l'^tt
Potenes rouges, n poteries communes , fourneaux ordinaires, moula ses.
J Briques, lufles.
§ S. — ArsIIrs elTervraecatra
•m HiirBea.
ir
ElfPLOI.
Marne des environs de Paris
— de Viroflay. . ..
— des environs de
de Rouen'. . . .
Moulages, constrnc- <Cions, fourneaux.
Agriculture.
§ 4. — Argiles fferrnglneiifirs ou •ère*'.
^ ( Employé par les monui-
Sanguine ou crayon rouge [^ '^
Bol d'Arm'nift ou argile ocrouse rouge.. . . ) ^ , i ^j •
», . .,,. .v .. ^ I Employés en médecine.
Terre sigillée ou argilo ocreuse pale ) ' ^
Ocrej.u.no 1 "^ MliTentr"'*'*'* *"
Terred-Ombre (Peinture en détrempe.
( papiers peints.
Terre de Sienn î j Peinttire.
Farine f««n« Mangieparcer.«n»pcu-
< p'es.
Art du potier on Géramlqne.
L'art de travailler les argiles pour les convertir en ustensiles domestiques ou en vases d'ornement a pris le nom de Cèi^amiquCy du nom grec des poteries, keramos. 11 est nécessaire de vous en donner une idée sommaire :
«Cet art, dit Brongniart, est, après l'art de fabriquer des armes pour leur défense, quelques tissus grossiers pour leurs vêtements, celui qut* les hommes ont cultivé le premier, celui qui a été comme la première ébauche de la civilisation : car les armes étaient indispensables pour soutenir et défendre la vie ; les tissus végétaux ou de peaux, pour éloigner les douleurs physiques, les deux seules choses évidemment et essentiellem^int utiles, tandis que la faMcation de la poterie la plus grossière est déjà un art de luxe. On peut vivre, et vivre sans souffrance, et ne point faire cuire ses aliments ; mais il faut peut-être, pour faire avec le limon le moins rebelle au maniement du potier, un vase qui se durcira à l'air et au feu, et ne servira qu'après le résultat éloigné de cette opération; il faut, dis-je, plus de soins, de réflexions et d'ob- Fcrvations, que pour façonner du bois, des os, des peaux et des filamonts, des armes et des vêtements, car ces matériaux offrent immédiatement à l'ouvrier le résultat de son travail. »
La Oramique a donc été une des premières industries créées par l'homme, et elle fit de rapides progrès dans l'Asie orientale^ mais sur-
(ont chez lef Indous, les Coréens, les Chinois, Ie« Japonais. Avant tous les aulm, cespeuplesont fagonné l'argile, l'ont Iransforaiie en briques, en tuiles, en vases à cuire, les aliments, 6 Tenfermer les Iiquidt:s, le« graioB, etc., et il -est à croire que ce sont leurs pt-océdéb qui odI pénétré peu il peu, d'abord dans toute l'Aiié, en AfHquè, et par suite en Europe. C'e.t à eux qu'on doit l'invention de la tottmette ou plateau (oumont, et de la roue ou four àpotier, évidemment les plus anciens des itutrumeDls industriels imaginés par l'bonime.
Le choix de l'argile pour la conreclion des poteries esl Justifiée par la plasticité considérable dont elle Jouit et par le durcissement qu'elle acquiert par la cuisson; mais à côte de ces deux qualités si précieuses Tiennent se placer deux propriétés qui les con Ire-bal a ne en t. La première est le retrait plus ou moins fort qu'elle éprouve par la cuisson, retrajl qui tend à produire la défoimation des vases Façonnés avec cette substance. La seconde est sa porotité, qui laisserait suinter à travers les porcs de ces vases les liquides qu'on j renrermerait.
On fait disparaître le premier inconvénient en ajoutant à l'argile une substance désignée sous lu nom de ciment ou de matière dégraissante qji, diminuant sa plasticité, rend aussi son retrait moin! considérable, et lui donne la propriété d'éprouver une demi-fusion. Les sutratauces qui agissent ainsi sont : le silex, les sables, le quartz, le feldspath, la craie, les o8 calcinés, les sulfates de baryte et de chaux, l'ai^ile calcinée.
On remédie au second inconvénient en recouvrant les argiles façonnées d'un enduit vitriSablc, nommé émail, vernis, couverte, qui les rend entièrement imperméables aux liquides. Les principales matières employées comme vernis sont : le feldspatb, les ponces, \c sel marin, les alcalis, l'acide borique, le pbosphale de chaux, le sulfate de baryli', les tilfcatei de plomb, l'acide sUnniquc, les sulfates mélalliques, les oxydes de plomb, de manganèse, de fer, de cuivre.
Les vernis transparents sontproduils par des corps alcalins et vitreux, par le feldspalh, l'oxyde de plomb, — Les vernis opaques s'oblienncnt au moyen de l'acide stannique ou du pbosphale de cbaux. — Les vernis colorés se font en ajoutant aux vernis transparents ou opaques des oxydes ou des sulfures métalliques.
