DE L* ALUMINIUM
employées comme couleurs, sous les noms de brun rouge, terre rouge d'Italie, rouge de Nuremberg, rouge indien, rouge à polir, rouge d'Angleterre ; on réserre plus spécialement le nom de rouge de Prusse à celle qui possède une teinte rouge vive. La calcination qu'on fait subir aux ocres Jaunes s'effectue sur des plaques métalliques chauffées au rouge ; lorsque la terre, réduite en trèspetits fragments, a acquis la couleur désirée, on la refroidit brusquement en la projetant dans de l'eau froide. On la soumet à plusieurs lévigations et décantations, puis on fait sécher la poudre à l'air. Les couleurs désignées, dans le commerce, sous les noms de rouge de Venise, rouge d'Anvers, terra rosa, sont obtenues de la même manière.
Il y a des ocres brunes qui, comme je l'ai déjà dit, doivent leur Couleur à un mélange d'hydrates d'oxydes de fer et de manganèse. Elles forment la terre d'Ombre et la terre de Sienne , que les arts emploient, à l'état naturel et à l'état calciné,' pour la confection des pastels, la coloration des papiers, des toiles, des poteries, des porcelaines, et comme couleurs à l'huile et même à l'eau.
Le brun Van-Dyck, dont la peinture à l'huile fait un si fréquent usage, est obtenu tantôt en calcinant l'ocre jaune du midi de la France et de l'Italie, à plusieurs reprises, Jusqu'à ce qu'elle fit acquis la teinte voulue; c'est alors le brun Van-Dyck ordinaire, qu'on vend en morceaux, en grains, en poudre impalpable ; tantôt en calcinant plusieurs fuis le colcothar de manière à lui faire prendre une teinte brune particulière ; on l'appelle alors, suivant les localités où il a été préparé : brun Van-Dfjck de Suède ou d'Angleterre,
L'emploi des ocres dans la peinture remonte à la plus haute antiquité. Théophraste, Pline, Vitruve mentionnent que, de leur temps, on brûlait des terres c'e Sinope, d'Arménie et l'ocre jaune d'Afrique pour en faire du rouge artificiel. Ce sont les Hollandais qui, les premiers, rétablirent cette industrie dont ils gardèrent bien longtemps le monopole ; ils faisaient venir de France de l'ocre jaune pour nous la revendre ensuite sous le nom de rouge de Prusse.
De l'Aluminium.
Historique. — Ce n'est que depuis 1854, grâce à M. H. Sainte-Claire Deville, <ïu'on connaît le véritable métal de Talumine et des argile?, car ce que les chimistes avaient regardé jusqu'alors comme de l'aluminium n'était autre chose qu'un mélange d'aluminium, de platine et de chlorure double d'aluminium et de potassium. Ce mélange, obtenu pour la première fois en 1827, puis en 1845, par le chimiste allemand Wôhler, en faisant réagir au rouge la vapeur de chlorure d'aluminium sur du potassium, avait donc usurpé une place qui ne lui appartenait pas dans la liste des métaux purs.
En substituant le sodium au potassium, modifiant l'appareil et évitant les causes d'erreur de son devancier, M. Deville est parvenu à obtenir l'aluminium réellement pur, et a ainsi découvert, on peut parler de la sorte, un métal nouveau, pouvant être placé, par ses propriétés^ au rang des métaux utiles, avec le fer, le zinc, l'étain, le cuivre et l'argent.
Curuetèreedielliictire. — EfTectivement, l'aluminium, qui a presque la blancheur et l'éclat de l'argent, quand il n'a pas été fortement écroui, auquel cas il offre une teinte bleue prononcée, se prêle merveilleusement à toutes les opérations mécaniques, à l'étirage à la
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filière et au laminoir; ses fils possèdent une ténacité remarquable, intermédiaire entre celles de l'argent et du cuivre. Sa dureté, lorsqu'il a été Fondu et simplement refroidi, est à peu près celle de l'argent vierge, et il se laisse entamer facilement par le couteau ; mais lorsqu'il a été soumis à l'action du marteau ou du laminoir, il prend l'aspect du fer, acquiert beaucoup de dureté, devient élastique et très-sonore.
Ces diverses propriétés l'ont fait appliquer tout d'abord à la confection des bijoux,, des médailles, d'incrustations et de moulages ciselés pour la marqueterie et les meubles de luxe, enfin d'une infinité d'objets qu'on fabriquait avec l'argent massif ou les compositions argentées. Il est surtout merveilleusement propre à la bijouterie fine par suite de son aptitude à la fonte et au travail de la ciselure, des beaux reflets de ses surfaces guillochées, de sa couleur môme qui rehausse celle de l'or, et de l'absence de toute odeur.
Sa sonorité est supérieure à celle de*tout auti*e corps ; un lingot d'à luminium, suspendu à un fil et frappé d'un coup sec, émet le son d'une cloche de cristal. On a profité de cette curieuse propriété pour construire avec lui un diapason qui vibre très-bien.
Sa densité, exprimée par 2,56, est à peine supérieure à celle du verre; aussi lorsqu'on soulève un lingot d'aluminium, est-on stupéfait de son excessive légèreté, et a-t-on peine à se persuader qu'on a un véritable métal entre les mains. Par l'action du laminage ou de lape^ cussion, sa densité s'élève à 2,67.
On tire parti de cette grande légèreté pour en faire des lorgnettes de spectacle, des longues-vues, des pince-nez, les divisions du gramme pour les pesées délicates, tous les instruments ou ustensiles d'un grand volume, les aigles de l'armée, ce qui en diminue le prix, puisqu'à voumc égal, l'aluminium offre la même résistance et est quatre fois moins lourd que l'argent. On s'en sert encore pour la confection de certains appareils de chirurgie.
Il fond à une température comprise entre celles de ftision du zinc et de l'argent. Parle refroidissement, il cristallise en octaèdres qui paraissent réguliers.
Ce qui est surtout précieux, c'est la résistance de l'aluminium à l'action de la plupart des agents qui attaquent plus ou moins facilement Icë autres métaux usuels.
Ainsi, l'air et l'oxygène sont sans action sur lui à la température du fourneau de coupelle, et même à la chaleur blanche produite par le chalumeau, pourvu que le métal soix pur et exempt de silicium.
il faut aussi une très-haute température pour qu'il exerce une action sensible sur l'eau.
Il ne noircit pas par le contact de l'acide sulfhydrique*
De tous les acides, il n'y a guère que l'acide chlorhydrique qui le dissolve, en le convertissant en chlorure, avec dégagement d'hydrogène. Cet acide est le véritable dissolvant de l'aluminium.