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CUIVRE

§ 818. Le cuivre se rencontre tantôt à l'état natif et cristallisé en cubes ou en octaèdres, tantôt uni au soufre, à l'oxygène, à l'arsenic, etc.

Le cuivre est connu depuis la plus haute antiquité; les anciens remployaient à la confection des armes et de divers instnunents tranchants.

Les Grecs et les Romains l'appelèrent cyprium, du nom de Tile de Chypre consacrée à Vénus, d'où ils le tiraient; ce nom s'est changé, par la suite, en celui de cupràm, cuivre, qu'il possède encore aujourd'hui.

Le cuivre du commerce n'est pas chimiquement pur ; il contient presque toujours des traces de fer. Pour l'obtenir pur, on plonge dans la dissolution d'un sel de cuivre une lame de fer bien décapée ; le cuivre se dépose sur la lame , on le sépare de la liqueur par décantation , et on le fait digérer pendant quelque temps avec de l'acide chlorhydrique , qui enlève les dernières traces de fer. Après l'avoir bien lavé, on le dessèche et on le fait fondre ensuite dans un creuset avec du borax, auquel on a ajouté un peu d'oxyde de cuivre; on obtient ainsi un culot de cuivre métallique.

On l'obtient encore parfaitement pur, en réduisant l'oxyde de

Flg 196.

CUIVRE. a47

cuivre par Fhydrogène; la réduction [fig, 195) 8*opère à uue

température inférieure à celle du rouge : on obtient ainsi du cuivre en poudre trèsKiivisée.

On l'obtient beaucoup plus agrégé , doué d'une belle couleur rouge et quelquefois cristallisé, par la réduction du chlorure, au moyen de l'hydrogène, à la température rouge.

§ 819. Le cuivre pur possède une couleur brun-rougeàtre clair, caractéristique. Il acquiert un très-bel éclat par le poli ; il est très-malléable : on peut le réduire en feuilles minces et l'étirer en fils très-fins. Un fil de cuivre de 2 millimètres de diamètre peut supporter un poids de i5i kilogrammes sans se rompre. Quand on laisse refroidir lentement du cuivre fondu, il cristallise sous la forme de cubes. Sa densité varie entre 8,85 pour le cuivre fondu, et 8,95 pour le cuivre forgé et laminé.

Le cuivre soumis à l'action de l'air ou de l'oxygène secs , à la température ordinaire , n'éprouve aucune modification. Si l'on élève la température jusqu'au rouge , il se recouvre d'abord d'une couche d'un rouge violacé fort riche, et finit par se transformer en une matière noire , qui n'est autre chose que du protoxyde de cuivre anhydre. L'air humide le transforme en une matière verdâtre, composée d'hydrate et de carbonate de protoxyde de cuivre ; c'est un hydrocarbonate. Tel est le phénomène que vous présentent les statues de bronze exposées à l'air dans les lieux publics.

Le cuivre décompose l'eau à une très-haute température , avec dégagement de gaz hydrogène; bouilli avec de l'acide chlorhydrique concentré, il s'y dissout difficilement, avec dégagement d'hydrogène; la dissolution s'opère plus rapidement si l'on fait intervenir l'oxygène. Avec l'acide sulfurique , il ne se produit rien à froid; à chaud, il dégage de l'acide sulfureux. L'acide azotique, même étendu, l'attaque; il se forme un azotate de cuivre , en même temps qu'il se dégage du bioxyde d'azote; si l'opération s'exécute au milieu de l'air, ce gaz se transforme en vapeurs rutilantes.

a48 OXYDULE DE CUIVRE.

OXYDULE DE CUIVRE.

§ 820. L'oxydule de cuivre existe tout formé dans la nature ; on le rencontre sous forme de masses compactes d'un beau rouge , ou de cristaux octaédriques d'un rouge rubis, s'ils sont transparents.