Toute poterie nécessite donc pour sa confeclion l'emploi d'une argile et d'une tubtance dégraissante qui, par leur mélange, servent à former la pAle destinée à façonner l'objet, et, presque toujours, en outre, celui d'un vernis ou couverte destiné i l'imperméabiliser et A rendre en mi.'me temps sa surface plus polie cl plus agréable ù l'œil.
Aviint d'aller plus loin, il est bon de savoir que le mol polerte, dérivé du latin potum, nom du vase à boire, ne désigne plus seulement dans nos langues modernes les vases qui servent à renfermer des bquides ou k cuire des aliments, mais encore toute pflle argileuse cuite, quelle qu'cQ soit la deslioalion inilustiiellc ou arlisliquc, depuis les produits
les plus giossiùrement fabriqués, tels que briques, tuiles, pots à fleurs, conduites d'eaux, etc., jusqu'aux objets d'ornement les plus précieux, tels que terres cuites fines,,vase8 étrusques, porcelaines, etc.
CUasiflcAtioB des poteries. — Toutes les poteries connuespeuvent être classées ainsi qu'il suit:
/ Poteines mates^ ordinairement sans vernis au ghçwre
I (terres cuites, briques, tuiles, ctrreaux, tayaox de
1'* Classe ! l conduite, de drainage, pots à fleur, réchauds, fourneaux
Poteries à p4te 1 portatifs, formes à sucre, alcaraxzas, creusets, etc.).
tendre et poreuse j Poteries vommunes vernissées grossières (poêlons, vases
après la cuisson I de cuisine, etc.).
f Poteries communes émailfées ou à couverte opaque (faience V commune ou italienne).
2* Classe • 'i
P te à nite I ^^^^^^^^ ^* 9*^^' vK»^* cérames communs et fins), d e d"^^- t fié 1 Poteries fines blanches ou à couverte transparente {(tâenca
1» «- 1«;»« 1 fine ou anglaise, caiUoutage, terre de pipe, etc.). et par suite \ n i ' «-«^»
imperméable.
Porcelaines.
Poteries mates. — Les briques ordinaires pour les constructions, les tuileSj les carreaux d'appartement, et autres terres cuUes sans vernis, sont fabriqués avec des argiles figulines, des terres glaises^ des marnes argileuses, auxquelles on ajoute du sable, quand elles sont trop grasses ou plastiques, ou des cendres de houille tamisées quand elles sont trop maigres^ ainsi que cela se pratique avec les terres du département du Nord.
Le mode de fabrication est assez simple ; prenons les briques comme exemple.
FubrlcatloB des briques. — On abandonne le plus habituellempnt à l'air pendant quelque temps l'argile extraite du sol ; on en sépare à la main les matières étrangères : cailloux, débris de racines, etc. ; puis on l'introduit dans une fosse avec de Teau, de manière à la convertir en bouillie épaisse ; on rend celle-ci homogène par le marchage, c'est-àdire en la faisant piétiner par des hommes à pieds nus ; quelquefois on malaxe la pâte dans des tonneaux à Taide de couteaux diviseurs.
On façonne ensuite les briques, tantôt à la main, dans des cadres rectangulaires en bois^ saupoudrés de sable, tantôt avec des machines qui en moulent de très-grandes quantités à la fois. On les laisse sécher à l'air lentement pour éviter le fendillement, et on les cuit dans des fours avec du bois ou autres combustibles de peu de valeur, ou, suivant la méthode flamande^ on les dispose en tas considérables sous la forme d'un prisme à base carrée, en ménageant dans l'intérieur, de distance en distance, des espaces ou fourneaux qu'on remplit de houille menue, et laissant à la partie inférieure des carneaux où Ton place le bois qui doit allumer le charbon de terre. Le feu dure de huila quinze jours.
Les briques perdent en cuisant un quart de leur poids, et, par le
DE LA rJËRAMIQL'E.
retrait, 4 i S pour 100 de leur lungueur : elles acquiirent une couleur rouge plus ou moins Toncëe suivant la proporlion d'Iivdïalc de Ter contenue primilivcmenl duns l'argile (()■
Les briques employées pour laconslruclion dea fourneaux, les creusets qui doiveul supporter une forte clmleur sont confeclionnéei avec des argiles pluitiqucs IrtVré frac ta ires, qu'on soumet à la lévigalion et qu'on dégraisse avec une forle proportion de cimeiil de brique cuite ou de débris de creusets bors de seniue,
Alcarauai. — Parmi les poteries mates non vernissées qui si
Fit- MS. — fibcucktga et lOBrsumgï de la piu ir^
SUK usages domestiques, les plus remarquables sont celles dont la pJltG Irè» poreuse laistie échapper l'eau qui s'évapore aussitôt quclesgoutleleUes du liquide, par l'infiltration capillaire, arrivent à. la surface
(t) Les brlcjues oui élé les premiers matérliiu employés par les liomnies lorsqu'ils ont commencé k biiir. Elles enlrenl dans la construclion de !■ plupart dm bllimeiilB les plus anciens, lunout ds ceux qu'on tiouve eiicurn dans les plaines de l'Asie, où l'on suppose que se sont formées les prcmîirvs sociiïti'S. i'iusieuri de CCS pncieniie^ bi'iques lunt tr^s-grossus en comparaison des nûLres, et ne parurent pu avoir ^té cuitEi su feu ; elles ont été simplemenl s^cliOes au soleil. Pour leur donner plus àe. solidité, on ajoutait k l'argile sablonneuse dont elles étaient composéas, de la paille haciiép, et mËme des frif^^nls île joncs et d'autres pbntei de marais. Telles siml ks briques de l'Egypte el de l'ancienne Babylonîe. On avait aussi employé, dans la construction de (îibylone, des bri<iues cuites, et mËine vernisiics ou émailléos do routeurs asseï vives.
