pu le laminer, circonstance qui en a vulgarisé les usages comme rival du plomb pour la couverture des édifices, la confection des bassins, baignoires, gouttières, tuyaux de conduite, ustensiles domestiques, etc. M. Edmesten établissait, en 1860, que la consonmiation du zinc dans le monde entier s'élevait anoaelle-
zième siècle. Né en 1493 à Einsiedel, dans le canton de Schwytz (Suisse), il apprit de son père la médecine, ralcbimie et l'astrologie. Après avoir voyagé dans une grande partie de l'Europe, en menant une vie débauchée et en disant la bonne aventure, quand il manquait d'argent, ce qui lui anÎTait souvent, il fut appelé, en 1626, par le sénat de Bâle pour remplir une chaire, nouvellement créée, de chirurgie et de physique, et non pas de chimie, comme on l'a dit. Mais il se brouilla bientôt avec les magistrats et s'exila du pays. 11 recommença sa vie aventureuse et vint mourir, en 1641, dans l'hôpital de Saint-Étienne dé Salzbourg.
Paracelse doit être considéré comme le chef des médecins chimistes da seizième siècle : c'est lui qui a introduit dans la pntique médicale l'emploi des composés chimiques. U s'occupa bien moins de la pierre philoaophale que de la Panacée universeiie, et composa, pour prolonger indéfiniment la vie, une foule d'essences et de quintessences, d'élixirs, de spécifiques et autres arcanes. Il portait au pommeau de son épée cette panacée qui devait le rendre immortel, ce qui ne l'empêcha pas de mourir à l'âge de 48 ans. Paracelse ne manquait pas de génie, car, au miUeu de ses erreurs, il a donné d'excellentes notions sur un grand nombre de médicaments, particulièrement sur l'opium, le mercure, le soufre, l'antimoine, l'arsenic, et le premier il a cherché à iaoler des matières médicamenteuses, au moyen de la chimie, les parties les plus actives. Il a?ait un profond mépris pour les docteurs à gants blancs qui CFaigneni da se salir les doigts dans un laboratoire de chimie. A la première leçon qu*U fit à Bàle, il Jeta au feu les œuvres d'Hippocrate, de Galien et d'Avicenne, en disant que son chapeau, sa barbe et ses souliers en savaient plus que tous les médecins de Tanliquité*