DE L ACIER
récemment pcrreHionné la mélhode anglaise el l'a rendue applicable i toutes les fontes sans exceplioa. Son procédé contisle, apn^i avoir traité le bain métallique par injeclloo d'air, comme le Tait fiessemer & faire traverser le même bain par un courant d'hydrogène carboné chauffé au rouge. Ce gaz réduit l'oxyde de fer qui t'est formé dans la période d'oxydation, enlève le soufre et le phosphore à l'élat de composés hydrogénés, et retarde en mécne temps la décarburation de la fonte, ce qui permet une épuration plus complète.
La fonte soumise à l'action alternante d'oxydation el de réduction donne un métal bien supérieur A l'acier Bessemcr ; celui-ci ressemble plus on moins, dans sa cassure, k la route cristallisée; i! se Ircmpc mal el se soude difilcilement; l'autre, au contraire, a l'aspect grenu de l'ac'er fondu, se travaille avec facilité, se soude parfaitement, se trempe à un haut degré, el Jouit de la résistance des meilleurs aciers.
Les perfectionnements apportés depuis une quinzaine d'années dans la fabrication des aciers fondus ont opéré une véritable révolution dans leur emploi el leur rOle industriel. Grâce à l'abaissement considérable de leur prix de retient, on les substitue partout au fer dans la CODfectioD des rails de chemins de fer, des générateurs, des canons et d'une foule de pièces et d'organes de machines.
5" L'wMT damassé, nommé aussi acier Indien, Woutz, a ceci de paiticulier que les acides faibles font paraître & sa surface des dessins moirés liés-variés, des veines alternativemenl blanches et noires, lines ou rubanées, entrelacées, croisées ou parallèles. Leur Iranchant es! si bon, et les Orientaux sont si habiles à s'en servir, qu'ils coupent une masse de colon mouillé aussi facilement qu'un pain de beurre; mais ces lames ont le défaut d'Ctre fragiles comme le verre.
Les dessins qui se montrent sur cet acier paraissent être dus k la présence, dans la pâte, d'un carbure de fer régulièrement cristallisé, qui se trouve mis i. découvert par l'action des acides affaiblis, et produit alors cette espèce de moiré grisâtre qui se détache sur un fond plus clair.
C'est cel acier, célôbre.dans l'antiquité, qui devint en Asie un important objet de commerce. Les artisans de Damas, ville de Syrie, l'emploient depuis des siècles pour confectionner avec les lames qu'il fournit el celles d'un fcrdoux,allernalivemGnl Juxtaposées, puis tordues et retordues en tous sens, ces Hoffe$ métalliques avec lesquelles ils Tubriquent leurs excellentes armes damassées.
On ne connaît pas le procédé des Orientaux, mais grâce aui reiherches de plusieurs chimistes, nos fabriques produisent maintenant des lames damassées qui offrent tout â fait l 'aspect, la qualité et lalégèrclé de celles qui nous viennent de l'Orient. Les manufactures des Bouchcsdu-HhOne envoient même en Orient de très belles lames damassées, où le platine est uni à l'acier. On suit, en elfel, qu'en ajoutant à l'acier or dinoire quelques centièmes seulement de platine, ou d'argent, ou de quelques autres métaux, on lui fait acquérir d'excellentes qualités et
la faculté de prendre ua beau damassé par l'acide sulfurique. L'ancienne industrie syrienne est donc en grande partie détrônée.
Je terminerai celte partie technique de l'histoire du fer en tous montrant les divers degrés d'impureté des fontes, des aciers et du fer ductile, révélés par l'analyse chimique.
Préparailom dn fer par. — De tous les fers du c<>mi|ierce) les moins impurs sont ceux, comme Je l'ai déjà dit, qui ont été étirés en fils, et qu'on appelle fils de clavecin ou d'Arckal. C'est avec ces fils que, dans les laboratoires, on obtient le fer chimiquement pur, en les chauffant au feu de forge dans un creuset de porcelaine avec 1/5 d'oxyde de fer et une petite quantité de verre en poudre. Le charbon, le silicium, le phosphore, le manganèse sont oxydés par l'oxygène de l'oxyde de fer; le fondant dissout toutes ces matières étrangères, avec l'excès d'oxyde;
on a donc des scories et un culot de fer pur d'un blanc d'argent et très-malléable.
On peut encore, en réduisant
par l'hydrogène le peroxyde on
le protochlorure de fer, obtenir
rwoi^^i^^ le métal dans un grand état de
pureté. Dans le premier cas, le fer est en poudre grise très^fine, Py^P^^^î^u® ^^ contact de l'air (fiQ* ^57); dans le deuxième, il '■■•'[<-, est en lames brillantes et en petits cristaux cubiques très-régu- • • • •- liers. F^e fer métallique pulvéru-
Fig. 5b7. — Inflammation spontanée du fer Icnt jOUC maintenant Un très
réduit par i hydrogène. gj.^nd rélc comme médicament
tonique et astringent.
Pour celte dernière application, on chauffe le sesquioxyde au rouge obscur, en petit, dans un tube de porcelaine ou un canon de fusil; en grand, dans un de ces tuyaux de fonte, qui sont communément employés comme conduits d'eaux; on fait passer à travers un courant d'hydrogène pur et sec jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de vapeur d'eau.
La condition essentielle du succès de l'opération réside tout entière dans la température : si celle ci reste au-dessous du rouge obscur, la réduction ne s'opère pas; si l'on chauffe trop, le fer se réduit, mais il s'agglutine en laraes ductiles et n'offre plus le degré de finesse et de division que Ton recherche pour l'emploi médical. Le fer réduit, bien préparé, se présente sous l'apparence d'une poudre excessivem2ut ténue, d'un gris de fer, se dissolvant rapidement avec effervescence dans les acides.
M. Collas obtient du fer chimiquement pur pour l'usage médical, en décomposant les sels de protoxyde par la pile; le fer déposé est friable; on le pulvérise sans peine dans un mortier.