extérieure. L'évaporâlion absorbe de procbe en proche la chaleur du vase et de l'eau qui s'y Irouve, de torle que la température de celle-ci B'abai»e de S à 8* au-dessous de celle du lieu ob le vbm eat placé.
Ce genre de poteries est fabriqué depuis des lii^clei, dani tontea.lei parties chaudes de l'ancien monde et dans quelques contrées du noo- \'cau, arec des argiles flgulines ou des marnes argîlcuica addilionnéci d'une certaine quanlllë de sable fln; la pAte moulée eil cuite à une bible température. Souvent aussi on introduit dans cette pAte d» poussières qui sont enlevées soîl par k cuisson, loit par l'eau, telles que du sel marin qui laisse, par suite de sa dissolution, un grand nombre de petites vacuoles.
Les vases confectionnés ainsi s'appellent Gttrgoultttet dans l'Iode, QuoUeh,Bardaquei, Bardaeh elBtUasse en Ègjplc, Alcarazias et Alearad- KU en Espagne el en Portugal, Cantrii dans les colonies de l'Amérique. Founny leur a donné le nom générique et asseï significatif i'Hi/âneiranifs, c'est &-dire det-oM Ahh ou det'fuetjutsuanl.
|^t«rlca e«itaBaMM ver- BUstra. '— Les pQttrtn «Mitniif.» wrnt'ïfAs sont fabriqu éei avec des argiles flgulines ausquollcs on ajoute une certaine quantité de marne et de table.
I.apflte en est Jiiuufltre, rouge et quelqucTuis complètement noire. Je vous ai déjà dil qu'on les recouvre d'un vernis époi», translucide, incolore ou culoit^ A buse de plomb.
I.a faïence commune ou »Mliaiiie est préparée avec une arpilc Hgtiiinc plus ou moins c;i1i'airG, r:t dégraissée avec du s ablo ; on soumet la terre s di's luvagea ; on la con*ene F s ssfl — Fuur 1 r I ucc en fosse pendant un certain
li'mps, on la marche, on la
diiise CD massesdc 23 kilogr. qu'on bal pouraugmenlcrriiomogëiiéilé,
et on la façonne ou tourfyîj,. 385) ou par moulage. Oïl opiVo la cuisson en deu\ fols dans un four à alandicrs i àcm
étages (^i-, 630i;lespièces, placées dans des étuis ou c«î'((M en atgik
réfrnctnlre, «ont miseï dunt le haut du Tour où la Irmp^aluKi, élevée an ronge bknc, lei ambneàVélatdebticutf.Aprèiledéfournement, on tes paMe leitemenl duii de l'eau lensnt en «uspention une pondre itapdpable d'émail blanc el opaque, compoei ettenliellement d'oxyde* de plomb et d'étain Ifig. 587) ;on 1e« lèche e( on let loumet à une Kconde cnnson dam la partie basie du four dont la chaleur fond l'éinail et le
Fig. S8T. -
mitugt d< U {■icnee pu
ait adhérer au biscuil. Pour l.i faïence brune, on fait cnlrcr dans la »ropo8ition de l'émail un peu de bioxydc de manganèse.
Celle dcrniiTe rësialc mieux au feu que la faïence blanche. Celle ci «ri principalement pour faire les carreaux émaillé», les poules cl le» >lsqDet de cheminée.
. Malheureusement la faïence olfre peu de résistance, et sa couverte ïjliujetleà tressaillir, souvent mCme à se fendiller et à se délaclier en icailles : on remédie h ce défaut en donnant à la pâle plus de fusibilité lar l'addition de matières calcaires ou alcalines (1).
~ (t) C'est chez les Peruns et les Arabes que parait ivoir été Inventée U Uence stannifère, qui ne Fui connue en Europe que vers 1p diiiÈnic siècle. Des faTriers mturei ou espagnols, tenant leurs procédés des Arabes, venus des Itea hlétre* en Iulie, l'introduisirent dans cette région »u commencement du quindèiDB siècle, «ers HI5, à peu près i l'époque où Laça délia Bobbia, sculpieur la Florence, fll des figures et ba»-reliera en terre cuite ot les empiu dans un
FaVence fl«e. — La faxence fine à couverte transparente diffère essenliellement de la précédente, parce que'la pflte en est dure, fine, sonore, et qu'elle est préparée avec des argiles plastiques de belle qualité, ne se colorant pas au four et pouvant supporter une haute température. Sa couverte est plus ou moins dure, transparente ou translucide. Le façonnage est très-soigné, les pièces sont minces et légères.
