UES SULFURES DE FER
e grillage de« pynles en pouasic^re ou du menu provenant du eassagfi morceauit, ofTri; plus de dilT(L-uir», parce que l'accès de Tair se lie empOchë par le lassement des maCières. De Ion» les appareils
.■cessîvemenl essayés, celui qui fournit les m.'illeurs rfiaullats a (lé aginé par M, Miihel Perrel, de, l-yon; il a 6lf adopti^ pnr un praud mbre d'usines que les raines de Cliessy cl de Sainl-Uel alimentent de
riis^nle de
V une pelilc distance de la couche de pyriles en morceaux, brûlant lia le four ù. cuve ordinaire muni dune grille fk barreaux mobiles, se uventsiï S liuil soles en terre rÉfractaire, séparées les unes deaaulrei r UD intervalle de 10 ccntimiHres, et fixées dans une matmmerie o j tt ménagées des ouverlures disposées de manière que le courant ïr et d'acide suirurcux s'élevanl du la grille puisse, en scrpenlanr, her la siirrace du menu déposé en coucbes de 3 ccnliintlrcs sur eha-
cune de ces eotcs. Lee ouvertures par lesquelles on charge celles-ci son! bouchées par des lampons mobiles. On laisse un léger accès à l'ûr extérieur au niveau du Iroisième étage -lorsque la combustion du menu a Irop élevé la lempéralure et absorbé trop d'oxygène.
Les gaz, avant de sortir par la buse d, qui les dirige dans les chambres de plomb, passent dans un large oondull sur lequel est inslallé un bassin en plomb où l'on concentre Jusqu'ft 60* l'acide des chambrei. Ordinairement on accole sur un même pian à cAté l'un de l'satre deui Tours, de manière que le gas de la huitibce nie Mpérieure de l'un d'eux, conduit par un cameau, puisse aller A ton lour passer sur la surface de la couche inférieure de l'aulre.
[.a charge a lieu toutes les 36 heures; pendant ee temps on brOle 1000 ktlogr. de pyrite menue. Le déchargement s'effectue en retirant avec un râble, par les ouvreaux g,g, la cendre ferrugineuse qui reste lur chaque eole ; celte cendre, qui ne renferme plus que 4 b 6 p. 100 de souTre non brûlé, tombe dans un conduit vertical commun aux huit étages et se raescmble dans une cavité en bas du four.
Dans les fours bien construits et bien dirigés de l'usine de Lyon on obtient en acide eulfuriquc h GG°, l£â p. 100 du poids de ta pyrite, ce qui suppose que, sur45 de soufre qu'elle contient, on en utilise ii. AeU» aBlfNrlqvcMneRlc*!. — Basai. — P>riae*il«B. — Milheureusemenl, comme il y a toujours de l'anenic dans les pyrites, il se produit de l'acide arsénieux, dont une bonne partie se retrouve dans l'iicide su'furique fc l'étal d'acide arsénique; aussi un tel acide donne-t-il des taches abondantes avec l'appareil de Marsh (fig. ffli]. On ne peut en faire uwfte ni pour la préparation des acides acétique, tartrique, citrique si employés dans l'économie ~^^^^^ ' - domestique, ni pour certai-
ne, sti.— Euii de l'acidr tutruriqur intnicii- "^^ Opérations industrielles, telles, par exemple, que le décnpnge de la lôle qu'on veut convertir en fer-blanc, attendu que l'arsenic en se déposant par plaques sur le fer nuirait à la régularité de l'élamage.
A Lyon, on purifie cet acide arsenical, tel qu'il sort des chambres, en y versant du sulfure de baryum dissous, qui forme du sulfate de baryte et du sulfure d'arsenic insolubles dans l'acide. En Allemagne, on prêtre y faire passer un courant d'acide sulfliydrique Jusqu'à ce qu'il ne
se Tonne plus de Qocont Jauocg de stiirura d'anenic. Dam certaines usines on chauffe VacideàG6' Jusqu'à 160' et dd 7 Tait passer du gaz acide ehtorbjdrique Jusqu'à volalilisalion complète du chlorure d'arsenic; on cluuse ensuite l'eicte d'acide chlorhjdrique par un courant d'air.
