DES SELS DE CUIVRK
avec une solution de sel auunoniac cl on les abandonne au contact de l'air : ils se recouvrent d'une croûte verte qu'on détache quand elle est assez épaisse.
■eU <la cMtTre. — Les sels de cuivre sont tous caraclérisés par une couleur bleue ou verte, qu'ils soient solides ou dissous, mais qu'ils perdeat la plupart, quand ils sont anbydrea. U eu est quelques-uns qui Jouent un rôle important dans les arts.
Cftrboaaiea. -^ Il y a deux carbonates, l'un verl, l'autre bleu, qui •ont assez communs dans la nature.
Le premier est un sel bibasîque hydraté — CO',2 CuO -f 110 ;
Le second est un sel sesquibasique hydratera CO',3 CuO-}- HO.
Le carbonate vert, qui se trouve en masses assez abondantes dans les mines des monts OuraU en Sibérie, est connu sous le aotn de malachite. On l'appelle aussi vert de montapie, cendre verte et vert de Hongrie, parce qu'il se rencontre dans la montagne de Kernhausen, en Hongrie.
Cette pierre est d'un beau vert, plue ou moins foncé, souvent varié par des veines concenlriques ou di^erJjeIltes. Elle esl susceptible d'un ttès-beau poli : aussi elle est Irès-rechercbée pour la décoration ; on en fait des socles, des statuettes, des coupes, des vases,-dcs chambranles de cheminées, des tabalii^res, etc.
Le prix mojen de la pierr& brute varie de 4 à 20 (t. le kilogr. Il j a, i Saint-Pétersbourg, une table en malachite estimée h pn^s de 30000 Tr,
On obtieut un carbonate analogue en précipitant le sulfale de cuivre par du carbonate de soude h la température de -{- 60° ; il est en poudre Tcrle ; ou l'utilise dans la peinture & l'huile sous les noms de vert de Tnonlagne arl^cùl, vert minéral.
Le carbonate bleu, plus connu sous les noms de bien de montagne, d'atur de cuivre, de cuivre aiuri, d'aiurite, de blea minéral, est presque toujours cristallisé ou en boules formées de criitaux groupés. Il s'est trouvé pendant un temps en abondance à Chessy, près de Lyon, dans des matières arénacées. On l'exploite en certains pays comme minerai de cuivre. Pulvérisé et préparé convenablement, il fournit la cendre bUue des peintres. Cette couleur est assez belle dans le principe, mais elle a l'inconvénient de changer et de virer au vert par l'action de l'air. En Tyrol, c'est avec elle qu'on peint les jouets d'enfants.
Les pierres (C Arménie, si célèbres chez les anciens, qui leur attribuaient une foule de propriétés médicales, entre autres, celle de guérir la mélancolie, ne sont que des pierres ùliceuses ou calcaires pénétrées de cuivre azuré.
A»mt*tm, — L'azotate de cuiire, qui est toujours un produit de l'art, est d'un usage trèi-frëquent âans les fabriques d'indiennes, pour la confection de plusieurs riierves.
Si l'on enferme dans une feuille d'Ëtaîn un peu de ce sel en poudre
légèrement humide, et qu'on place le tout sur le bord d*un fourneau 1 peine chaud, le métal est si instantanément oxydé, qu'il y a ignition et parfois môme une faible détonation.
ttvlfate. — Mais c'est surtout le sulfate de cuivre, appelé vUriol bleu, vitriol de Vénus, vitriol de Chypre^ couperose bleue, qui est intéressant par les nombreux services qu'il rend à l'industrie. Il entre dans la composition de l'encre ; il est, avec le sulfate de fer, la base de la teinture en noir sur laine et sur soie; il sert aussi à obtenir une foule d'autres couleurs, telles que le violet, le lilas, etc. Il joue par son oxyde le double rôle de mordant et d'agent oxydant ; c'est à cause de cette dernière propriété que les indienneurs le font entrer dans leurs réserves pour les bleus de cuve. On colore avec lui les plumes dont on fait les panaches. Combiné avec le sulfate d'ammoniaque, il constitue un sel double employé dans plusieui's couleurs d'application.
Les opérations galvanoplastiques, le chaulage du blé, c'est-à-dire l'immersion du grain dans une solution de ce sel pour détiniire le champignon microscopique qui produit la carie, la préparation des verts de Scheele, de Sdiweinfurt et des autres couleurs arsenicales, en consomment de très-grandes quantités ; il en est de même pour la fabrication des cendres bleues ou bleu de montagne artificiel, mélange de chaux, de sulfate de chaux et d'hydralQ de bioxyde de cuivre, utilisé dans la peinture des papiers de tenture et des décors (i). Enfin, la médecine profile des propriétés styptiques de ce sel. C'est du reste un violent poison, comme tous les autres sels solubles du cuivre.
11 n'existe qu'en petite quantité dans la nature, à la surface des pyrites cuivreuses, ou en dissolution dans les eaux qui circulent dans l'intérieur des mines de cuivre. Ces eaux, nommées eaux cémentatoires, soal quelquefois assez abondantes pour que l'on cherche à en retirer le cuivre; pour cela, on les fait évaporer et on y jette des morceaux de fer sur lesquels le cuivre vient se mouler en se précipitant ; c'est ce qu'on appelle du cuivre de cémentation.
Fabrication Indailrlelle da «lilfate de calvre. — On le produit de difi*érentes manières :
(l) Les cendres bleues anglaises sont du carbonate de cuivre dont la nuance, d'ailleurs un peu plus foncée, est ordinairement moins pure que celle de l'hydrate de cuivre. Leur préparation a toujours été tenue secrète.