11 y a trois variétés bien distinctes de cette sorte de poterie, à savoir :
t<* La plus ancienne, nommée Terre de ptpe, dont la pflte se compose d'argile, de sable, d'un peu de craie ou de fritte alcaline, et dont la couverte est formée de sable, de feldspath, de soude et d'oxyde de plomb. Elle ne va pas au feu, et son vernis trop tendre se laisse entamer parles couteaux, aussi contracte-t-elle facilement une mauvaise odeur.
Les ptpes sont fabriquées avec les mêmes teiTCs, mais elles ne sont pas cuites à une température aussi élevée et elles ne reçoivent pas de couverte.
2<» Une seconde variété, nommée Terre anglaise ou CaUloulage^ n'est essen iellement composée que d'argile plastique et de silex réduit en poudre impalpable. La pâte est plus cuite et la couverte est moins plombeuse.
3« Enfin, une troisième variété créé en i763 parle célèbre Wedgwood, admet dans la composition de sa pâte une certaine quantité de kaolin, et dans sa couverte de l'acide borique. Elle est bien supérieure en qualité aux précédentes ; c'est Viron-stone des Anglais et ce qu'on appelle chez nous porcelaine opaque. Les nombreux établissements du Staffordshire, qui occupent plus de 60000 ouvriers, en exportent pour plus de 30 millions de francs.
E!n France, les principaux centres de fabrication des faïences -fines sont Sarreguemines, Montereau, Creil, Chantilly, Choisy, Gien, Bordeaux^ etc., qui livrent au commerce à peu près les mêmes produits: assiettes^ bols, plats, tasses à déjeuner, à thé, à café.
Cîrès. — Les grés constituent un genre de poterie dure> opaque, sonore, à grain fin, de couleur variable, qui est imperméable sans le secours d'aucun vernis, si bien que nombre d'objets d'un usage permanent sont habituellement livrés au commerce sans avoir reçu de glaçure ou de couverte : tels sont, entre autres, les bombonnes et tourilles, les jarres pour salaison, les pots à beurre, les fontaines, les cruches, les
émail d'étain. C'est à cette époque qu'elle reçut le nom de ma/o/ica, par corruption du mot Majorka^ Mayorque^ Uc qui possédait depuis longtemps dw» fabriques importantes de cette sorte de poterie. Le mot faïence vient, non de Faenza, en Romagne, comme on le croit généralement, mais de Fayence, petit bourg de Provence, dans le diocèse de Fréjus, l'un des premiers endroits da royaume où on ait fabriqué cette poterie, et dont les ateliers avaient déjà de la réputation avant les grandes manufactures créées par Henri IV à Paris, à Neveri et & Brissambourg, en Saintonge.
DB lA CÉRAIIQUE. 429
nioet commuoes, les turaux de cocduile d'eau et de gat, lei cor^ les, lei tube« de chimie, le) pots A encre, etc., qui lortent priocipament des fabriques de Beauvais.
Ces grès communs sont faits avec des argiles plastiques, non lavées, graissées par du sable quartieux ou du ciment de brique, et parfois Idîlionnëes de craie pour leur communiquer un peu de fusibililé. Certains giés auxquels on veut donner un aspect plus agréable rel?enl une couverte faite simplement avec des scories de forge, dé la mce et autres produits volcaniques Irès-fusibles. Les gréi blmcB, ainsi nommés à cause du vernis blanc-JaunAlre qui s recouvre, ont une couverte composée d'argile blanche, de silex et ) feldspath bro^é. C'eal avec eux qu'on confectionne les bouteilles à lUX gazeuses, les cruchons à cidre mousseux, les cruches & biâre, les rrines pour les laboratoires de chimie el les teinturiers, etc. Des grès de fabrication p1u$eoignéeservant de vases à fleurs deloutes fmes, de pats à tabac, de canettes, etc., sont revêtus d'un lustre qui iieei la pflle sa couleur brune. On le produit en projetant du sel trin humide . dans les fours, quand le degré de cuisson est à peu 4s atteint. Je vous ai déjà parlé de celte pratique {!), et vous devcs >ui souvenir que l'enduit vitreux, mince et Irts-adhérent qui se forme ! U sorte i la surface des pifices est un silicate et un aluminate de □de.
Les grès tins qui ont une deslinaiion artistique ont pour pAte un élange d'argile plastique puriBée, de kaolin cl de feldspath, qu'on core avec des oxfdes métalliques et qu'on recouvre d'une glaçurc tro-plombeuse. C'est Wedgwood qui a perfectioniié cette sorte de iterie, A laquelle on donne de richca décorations et qu'on transfonne iQvent en véritables chefs-d'œuvre de goût.
Ia cuisson de tous ces grès dilféreQls s'opère presque toujours en une nile opération, 6 uac température trës-élevée [130* du pïiomètre de 'edgwood], et dure parfais buil Jours. Les fours ont la forme d'un demiflindre couché, A sole horizonlate ou inclinée, comme on le voit dans i6gureSS8.
PoicclaUHc. — La porce'aine (S), la plus belle de toutes les pote-
(I) Voir la »• leçon, p. SOI.