L'acide eblorhjdrique du commeice renrerme presque toujours du chlorure d'arsenic (AsCl*), i décigr. par ktlogr., en moyenne, d'après -M. iBoUzesn, par suite de l'emploi d'acide tulfurique arsenical pour le traitement du sel marin dans les grandes fabriques de soude arlificielle. il suiflt de Eure bouillir l'acide chlorhydrique pendant quelque temps dans une fiole à Tond plat, pour le débarrasser complètement du chlorure d'arsenic ; ainsi 3 litres de cet acide, entrelenui en ëbuIUlion fendant 3 heures environ, foumissenl 2 litres d'acide Taihle privé d'anenic.
Iwporiaaeetieapjrltca, — Ce qui précède TOUS prouve, Messieurs, que le bisulfure de fer, pour ainsi dire sans valeur autrefois, est devenu, depuis une trentaine d'années, une matière première d'asseï grande importance, qui alîmeule un commerce fort actif. Les exploitations les plus considérables sont surtout celles de Thoncux, dans le pays de Uége, de San-Domingo, province de Beja, en Portugal, dont les produits sont expédiés en grande partie en Angleterre, celles d'Alaîs dans le (>ard, de CSiess; près I.yoo, etc.
En alliant ce bisulfure de fer h un peu de cuivre, on en fait ce qu'on appelle la marcauite dans le commerce, et on en fabrique des chatons de b^ue, des boutons et autres ouvrages du même genre.
Les antiquaires nomment miroir dii Inaa des plaques polies du môme sulfure, qu'on a trouvées dans les tombeaux des anciens princes përutiens. Ils pensent qu'elles ont dû leur servir de miroir.
Bn CbvoMC.
■xt<«ctl*B. — En <797, notre compatriote Vauquelin, examinant an aùnéral alors peu connu, la mine de plomb rouge de Sibérie, reconnut que c'est une combinaison d'oxyde de plomb et d'un acide nouveau, dont le radical métallique n'avait point ^^j^g^ encore été obtenu. En chauffant très- for te ment cet acide |^|mI dana uncreuiet brasqué {fig. 572), il le réduisilcn un mé- |^Kb/ tal d'an blanc grisâtre, très-dur et cassant, auquel il donna, ^Êff d'après le conseil de HaDy, le nom de chrome, de chroma, ^E®^ couleur, pour rappeler les pi'opriétéa éminemment colo- Fig. stl — rantes • de tous ses composés. La découverte de Vauquelin c™»«' i";»*tstnnedecellesdontl'industriea tii'éleplusgrand parti(i). ^nti^a dJ
fe(«t MBtBral. — Le chrome, qui n'existe libre que dans
(i)'li*lii>l4dt« de Viuquelln, comme celle de ScliRCle, est un des exemples de te que peuvent la patience et nue volonté fone de s'instruire. Né en miî nt\
les météorites, dans quelques minerais de fer en masses et en grains, forme dcîix composés oxygénés fort remarquables.
L'un, Ci'^O', est un oxyde pou n^u d'une magnifique couleur verte, qu*il communique à plusieurs minéraux, et entre autresà Vémeraude. à la diallage verte, k Vactinote ou amphibole veti, aux pyroaDénes olévim aux serpentines, aux diorites, etc.
L'autre, CrO^, est un acide d'un rouge purpurin, qui sert de principe colorant au rubis spineHe, et dont les sels, appelés cAromoies, offrent les teintes les plus variées et les plus belles.
