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DES CHROMATES DE PLOMB

6 numéros particolien, offrant des teintes depuis le Jaune clair Jus- ^ qu'au jaune orangé.

Ce qu'on vend en trochisques sous le nom de jaune de ColognCy est un mélange de 25 parties de cliromate de plomb, 1 5 de sulfate de plomb et 60 de sulfate de chaux. Cette couleur, moins riche que le jaune de chrome pur, a néanmoins beaucoup d'éclat et une grande solidité ; on s'en sert pour la peinture en détrempe.

On appelle pâte orange un sous-chromate ou chromate bibasique de plomb, CrO',2PbO, d'une belle couleur rouge, très-employé dans la peinture à l'huile, la fabrication des toiles et celle des papiers peints. On le prépare en mêlant deux dissolutions bouillantes de chromate jaune de potasse et de sous acétate de plomb, et faisant chaulTer avec un peu d'alcali le précipité orangé obtenu.

On obtient un produit encore plus beau en faisant bouillir, pendant une heure et demie, 15 parties de chromate Jaune de plomb avec 2 parties de chaux caustique, préalablement délitée et délayée dans une petite quantité d'eau. 11 se foiine du chromate de chaux soluble et du chromate basique de plomb, qui est lavé, séché, puis calciné dans un creuset, Jusqu'à ce qu'il ait pris une nuance écarlate.

Le jaune de chrome jonquille du docteur Winterfeld est du souschromate de plomb qui n'a pas subi la calcination. 11 est hydraté, et souvent même mélangé de carbonate de plomb. Il est employé, comme le précédent, pour les teiutes orange et Jaune d'or.

En associant au chromate de plomb du bleu de Prusse, tous deux récemment précipités et encore humides, lavant le mélange et le séchant doucement à l'étuve, on produit le dnaJbre vert, que les peintres à l'huile utilisent quelquefois ; mais c'est une couleur peu solide au soleil et que les émanations sulfui'euses noircissent rapidement.

Enfin, pour terminer la série des nombreux services que rendent les divers composés du chrome, je vous apprendrai que depuis 1 855, grâce à M. Poitevin, célèbre photographe, on fait un très-utile emploi des sels de ce métal dans ce qu'on appelle la Photolithographie et la Gravure hélio graphiquey c'est-à-dire les arts qui permettent de transporter sur pierre ou sur métal les épreuves photographiques et de les tirer avec l'encre lithographique ou les autres encres grasses qui servent dans la gravure ordinaire sur cuivre. Les sels de chrome, dans ces cas, associés en certaines quantités aux matières gommeuses^ gélatineuses ou albumiaeuses dont on recouvre les plaques métalliques qui doivent recevoir l'action des rayons lumineux, rendent insolubles les parties influencées par la lumière qui peuvent dès lors prendre et retenir les encres grasses d'impression. L'invention remai*quable de M. Poitevin a été singulièrement perfectionnée dans ces derniers temps par nombre de photographes, et spécialement par M. Tessié du Motay. ^

ApplicAtloa d€t coaiposét d« cbromc à la pciiitarc, à la

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teintare et à l'Impression. — Vingt-un ans après la découverte de Vauquelin, le chrome faisait son entrée dans l'industrie, en iSI8, sous la forme de chromate de plomb, pour la coloration des papiers peint?, dans la belle manufacture de M. Zuber, à Hixheim, en Alsace. Un an après, en i8f9, un chimiste de Paris, Lassaigne, attirait l'attention des teinturiers sur l'utilité que ce môme sel coloré pouvait rendre dans la décoration des tissus, et presque immédiatement, en 4820, messieurs Kœchlin frères, de Mulhouse, livraient au commerce des indiennes avec des dessins en Jaune de chrome solide. Bientôt les teinturiers en 61s et en pièces sur coton et sur soie les imitèrent et produisirent ces nouvelleaf nuances dites jaune Aladin, jaune et orange de chrome^ vert-printemps, qui eurent tant de succès. Depuis ce moment, l'usage des chromâtes n'a fait que s'étendre et se perfectionner ; aussi en fait-on une prodigieuse consommation.

Rien de plus simple que de colorer la soie et le coton par ces sels. Voici quelques échevettès que j'ai trempées à l'avance dans de l'azotate de plomb. Les flls, bien rincés et séchés, n'offrent jusqu'ici aucune couleur; mais si je les plonge dans un bain de chromate de potasse, les voilà bientôt enrichis d'une belle teinte jaune de bouton d'or, pai-ce qu'il se sera produit sur les flls ce qui a eu lieu tout à l'heure dans mon verre, c'est à-dire une double décomposition des deux sels et la formation d'un chromate de plomb qui restera fixé sur les fibres du coton ou de la soie. Si maintenant je plonge pendant une minute CCS fils colorés dans une eau légèrement alcaline et bouillante, la nuance jaune tournera à l'aurore, l'alcali enlevant au chromate de plomb une partie de son acide et le ramenant à l'état de sous-chromate qui jouit de cette couleur.

Ces expériences vous donnent une idée, Messieurs, de la facilité avec laquelle on peut, une fois qu'on possède des notions de chimie, déterminer sur les tissus les mêmes réactions que celles qu'on produit dans les verres des laboratoires ; elles vous montrent de plus en plus que la teinture et la peinture des toiles sont des arts entièrement chimiques, qu'on ne peut pratiquer avec succès qu'autant qu'on est versé dans les prîncipes de la science.

Le bichromate de potasse rend d'autres services chez ies indienniurs, qui l'utilisent pour ronger ou enlever les couleurs, pour préparer certains composés qui renferment de l'oxyde de chrome, seul ou associé à l'acide arsénique, et avec lesquels on produit sur calicot des impressions ou des fonds couleur gris-vert.

En 1832, une nouvelle série d'applications a été trouvée par M. Leykauf, de Nuremberg. Ce chimiste a constaté que le bichromate de potasse, employé seul, peut agir comme oxydant et contribuer à développer, à fixer et même à rehausser le ton de pinceurs matières colorantes jaunes et rouges. Cette découverte n'a pas été moins profitable que les précédentes à la teinture et à l'impression, notamment

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C'est en présence de ces effets si variés que M. Camille Kœchlin a pu dire, avec beaucoup de raison, que le chrome est devenu, pour les arts de la teinture et de l'impression, le métal de la coloration, autant que le fer est, pour le monde, le méiai de la eioilisalion.

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