(>) La porceUine m d'origine chinoise ; elle était àé]h connus du temps des
m, lt3 ins avant Jéius'Cbrisii mus les vases de cetle nialière ne devinrent «imuns que soiis la dynastie des Soui, da 581 à 61S apris l'ère chrétienne, M célèbres Toun de KinR-te-tchin, situas i l'est du lac Psyang, au nombre da 10IK:''qui occupent un million d'ouvriers,' ne Turent pss établis aiant l'an 1000. 'eat en ISIS, un an après la déeouterls dis eûtes de la Cliine par le Portugaig vnand d'Andrsds, qu'on vit apparaître pour la promièra fois en Europe la porilains du Lélette- Empire. Le mot pourcelaine, devenu plus tard poi-celaine, d4> Te évidemment de PorceUana ou plutAt porcùlana qui en portugaii aiguille .Me, écuelle ou aulre vaisselle de lerro. — Ou se aarvit pondant bieu long-
430 TRENTIi>-UniËHS LEÇON,
rie», « pour taae le kai-lin, argiie blanche trè»-pure, qui provient de li décomposition àa feldspath, ou plulAt deï rochei primitives couposéct ' de Teldspelli, de quartz el de mica (granile, gneiss, pegmalile, elcj; aussi la Irouve-t on, dans les carrières, mfilée avec ces rochei réduifa
par la désagrégation b l'élal de sahle. 11 en existe de vastes depuis en Chine, en Sai.', en Russie, en Angleterre et en France, notamment) Saint-Yrieix (Haute- Vienne), aux Pieux, prts Clierboutg, à Louhossoa (Basscs-Ffréiiécs), etc. Par la kvigalion de ces Teldspaths altérés, on sépare le sable et le mica de l'ugile blunche el [ris-llne qu'on met ea pains ou btots carrés, dont on optre ensuite la dessiccation au soleil.
On ajoute toujours au kaolin du sable comme matière dégraii' sanic el du Md^putb pour faire éprouver Ji la pAte un commence ment de fu:ion cl la rendre translucide. Les proporiions des matiOm premières varient suivant les qualités de porcelaine que l'on veut obtenir. Voici les dosages adoptés â la manufacture de Sèvres et dans les établissements de Paris :
Kaolin lavi' Gt 62 •
Kaolin csiUuuieui » • go
Craie de fiougitii] U i n
Sable d'Aiimonl lu 17 a
Petit sable feldspatliiriup. 13 >. ■
Feldspath quarticui ° 17 10
lempa de celte nouvello poterie sans en connaître la nature ; c'est seutement en rouque Frédérli-k Boettger, alctiimiate aliachéà Auguste l'r, électeur de Sii«i parvint, >pri;s plusieurs amii'us d'essais, ii fabriquer de la porcelaiii« en tout semblable & celle de la Chine et du Japon, et k Tuader la pi^ouëre manufoclure de ce genre en Europe, dans la petite ville de Mcisscn, sur tes borda de rtlibe. En France, Ficaumur, ï U suil« de longues recliercljos commencées en lïîa. découvrit de son cûlé le jirocédë de bbrication de la porcelaine tendra, et le chimiste Hacquer Établit iSèvreo, en tlOD, la fabrication do 1» porcelaine dure pareille à celle de Saie, en se servant du kaolin qui venait d'Slre trout* » Saiiit-Yrieii, prit de Limoges.
Toutes les maliëtos, réduilei en poudre impalpable, ion tio lime ment oiélangées el mîtes ft l'élalde bouillie claire dans de grandes cuvei von introduitensuilecAlle^ddansdessacsdeloile terrée, qu'on soumetà l'aclion de fortes presses pour expulser l'eau et avoir une pSte Terme. On ptarche cette pSte comme celle des autres poleriee, et on la malaxe de manière à la rendre aussi homogène que possible, puis on la couserve pendant un an ou deux, soit sous l'eau, soit en masses dans des CATes humides. Elle iubilaloncequ'onappeUeIap«umfui-«, quia pour elTet de détruire toutes les matières organiques et les BuKales qui peuvent s'7 trouver, ce qu'indiquent assez la coloration noire momentanée qu'elle prend ainsi que l'odËur d'hydrogène sulfuré qu'elle répand. L'expérience a démontré que plus une pflle est vieille, plus elle gagne en qualité, mieux elle se travaille, moins elle se gauchit el se Tend, ■oit en séchant, toit eu cuisant.
ATant de mettre la ^1e en œuvre, on la marche ou on la malaxe de nouveau à la main, on la comprime Tortemenl pour en Taire des boules qu'on lance avec force contre la table de travail, aBn d'eu expulser les gsi que la pourriture a développés dans la masse.
C'est aprfes toutes ces opérations préliminaires qu'on procède au façonnage de la pâle, soit au moyen du tour à potier, soit par moulage, <tu enfin par Coulage. Les pièces humides sont abandonnées pendant
f!ff, Itï. -
wcttci pour éproi
quelques Jours à une dessiccation spontanée, puis mises en caixtUi cl portée! dans la pai-tie supérieure d'un four en activité pour 7 éprouver une demï-cuisson qui les dessèche complètement et leur fait prendre une certaine caneistance, tout en leur laissant une grande porosité ifig. 589). Cet étal est connu sous le nom de (Ugoimii.