Vacide chromique n'a guère d'emplois dans son état de liberté, attendu qu'il est instable et tend toujours à se dédoubler en oxyde et eo^ oxygène : 2 CrO* = Cr'O* -f 0*. Mais Voiyde de chrome est une des cou^ leurs minérales les plus solides et les plus utiles. Dans les manufacturps^de porcelaine, il sert à faire des fonds verts très-foncés et très-beaux su^ ces sortes de poteries : c'est avec lui qu'on colore en vert toutes les ma*— tières vitreuses, les strass, les émaux. On peut l'utiliser pour la peinturi^ à l'huile et les vernis. Le vert de ch- orne des marchands de couleurs n'es ^ autre chose que l'oxyde dont je vous parle ; malheureusement son pri"^*ne permet pas de l'employer pour tous les genres de peinture, et celc,::» est d'autant plus fôcheux que c'est le vert le plus solide qu'il y ait; il ré- — siste fort longtemps, en effet, à l'air, aux rayons solaires et aux émana — tions sulfureuses.
de pauvres cultivateurs, à Saint-André-d'Hébortot, petite commune du départe^ ment du Calvados, Vauqueliii fut d'abord destiné aux fonctions les plus humbles^ Il entra comme garçon de laboraiove chez Mésaize, pharmacien de Rouen, et là il puisa cette ardeur pour la chimie qui le conduisit plus tard aux honneurs et à la fortune. Avec 6 francs pour tout bien, le Jeune Vauquelin fit le voyagede Paris, dans l'espérance d'y trouver les moyens de s'instruire. D'abord élètr en pharmacie, il dut à l'un de ses maîtres la connaissance de Fourcroy, qui, ayant remarqué Sun aptitude et l'espèce d'avidité avec laquelle il écoutait s"s discours, lui proposa de le prendre chez lui^ en lui donnant le logement, la table et cent écus par an. Ces conditions parurent magnifiques au pauvre élève, qui s'empressa d'autant plus d'accepter, qu'il atteignait, en entrant dans un laboratoire de chimie, le but de tous ses désirs. Là, travaillant avec une pcrsis tance incroyable, et dirigé par les conseils éclairés de Fourcroy, il acquit bientôt une telle habileté et un tel savoir, que ce dernier l'associa à ses recherches et lui confia les répétitions de ses cours. Quelques années s'étaient à peine écoulée^ que l'Académie royale des sciences comptait Vauquelin au nombre de se^i membres. En 1794, il était professeur à l'Ecole polytechnique, inspecteur et professeur de docimasie à l'École des Mines, puis professeur de chimie appliquée au Muséum d'histoiro naturelle. Il est peu de chimistes qui aient eu une carrière. aussi longue et aussi laborieuse. Plus de 350 mémoires ont été publiés par lui sur presque toutes les branches de la science. Il avait un talent remarquable pour l'analyse. Ses recherches, ses découvertes ont eu presque toutes de brillantes applications dans les arts; elles ont rendu des services non moins signalés à la physiologie^ à la médecine légale, à l'économie domestique. On peut dire que Vauquelin avait fait et vu à peu près tout ce qu'il était possible de faille et de voir en chimie. Cet homme célèbre^ qui honore tant la France, et en particulier la Normandie^ est mort au château d'ilébertot, le 14 novembre 1829.
Parmi lea chromâtes, il en est deux aurloul qu'il imporle de connaître : ce sont ceux de polaue et de plomb, qui jouent un très-grand rtle dans qih aleLen de teinture et d'indiennes. Comme c'est avec le i^bromale de potasse qu'on prépare tous les autres composés, Je dois vous dira dès à présent comment on se le procure.
Misa d* •broBi« •■ far ehroBé. — On trouve dans des roches de serpenline, k Baltimore, i> Cheslercouli 'États-Unis], en SiUsie, en Sibérie, d«DS les monta Durais et il Gassin, sur ta pluge de Cavalaire (département du Var;, un minéral d'un giii noirâtre, avec un léger éclat métallique, le plus souvent en grosses maiseï irrégulières, fort dures, compactes, ou lamellaires. C'est un composé d'oxyde de chrome et de setquioxjde de Ter, que les minéralogistes désignent sous les noms de fer chnmU, de ehnmile de fer, de tidiroeArotne, et que les maKbands nomment (ont simplement mtne de chromt. La composition de ce minéral varie singulièrement suivant tes localités ; ainsi on y trouve :
Depuis 31 Jusiu'l H,B p. ino d'oiyde de chrome,
— M — *I,U — ae peroiyde de Ut,
— 6 — :r,0 — d'alumine,
— 1 — 8,0 — de silice.
