‹ Leçons de chimie générale élémentaireChapitre 217 sur 267 · ALCALIS ORGANIQUES · texte numérisé non relu

ALCALIS ORGANIQUES

§ 1199. Nous désignerons sous ce nom des produits retirés du règne organique , ou fabriqués artificiellement à Taide de procédés que je vous ferai connaître dans cette leçon , et qui se comportent à regard des acides organiques ou minéraux comme de véritables bases salifiables.

Pendant longtemps les chimistes avaient pensé que les différents êtres organisés ne pouvaient fournir que des composés acides ou neutres, lorsqu'en i8o3 Desrone retira de l'opium une substance douée de caractères alcalins. L'année suivante, Sertuerner et Seguin retirèrent simultanément de Topium une substance à laquelle ils

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reconnurent des propriétés alcalines; mais dans la persuasion que Ton était alors que les végétaux et les animaux étaient incapables d'élaborer des produits de nature basique , on pensa que l'alcalinité du produit découvert par les chimistes dont nous venons de rappeler les noms , était due à la présence d'une petite quantité d'ammoniaque, et ceux-ci partagèrent eux-mêmes cette conviction. Néanmoins , douze ans plus tard , Sertuerner reprit ses anciennes analyses de l'upium, et parvint à isoler de ce produit une substance à laquelle il reconnut des caractères véritablement basiques et dont l'alcalinité ne pouvait être attribuée aux substances employées à sa préparation.

La matière employée par Sertuerner jouissant de propriétés toxiques très-énergiques , on rechercha l'existence de composés semblables dans tous les v^étaux doués de propriétés vénéneuses, et, il faut l'avouer, dans la plupart des cas on parvint à en extraire des composés parfaitement définis , doués de caractères alcalins. Parmi les chimistes à qui l'on doit la découverte de ces composés basiques naturels , il faut citer en première ligne MM. Pelletier et Caventou, qui dotèrent la thérapeutique de la quinine. Depuis cette époque , on a retiré du règne organique un grand nooôbre de produits alcalins, et l'on est parvenu, de plus, à l'aide de méthodes artificielles , à en créer un nombre bien plus considérable encore.

§ i200. Les alcalis organiques agissent tous d'une manière énergique sur l'économie animale. Ce sont pour la plupart de violents poisons , mais qui , administrés à faibles doses , peuvent produire de$ effets véritablement héroïques dont la thérapeutique a su tirer un excellent parti.

Ces alcalis organiques se comportent comme la potasse ou la soude à l'égard des réactifs colorés; par leur manière d'être, ils se rapprochent considérablement de l'ammoniaque. Ils saturent parfaitement les acides les plus puissants par simple mélange, et fournissent des sels qui obéissent aux lois générales que nous avons posées pour les sels formés par les oxydes métalliques.

Les alcalis végétaux sont liquides ou solides; on n'en connaît pas de gazeux.

La plupart sont fixes , mais il en est quelques-uns qui se volatilisent tout entiers sans éprouver d'altération.

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Ceux qui sont solides peuvent, lorsqu'on les place dans des conditions convenables, cristalliser sous des formes très-nettes.

Ds ne s'altèrent pas dans l'air à la température ordinaire, qu'il soit sec ou humide.

Le chlore, le brome et l'iode les modifient.

L'eau dissout quelques-unes de ces matières ; il en est d'autres, au contraire , qu'elle ne dissout pas d'une manière sensible.

L'alcool les dissout , surtout à chaud , et les abandonne , par le refroidissement ou mieux par évaporation spontanée , sous forme de cristaux bien déterminés.

Pour la tendance à s'unir aux acides , elles viennent après les alcalis, la magnésie et l'ammoniaque.

Les sulfates, azotates, chlorhydrates, acétates de ces bases, sont généralement solubles ; les tartrates, oxalates et gallates sont d'ordinaire insolubles.

§ iâOI. On peut diviser les bases organiques naturelles en trois classes bien distinctes.

La première comprendra les bases fixes peu solubles dans l'eau et solubles dans l'alcool.

Nous placerons dans la seconde celles qui , fixes comme les précédentes, sont tout à la fois solubles dans l'eau et l'alcool.

Enfin dans la troisième viendront se ranger les bases volatiles ; celles-ci sont remarquables en ce que pour la plupart elles sont dépourvues d'oxygène.

Les bases de la première classe sont en général engagées dans des combinaisons salines , telles que la quinine , qui dans le quinquina est combinée avec l'acide quinique, et la morphine, qui dans l'opium est unie à l'acide méconique. En traitant la portion du végétal qui contient la combinaison avec de l'acide chlorhydrique étendu et bouillant , après l'avoir préalablement réduite en poudre fine, on dissout l'alcali végétal. En versant soit de l'ammoniaque, soit un lait de chaux dans la liqueur qui retient le chlorhydrate en dissolution, on expulse la base organique, qui se précipite entraînant avec elle quelques substances terreuses ainsi que des matières colorantes. En reprenant le dépôt par de l'acide sulfurique ou de l'acide chlorhydrique étendus, on sépare une matière résineuse, ainsi que la majeure partie de la matière colorante. La dissolution, soumise a l 'évaporation , laisse déposer des

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