TBEMTE-UNIÈUE LEÇON.
C'csl alorf qu'on applique la couverte ou Ternis par immeniao, comme pour les Talences. Elle te compose uniquement d'uae roch« teldspathique, nommée ptgmatitf, et qui n'est autre chose que du rcldspatli natutellcment associé h du quarts en quanlitéB à peu prh égales. On la réduit en poudre fine et on la déUfe dans de l'eau dont on a BUgmenlé la densité par un peu de vinaigre. Cette roche food i une tempéralure un peu inférieure à celle qui est nécessaire pour lacnnoa de la pS'.e; elle pool donc, une fois liquéfiée, s'étendre également ils surface des pièces el y adhérer fortement sans les pénétrer, en f liwmant une simple glaçure.
Lorsque les pièces, au lieu d'avoir élé seulement dégourdia, ooftlé cuites é une haute température, elles ne peuvent plai être mises en couverte fu voieil'immersion, parce qn'dles n'ont plus la porosité suffisante; dans ce eu on applique le vernis soit au pinceiu, soit par arrosemcnt ou smpoudrage.
Les Lurs â cuire sont beittcoup plus grands que potir les autres poteries ; ils sont ordinairement à deux ou troît étages ifig. 390). Dans l'é'age supérieur A, où la température est beaucoup moindre (flu" du pjromètre de Wedgnood), on donne le dégourdi; les deux étages inférieurs B,C donnent le grand feu ou U cuisson définitive de la porcelaine vernissée (13S à (SO* du miïme paramètre).
Ces fours A alandien sont le plus habituellement chauffés avec du bois de tremble ou de bouleau Irés-sec qui a au moins trois ou quatre ans de coupe. Quand on chauffe h la houille, on augmente le nombre des alandiers ou foyers. La cuisson dure, terme moyen, 30 heures, c'est-à-dire 16 à 18 heures de petit feu el 10 à ):! heures de grand feu. On ne défourne les pièces qu'au bout de huit jours, après avoir fermé avec de la terre glaise toutes les ouvertures afin que le refroidissement s'opère aussi lentement que possible.
Indépendamment de la porcelaùte dore, dont je viens de parier, el quon fabrique en Chine, au Japon, en Saxe, à Sèvres, à Umogei.à
Paris, à Bayeux (Calvados), dans le Cher, l'Allier et la Nièvre, il y a ce qu'on appelle la porcelaine tendre, ainsi nommée parce qu'elle ne peut supporter une température aussi élevée que la première. C'est celle qu'on a fabriquée d'abord en Europe. 11 y en a deux sortes distinctes :
i<» La forceiaine tendre angkUse ou naturelle, dont la pâte se compose d'un mélange de phosphate de chaux, d'argile, de silex et de kaolin, et dont la couverte se compose d'alcali, de borax, de minium et de sable. Le type de cette porcelaine se trouve dans les produits de Chelsea (près de Londres), liille reçoit, comme les porcelaines dures, une décoration très-riche et tn^s-variée ; elle se vend rarement blanche, car la pâte et l'émail ont de nombreux défauts; le principal, c'est de ne pouvoir, sans de grands ménagements, être mise en contact avec des liquides chauds.
2* La porcelaine tendre française, plus connue sous le nom de Vieux- Séires, parce qu'elle y fut fabriquée de 1750 à 1804. Sa pâte se compose d'une fritte alcaline que l'on cuit à une haute température avec un mélange de marne argileuse et de craie. Cette pâte cuit blanc et devient translucide. Sa couverte est un silicate double de plomb et de potasse; coomieelle est très-fusible, elle s'incorpore beaucoup mieux que toutes les autres les couleurs minérales qu'on y ajoute et prend un brillant uniforme.
Ce qui fait le mérite du Vieux-Sèvres, c'est non seulement le vif éclat des couleurs, mais aussi le fini et le gracieux de ses formes. Depuis une vingtaine d'années, on a repris avec succès à Sèvres la fabrication de la porcelaine tendre. On en fabrique aussi à Saint-Amand (Nord) et à Toumay (Belgique) ; mais là on ne fait que les articles communs, qui ne vont pas au feu, notanmient les tasses à café, la vaisselle des restaurateurs, qui ont une grande ténacité et résistent même à des chocs violents sans se briser.
Oraevieiitatloii deiporeelalne*. — Les porcelaines sont fréquemment ornées de dorures, de magnifiques couleurs d'une ou de plusieurs nuances, et môme de peintures délicates d'un grand éclat qui rivalisent avec celles qu'on étend sur les toiles.
Les matières colorantes employées sont généralement des oxydes métalliques qu'on associe à des fondants et qu'on applique sur les pâtes blanches déjà cuites et vernies.
Les fondants sont le quartz, le feldspath, le borax ou l'acide borique, lenitre, les carbonates alcalins, le minium et lalilhargo, l'oxyde de bismuth.