Voici la richesse comparative en ox)de de clirome pur suivant les pays:
j deSiléUe 3Î,3 p. MO.
l de Ssinl-Domingut 37,0 —
WuVir Î1,U —
HiHEMi / de Baltimore &l,6 —
1 de l'Oural j3,'i —
(delaStyrie hb.h —
\ ds Turquie oadarAiieHincurc.... iitl.U —
C'est surtout de Baltimore et de l'Asie Mineure qu' arrive le minerai traité dans nos fabriques.
FabrlMlUa U4««tple11e 4ea ehroosBlM de »•<*••«, —Jusque
dans cet dernières années, on obtenait les chromâtes de potasse en suroxydant le sesquioxyde de chrome naturel, au moyen d'un mélange de nïtre et de potasse du commerce, sous t'influence d'une bauto température. Un procédé plus facile d'exécution et plus économique est aujourd'hui adopté dans Isa usines, grftce aux travaux de MM. Atlain, Jacquelain et Delacrelai; voici en quoi il consiste :
On calcine dans un four à réverbère à voûte surbaissée A (/îj. 573) un mélange aussi intime que possible de 300 parties de mine de dirome très-finement pulvérisée, 300 parties de chaux vive qu'on a soin d'éteindre et 100 parties de carbonate de potasse. A la chaleur du rouge blanc et au contact de la chaux, l'oxyde de chrome absorbe l'oxygi-nc de l'air et se change en acide ctiromique qui, saturant immédiatement tapotasse du carbonate, donne naissance à un chromate neuli-esoluble. Trois ou quatre heures suffisent pour celte réaction. Le mélange
391 TRENTIÈME LEÇO».
prend une coDsislance pâteuse et prâeente en rç&oidiuant uoe belle couleur verte ; on le retire du Tour, Par dci lavages métbodiqueSj on l'épuUe du chromate neutre de
Fg i13 — rrip3.n on d«l chromtln de poluK
potasse Torraé, et on concentre les liqueurs dans des chauilièrcs peu profondes en t >lc b, b', h" ; celles ci sont disposées en gradins i la suite du four et ctiaufTécs par les produits de la combustion, qui circulent dans des caineaux installés au-de!«ouE d'elles, avant de se rendre dans la grande cheminée d. Les liqueurs les plus faibles sont mises dans la chaudière b qui reçoit le plus de chaleur, les plus fortes dans la cbsudière b", où s'achève la concentration qu'on pousse jusqu'à Sî" de l'aréomètre. De là, elles sont dirigées dans une chaudière en plomb (qu'on ne voit pas dans la figure), chauffée par la vapeur, et amenées à 36", On les met alors â cristalliser dans des bacs en bois doublés de plomb.
La majeure partie du chromate Jaune obtenu est convertie en bichromate, parce que ce dernier cristallise mieux, est plus facile à purifier et contient deuit fois plus d'acide que le premier. On ajoute pour cela aux liqueurs à 36°, dont il vient d'être question^ 6 p. 100 d'acide sulfurique ordinaire ; mais cette addition se fait par fractions, pour éviter que la température ne s'élève trop. On met ensuite à cristalliser, en couvrant les bacs et les entourant de grosses toiles pour que le refroidissement soit aussi lent que possible. Ce n'est qu'au bout de plusieurs jours qu'on fait écouler les eaun-mi^res et qu'on détache les beaux cristaux rougfts de bichromate qu'on sèche à l'air.
ConpotlIloB <le« ehromatea de poiBSH. — Les dcuv cbromalcs de potasse ont la composition suivante :
Chromilï ■«lire. Bichronulc,
Pousse *8,38 31,91
Acide diromique h', fit 68,09
Formules KO.CrO" ' KO,ï CrO».