On peut l'obtenir à l'aide de divers procédés , que nous allons décrire successivement. La première méthode consiste à chauffer à une très-haute température, dans un creuset de terre, un mélange d'oxyde noir de cuivre et de cuivre métallique; le mélange est disposé dans le creuset en couches très-minces et superposées; l'oxyde qui se produit alors se présente, sous la forme de ])etites paillettes transparentes. Quand on chauffe au rouge, dans un creuset de terre , du chlorure de cuivre avec du carbonate de soude, on obtient une masse amorphe qui , reprise par l'eau pour séparer le carbonate de soude en excès , laisse déposer une poudre cristalline rouge d'oxydule de enivre. Enfin , on l'obtient par voie humide , en dissolvant parties égales de sulfate de cuivre et de sucre de raisin, puis ajoutant à la dissolution de la potasse caustique, jusqu'à ce que le précipité qui s'était formé soit complètement redissous ; la liqueur soumise à l'ébullition laisse bientôt dé poser une poudre rouge cristalline , que l'on recueille sur un filtre et qu'on lave à plusieurs reprises à l'eau distillée. On peut remplacer le sulfate dS cuivre par l'acétate *, dans ce cas , il n'est pas nécessaire d'ajouter de la potasse caustique au mélange.

L'oxydule de cuivre bien sec ne s'altère pas à l'air à la température ordinaire; chauffé, il se transforme en protoxyde de cuivre.

L'oxydule de cuivre peut s'obtenir à l'état hydraté en précipitant une dissolution de sous-chlorure de cuivre par la potasse; les flocons jaunes qui se déposent absorbent très-rapidement l'oxygène de l'air. Cet oxyde , sous l'influence de la plupart des acides, se dédouble en cuivre et en protoxyde; il se dissout dans l'ammoniaque en donnant une liqueur incolore qui passe vivement au bleu dès qu'on l'expose au contact de l'air. La formule de cet hydrate est

4Cu'0-+-H0.

L'oxydule de cuivre colore les fondants vitreux en rouge rubis.

PROTOXYDE DE CUIVRE. a49

PROTOXYQE DE CUIVRE.

§ 821. Le protoxyde de cuivre s'obtient quand on chaufife du cuivre métallique au contact de Tair ; le métal se recouvre d*une couche noire d'oxyde; si l'on détache cet oxyde, puis qu'on le soumette à une nouvelle calcination, on l'obtient parfaitement pur. On le prépare encore en décomposant, par la chaleur, de l'azotate ou de l'acétate de cuivre; dans le cas de l'azotate, il se dégage des vapeurs rutilantes; quand on emploie l'acétate, il distille de l'acide acétique : dans l'un ou l'autre cas , le résidu qui reste après la calcination , étant chauffé jusqu'au rouge sombre , donnera également du protoxyde de cuivre parfaitement pur. Cet oxyde est noir comme du charbon ; chauffé à une très-haute température, il fond et acquiert une cassure cristalline. M. Becquerel l'a obtenu cristallisé en chauffant au rouge un mélange de i partie de protoxyde de cuivre avec 6 parties de potasse caustique trèspure ; la masse refroidie très-lentement et reprise par l'eau abandonne des cristaux qui possèdent un grand éclat métallique.

On obtient un hydrate de protoxyde de cuivre , en versant goutte à goutte la dissolution d'un sel de cuivre dans de la potasse caustique; le précipité bleu-gris qui se forme s'altère rapidement à l'air; chauffé dans de l'eau jusqu'à la température de Tébullition , il perd son eau d'hydratation, et donne du protoxyde anhydre noir. Les acides le dissolvent facilement en se colorant en bleu. L'ammoniaque le dissout également; la dissolution prend une belle coloration bleue-violacée, connue sous le nom de bleu céleste. D'après Berzelîus, la coloration ne serait due qu'à la dissolution dans l'ammoniaque de sous-sels doubles, et il le démontre de la manière suivante : Si l'on verse de l'ammoniaque sur du protoxyde de cuivre pur, et que l'on bouche rapidement le vase qui renferme le mélange, il ne se dissout pas traces d'oxyde, et la liqueur reste incolore; mais vient-on à y ajouter une goutte de la dissolution d'un sel d'ammoniaque quelconque, la liqueur prend aussitôt une teinte bleue très-intense. Le protoxyde de cujvre hydraté a pour formule

Cu0 4-H0.

'25o UYDRURE DE CUIVRE.

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