MERCURE
§ 840. Le mercure se rencontre dans la nature à l'état libre; il existe quelquefois à l'état de chlorure , mais on le trouve le plus communément à l'état de sulfure, qui est connu des minéralogistes sous le nom de cinabre.
Tel qu'il existe dans le commerce, le mercure est presque pur; il ne contient que quelques métaux étrangers, dont on le sépare soit par la distillation, soit en le faisant digérer avec de l'acide azotique affaibli.
La distillation s'eflectue de la manière suivante : Se propose-t-on de distiller de faibles quantités de mercure , on introduit ce métal dans une petite cornue de verre au col de laquelle on adapte un nouet [fg, 196 ) qui plonge dans l'eau d'une terrine; le métal étant convenablement chauffé se volatilise et se condense complètement au fond de la terrine. Si l'on veut, au contraire , distiller des quantités de mercure un peu notables , on prend une de ces bouteilles en fer forgé , qui servent au transport du mercure ; on adapte à l'orifice de cette bouteille un canon de fusil recourbé qu'on y fixe à l'aide d'un pas de vis; à l'autre extrémité du c^non de fusil on attache un linge , roulé deux ou trois fois sur lui-même , appelé nouet i et plongeant en partie dans une terrine pleine d'eau. La
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bouteille étant à moitié remplie de mercure, on élève la tempe-
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rature jusqu'à ce que le métal distille ; on a soin de faire tomber en même temps un filet d*eau froide sur le nouet, afin de mieux condenser la vapeur mercurielle. La distillation s'opère presque toujours par soubresauts, d'où il suit qu'une partie du métal peut être amenée par projection dans le récipient; aussi le mercure distillé n'estril pas suflBsamment pur : d'autre part , des traces de métaux qui accompagnent le mercure peuvent être entraînées à la distillation ; cette cause d'impureté vient encore se joindre à la première. Pour obtenir du mercure pur, il est alors nécessaire d'employer un procédé fort simple qui consiste à le traiter par l'acide azotique.
A cet effet , on chauffe le métal avec de l'acide à une température de 5o à 60 degrés environ , en ayant soin de remuer constamment, afin de mettre successivement toutes ses parties en contact avec l'acide; il se forme bientôt une croûte cristalline qui recouvre la surface du mercure. Ces cristaux, qui consistent principalement en azotate de mercure , contiennent en outre les sels formés par les métaux étrangers ; il suffit donc , pour purifier le mercure, de le séparer de la croûte cristalline et de le laver à plusieurs reprises avec de l'eau. S'il n'est pas suffisamment pur par cette première opération, on peut la répéter autant de fois qu'il est nécessaire.
L'acide chlorhydrique, le bichlorure de mercure et le perchlorure de fer, exercent la même action que l'acide azotique.
Le mercure est-il simplement sali par de petites quantités d'oxyde, II. 3^