DES CHROMATES D:î POTASSE. 395
■ 41allRctlfa. — Le chromate neutre est d'an Jaune I, en prismes droils rhomboidaux, Inntparcats {Jlg. SU), toujoun
de poUuï.
dm el inaltérables k l'air. Sa saveur est Tralclie, amÈrc, désade. Cenl parties d'eau froide en dissolvent 48 parties 1/3; l'eau laote en ditsout plusieurs fois son poids ; sa dissolution, qui a une ioo alcaline, paue du jaune au rouge par les acides qui convcril le sel neutre en bJctiromale. — Le pouvoir colorant de ce sel intense, qu'il sufHt d un seul gramme pour colorer sensiblement une M litres d'eau.
fiidùmnate a une belle couleur rouge orangé foncé. II crislal- D tables rectangulaires à bords aigus {fia. S73 ], transparentes, 1res, inaltérables à l'air. Sa saveur est amère et métallique. — Il noul dans dix fuis «on poids d'eau froide; l'eau bouillante en il bien davantage. A une température élevée, il perd de l'oxygtne, W à l'élat de chromate neutre qui reste coloré en vert par de le de chrome. ; •■
;KO.îCrO') =- a(KO,CrO>) + Cr'O'j + O».
lies les matières susceptibles d'abaoï-ber de l'oxygène, comme le !, l'acide sulfureux, l'acide sulthfdrique, les substances végéles matières colorantes, Jouissent de la propriélé do ramener e cbromique de ces sels à l'état d'oxyde vert. ■ai, ai Je fois fondre dans un creuset parties égaie* de soufre et de nale de potasse, j'ubliene une masse verte, qui, épuisée par l'eau tsnte, laisse un oxyde (rèt-be&u et Irès-téger,
Il se produit, dans cette réaction, outre l'oxyde, du bisulfate de potasse, du sulfure de potassium et un dégagement d'oxygène :
Bichromate Soufre. Oxyde Tert • BiMlbte ' Salfun Oiygèae.
(1*! pistasse. de chrome. de poUise. de pdIftMlvH.
2(K0 2CiO^) + 3S = 2Cr>0» + K0.2S0* 4- KS + O.
.Si je verse dans la solution de bichromate de potasse de Tacide sulfureux, ou si je fais légèrement chauffer la môme soluttoo avec de l'acide chlorhydrique et de Tesprit-de-vîn, la liqueur ne tarde pas à devenir verte, preuve de la transformation de Tacide chroinique en oxyde vert, que je puis isoler au moyen d'une lessive alcaline. Avec le premier, il se forme du sulfate de chrome ; avec le dernier, du sesquichlorure de chrome, du chlorure de potassium, du chlore et de Teau :
Bichromate Acide Sesquichlorure Chlorure Chlore. Eau.
de potasse, chlorhydrique. de chrome, de potassium.
KO,2CrO* 4- 7HCI = CrîCP -f KCl -f- 3 Cl -h 7 110.
La solution d'acide arsénieux ou d'arsénile de potasse, à froid, et plus rapidement à chaud, colore en vert les mômes chromâtes et détermine un précipité vert, abondant, gélatineux.
Enfin les matières organiques, colorées ou non, en présence des acides, produisent la môme désoxygénation et sont en môme temps plus ou moins attaquées par l'oxygène qui devient libre. La réaction est plus facile à constater avec les matières colorantes, parce que cellesci sont blanchies comme avec le chlore. En voici la preuve : Je trempe dans de l'acide chlorhydrique cette bande de calicot qui a d'abord été teinte en bleu d'indigo, puis passée dans une solution de bichromate do potasse et séchée à l'ombre; aussitôt le contact de l'acide, elle est subitement décolorée, et la liqueur acide devient verte.
(Vest James Thomson, de Manchester, qui, en 1831, a découvert cotte action décolorante dos chromâtes en présence des acides et a introduit dans les fabriques d'indiennes ce mode de produire des dessins blancs sur les fonds bleus et verts solides, sur les fonds carmélites et autres.