Quant aux couleurs, les unes, devant subir, sans être modifiées dans leurs nuances, la haute température du four 1 porcelaine, ce qui les fait appeler couleurs de grand feu^ sont en très-petit nombre. Ce sont : le bleu d'oxyde de cobalt, le vert de chrome, les bruns de fer et de
GlRADDlN. — II. 28
TRENTË-UMËUE LEÇON.
œsnganëse, les jaunes de titane, les noirs d'urane, le rouge de protoxyde de cuivre.
D'aulres couleurs, beaucoup plus variées, ne pouvant être sonmisej qu'a une chaleur rouge qui n'atteint pas le point de fusion de l'argenl, sont désignées sous le nom de emtleun de moupe, parce qu'on les cuit dam des espèces de fourneaux à mouHe, en fonte ou en terre cuite [fig. 591), chaulTés généralement au bois.
Les oxydes qui servent dans ce ca», sont, outre ks précédent! : lebioxjde de cunre pour certains verte, le sesquio\ide d'urane, le cbromate de plomb, le scsquio\yde de fer, l'aolimoniale de potasse en mélange avec des oxydes de plomb, de zinc et d'élam pour les jaunes, le sesquioxyde de fur pur pour les rouges, le pourpre de C^ssius pour les violets et les rosc«, 1 émail ordinaire pour les blanci, elc Les fondants pour ces couleun de moufle sont plus fusibles que ceux des couleurs de grand feu ; ce sont presque toujours des borosilicales de soude et de plomb.
Pour peindre avec ces couleurs, on les mêle intimement avec le fondanl,puis on les broie ii la molelle sur une plaque de verre dépoli, arec de l'essence de térébenthine ou de lavande épaissie à l'air, afio de pouvoir les appliquer au pinceau.
La dorure de la porcelaine se fait au moyen de l'or très-divisé qu'on obtient en précipitant la dissolution de scsquiclilorure de ce métal par une dissolution e.\ces9ivement faible de couperose. La poudre grise obtenue est mélangée avec de l'oxyde de bismuth et du borax, qu'on broie avec de l'essence et qu'on applique ensuite au pinceau sur les pièces vernissées. Au sortir de la moufle, ['or a un aspect métallique mat ; oa lui donne le poli et le brillant au moyen du brunissoir.
La di-coration des porcelaines comporterait bien d'autres détails, dans lesquels je ne puis entrer. Cette partie de l'industrie céramique néccsuile le concours simullané du chimisie et de larlisle ; c'est ct'rtaiuemcnl en France, notamment à Sfivres et à Paris, qu'elle atteint i son plus haut degré de perfection.
APPUCATIONS SPÉCIALES DES AttGlLES.
Sl'ITE DES MÉTAUX DE LA (jUATRIËHE SECTION,
SomtitiBE. — Applications ap^ialei de certaines argiles : ttrra à foulon^ marna, ocra. ~ Extraction de I'Alviiinidii. — Ses emplois. — De IsSilicb ou crisul de rothe. — Se* formes trts-ïariéas dans la nature. — Pierres précieuses. — Des illicites ou verres. — OécoaTerte du rerre. — Des diverses ••pèces do varre du commerce. — Fabrication, — Façonnage. — Fiel de »erre. — Trempe du verre. — Verre dâviiriflé. — Allérsiion des verres.'
ApplIcatlaB) apéelalcB 4« e«pt>lNM tttgiW».
Ceilaioes argiles, telles que les tares d fouion, les argiles elTervescenlesou nuu-na, les argiles reirugineuses ou ocres, rendent h l'iadus- Irie, àragricuUure,àrécopoinie domestique, des services importants que Je dois vous signaler.
1 . Les trrrca à (bnlon ou arirllea «Mectl^Nti servent principalement tu dégraissage des draps et ancres étoffes de laine, parce qu'elles ont la proprlétéj étant délayées dans l'eau, d'absorber les liuilea dont on a imprégné ces Usaos pour faciliter les premières opéraiioris de la filature et du tissage. Pour cela, on fait tourner les étoffes entre deux cylindres en bois placés au centre d'une grande caisse dans le fond de laquelle on a déposé la bouillie argileuse. L'action absorbante de cetle-ci, jointe i la pression mécanique, opère le dégnisaage en quelques lieurea. Des lavages & grande eau enlèvent ensuite toutes le* impuretés.
En France, les terres Ji foulon les plus renommées sont celles d'Iasoudun (Indre), de Villeneuve et de SeplCme (Isère), de FUvin (Aveyron), de Rittonwiu en Alsace,
Dans tes campagnes, on peut économiquement nettoyer et remettre h neuf IM vêlements dont la couleur primitive a disparu sous les taclies de graisse, en les imbilMnt d'une bouillie très-claire de terre k foulon, ou simplement de terra glaise, et les pétrissant dans un baquut, comme s'il s'agissait d'un savonnage ordinaire. Au bout de quelques minutes, on rince tes vfitcments à grand» eau. lU ont alors l'apparence du drap neuf.