On trouve encore dans le commerce, à l'usage des fabricants de papiers peints, les deux couleurs vertes suivantes :
l«Le vert de montagne artificiel^ carbonate de cuivre obtenu en précipitant le sulfate de cuivre par le carbonate de soude à la température de + GQo ;
2" Le vert de Brème, carbonate plus basique que le précédent, pour lequel It moitié du sel de soude est remplacée par de la potasse caustique. 11 a \ine teinte bleu-verdâtre, et se trouve dans le commerce en morceaux légers.
Ces verts ne sont pas solides; on leur préfère^ dans la peinture à l'huile etlt coloration des papiers, les verts arsenicaux*
in Suxe, par exemple, grillé et remué peDdanl douze heures dans un four à réverbère que IrsTene un courant daîr énergique ; ou Iraite ensuite pu l'eau pour dissoudre les suirates formés. On concentre les eaux de lavage et on met A cristalliser. — Dans ce cas, le sel obtenu est un mélange de suUates de cuiTre, de fer et de nnc.
2° Procédé fntiçats. — On mouille des plaques ou lames de cuivre hors d'usage, on les saupoudre de fleur de soufre et on les chaufTc au rouge dans un four h réverbère. Il se fait d'abord un sulfure que Vouygène de l'air convertiL après en sulfate. On plonge les plaques calcinées dans des cuviers pleins d'eau ; le sel formé A leur surface se dissout ; on les saupoudre de nouveau de soufre et on recommence la calcination. On poursuit ces opérations Jusqu'à ce que tout le cuivre soit sulfatisé. Lee liqueurs qui en proviennent sont concentrées et mises h cristalliser.
3° Traitement du cuivre par tacide lulfurigue. — Dans les fabriques de produits chimiques, où l'on prépare les sulfites alcalins (ceux de soude, de chaux, de zinc], on traite les vieux cuivres et les rognures ou plannres qui sortent des ateliers de construction par l'acide sullYirique concentré et bouillant. La réaction s'opère dans des tourillcs ou bombonnes en grès placées dans un bain de sable Ifig. 612), et reliées par
Flg. 64Î.
des tubes en plomL à une série de tourilles en grès contenant les solutions alcalines qui doivent absorber le gaz sulfureux produit.
Le résidu de l'opération est du sulfate de cuivre qu'on concenire sur des rognures de mfïme métal pour qu'il soit le moins acide possible, et OH le met ensuite à cristalliser.
i' Couperose tTaffinaoe. — Dans les villes où l'on pratique l'afBnage des matières d'or et d'argent, on obtient, je vous l'ai déjà dit, une grande quantité de sulfate de cuivre très-pur, en décomposant le sulfate acide d'argent, sous l'influence de l'eau chaulTée h l'ébullition, par deslamesdecuivrehoride senice. Le sulfate acide de cuivre qui en ré-
TRENTE-ODATRIÈME LEÇON.
plomb sur des moTceaui deculm, urs RufBsammflDt concentrées Mol
suite est évaporé dans des bassine ei afiD de le neutraliser, puis les liqu< mises k cristalliser.
VompMlu**. — Le sulfate de cuivre pur et cristqjlîsé a la a position suivante :
uirurique.
Son sjmbole est a
insi écrit
CuO,SO»+SHO.
Caraettrea dliUncUfa. — Ce sel se présente en gros cristii» transparents, qui sont des paralléllpipèdes obliques plus ou moins modifiés sur les aréles et les angles opposés (fig, 6i3). D'une magoifique couleur bleu d'azur, ces cristaux, eu per- ^^^^^^^^^^^m danl une grande partie de leur eau de H^B^^^^^^H combihaison, deviennent opaques et blan- H\ ^^^^H clifltres à leur surface. Ils possèdent une
H \ ^^^1 saveur styptique Irës-prononcée, Tort désa-
H \ ^^H gréable, qui excite la salivation.
^^ "~-- <^H A + (00", le sulfate de cuivre éprouve
^^^ ^H la fusion aqueuse, se dessèche et ne re-
^^^k ^M tient plus qu'un seul équivalent d'eau,
^^^^ H A -|- 200", il devient anhydre et forme une
^^^^^^^^^^H poudre presque blanche, mais il reprend ^^^^^^^^^^^ sa couleur bleue par sa dissolution dans /\^. e43. —Fonnecriitsliiucdu l'cau. A une température rouge, il se dé- ■uirne de euiirt. compose cniifremenl et laisse pour résidu
de roxjdi' noir de cuivre.
Il se dissout dans 4 parties d'eau froide, dans 3 parties d'eau bouillante î sa dissolution rougit le tournesol.
Earècca cammcrcialca. ~ On trouve, dans le commerce, trois sortes de vitriol bleu, qu'il faut savoir distinguer :
1. Le suirale de cuivre pur ou presque pur ; c'est le vitriol de Chypre proprement dit. 11 ust en cristaux d'un bleu pur, plus ou moins volumineux et offrant tous les caracltres précédents.
Son prix oscille entre 106 et HO fr. les 100 kil.
2. Le sulfate connu sous le nom de vitriol de Salibourg. II est bleu verdûtre, et cristallisé en prismes quadrangulaires à base oblique, trisvolumineux, toujours humides.
C'est un sulfate double de cuivre et de fer ; ta composition varie avec son origine, et sa valeur commerciale est d'autant plus grande qu'il contient proportionnellement plus de sulfate de cuivre.