Préparation de l'oxyde de chrome. — L'oxyde de chrome, qui ^rend ainsi naissance toutes les fois qu'on désoxygène partiellement le chromate de potasse, peut être obtenu en belles lames vertes, largos, brillantes et friables, lorsqu'on fait passer du chlore sec sur du chromate neutre de potasse, chauffé au rouge brun dans un tube de porcelaine, ^e chlore est entièrement absorbé, et le chromate se trouve converti en chlorure de potassium et en oxyde de chrome. Lorsque la température du tube est au rouge vif, l'oxyde qui se dépose
VFRTs i)i: ciiiiOMi: Dr (OMMKi.r.i:. :Î!I7
('>{ alors, cî'a[»r("s M. rrcniy, en «■n^la^\ noirs. Irfs-brillanls. d un lu-l ( ( lai niL'IalliqiK', trrs-diirs cl (oui a fait ^OInl^labl«'^ a coux du jH'invNde de fer natif (l'eroligiste). Parla Irituratiuii, ils donnent une belle poudre verte.
Une circonstance trè^-curieuse dans laquelle l'oxyde de chrome se produit, c'est la décomposition par une douce chaleur du chromate acide ou bicktomate d'ammoniaque. Si Ton expose pendant quelques secondes, à la flamme d'une lampe à esprit-de-vin, dans une petite capsule plate, 10 grammes de ce sel en beaux cristaux rouges, ceux-ci se gonflent, éprouvent une forte ignition, et de chacun d'eux sortent avec violence, dans toutes les directions, des masses vertes volumineuses d'oxyde de chrome, qui ont, dans leur forme, une ressemblance si frappante avec des feuilles de thé, roulées, qu'un connaisseur même pourrait s'y méprendre.
Une expérience non moins intéressante a encore été indiquée par M. Bœttger. On mélange très-intimement 48 parties de poudre à tirer, 240 parties de bichromate de potasse parfaitement sec et 5 parties de chlorhydrate d'ammoniaque tout aussi sec. Le mélange réduit en poudre est passé à travers un tamis extrêmement un. Si l'on remplit de ce mélange sec un verre conique à vin de Champagne, qu'on couxre celui-ci avec une plaque de fer, et qu'on lui imprime alors un mouvement de rotation, on voit, avec un peu de précaution dans la manipulation, le contenu du verre se dresser en forme de cône. Si, ensuite, l'on place sur ce dernier un petit morceau d'amadou enflamm^, on voit le cône s'allumer et s'éteindre lentement jusqu'à la base comme un volcan. Si l'on lave enfin avec de l'eau la masse restante, encore en igtiition, et qui a un aspect noir-gris, on obtient un oxyde de chrome, d'un vert clair magnifique, sous forme pulvérulente.
Tertt ée eliroaie ûm eomaierrc. — La peinture à l'huile est en possession,depuis près de trente-cinq ans, d'un vert de chrome très-riche, tK*s-soUde et presque transparent, connu sous le nom de vert émeraude ou de vert Fannçtier^ du nom de son inventeur. Le procédé de préparalion était resté inconnu, et le prix fort élevé de cette belle couleur, 140 fr. le kilogr., en limitait singulièrement l'emploi. En 1858, M. Goignet, répétiteur à l'École polytechnique, a fait breveter une méthode particulière qui lui permet de préparer en grand, pour les besoins de l'industrie, un magnifique vert de chrome hydraté dont l'usage est actuellement répandu non-seulement en France, mais en Angleterre et en Allemagne.
Le procédé consiste à calciner au rouge sombre, dans un four à réverbère de construction particulière, un mélange de 3 parties d'acide borique pour i partie de bichromate de potasse, mis en bouilhe épaisse avec de l'eau. 11 y a boursouflement, dégagement d'eau, d'oxygène, formation d'un borate double d'oxyde de chrome et de potasse.
qui ofTre une teinte foncée d'un très-beau vert d'herbe. On retire da four la matière avec un ringard pour la plonger dans Teau pendant qu'elle est encore rouge de feu : elle s'y désagrège et se dédouble es borate acide de potasse soluble et en sesquioxyde de chrome inso-' lubie ; ce dernier s'empare, à l'état naissant, de 2 équivalents d'eau pour former un hydrate, Cr"0',2 HO, d'une superbe couleur (I). On épuise la poudre par l'eau bouillante et on l'amène à un état convenable de ténuité au moyen d'un appareil à gobilles. l'ne grande partie de l'acide borique est retirée des eaux-mères et rentre en fabrication.