Lorsqu'il s'agit de faire disparaître des taches d'iiuile isolées répandues sur des rfitements, du papier, du bois ou des pierres, on recouvre les laclies avec une pite argileuse. Cetie pite, en se dessécbant, absorlw si complètement l'buile, qu'il n'en reste plus de trace sur l'objet. On peut mËme enlever avec de l'argile fiictie, mais souvent renouvelée, les taches d'Iiuile sur des objets qui, tels que le papier, ne doivent pas £tre mouillés... Toutefuia, le dégraissage par l'argile ae réussit bien qu'autant que les taches ne sont pas trop anciennes, attendu que les corps gras, altérés par un long contact avec l'air, ne sont plus absorbés par cette substance. Il faut, dans ce cas, recourir k l'emploi souvent répété des alcalis faibles, de l'éther, et mieui du sulfure de carbone ou de la beniine, qui dis- •olvent très-bien les corps gras.
Lipierre à détacher, qu'on vend k Paris, est une argile caicarifère de la formation gypscuse, qui forme une couche épaisse k Montmartre. On l'emploie
tantôt seule, tantôt mélangée avec un peu de carbonate de soude, qui lui donne la propriété do raviver les couleurs altérées par les acides.
Dans beaucoup de pays, on remplace le savon par des terres argileuses poar le nettoyage du linge de corps. Les coutils écrus et de couleur, dont l'usage eit si général dans nos campagnes, no conservent les nuances du neuf que par es moyen bien connu des dégraisseurs.
2 . Les nriplles effervesceatcs ou maraes ne sont autre chose que d«i mélanges naturels d'argile et de carbonate de chaux qui font une effèrvescencs plus ou moins vive avec les acides, et qui se délitent ou tombent en poussière par le simple contact de l'air humide.
L'agriculture en tire un merveilleux parti pour amender^ c'est-à-Uire améliorer la qualité des terres. Le mamage est fort ancien, puisqu'il éuit pratiqué, an dire de Pline, chez les Gaulois^ les Bretons^ les Grecs et les Romains.
Les proportions de l'argile et du calcaire, unis quelquefois à du sable, qui composent la marne, varient à l'infini, ce qui amène par cela même une grande (Uversité dans son aspect et ses autres qualités physiques. Elle est d'autant plus dure et plus blanche qu'elle renferme plus de carbonate de chaux. Lorsque ce sel dépasse 80 pour 100, elle cesse d'être de la marne ; elle ne se délite plus qu'avec une extrême lenteur et elle devient une pierre calcaire marneuse que les arts utilisent. En deçà de cotte limite^ la richesse de la marne, sous le point de vue agricole, est en rapport direct avec la prédominance du calcaire sur ^a^ gile, attendu que son activité sur la végétation dépend surtout de la quantité de carbonate de chaux. La meilleure est celle qui en contient de 60 à 70 pour 100. Un fait d'observation, c'est que la marne est plus riche à mesure qu'elle s'enfonce sous terre.
3. Ocres. — Il y a un certain nombre d'argiles qui renferment assez de peroxyde de fer, pour servir dans la coloration des papiers peints^ dans les peintures communes en détrempe et les peintures extérieures à l'huile, pour garantir des effets de la pluie ou de l'humidité les volets, persiennes, instruments aratoires, clôtures en bois, charreites, etc. C'est k ces argiles très-ferrugineuses qu'on donne le nom d'OcRES.
Lorsque l'oxyde de fer qu'elles contiennent est anhydre, ^les sont d'un rouge plus jou. moins foncé : telle est la sanguine^ ou craie rouge de la Bohème et de la Thuringe, avec laquelle on fait des crayons; tel est le rouge ctAlmogra des environs de Murcie (Espagne), qui sert pour polir les glaces et les grosses pièces de fer, colorer le tabac et différents mets, pour peindre les maisons, mar quer les moutons, etc. (1) ; tels sont encore le bol d'Arménie et la terre si" gillée^ usités en médecine, etc.
Elles sont jaunes, au contraire, quand l'oxyde de fer est hydraté ; mais alon elles deviennent rouges par la calcination. Elles sont bien plus communes que les premières. On les trouve en France, principalement à Saint-Georges surit Prée, près Vierzon (Cher), à Bitry, près Saint-Amand (Nièvre), à Pourrab, Diges, Toucy, près Auxcrre (Yonne). Elles sont exploitées par puits et galeries. Mais la plus grande partie des ocres vient de Saxe. L'industrie se borne à les épurer mécaniquement, et à les broyer soit à l'eau, soit à l'huile. Les mieux lavées et les plus fines ont toujours une teinte jaune terreuse ; les peintres les connaissent sous les noms de (ei^e de moniagnef terre d'Italie, ocre de rue.
C'est avec les ocres jaunes naturelles qu'on fabrique les diverses ocres rouges
(1) D'après Proust, cité par Fournet, le rouge dAlrnngra, ou cTAlmagné, proviendrait de l'altération des pyrites de fer au contact de l'air. Ces pyrites éprouvent, en effet, une décomposition lente, qui substitue l'oxygène au soufre sans qu'elles perdent rien de leurs dimensions; elles ne sont alors que du peroxyde de fer anhydre ; si les eaux transportent, divisent et atténuent cet oxyde rouge ainsi formé, il se change en ocre rouge. Ce serait là l'origine du rotfyf dAlmagra, d'après les savants nommés plus haut.