Le procédé de M. Guignct est exploité dé la manière la plus habile dans l'usine de M. Charles Kestner, à Thann (Haut-Rhin). On livre la couleur en pAte très-finement broyée aux imprimeurs d'indiennes, à moins de 8 fr. le kilogr. renfermant 30 p. 100 d'oxyde de chrome sec. Pour la peinture à Thuilc, on la fait sécher ; elle se vend alors iO fr. le kilogr., c'est-à-dire le cinquième ou le sixième du prix de l'ancien vert-émcraude. Elle est complètement inaltérable à l'air et au soleil, et elle a, de plu?, le grand avantage de conserver sa nuance et son éclat à la lumière artiûcielle ; qualité précieuse et très-rechercbéo, qui n'est partagée, de tous les verts employés jusqu'ici dans l'industrie, que par le vert de Chine et le vert de Schweinfurth.
Le vert Guignefy d'une innocuité parfaite, fait abandonner peu à peu l'usage des verts à l'ai'senic et au cuivre, qui déteiminent tant d'accidents malheureux.
L'impression des tissus xle coton n'est pas la seule industiîe qui l'emploie. Pur ou mélangé de blanc fixe, il donne des verts absolument inaîtérables pour les papiers peints ; ceux-ci peuvent être collés sur des plâtres frais ou des enduits de ciment sans subir aucune modification dans leur nuance. La peinture en bâtiments s'en sert aussi avec beaucoup d'avantage, en mélange avec le blanc de zi ne, pour faire des ver/s d'eau de la nuance la plus Fraîche et insensibles aux émanations sulfureuses (cabinets de bains de Barèges, etc.). — Enfin son mélange avec Yacide piciique, dit va^t-nature, sert à préparer les papiers que mettent en œuvre les fabricants de fleurs arliticielles; ces fleurs peuvent Olrc préparées, maniées par les ouvrières et portées sans aucun danger. . Vous ne serez donc pas surpris d'apprendre que M. Guignct ait obtenu un des prix Montyon de l'inslitut, une médaille d'or de la Société industrielle de Mulhouse et une médaille d'argent de la Scciélé d'encouragement.
M. Salvélat a fait connaître, de son côté, un vert turquoise qui jouit, comme le précédent, de la propriété de ne pas changer à la lumière
(1) Cette formule résulte des analyses de MM. Salvétat et Guignet. Les analyses postérieures de M. Scheurer Kestner s'accordent mieux avec la formule 2 Cr*0^, 3 HO. La présence de la potasse n'est pas nécessaire pour la production de cet hydrate, puisqu'on l'obtient aussi par l'action de l'acide borique sur l'acide cUroniique ou sur le sesquioxyde de chrome hydraté ordinaire*
EXTRACTION DB L OXYGÈNB DES CHROUATBS. 399 arliBcielle. )1 le prépare en calcioant 40 partici d'alumine hydratée, 30 de carbonate de cobalt et 20 d'oxjde de chrome. On lave et oa broie pirfallemeDl. La nuance est d'un bleu YerdMre parliculier, que ne . donnerait pas focilement un mélange de bleu et de vert.
On doit encore à H. Salvétat un oxyde de chrome alumineux, couleur vert d'herbe, qui, tout en étant moini vive et moins tranipatente que \exert Gvignet, est cependant une couleur de plut à ajouter i la palette industrielle des Tabricants de papiers peints et de tissus imprimés.
PréparMtloB 4m l'*i7c'"* o-* noiCB itm thra^ataa. — La facilité n\ec laquelle l'acide chromiquc, libre ou combiné aux base», abaDdonne l'oxygène pour se convcrlir en oxyde verl de chrome, a ■uggéré, en IS4?, à un chimiste anglais, H. Balmain, l'idée d'employer le bichromate de potasse pour obtenir rapidement de grandes quantités de gai oxygène très-pur, dont on a si souvent besoin dans les laboratoires. II suini de cbauiïer, sur une lampe <k espril-de-vin, dans une cornue rpacieuse {fig. 676), 3 parties du sel en question et 4 par-
lies d'acide lulfurique ordinaire. Une portion de cet acide s'empare de la potame, et l'autre détermine la transformai ion de L'acide chromique en oxyde vctl, avec lequel il s'unil. La moitié de l'o^ygÈne de l'acide chromiquc est donc mise en liberté, et il reste dans la cornue un sulfate double de potasse et d'oxyde de chrome, KO,SO » + Cr'0>,3S0' -\- 24HO, qui se dépose en cristaux octaédrîques violets tout h Tait semblables aux octaèdres de l'alun ordinaire ; aussi l'appetlc-t-on ahtn dt chromt.
La réaction s'cxpcse ainsi :
fliehnuKtc Acide Alun de chrome. Eju. OiTgrnf.
de pvuwe. lullDiiiue.
llO,î(c;rO») -i- *SO',HO = KO,S()> -f- CfiCISO' + tHO-1- 0'.
Chromatcfl métalll4«es. — Rien de plus facile que d'avoir les divers chromâtes métalliques, qui sont insolubles ; il suffit de vener -dans des dissolutions métalliques une solution de chromate de potasse Jaune ou rouge ; il y a double décomposition^ et le nouveau chronute insoluble se dépose avec sa couleur propre. Ainsi, on obtient, par ce moyen, dans les sels
De plomb neutres un précipité jaune éclaUnt.
— basiques» — jaune orangé ou rougeàtre.
De bismuth — jaune-citron.
De zinc — jaune-bouton d'or (1).
De chaux — jaune -paille (2).
De baryte — jaune-citron (3).
De prototype de mercure.. — jaune orangé (4;.
De bioxyde de mercure... . — rouge-brique très-foncé, quelquefois
violacé (5).
D'argent — rouge pourpre très-beau (6\
De cuivre — brun rouge.
Chromafe* de plomb. — Le chromate jaune de plomb, PhOyCrC, est une des couleurs minérales les plus éclatantes; les carrossie» en consomment beaucoup pour peindre en jaune les caisses de voitures; on l'emploie aussi à la coloration des papiers de tenture, des différents tissus, des faïences et des autres poteiies. On le vend dans le commerce en morceaux cubiques sous le nom de jaune de chrome ; mais comme chaque fabricant emploie une recette particulière pour sa préparation, il est rare de trouver deux échantillons qui possèdent exactement la môme teinte, la même densité, la mOme composition. Dans ces dernières années, la variété la plus belle et la plus recherchée portait le nom de jatme de chrome Spooner, dont on distinguait jusqu'à
M) Cette couleur, mise dafis le commerce par MM. Leclaire et Barruel, est désignée sous le nom de jaune-boulon d'or. Elle s'allie très-bien aux autres produits employés dans la peinture à riiuile, rouvre parfaitement et mérite, sous tous les rapports, de remplacer le jaune de chrome qui noirdt assez rapidement à l'air.
(;>} Cette couleur peut être cm pi yée comme la craie pour la peinture en détrempe et pour les papiers peints. Mais la plus grande partie de ccUe qui est fabriquée sert à frauder le chromate de plumb qu'on vend à bas prix.
(3) Connu dans les arts sous le nom de jaune d outre-mer ; il a la même destination que le chromate de chaux.
(4) Il si>rt uniquement dans les fabriques de porcelaine à préparer Toxyde de chritme d'un beau vert, pulvérulent et d'un emploi facile ; on le calcine, pour cela, dans un creuset ou une cornue ; l'acide chromique perd la moitié de son oxjgène, tandis que l'oxyde de mercure est réduit; le métal se convertit en vapeur.
(ô) C'est un chromate tribadique. que, dans le commerce des couleurs. Ton désigne sous le nom de rouye-poui^t e^ et qu'on utilise pour la peinture des décora qui ne doivent pas Otre exposés à une lumière vive.
;C) Il est employé pour la pointure en miniature. On l'appeUe auâ^ rougt»